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Village de Saint-Estèphe

Dossier IA33007325 réalisé en 2013

Fiche

Œuvres contenues

Parties constituantes non étudiées puits, place
Dénominations village
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Hydrographies Gironde la
Adresse Commune : Saint-Estèphe
Lieu-dit : Cadastre : 1825 A5 ; 2015

Le village de Saint-Estèphe apparaît déjà bien étoffé sur les cartes du 18e siècle. A distance de l'estuaire, sur une hauteur, le bâti est regroupé autour de l'église entourée du cimetière. Plusieurs chemins à l'ouest et au sud y convergent ; au nord, une route mène à l'estey d'Un et, à l'est, au port de la Chapelle.

La représentation du bâti est plus précise sur le plan cadastral de 1825. Le chemin de Saint-Seurin et celui de Vertheuil se rejoignent à l'ouest pour former l'une des traverses principales qui mène au port à l'est. Le chemin de Pauillac à Saint-Estèphe forme l'autre axe principal, du sud au nord. Les habitations bordent ces axes principaux ; quelques rues et chemins secondaires complètent ce maillage. Une vaste parcelle au sud de l'église est encore à cette époque libre de toute construction ; elle sera peu à peu lotie au moment de la construction du nouveau presbytère, dans les années 1870, avec le percement de la rue des Martyrs-de-la-Résistance.

Si le bâti se répartit le long des axes de communication, on remarque également quelques îlots de maisons et de vastes bâtiments correspondant à des dépendances viticoles (chais, cuviers) ou agricoles (remises, écuries).

La place de l'église figure sur le plan cadastral de 1825 : un puits y est représenté. Dès 1841, le déplacement du cimetière situé au nord et au sud de l'église est envisagé pour des raisons d’exiguïté et d'hygiène. La commune acquiert en 1850 des terrains à distance, au lieu-dit Lafue. L’ancien cimetière est progressivement abandonné, ce qui favorise la circulation autour de l'église et permet l'organisation du marché sur la place dans de meilleures conditions.

L'accès à l'eau dans le village est un enjeu majeur, évoqué tout au long du 19e siècle dans les registres de délibérations du conseil municipal : le puits de la place de l'église ainsi que le puits dit de l'Hôtel de Ville sont les deux points d'eau principaux. A la fin du 19e siècle, le maire de la commune envisage même l'installation d'une éolienne de type Bollée pour puiser l'eau du puits de la place de l'église.

Dans la 2e moitié du 19e siècle, des travaux sont engagés pour élargir les chemins de traverse du bourg : la largeur de 6 mètres est alors préconisée. Un plan d'alignement est mentionné en 1864. Les rues Phélan, Montesquieu, du Centre et les quartiers du Porge et du Domaine (qui devaient se situer au nord de l'actuelle rue de l'Estuaire) sont indiquées dans les archives. La rue de l'Hôtel de Ville, actuelle rue Gorry, est percée dans les années 1860 alors que la mairie-école est en cours de construction, sur un terrain cédé à la commune par Franck Phélan.

La question des écoles du village est récurrente dans les registres de délibérations : la position excentrée du village par rapport aux autres hameaux de la commune pose problème. Le hameau de Leyssac est jugé plus central et l'école de garçons y est finalement construite à la fin du 19e siècle.

Au cours du 20e siècle, la mairie est transférée dans l'ancien château Canteloup. Les bâtiments de l'actuelle rue Maurice Gorry abritent aujourd'hui une école primaire privée et un internat des Apprentis d'Auteuil.

Les activités au sein du village étaient variées : la présence de tonnelleries est indiquée dans les matrices cadastrales. Un abattoir est installé en plein cœur du bourg en 1855 par Jean Allard (actuelle rue Michel-Audoy). Un autre abattoir est établi en 1898 par le boucher Roulet dans le quartier du Porge. Les cartes postales du début du 20e siècle permettent d'identifier les commerces qui existaient dans le bourg : épiceries, boucherie Roulet, café-hôtel Larrieu, "Au bon marché", droguerie, café Chevrier, etc. Des châteaux viticoles sont implantés au sein même du village, avec leurs dépendances : le château Capbern-Gasqueton est ainsi accolé à l'ancien presbytère, au chevet de l'église.

La collection de photographies aériennes de l'IGN (Géoportail) permet de mesurer l'évolution de l'emprise du village de 1937 à nos jours. Les constructions s'étendent dans la partie sud et à l'ouest, notamment avec l'aménagement des terrains de sport et de la salle polyvalente.

Période(s) Principale : limite 18e siècle 19e siècle
Principale : 2e moitié 19e siècle
Principale : 2e moitié 20e siècle

Le village de Saint-Estèphe se situe au nord-est de la commune, sur une hauteur dominant les terres basses qui rejoignent l'estuaire.

Il est délimité au sud par le domaine de Phélan-Ségur et au nord par celui de Calon-Ségur. A l'est, un chemin mène au port aménagé au bord du chenal et de l'estuaire ; à l'ouest, les chemins relient le bourg aux hameaux de Leyssac, Pez et Saint-Corbian.

L'église avec sa place constitue le cœur du village. Deux axes principaux, les actuelles rue du Commerce et de l'Estuaire, concentrent les habitations et les quelques commerces qui subsistent.

Les maisons présentent des façades en pierre de taille au décor soigné ; on note la présence de nombreuses dépendances agricoles et viticoles. L'habitat se concentre également par endroit en îlots, certains associant habitations et jardins.

Couvrements
Statut de la propriété propriété privée
propriété publique

Annexes

  • Documentation complémentaire

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1835 à 1862, Tracé du chemin de grande communication n°46 dans la traverse du bourg de Saint-Estèphe, 1849/06/03.

    Rue à 8 m de large : difficile à réaliser ; largeur de 6 m acceptée.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1862 à 1898, Demande d'alignement par Vincent Hay, marchand au bourg, pour la reconstruction de sa maison, 1863/04/13.

    Projet de la commune de percer une nouvelle rue partant de l'angle nord de la maison Teyssonneau et longeant le domaine appartenant à la fabrique de St Estèphe pour aboutir au chemin du port ; dans l'attente d'un plan.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1862 à 1898, Plan d'alignement du bourg, 1864/07/17.

    Importance de la rue Montesquieu dont la largeur doit être établie à 8m au lieu de 6.

    AD Gironde, 157 T 3 B, Lettre de la commission des Monuments historiques et des Bâtiments civils au préfet concernant le plan d'alignement prévu du bourg de Saint-Estèphe, 20 février 1865.

    Rejeté ; mention de la rue Vertheuil qui paraît devoir aboutir directement sur la place Napoléon III, sans emprunter le coude de la rue de la Poste.

    AD Gironde, 2 O 3117, Acte de vente de M. Phélan à la commune, notaire : Roux, s.d.

    Jean Bouillaud, homme d'affaires demeurant à Ségur Garramey, commune de Saint-Estèphe, agissant au nom et comme mandataire de M. Pierre-Jean-François-Scott Phélan (marié à Anne Wilhelmine Guestier), propriétaire, maire de la commune, demeurant sur son domaine de Ségur Garramey : vend à la commune une maison composée de plusieurs pièces avec toutes ses appartenances et dépendances, située au bourg de la commune de Saint-Estèphe, confrontant du levant à la rue Phélan, du couchant à la rue Traversière, du midi à la maison de la veuve Pétigny, mur mitoyen entre deux et du nord à la rue du centre ; et un emplacement confrontant du levant à la rue du Porge, du couchant à la rue Phélan, du midi aux propriétés de Verdon et Salmon et du nord à la rue du Centre ; biens qui dépendent du domaine de Ségur Garramey qui lui a été attribué dans le partage de la succession de son père selon acte passé devant Me Darrieux le 2 avril 1842 ; M. Bernard Phélan père avait acquis ce domaine de M. Jean-Charles-Michel Pourein suivant contrat passé le 13 thermidor an 12 devant Me Darrieux Jeune alors notaire à Bordeaux pour la somme de 33000 francs.

    AD Gironde, 2 O 3120, Echanges de terrains entre la fabrique et des propriétaires privés : aliénation des terrains dit du Porge et du Domaine, Me Lamena, notaire à Pauillac, 1870-1872.

    Indication des professions des personnes en présence : Pierre François Jean Scott Phélan, propriétaire du château de Ségur Garamey, fils de Bernard Phélan décédé le 11 mars 1841 (voir succession, acte du 2 avril 1842, Me Darrieux, notaire à Bordeaux) ; Charles Grand, charpentier ; Jean Audoire jeune, marchand boucher ; Nicolas Pélage, menuisier ; Jean Hilaret fils, tonnelier ; Jean Hay appelé famille Henri, maître de bateau ; Louis Salmon, entrepreneur de bâtisses ; Marie Françoise Sophie Victoire de Piis, propriétaire, épouse séparée de biens de François Eugène de Camiran, propriétaire avec lequel elle demeure au château du Bosq ; Jean Blanchet, entrepreneur de bâtisses demeurant à La Croix à St Estèphe ; Bertrand Dumas fils, propriétaire demeurant au château Pomys ; Jules Allagne, menuisier ; M. Pinet, peintre ; M. Pierre Bergey, débitant de tabac, sieur Roger, sabotier ; Pierre Bordut, aubergiste et marchand ; Charles Henri Georges Merman, propriétaire et courtier en vin demeurant à Bordeaux, cours du jardin public n°53.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1862 à 1898, Projet de reconstruction de la margelle du puits de la place principale du bourg attenant à la porte de l'église, 1871/03/26.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1862 à 1898, Mention du puits de la rue de l'hôtel de ville : demande de construire une pompe, 1872/01/28.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1862 à 1898, Puits de la rue de la Mairie, 1872/03/17.

    Antérieurement à 1865, l'honorable propriétaire du domaine de Ségur possédait dans l'intérieur du bourg de St Estèphe de vastes dépendances consistant en bâtiments d'exploitation considérables, des cours et places vides. Il divisa ces immeubles et dépendances en emplacements et pour en tirer le meilleur parti possible, il ouvrit une rue qui porte aujourd'hui le nom de rue de l'Hôtel de Ville. Sur le sol de cette rue se trouvait un puits qui fut conservé. En 1865, la commune fit dresser un plan du bourg sur lequel figure la rue (...). Depuis le propriétaire du domaine de Ségur a vendu les emplacements qui bordent la rue. En 1867, les habitants du quartier comprenant l'utilité qu'il y avait pour eux de conserver le puits ci-dessus mentionné à cause de l'abondance et de la qualité de l'eau se cotisèrent et ouvrirent une souscription pour le faire couvrir et y placer une pompe ; à partir de 1871, puits mis sous clé.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1862 à 1898, Continuation de la rue Montesquieu avec aliénation du terrain de la fabrique, 1873/02/23.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1862 à 1898, Problème des puits du bourg à sec sauf celui de la rue de l'Hôtel de Ville : expropriation pour cause d'utilité publique, 1876/08/27.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1862 à 1898, Proposition du maire de construire un puits communal à proximité de la mairie, 1880/08/14.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1862 à 1898, Travaux nécessaires pour approfondir le puits de la place de St Estèphe, 1889/02/17.

    Puits maçonné devant l'église ; travail réalisé par M. Billiot.

    AD Gironde, 2 O 3115, Extrait du registre des délibérations du conseil municipal concernant le mauvais état de la pompe du puits de la place, 1er avril 1890.

    AD Gironde, 2 O 3115, Compromis entre Georges Gasqueton, maire de St Estèphe, et Madame veuve T. Billiot de Bordeaux pour la fourniture d'une pompe en cuivre rouge pour le puits de la commune, 9 mai 1890.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1862 à 1898, Réparation à faire à la pompe du puits de la place du bourg, 1891/09/20.

    Réparation faite au puits.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1862 à 1898, Auberges du bourg : pétition et plaintes contre l'installation de 4 établissements suspectés d'être des maisons de prostitution, 1894/06/08.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1862 à 1898, Chemin de la Poste bordé de chaque côté de constructions habitées : peut être considéré comme une véritable rue du bourg, 1894/11/18.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1862 à 1898, Projet de M. Roulet, boucher nouvellement installé à St Estèphe, d'établir un abattoir dans l'immeuble de M. Jeanty Daniel, quartier dit du Porge mais compris dans l'enceinte du bourg, 1898/02/19.

    Problème : proximité de la mairie et de l'école de garçons.

    AD Gironde, 2 O 3115, Devis avec projet d'élévation et de distribution d'eau par éolienne système Auguste Bollée, remis au maire de la commune, 3 août 1899.

    Schéma éolienne ; E. Lebert, ancienne maison Auguste Bollée (Le Mans) ; projet pour le puits de la place de l'église (non réalisé).

    AD Gironde, 2 O 3115, Lettre à l'inspecteur d'académie concernant le projet d'appropriation à l'école de garçons de St Estèphe (bourg), 30 novembre 1899.

    L'emplacement qui sert de cour de récréation pour les élèves est absolument indépendant de l'école, dont il est séparé par un chemin ; cet emplacement est borné du côté sud par un pâté de maisons ; mais les côtés nord et ouest sont bordés par des routes très passantes où circulent matin et soir des véhicules et des bestiaux se rendant aux écuries ou qu'on conduit aux abattoirs ; nécessité d'une clôture avec mur et grilles remplaçant la clôture existante en bois.

    AD Gironde, 2 O 3115, Rapport de l'agent voyer concernant des travaux exceptionnels à exécuter pour la commune, 20 février 1900.

    Dont une grande carte de la commune pour rester exposée à la mairie ; plan d'ensemble du bourg, divers plans de rues et places (….) ; réparation du port de La Chapelle, construction d'un abattoir public, construction et réfection de pavages pour assainir le bourg et les villages (...).

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1899 à 1922, Autorisation donnée au maire de vendre de gré à gré les pierres et les tuyaux de cuivre provenant de la démolition de l'ancienne pompe, 1903/02/21.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1899 à 1922, Mention de l'atelier public de distillation dans le chai de M. Grillet au bourg, à côté de la mairie, 1917/02/18.

    Loi du 30 juin 1916 sur le régime des bouilleurs de cru.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Registre des délibérations du conseil municipal, 1835 à 1862.

    Archives municipales, Saint-Estèphe
  • Registre des délibérations du conseil municipal, 1862 à 1898.

    Archives municipales, Saint-Estèphe
  • Registre des délibérations du conseil municipal, 1899 à 1922.

    Archives municipales, Saint-Estèphe
  • Saint-Estèphe, biens communaux, 1842-1940.

    Archives départementales de la Gironde : 2 O 3115
  • Dossiers d'administration communale, Saint-Estèphe, Édifices publics, monuments, écoles, 1874-1907.

    Archives départementales de la Gironde : 2 O 3117
  • Dossiers d'administration communale, Saint-Estèphe, Culte, église, an XI-1903.

    Archives départementales de la Gironde : 2 O 3120
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Conseil départemental de la Gironde - Steimer Claire