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Voie ferrée

Dossier IA33003594 réalisé en 2010
Parties constituantes non étudiées maison
Dénominations voie ferrée
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Castelnau-de-Médoc
Adresse Commune : Lamarque
Cadastre : 2009

Les travaux de la ligne ferroviaire Bordeaux-Le Verdon débutent en 1865 et sont achevés en 1875. Dés 1868, l´idée de créer un embranchement au départ de Moulis est lancée, afin d´établir une communication entre la rive gauche et la rive droite de la Gironde. Le projet est cependant abandonné puis relancé en 1878 : le Conseil général émet le vœu d´un embranchement entre la gare de Moulis et un point situé entre le port de Lamarque et le Fort-Médoc et, de ce fait, souhaite créer une liaison transfluviale régulière avec Blaye. Il s´agit également d´un projet stratégique, à savoir créer la liaison du Fort-Médoc avec la citadelle de Blaye et Fort-Pâté. Le projet est adopté par le sénat en 1880. Jules Grévy, alors président de la République, rédige une loi reconnaissant la ligne d´utilité publique. Deux tracés sont possibles : le premier passe au nord de Lamarque sur le territoire de Cussac, le second passe au sud de Lamarque. C´est finalement le premier tracé qui est adopté.

Les travaux, lancés en 1882, comprennent pour les premiers lots les constructions de trois passages à niveau, de six aqueducs dallés, de trois aqueducs voûtés, d´un ponceau à tablier sur la jalle du Cartillon et du chemin d´accès à la gare maritime et, pour le second lot, les constructions des maisons de garde barrière, de la gare maritime. L´ensemble des travaux est achevé en 1889. Seuls les rails ne sont pas encore posés.

Cependant, l´impossibilité d´utiliser le débarcadère au port qui est en mauvais état rend l´exploitation du chemin de fer difficile. La rentabilité du projet est désormais compromise : il ne peut y avoir une liaison ferroviaire sans liaison fluviale. Diverses demandes des communes pour l´ouverture de la ligne sont formulées en 1896, 1898 et 1902, toutes soldées par un refus. La ligne reste inachevée.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle

Il ne reste plus aucune trace de la voie ferrée Moulis-Lamarque. Seuls subsistent les deux maisons de garde-barrière, la gare maritime et le ponceau à tablier métallique établi sur la jalle du Cartillon, uniques témoignages du projet avorté.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Documentation complémentaire

    AD Gironde, SP 2409 : Loi qui déclare d´utilité publique l´établissement d´un chemin de fer de Moulis à la rive gauche de la Gironde, près Lamarque. , 21 février 1880.

    Article Ier : Est déclaré d´utilité publique à titre d´Intérêt Général l´établissement d´un chemin de fer de Moulis à la rive gauche de la Gironde, près Lamarque.

    Article 2 : Le Ministre des Travaux publics est autorisé à entreprendre les travaux de la ligne désignée ci-dessus.

    En aucun cas les dépenses à faire ne pourront excéder celles qui sont mises à la charge du Trésor par les lois des 11 juin 1842 et 19 juillet 1845.

    Viendra en déduction des dites dépenses le montant des subventions soit en terrain, soit en argent, qui ont été ou qui sont offertes par le département, les communes et les propriétaires intéressés.

    Article 3 : Il sera pourvu à la dépense de ses travaux au moyen des ressources extraordinaires inscrites au budget de chaque exercice et notamment, pour l´exercice 1880, sur le chapitre 11 du budget du Ministère des Travaux Publics (3ème section - Études et travaux de chemins de fer exécutés par l´État).

    Article 4 : Il sera statué par une loi spéciale sur les clauses qui seront ultérieurement stipulées pour la concession ou l´exploitation, s´il y a lieu, de la dite ligne.

    Article 5 : Un compte spécial de la dépense des travaux faisant l´objet de la présente loi, et des ressources qui y auront été attribuées, sera annexé à la loi portant règlement de chaque exercice.

    La présente loi délibérée et adoptée par le sénat et par la Chambre des députés sera exécutée comme loi de l´État.

    Fait à Paris le 21 Février 1880.

    Signé : Jules Grévy

    Par le Président de la République.

    Le Ministre des Travaux publics.

    Signé : Varroy.

    AD Gironde, SP 2409 : Ligne de Moulis à Lamarque et établissement sur la Gironde d´un ponton destiné à l´embarquement des voyageurs rejoignant à Blaye le réseau de l´état, 26 août 1887.

    Monsieur le préfet, le projet du Ier lot de la ligne de Moulis à Lamarque approuvé par décision du 12 juillet 1883 comprend, pour l´accostage devant la station maritime de Lamarque, l´établissement d´un ponton en vue de l´embarquement des voyageurs qui doivent rejoindre à Blaye, en traversant la Gironde, le réseau des chemins de fer de l´État.

    Ce ponton, dont la dépense est imputable sur la somme à valoir, a été évalué à 3.500 francs. Après s´être adressés à plusieurs constructeurs, M.M. les ingénieurs présentent une soumission souscrite par M. Lagorce fils à Lormont, lequel s´engage à établir dans un délai de 5 mois, pour 14.500 francs, un ponton de 15m de long sur 5m de large et 9m de profondeur.

    La somme à valoir du 1er lot devrait être augmentée de 11 000 francs.

    M.M. les ingénieurs ont, en conséquence, proposé d´approuver la soumission de M. Lagorce fils et de porter de 20.709 francs à 31.709 francs la somme à valoir dont il s´agit.

    Après avoir pris l´avis du Conseil Général des Ponts et Chaussées (3e section) il m´a paru que le ponton ne pourra être commandé que lorsque le mode d´exploitation de la ligne de Moulis à Lamarque aura été arrêté. Il n´y a donc pas lieu de statuer, quant à présent, sur la proposition de M.M. les ingénieurs.

    Je donne connaissance de la présente à M. l´ingénieur en chef Sabra, à qui je renvoie les pièces de l´affaire.

    Recevez, monsieur le préfet, l´assurance de ma considération la plus distinguée.

    Le ministre des travaux publics,

    Pour le ministre et par autorisation :

    Le directeur des chemins de fer.

    AD Gironde, SP 2911 : Utilisation du débarcadère, 2 décembre 1902.

    Rapport de l´Ingénieur ordinaire.

    Par une délibération ci-jointe, en date du 16 octobre dernier, qui nous a été transmise pour avis, le Conseil municipal de Lamarque sollicite l´autorisation d´utiliser le débarcadère établi à la gare maritime de la ligne de Moulis à la Gironde, pour créer une escale des bateaux à vapeur de la compagnie Bordeaux-Océan.

    Dans un rapport également ci-joint, en date du 11 novembre courant, M. l´Ingénieur en chef du Service maritime de la Gironde, auquel l´affaire a été soumise, fait connaître que, préalablement à l´examen de la question au point de vue de l´installation d´un ponton et de l´établissement des taxes de péage à percevoir, il appartient au service de la construction de la ligne de Moulis à la Gironde, de donner son avis au sujet de l´autorisation régulière relative à l´utilisation du débarcadère.

    Ce n´est pas la première fois que le Conseil municipal de Lamarque sollicite l´autorisation de se servir du débarcadère de la gare maritime de la ligne de Moulis. A deux reprises, en mars 1896 et en août 1898, le service de la construction a déjà eu à donner son avis sur le desideratum de la Commune de Lamarque et dans le dernier rapport produit, celui des 14 septembre, 5/8 octobre 1898, la question a été examinée depuis son origine.

    On estimait, alors, que vu l´état de vétusté dans lequel se trouvait le débarcadère, il était nécessaire de compter sur une dépense de 18 000 francs, justifiée par un détail estimatif, pour que le débarcadère pût être utilisé. Et M. l´Ingénieur en Chef, dans son avis en date du 8 Octobre 1898, proposait de soumettre l´affaire à M. le Ministre des Travaux Publics, en faisant remarquer que la question relative à la mise en exploitation de la ligne, à laquelle était intimement liée la réparation des ouvrages accessoires de la gare maritime : débarcadère et passerelle, ne paraissait pas de nature à être envisagée comme prochaine et que, par conséquent, il ne semblait pas possible de donner un avis favorable à la demande de Conseil municipal de Lamarque. C´est dans ce sens que l´affaire fut tranchée par une décision de M. le Ministre des Travaux Publics en date du 6 décembre 1898.

    Depuis cette époque, la situation n´a pas changé, en ce qui concerne la probabilité de mise en exploitation de la ligne ; en revanche, elle s´est aggravée pour l´ouvrage dont il s´agit et ce n´est plus seulement une réparation importante que le débarcadère exige, c´est une reconstruction totale qui s´impose, si l´on doit vraiment l´utiliser. Depuis 4 ans, en effet, il est resté complètement abandonné et n´a reçu aucune réparation, pas plus d´ailleurs que toutes les autres parties de la ligne : terrassements, bâtiments, ouvrages d´art.

    Nous avons donc fait faire une estimation de la dépense nécessaire pour la réfection à peu près totale de l´ouvrage dont il s´agit ; nous disons à peu près totale, car on peut compter sur le maintien de la moitié de la longueur des pieux battus en rivière ; la partie immergée de l´eau paraît bonne, mais la partie supérieure, exposées aux intempéries de l´air extérieur, est hors d´usage.

    Il résulte du détail estimatif que nous joignons au présent rapport, que la dépense de réfection du débarcadère et de sa passerelle mobile est évaluée à 20 000 francs ; nous avons tenu compte, dans cette estimation, du réemploi des fers qui pourront être utilisés pour boulons, étriers, etc.

    Si, ainsi que le faisait remarquer M. l´Ingénieur en Chef, dans son avis précité du 8 Octobre 1898, les réparations à faire au débarcadère, pour le mettre en état de servir, étaient peu de chose, et si l´on pouvait envisager comme prochaine l´ouverture à l´exploitation du chemin de fer de Moulis à la Gironde, on pourrait donner satisfaction à la Commune de Lamarque. Mais ce n´est pas le cas et nous ne pouvons proposer d´accueillir la demande qui nous est soumise, car elle est faite dans un intérêt purement communal, et elle aurait pour conséquence de mettre à la charge de l´État une dépense importante qui n´aura sa raison d´être que le jour où l´ouverture à l´exploitation de la ligne décidée, en même temps qu´il sera procédé à l´exécution des travaux de superstructures de la ligne, ainsi qu´une mise en état de réception.

    Dans ces conditions, nous sommes d´avis que la demande faisant l´objet de la délibération ci-jointe du Conseil Municipal de Lamarque n´est susceptible d´aucune suite.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Gironde. SP 2404. Projet du chemin de fer Moulis-Lamarque. 1866.

  • Archives départementales de la Gironde. SP 2409. Construction du chemin de fer Moulis-Lamarque. 1880-1887.

  • Archives départementales de la Gironde. SP 2415. Construction du chemin de fer Moulis-Lamarque. 1889-1891.

  • Archives départementales de la Gironde. SP 2414. Construction du chemin de fer Moulis-Lamarque. 1886-1888.

  • Archives communales de Lamarque. Série D : Registres de délibérations du conseil municipal. Chemin de fer. 1885.

  • Archives départementales de la Gironde. SP 142. Travaux dans les marais. 1886-1898.

  • Archives départementales de la Gironde. SP 2918. Utilisation du débarcadère du chemin de fer de Moulis à Lamarque. 1898.

Documents figurés
  • Plan des terrains à acquérir sur la commune de Lamarque. [s.n], 1866 [Archives départementales de la Gironde, SP 2404].

  • Extrait du plan cadastral de la commune de Lamarque. Par Bernard, 1886 [Archives départementales de la Gironde, SP 2414].

  • Plan parcellaire des propriétés à acquérir sur le territoire de la commune de Lamarque depuis la limite de la commune de Moulis et depuis la limite de la commune de Cussac. [s.n], 1883 [Archives départementales de la Gironde, SP 2409].

  • Plan parcellaire. [s.n.], 1888 [Archives départementales de la Gironde, SP 2414].

  • Occupations temporraires de terrain. [s.n.], 1886 [Archives départementales de la Gironde, SP 2414].

  • Plan parcellaire. Remise des chemins latéraux et autres chemins non classés. [s.n.], 1889 [Archives départementales de la Gironde, SP 2415].

  • Plans parcellaires de tous les terrains acquis pour le rétablissement des communications interceptées pour la construction du chemin de fer. [s.n.], 1891[Archives départementales de la Gironde, SP 2415].

Périodiques
  • FAURE, Michel. Un grand projet avorté : la voie ferrée de Moulis à Lamarque. Les Cahiers Médulliens, 1995, n° 24.

    p. 67-104
  • FAURE, Michel. La voie ferrée de Moulis à Lamarque. Les Cahiers Médulliens, 1996, n° 25.

    p. 109-110.
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