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Voie navigable : la Vézère et canal, dit canal du Duc de Bordeaux

Dossier IA24001515 réalisé en 2011

Fiche

Œuvres contenues

Appellations la Vézère, canal du Duc de Bordeaux
Parties constituantes non étudiées chemin de halage
Dénominations voie navigable, canal
Aire d'étude et canton Vallée de la Vézère
Hydrographies Vézère la
Adresse Commune : Aubas
Adresse Commune : Montignac
Adresse Commune : Thonac
Adresse Commune : Saint-Léon-sur-Vézère

Les intendants de Guyenne ont eu à coeur d’intégrer la vallée aux dynamiques commerciales de la province en aménageant en premier lieu l’axe naturel qu’offre la Vézère. Jusqu'au 18e siècle, la navigation sur la Vézère de Terrasson à Limeuil a toujours été problématique et envisageable uniquement par des embarcations légères à faible tirant d'eau (de moins d'une vingtaine de tonneaux) et lors des périodes des plus hautes hauts, six à sept mois dans l'année. Les obstacles à la navigation sont alors soit naturels (îles, bancs de graviers, rochers), soit artificiel (barrages des moulins). De plus, ripisylve et bâtiments divers gênent le halage. Dès 1606, henry IV donna des lettres patentes autorisant l'aménagement de la rivière. Conformément à l'ordonnance royale du 13 août 1669 sur le fait des Eaux et Forêts, François Ferry, ingénieur de Louis XIV, dresse la même année un état des lieux et propose des aménagements dans son "Recueil de cartes plans et profils des ouvrages faits pour la navigation de diverses rivières en Guyenne" (AD33 3JC 17). L'ouvrage contient notamment une carte "du cours de partie des rivières de Vézère et de Dordogne, depuis Terasson jusqu'à Bergerac" ainsi que "dix plans des ouvrages faits dans cette estendue avec des mémoires de ce qu'il y faudroit faire". La carte générale indique 6 ouvrages : le "Pas de Losse sous Terrasson" (commune de Terrasson hors aire d'étude), le "Pas du Bas" (commune d'Aubas), le "Pas de Saint-Pierre de Montignac" (commune de Montignac), le "Pas du château de Losse" (commune de Thonac), le "Pas de Saint-Léon" (commune de Saint-Léon-sur-Vézère) et un ouvrage qui n'est pas en maçonnerie : le "Pas de bois du moulin de M. le comte d'Auvergne au dessous de Bugo" (commune de Limeuil). Tous les passages mentionnés sont implantés sur des barrages liés à un moulin. Seul le moulin de Saint-Pierre de Montignac est figuré en ruine, tout comme son barrage ("Digue effacée"). Ces "pas de Roi" ou "passe-lis", constitués d'écluses rudimentaires qui nécessitent des manœuvres périlleuses et le déchargement provisoire de la cargaison, seront réalisés entre 1740 et 1750. Il est probable que c'est lors de ces aménagements que le barrage et le moulin de Saint-Pierre de Montignac sont détruits. Dans les années 1786-1788, Nicolas Thomas Brémontier, inspecteur général des Ponts-et-Chaussées, réalise un pré-projet évoqué par Dutens. Il sera repris, complété et amélioré par l'ingénieur des Ponts-et-Chaussées Philippe Henry Conrad. En 1822, tout juste nommé par Louis Becquey (directeur général des Ponts et chaussées et des Mines), Conrad rédige un mémoire (publié en 1826) présentant un nouveau plan général de navigation sur les rivières de Corrèze, Vézère et Dordogne qu'il divise en 3 parties :

- La canalisation de la Corrèze entre Tulle et Brive (projet non réalisé).

- La canalisation de la Corrèze et de la Vézère entre Brive et la Dordogne (réalisation partielle).

- Le perfectionnement de la navigation naturelle de la Dordogne entre la Vézère et Saint-Jean-de-Blagnac, sous Castillon (projet repris en 1837 par Vauthier).

Seule la seconde partie concerne l'aire d'étude. Pour celle-ci, Conrad prévoit la construction d'écluses à sas de 4,55 m d'ouverture pour 25 m de longueur, équipées de portes busquées, autorisant le passage de bateaux de 35 tonneaux. le projet évolue rapidement avec des écluses à sas plus grandes (5X30 m) pour des bateaux de 50 tonneaux. De plus, "les barrages à exécuter, pour former les retenues, seront construits d'équerre sur le courant de la Vézère, et au droit de la chambre des portes d'amont" (ils seront finalement construits au droit des portes d'aval). Le calendrier des travaux précise, dès 1824, la construction des écluses de Saint-Léon et de Losse pour permettre la navigation naturelle jusqu'à Montignac puis les ouvrages plus en amont lors de deux campagnes en 1825 et 1826. L'ordonnance de Charles X du 8 juin 1825 accorde à Eugène Mévil une concession à perpétuité pour la réalisation et l'exploitation des canaux de la Vézère (et du canal latéral de la Corrèze) en accord avec le cahier des charges établi par l'ingénieur en chef des Ponts-et-Chaussées (Conrad). Le projet global porte alors le nom de "canal du Duc de Bordeaux", en hommage au petit fils du roi, Henri d'Artois, né en 1820. Le canal doit être livré en 1835 pour un coût global de 5 millions de francs. 6 écluses à sas seront réalisées (mais non achevées) entre 1826 et 1828 : Aubas, Montignac, Losse, Thonac, Saint-Léon, la Grambaudie. Créée en 1825, la Compagnie des canaux de la Vézère (ou société Mévil), en prise à des difficultés financières est liquidée en 1830. Conrad démissionne la même année. Les ouvrages réalisés par la société, mais restés inachevés sont remis aux Domaines en 1897. Certains seront équipées de portes busquées en 1842. L'écluse d'Aubas est ouverte à la navigation en 1843, année d'ouverture du canal de Lalinde sur la Dordogne. Le développement du chemin de fer, rapidement très concurrentiel, précipite l'abandon du projet initial, bien que des bateaux continueront à emprunter la rivière. La Vézère est radiée des voies navigables le 28 décembre 1926.

Période(s) Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Auteur(s) Auteur : Conrad Philippe Henry
Philippe Henry Conrad

Entré à l'école nationale des Ponts et Chaussées en 1803. Alors en poste à Nîmes, il est chargé par Louis Becquey du projet de la navigation de la Corrèze et de la Vézère à partir de 1822. Il démissionne le 21 novembre 1830.


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Sur l'ensemble des aménagements réalisés en partie ou en totalité sur le tronçon de rivière concerné par l'étude, seuls subsistent les vestiges de cinq ouvrages et de leurs dépendances associées (remise d'éclusier d'Aubas, déversoirs, systèmes de vannes), il ne reste rien de l'écluse de la Grambaudie située en aval de Saint-Léon. Tous les ouvrages conçus pour franchir une rupture de pente de 2 mètres devaient comprendre des écluses à sas submersibles, constituées de bajoyers droits délimitant un bassin de 5,20 m de largeur pour 28,80 m de long au total, équipées de portes busquées conformes au cahier des charges livré par l'ingénieur Conrad. Il s'agit, de l'amont vers l'aval, des sites d'écluse d'Aubas (IA24001517), de Montignac (IA24001650), de Losse, de Thonac (IA24001651) et de Saint-Léon-sur-Vézère (IA24001649).

Murs calcaire pierre de taille
États conservations vestiges
Statut de la propriété propriété publique

Références documentaires

Documents figurés
  • Recueil de cartes, plans et profils des ouvrages faits pour la navigation de diverses rivières de Guyenne, levés par M. Ferry dans la visite qu'il en a faite à la fin de l'année 1696. Avec des remarques & mémoires sur lesdits ouvrages. Dessin, encre et aquarelle, par François Ferry, 1696.

    Archives départementales de la Gironde : 3 JC 17
Bibliographie
  • CONRAD Philippe Henry. Mémoire sur les canaux de la Corrèze et de la Vézère, précédé de quelques documens relatifs à leur concession. Périgueux : Dupont, 1826.

  • DUTENS Joseph Michel. Histoire de la navigation en France. Vol. 1, Paris : A Sautelet et Cie, 1829.

    p. 626-635
  • REVERDY Georges. Les travaux publics en France 1817 - 1847. Paris : Presses de l'école nationale des Ponts et Chaussées, 2003.

Périodiques
  • LARIVIERE René "La navigation sur la Vézère et la Société des canaux de la Corrère et de la Vézère". Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, t. 95, 1968.

    p. 165-199
(c) Conseil départemental de la Dordogne ; (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Marabout Vincent