Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Usine de construction aéronautique Messier, puis Messier-Bugatti-Dowty, actuellement Safran landing systems

Dossier IA64002449 réalisé en 2013

Fiche

Des années 1940 jusqu’aux années 1990, le site était organisé par technologie : autour des fraiseuses, des rectifieuses, du tournage, de l’ajustage, etc. et plusieurs centaines de pièces de trains d’atterrissage étaient fabriquées.

A partir de 1992, une rationalisation de la production a conduit à se concentrer sur la fabrication d’un nombre moins élevé de pièces (aujourd’hui seulement 80 références) tout en développant l’organisation dite « de mise en ligne » à partir des années 2000 : les techniques sont regroupées autour des pièces. Les sous-traitants se sont ainsi multipliés afin de produire les pièces hors du cœur de métier de Messier et, avec l’augmentation des cadences dans le secteur aéronautique depuis 10 ans, l’entreprise fait appel à des sous-traitants dans le monde entier.

Parallèlement, depuis les années 1990, les opérateurs sont devenus polyvalents et sont en charge de l’attestation de conformité des pièces qu’ils fabriquent.

En ce qui concerne les moyens de production : à partir des années 1980 apparaissent les premières machines à commandes numériques, depuis 2003-2004, des « tour-fraiseur » remplacent les tours et les fraiseuses (de 15-20 opérations, on passe à 3 ou 4 opérations).

Les produits et les matières ont également évolué. Alors que les premières commandes sont faites pour des avions militaires (Fouga, Mirage 3, AlphaJet, etc.), aujourd’hui le civil est prépondérant. Le 1er avion commercial civil sur lequel le site de Bidos a travaillé fut le Concorde. Puis, c’est avec l’Airbus A300-600 à partir de 1974 que la fabrication pour le civil a pris son envol. Enfin, depuis 5 ans, le marché avec Boeing a permis de produire des trains pour des avions non français. Pour ce qui est des matériaux : hier : acier et aluminium / aujourd’hui : titane. Depuis les années 1990, le site de Bidos a également intégré les fonctions laboratoire et achats (avant à Vélizy) et fait preuve d’une préoccupation croissante vis-à-vis de l’environnement et de la sécurité.

D'après un entretien le 12 novembre 2013 avec Jean-Marc Baranthol, responsable fabrication, dans l'entreprise depuis 1982.

Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, entrepôt industriel, cantine
Dénominations usine de construction aéronautique
Aire d'étude et canton Nouvelle-Aquitaine
Adresse Commune : Oloron-Sainte-Marie
Adresse : rue René Lucien
Cadastre : 2017 AS 84, 94, 95, 97, 152, 178, 181, 184 Entrée principale de l'usine avec les parkings.
Adresse Commune : Bidos
Adresse : 9 rue Guynemer
Cadastre : 2017 AA 98; 135; 136; 137; 139; 162; 165; 167; 177; 178; 179; 180; 181; 182; 183; 184; 185 La majeure partie de l'usine est implantée à Bidos ; la parcelle n°180 étant la plus grande.

1/ Origine de la société

Dans les années 1920, l’ingénieur parisien George Messier (1896-1933), spécialiste des dispositifs oléopneumatiques, élabore une nouvelle génération de suspensions pour des voitures appelées les "Messier sans ressort". En 1928, il crée à Montrouge avec René Lévy (devient René Lucien après la 2nde GM, 1900-1993) la Société Française des Matériels d'Aviation (SFMA) afin d'appliquer son dispositif aux amortisseurs pour avions et aux trains d'atterrissage. En 1933 Messier meurt dans un accident de cheval et Lévy reprend la SFMA.

2/ La naissance du "groupe des Pyrénnées"

En 1935, dans le cadre des décentralisations des usines aéronautiques souhaitées par le gouvernement, Lévy crée une unité de fabrication dans les Pyrénées, dans le village d'Arudy, qui dispose déjà d'une centrale hydroélectrique implantée sur le Gave d'Ossau.

En 1937, la SFMA devient la Société Messier et l'année suivante, elle poursuit sa décentralisation en créant une vaste usine à vingt kilomètres d'Arudy, à Bidos, commune limitrophe d'Oloron-Sainte-Marie desservie par le train. En parallèle, l'atelier d'Arudy s'étend sur 400 m2, prend le nom de Compagnie Mécanique de la Vallée d'Ossau (CMVO) et une fonderie est créée également à Arudy, au lieu-dit du "Touya". Cette fonderie s'adjoint un laboratoire de recherche pour la métallurgie en 1948. En 1957, Messier récupère des locaux existants à Izeste, à deux kilomètres d'Arudy, et les affecte aux traitements thermiques principalement.

Dès lors, la société comprend des moyens de production à Montrouge (laboratoires, bureau d'études, atelier chargé du montage, des essais et de la mise au point des prototypes) et le groupe des usines pyrénéennes dédiées à la réalisation des fabrications en série.

Le site de Montrouge ferme en 1988. Pour l'évolution des autres sites pyrénéens, se reporter aux autres dossiers : Arudy (IA64002465) et Izeste (IA64002466).

3/ Évolution du site de Bidos

Le premier bâtiment construit en 1938, dénommé "Atelier 1" (détruit en 2011), est implanté parallèlement au chemin de fer de Pau à Canfranc et l'usine démarre son activité en octobre 1938. Tours, fraiseuses et rectifieuses permettent à la vingtaine d'employés de fabriquer des pièces détachées assemblées à Montrouge. En 1943, l'usine est occupée et devient un atelier de réparation pour les camions allemands ; elle est libérée en août 1944 par les FFI. Après guerre, l'usine se dote de nouvelles machines grâce au plan Marshall et commence à travailler sur des pièces destinées aux avions Flamant et Morane 472.

Les ateliers 2 et 3 sont édifiés en 1952, dans le prolongement de l'atelier 1 et des logements pour le personnel sont construits à proximité de la route (sept maisons encore en place, dont une seule appartient aujourd'hui à la société pour le local du comité d'entreprise). Au cours des années 1950-1960, l'usine produit les trains d'atterrissage des Ouragan, Mystère IV et à partir de 1954 du CM 170 Fouga Magister.

Par la suite, les bâtiments de l'usine vont être constamment agrandis, modifiés, voire démolis et remplacés car l'emprise est difficilement extensible entre la route et la voie ferrée. Ainsi, une période d'intense construction a lieu entre 1962 et 1974 pendant laquelle de nouveaux ateliers sont créés, notamment pour la peinture et un bâtiment administratif de deux étages (3ème étage ajouté en 1980). Ce moment correspond à l'adaptation du site afin de satisfaire les exigences liées au programme Concorde (ateliers de traitements thermiques et de surface) tout en poursuivant la fabrication des trains et l'équipement hydraulique des Allouette III, Bréguet 941, Potez 840, et divers avions Dassault.

En 1971, la société Messier fusionne avec la partie "atterrisseurs" de la société Hispano-Suiza et en 1977, avec la société Bugatti. Elle devient ainsi Messier-Hispano-Bugatti. Avec les années 1970, l'usine se spécialise dans les atterrisseurs de grande dimension et commence sa collaboration avec Airbus. L'usine passe ainsi de 20 000 m2 de surface utile en 1978 à 30 000 m2 fin 1980.

En 1992, une grande halle est implantée pour les traitements de surface.

En 1994, le rapprochement avec Dowty entraîne la création de la société Messier-Dowty.

Depuis 2007, une vaste campagne de modernisation du site est entreprise avec la création d'un nouvel atelier de traitement thermique (2007), d'une nouvelle unité d'assemblage (2009), d'un atelier pour la fabrication de composants en titane (pour les trains d'atterrissage des gros porteurs tels que les B787 et les A350) à la place de l'atelier 1 (2012-2014) et d'une nouvelle plateforme logistique (2015) à 500 m du site.

Parallèlement, en 2011, la société devient Messier-Bugatti-Dowty et est renommée en 2016 Safran Landing Systems.

Période(s) Principale : 2e moitié 20e siècle , daté par source
Dates 1938, daté par source

Le site de l'usine est implantée au nord de la commune de Bidos, entre la voie ferrée au nord-est et un talus à l'ouest. Les anciennes maisons du personnel et un grand parking à l'ouest précèdent ainsi l'usine dans laquelle on rentre en descendant le talus soit via un ascenseur soit via des escaliers.

En bas, les bâtiments de l'usine ont tous un plan rectangulaire ; il s'agit soit de bâtiments administratifs en parpaings enduits à toit terrasse, soit de halles de fabrication avec des murs à essentage en acier, toit terrasse en feutre bitumineux ou sheds ou toit à longs pans en fibrociment. Les anciennes maisons du personnel, jumelles, ont des murs en parpaings enduits et un toit en tuiles.

La première halle de fabrication, datant de 1938, détruite en 2011, appelée "atelier 1" ou "usine Messier" sur les plans anciens, était rectangulaire, élevée en briques hourdées enduites avec un soubassement en pierre de taille. Les façades étaient percées de longues ouvertures séparées par des meneaux dotés de briquettes. Le tout était couvert d'un toit en shed avec tuiles. En jonction avec les atelier 2 à 4 situés au nord de cet atelier 1 se trouvait également une longue halle à toit à longs pans, arborant un pignon à échelons.

Murs béton parpaing de béton enduit
acier essentage
Toit bitume, ciment amiante en couverture, tuile
Plans plan rectangulaire régulier
Étages 3 étages carrés
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures terrasse
shed
toit à longs pans
Statut de la propriété propriété d'une société privée
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine - Maison-Soulard Laetitia