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Voie de chemin de fer

Dossier IA33003842 réalisé en 2012

Fiche

Dénominations voie ferrée
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Adresse Commune : Le Verdon-sur-Mer
Adresse :
Cadastre : non cadastré

Les travaux de défense côtière engagés par l’État dans les années 1840 à la Pointe de Grave nécessitent l'installation de voies ferrées (Compagnie des Houillères et Fonderies de Decazeville) pour l'acheminement des matériaux. Sur les cartes de cette époque, on observe une voie ferrée partant du fort de la Pointe, longeant le littoral dans la forêt jusqu'aux Huttes. Une autre ligne dessert le débarcadère de la Chambrette et le port du Verdon, au bord du chenal.

Autre enjeu important, relier Bordeaux à Soulac-Le Verdon : en 1852, un premier projet envisage la construction d'une voie ferrée partant de Bordeaux et aboutissant au Verdon. Des souscripteurs anglais devaient participer à cette opération mais se retirent du projet en 1858. En 1863, le projet est repris avec la constitution de la Compagnie du Chemin de fer du Médoc. Les négociations pour les expropriations prennent du temps et la ligne n'atteint Le Verdon et Soulac qu'en 1875.

Afin de relier la Pointe de Grave, un service de wagonnets à traction animale utilisant la voie ferrée, établie par les Ponts et Chaussées pour alimenter en matériaux les chantiers de défense côtière, est organisé. Un bateau à vapeur permet ensuite de rejoindre Royan. En 1893, on projette de poursuivre la voie de chemin de fer de la gare du Verdon à la Pointe : les travaux sont achevés en 1902 et une gare est construite à la Pointe.

Dans les années 1930, l'aménagement du môle d'escale avec une gare maritime entraîne l'électrification de la ligne du Médoc.

Dans les années 1980, un petit train touristique relie la pointe du Verdon à la plage des Cantines ; il est encore en fonction de nos jours.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle

L'actuelle voie de chemin de fer reliant Bordeaux au Verdon passe par Soulac, traverse la forêt et bifurque vers le bourg et la gare du Verdon. Un tronçon desservait également la gare maritime du môle d'escale : les rails sont encore visibles sur les terrains du Port Autonome de Bordeaux à l'est du village.

En été, quelques trains desservent encore la gare de la Pointe de Grave.

Un petit train touristique emprunte les anciennes voies des Ponts et Chaussées pour relier la Pointe de Grave à la plage des Arros.

Annexes

  • Documentation complémentaire

    -AC Le Verdon-sur-Mer. Registre délibérations 1874-1909. Demande au Préfet d'intercéder auprès de la compagnie du Médoc pour empêcher la suppression des trains express entre Bordeaux, Soulac et le Verdon, 7 juin 1887.

    - AD Gironde, 2002/86 926 : Voie ferrée de la pointe de Grave, déclaration du sieur Bienvenu, propriétaire ; rapport de l’Ingénieur en Chef, 22 avril 1893.

    Historique : Lorsque l’Administration Supérieure décida, au mois d’octobre 1841, la construction d’une jetée en maçonnerie à la Pointe de Grave, les approvisionnements des matériaux nécessaires à l’exécution des travaux de défense précédemment entrepris sur la côte se faisaient uniquement par voie d’eau ; les bateaux accostaient le débarcadère construit à cet effet dans l’anse de la Chambrette, et de là, les matériaux étaient transportés sur les chantiers au moyen d’un chemin de fer de service. Mais l’anse de la Chambrette n’était pas toujours abordable, même pendant la belle saison, les bateaux étaient obligés d’attendre, en rade du Verdon, le moment favorable pour accoster le débarcadère ; cette obligation était incompatible avec la rapidité d’exécution jugée indispensable pour la jetée, ouvrage dont l’importance était considérable. Aussi les Ingénieurs proposèrent-ils de créer, pour faciliter l’approvisionnement des matériaux de cette jetée, un nouveau moyen de débarquement dans la rade du Verdon et de le relier par un tronçon de voie à la voie principale existant déjà et partant du débarcadère de la Chambrette ; c’est ce tronçon qui traverse le terrain de M. Bienvenu (voir le plan général joint au présent rapport).

    Ces propositions furent approuvées par une décision ministérielle du 21 mai 1842 et l’Administration s’occupa immédiatement des mesures à prendre pour mettre à exécution les travaux prévus. C’est ainsi que, par arrêté du 4 juillet de la même année, M. le Préfet de la Gironde autorisa l’occupation temporaire des terrains sur lesquels le nouveau chemin de service devait être établi (…). Cette voie de service ne fut pas enlevée après l’achèvement de la jetée de Grave, et l’Administration a continué, jusqu’à ce jour, à s’en servir pour le transport des matériaux destinés aux travaux neufs ou d’entretien de la Pointe de Grave. En outre, depuis 1876, elle est utilisée par la Compagnie du Médoc, pour le passage des trains qui font le service de Royan.

    Dès le 10 octobre 1873, M. le Président du Conseil d’Administration de la Compagnie du Médoc, exposait à Monsieur le Ministre des Travaux publics que l’arrivée prochaine au Verdon du Chemin de Fer de Bordeaux allait donner une impulsion nouvelle aux relations et aux rapports des populations des deux rives de la Gironde ; comme conséquence, un service de bateaux à vapeur devait être créé pour relier Royan et le Verdon, et, dans ce but, Monsieur le Ministre des Travaux Publics était prié de faire étudier par les Ingénieurs du Service Maritime, en un point de la rive gauche de la Gironde, aux abords du Verdon, un projet d’appontement ou d’estacade pour l’embarquement et le débarquement des voyageurs.Cette demande, transmise pour avis au Service Maritime, fit l’objet d’une étude présentée les 15 mars et 6 avril 1874. Dans le rapport à l’appui de l’avant-projet, l’Ingénieur Ordinaire exposait d’abord la convenance d’établir le débarcadère, dans un but d’économie, près de l’éperon de la Pointe de Grave, et non au Verdon (…) ; il ajoutait ensuite : « Le raccordement avec la gare du Verdon serait, au reste, très facile. Nous croyons devoir insister sur ce point que le projet que nous présentons ne peut être considéré que comme un essai ; nous pensons que le service du débarcadère pourra se faire d’une façon régulière sur ce point, mais l’expérience seule peut nous assurer du succès. Si le service avec Royan fonctionne dans de bonnes conditions, l’emplacement que nous proposons se prête parfaitement à la création ultérieure d’un port d’une grande importance ; en prolongeant l’éperon, on pourrait arriver à établir sur ce point une anse protégée contre la houle du large ; on pourrait même être amené à protéger cette anse contre les vents d’Est et du Sud par une digue en rivière ; le débarcadère projeté nous fournira les moyens d’étudier les conditions les plus convenables d’établissement de ces divers ouvrages (…) ». Ce projet pris en considération le 21 octobre 1874, fut approuvé, sous une seule réserve, par la décision ministérielle du 22 janvier 1876 (…). Cette décision fut notifiée à la Compagnie du Médoc, qui ne voulut pas, du moins immédiatement, prendre l’engagement ferme exigé d’elle. Dans un rapport des 8 et 14 avril 1876, les Ingénieurs du Service Maritime firent observer que, la Compagnie du Médoc n’ayant pas souscrit ses engagements, il n’y avait pas lieu de commencer les travaux du débarcadère projeté, qui n’auraient pu, du reste, être terminés pour l’été de 1876. Ils ajoutaient que la Compagnie pouvait facilement tenter un essai, en faisant effectuer l’embarquement et le débarquement des voyageurs à la Pointe de Grave, au moyen de canots. La Compagnie du Médoc se rallia à l’avis des Ingénieurs et elle traita avec la Compagnie maritime « Gironde et Garonne », qui s’engagea à établir à ses frais un bateau à vapeur faisant un service régulier de voyageurs, entre les deux rives, pendant les mois de juillet d’août 1876, c’est-à-dire pendant l’été qui suivit immédiatement la livraison à l’exploitation de la ligne entière de Bordeaux au Verdon (…). La Compagnie ajoutait que, pour faciliter aux voyageurs le trajet entre la gare du Verdon et la Pointe de Grave, elle demandait l’autorisation de faire circuler sur la voie de service de l’Administration des Ponts et Chaussées, de petits wagonnets remorqués par des chevaux (…).

    Dès que les résultats de l’essai fait pendant l’été de 1876 furent connus (….), la Compagnie du Médoc demanda (…) l’exécution du débarcadère approuvé en principe par décision du 22 janvier 1876, pour établir un service régulier de bateaux à vapeur entre la Pointe de Grave et Royan (…). Le projet définitif du débarcadère fut approuvé le 23 mars 1877 (…). L’appontement, que l’Etat s’était engagé à construire, à ses frais, fut immédiatement exécuté ; mais il ne fut plus question de la circulation des wagonnets sur la voie de service.

    (…) Au moment de la construction des principaux ouvrages de la Pointe de Grave, et, notamment, de la jetée, tous les matériaux destinés au Verdon et à la Chambrette, et, de là, transportés au moyen du chemin de fer de service sur les différents chantiers ; il en était de même de la chaux, car l’Administration la fabriquait elle-même, et les fours créés en vue de cette fabrication, étaient situés près du village du Verdon. Aujourd’hui, la situation est loin d’être la même : d’abord, l’importance des travaux de maçonnerie a considérablement diminue ; ensuite, les bateaux qui font nos approvisionnements de moellons et de blocs effectuent leurs opérations de déchargement au Port-Bloc, c’est-à-dire à moins de 500 mètres du débarcadère de Grave, et les transports s’effectuent à partir de ce point dans la zone des terrains qui font partie du Domaine Public ou appartiennent à l’Etat ; de plus, la presque totalité des matériaux de même nature qui doivent être employés pour l’exécution des travaux approuvés en principe par la Décision ministérielle du 3 novembre 1892 (restauration des ouvrages de Grave et prolongement de la digue de la Chambrette) seront déchargés directement aux lieux d’emploi (…).

    [mention de la tentative en 1864 d’établir à la Chambrette une station balnéaire, entreprise qui a échoué].

    -AC Le Verdon-sur-Mer. Registre délibérations 1874-1909. Ligne de chemin de fer du Verdon à la Pointe sur le point d'être terminée, 6 juin 1902.

    Les wagonnets seront alors supprimés au lieu-dit Rabat ; mention des aubergistes et des hôteliers de la Pointe de Grave ; nécessité de faire venir le train jusqu'à la Pointe.

    -AC Le Verdon-sur-Mer. Registre de délibérations 1909-1923. Rétablissement de la voie ferrée Le Verdon-Pointe de Grave, 16 mars 1919.

    Rétablissement de la voie ferrée Le Verdon-Pointe de Grave dont les rails avaient été enlevés pour les nécessités de la Guerre ; cette ligne en faisant de Pointe de Grave la station terminus du réseau Midi Médoc assurait la correspondance avec Royan par service maritime supprimé depuis lors.

    -AD Gironde, 6 Fi 1705. Affiche pour le Train touristique Pointe de Grave-Verdon-Soulac, années 1980 (?) : "Promenade en forêt le long de l'océan, durée 1h30 - plage des Cantines - Départ Pointe de Grave, 15h et 16h30.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Le Verdon-sur-Mer. Registre des délibérations, 1874-1909.

    Archives communales, Le Verdon-sur-Mer
  • Registre de délibérations, 1909-1923.

    Archives communales, Le Verdon-sur-Mer
  • 8ème section - Travaux maritimes, Pointe de Grave - Affaires diverses, 1854-1944.

    Archives départementales de la Gironde : Fonds du Port Autonome, 2002-86-926
Bibliographie
  • CHANUC, Lucien. Un centenaire : le chemin de fer du Médoc. Bordeaux, 1973.

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