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Temple de protestants

Dossier IA64002646 inclus dans Station thermale des Eaux-Bonnes réalisé en 2018

Fiche

Á rapprocher de

Genre de protestants
Parties constituantes non étudiées presbytère
Dénominations temple
Aire d'étude et canton Pyrénées-Atlantiques
Adresse Commune : Eaux-Bonnes
Adresse : chemin rural dite ancienne route
Cadastre : 2018 AN 257-139

Conséquence directe de l'affluence étrangère, la construction du temple des Eaux-Bonnes, ainsi que de celui des Eaux-Chaudes, est envisagée dès les premières années du Second Empire, avec l'essor des pratiques liées à la villégiature thermale auxquelles la communauté britannique était particulièrement sensible. En mai 1858, le pasteur Lourde-Rocheblave publie un appel à souscription où il justifie de la nécessité d'un lieu d'accueil permanent qui garantisse des conditions dignes pour le culte protestant. Celui-ci est alors dispensé dans diverses habitations privées, en plus ou moins bon état, et soumis aux contestations continuelles de la communauté catholique locale.

En 1856, le Consistoire d'Orthez obtient, après trois tentatives et à la suite de la publication d'un décret impérial, la concession gratuite d'un terrain communal en contrebas de la Butte au Trésor et près du Valentin pour ériger la chapelle évangélique tant espérée. L'érection du temple, d'une capacité d'accueil de 150 à 200 auditeurs, et de son presbytère, sont estimés à 20.000 francs. L'édifice est non seulement pensé comme un lieu de culte ravivant la foi des religionnaires les moins impliqués mais également comme un centre de prédication, en particulier à l'attention des Espagnols et des catholiques éloignés de leurs habitudes urbaines.

Le temple est construit sur les plans de l'architecte départemental Gustave Lévy grâce à des financements privés, notamment un emprunt de 3.000 francs consenti par messieurs Sers de Goja, Forcade et Macdonald ; les aides publiques s'élèvent à 15.500 francs de la commune et à 2.000 francs par le ministère des Cultes. Avant même son achèvement, encore dépourvu de chaire et du nombre suffisant de sièges, et sans avoir réuni l'ensemble des fonds nécessaires, il est dédicacé et ouvert au culte le 7 août 1859. Il est dès lors fréquenté par de nombreuses figures célèbres, tels John Nelson Darby en 1860 ou Manuel Matamoros en 1865. Son presbytère est quant à lui construit en 1865, grâce à un second appel à souscription et à la persévérance des pasteurs Cadier et Frossard, qui ont permis de réunir entre autres 2.500 francs d'origine privée. Il est ensuite agrandi en 1879 d'après les plans de Pierre Gabarret, successeur du précédent architecte.

Durant l'âge d'or de la villégiature aux Eaux-Bonnes, le service religieux, promu par encarts publicitaires dans la presse locale, est célébré le dimanche à 11h30, mais il est également possible, au quotidien, de bénéficier des services d'un lecteur biblique et d'accéder à une bibliothèque. A partir de 1880, les fidèles organisent des ventes régulières placées sous le patronage de Miss York et de mesdames Cadier, Preller (propriétaire de la villa Excelsior voisine), Ram, Leudet, épouses de figures éminentes de la communauté protestante, afin d'amenuiser la dette contractée lors de la construction des temples des Eaux-Bonnes et des Eaux-Chaudes, et de contribuer à leur entretien.

Avec le déclin du thermalisme, le temple des Eaux-Bonnes est progressivement dégradé ; en 1936, un inventaire des lieux signale son mauvais état et les risques encourus en raison de l'humidité croissante. Le temple est finalement vendu à la Mutuelle Générale des PTT, qui acquiert l'Hospice Sainte-Eugénie voisin après guerre. Désaffecté, il est détruit, de même que son presbytère, au début des années 1970, laissant place à un parking.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Secondaire : 4e quart 19e siècle
Dates 1859, daté par source
1865, daté par source
1879, daté par source
Auteur(s) Auteur : Lévy Gustave,
Gustave Lévy (1826 - 1885)

Architecte départemental des Basses-Pyrénées dans les années 1850 et 1860.


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architecte départemental, attribution par source
Auteur : Gabarret Pierre,
Pierre Gabarret

Architecte communal des Eaux-Bonnes dans les années 1870-1880.


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architecte communal, attribution par source
Personnalité : Cadier Alphonse, personnage célèbre, attribution par source
Personnalité : Frossard Emilien, personnage célèbre, attribution par source

Relevant d'une architecture sacrée habituelle pour le XIXe siècle, le temple de protestants des Eaux-Bonnes était implanté sur un site pittoresque, au pied de la Butte au Trésor et en face du pavillon de la Source Froide.

Il se composait d'un vaisseau unique sur un plan rectangulaire orienté au nord. Quelques cartes postales et photographies anciennes permettent d'appréhender sa façade, relativement élaborée, s'élevant sur deux niveaux. Le rez-de-chaussée était percé de deux jours en arc en plein-cintre qui entouraient le portail, d'inspiration romane, formé de deux piédroits encastrés couverts d'un tympan et d'un arc en plein-cintre. Cette entrée, soignée pour un édifice modeste, était dominée par une baie jumelée aux formes semi-circulaires et surmontée d'un oculus. Cette baie était ornée de vitraux géométriques constitués de cercles colorés. Le pignon, particulièrement soigné, était orné de motifs de bandes lombardes stylisées.

Les clichés anciens laissent deviner un mode constructif qui ne diffère pas des autres bâtiments de la station, avec l'emploi de la pierre de taille grise d'Arudy pour les murs de parement, à laquelle s'ajoute la pierre blanche choisie pour la modénature et les sculptures.

Accolé à l'élévation longitudinale du côté est, se trouvait le presbytère dont, selon les archives, les murs étaient en pierre de Louvie, les planchers et charpentes en bois de sapin et la couverture en zinc, soit un mode de construction ordinaire pour cette zone géographique. L'édifice comportant un étage était également doté d'un escalier de dix-huit marches et trois pilastres en bois tourné, de cloisons en lattis et d'un plafond couvert de trois couches de peinture.

Murs moellon enduit
pierre pierre de taille
Toit ardoise, zinc en couverture
Plans plan rectangulaire régulier
Étages 1 étage carré
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
États conservations détruit
Techniques sculpture
Représentations livre, croix
Précision représentations

La façade était couronnée par une croix de pierre dominant une bible ouverte, signal identificateur du culte protestant.

Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Fonds du Centre d’Études du Protestantisme Béarnais. Temples des Eaux-Bonnes et des Eaux-Chaudes.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques : 60 j 50/15
  • Centre d’Études du Protestantisme Béarnais. Temple et presbytère des Eaux-Bonnes, 1860-1970.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques : 60 J 56/1/7
  • Matrice cadastrale des propriétés bâties d'Eaux-Bonnes 1903-1904.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes
  • Presbytère du temple protestant, 1879.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes : Bâtiments communaux, B2
Documents figurés
  • Plan cadastral des Eaux-Bonnes dressé par J. Turon le 17 septembre 1863, vu et approuvé par le préfet le 27 avril 1866.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes
  • Plan des Eaux-Bonnes, dans Guide Joanne, Hachette, 1894.

Bibliographie
  • LANUSSE-CAZALE Hélène. Protestants et protestantisme dans le Sud aquitain (1802-1905). Espaces, réseaux et pouvoirs. Thèse de doctorat d'histoire, sous la direction de CHAREYRE Philippe et GUINLE-LORINET Sylvaine, Université de Pau et des Pays de l'Adour, 2012.

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Université de Pau et des Pays de l'Adour - Delpech Viviane