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Église paroissiale Saint-Martin

Tableau : Résurrection

Dossier IM64004092 réalisé en 2019

Fiche

Dénominations tableau
Titres Résurrection
Aire d'étude et canton Pau
Adresse Commune : Pau
Adresse : rue Henri-IV

Ce tableau fut commandé par l'État en 1842 (pour 4.000 francs) et peint l'année suivante pour l'église Saint-Martin de Pau par Eugène Devéria (1805-1865), installé dans la capitale béarnaise depuis 1841 pour raison de santé. L’exécution de la toile coïncide avec une période de crise spirituelle de l'artiste qui aboutit à sa conversion au protestantisme en cette même année 1843. Cette œuvre monumentale, la seule de quelque importance réalisée par le peintre pour une église paloise, constitue une variation libre d'après une composition antérieure : la cinquième toile d'un cycle de la Vie du Christ peint en 1835 pour l'église Saint-Léonard de Fougères (aujourd’hui déposé à la chapelle du couvent des clarisses urbanistes de la même ville), dont le musée des beaux-arts de Pau conserve depuis 2005 une série de réductions autographes. Le tableau de Saint-Martin en reprend l'économie générale, les figures du Christ et de l'ange - le premier est une citation quasi textuelle - et le principe des grandes figures de soldats cadrées à mi-jambe et placées en repoussoir à l'avant-scène. L'atmosphère puissamment romantique du tableau de Fougères, sensible notamment dans le nu orientalisant du gardien maure au premier plan, s'assagit toutefois dans la toile paloise, relevant d'une veine plus classique qui correspond à l'inflexion du style de Devéria après son abandon de la scène artistique parisienne.

La Résurrection de Saint-Martin fut exposée au Salon parisien de 1844, apparemment sans grand succès si l'on en croit le jugement lapidaire de Théophile Thoré, qui notait à propos du tableau d'Eugène et du Saint Michel de son frère Achille : "il n'y a pas de quoi devenir catholique, à voir ces drôles de fantasmagories." (Le Salon de 1844, p. 99) Théophile Gautier ne fut pas plus élogieux : "Cette toile nous a fait éprouver un sentiment douloureux. Eh quoi ! cette composition insignifiante, ces figures sans caractère, sans style, ces formes banales, remplies de tons fades, plâtreux, c'est tout ce qui nous reste d'Eugène Devéria ?" (La Presse, 28 mars 1844).

Période(s) Principale : 2e quart 19e siècle
Dates 1843, porte la date
Lieu d'exécution Commune : Pau
Auteur(s) Auteur : Devéria Eugène,
Eugène Devéria (1805 - 1865)

Eugène François Marie Joseph Devéria, né à Paris le 22 avril 1805, mort à Pau le 3 février 1865. Élève de son frère Achille (1800-1857), puis de Girodet et de Guillon Lethière.


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peintre, signature

Toile rectangulaire verticale en plusieurs lés, clouée sur la rive d'un châssis en croix (?) ; cadre en bois mouluré simple, doré à la mixtion.

Catégories peinture
Structures rectangulaire vertical
Matériaux toile, en plusieurs lés, peinture à l'huile
bois, mouluré, doré à la feuille d'or à l'huile
Précision dimensions

Dimensions non prises.

Iconographies scène biblique, Résurrection du Christ, ange, soldat, peur, étonnement, homme, vieillesse, réflexion, tombeau
Précision représentations

Le Christ glorieux, encore enveloppé à demi dans son linceul, jaillit du tombeau dont un ange a soulevé la dalle ; trois soldats à ses pieds marquent leur étonnement et leur frayeur par des gestes emphatiques, tandis qu'un vieillard enturbanné (Joseph d'Arimathie, pourtant absent de la scène ?), assis au premier plan à gauche, semble méditer l'événement.

Inscriptions & marques signature
date
Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections classé au titre objet, 1996/09/04
Précisions sur la protection

Arrêté de protection : tableau et son cadre.

Annexes

  • Jugements critiques sur la "Résurrection" d'Eugène Devéria exposée au Salon de 1844

    E. du Molay Bacon : "Le Salon de 1844", dans Le Correspondant. Revue mensuelle. Religion, philosophie, politique, sciences, littérature, beaux-arts. Tome 6, Paris : V.-A. Waille, 1844, p. 299-300.

    "Plusieurs années durant, M. Eug. Devéria fut, aux yeux de beaucoup de personnes, un grand peintre ; puis il s'éclipsa subitement du premier rang, ne produisit plus que des tableaux de chevalet sans importance ; il descendit même jusqu'à l'aquarelle. Il cherchait, au milieu de ces travaux de courte haleine, à réformer son style. Quelque temps après il reparut à Notre-Dame-de-Lorette avec ses fresques ; mais sa peinture était sans caractère. M. Devéria avait trop complètement dépouillé le vieil homme ; ses qualités s'en étaient allées avec ses défauts. Il ne fit que des religieuses roses et coquettes, des saints, des martyrs élégants et parfumés, convenables tout au plus dans une église qui ressemble quelque peu à un boudoir. / La Résurrection qu'il expose cette année n'annonce point, hélas ! le retour de son talent. C'est une œuvre digne de faire suite à ses fresques. On y trouve la même absence de caractère, la même afféterie dans les détails, le même sentiment mesquin en tout. M. Eugène Devéria était un peintre distingué. En examinant sérieusement ses productions de toutes les époques, on lui reconnaît tous les caractères d'un peintre de genre, mais d'un peintre de genre seulement. Nous pensons qu'il serait préférable pour M. Eug. Devéria d'être bien pénétré de cette vérité. Il a toutes les qualités secondaires qui le feraient briller dans une sphère où il aurait des rivaux, mais peu ou point de supérieurs."

    **********

    Théophile Thoré : Le Salon de 1844 précédé d'une lettre à Théodore Rousseau. Paris : Alliance des arts, 1844, p. 99.

    "M. Achille Devéria [a fait] un Archange saint Michel ; M. Eugène Devéria et M. Lépaulle une Résurrection du Christ. Il n'y a pas de quoi devenir catholique, à voir ces drôles de fantasmagories."

    **********

    Théophile Gautier : "Le Salon de 1844", dans La Presse, 28 mars 1844.

    "Cette toile [La Résurrection] nous a fait éprouver un sentiment douloureux. Eh quoi ! cette composition insignifiante, ces figures sans caractère, sans style, ces formes banales, remplies de tons fades, plâtreux, c'est tout ce qui nous reste d'Eugène Devéria ?"

Références documentaires

Documents d'archives
  • Commande d'un tableau de "La Résurrection du Christ" au peintre Eugène Devéria en 1842.

    Archives nationales, Paris : F/21/25, dossier 56
Bibliographie
  • THORÉ Théophile. Le Salon de 1844 précédé d'une lettre à Théodore Rousseau. Paris : Alliance des arts, 1844.

    p. 99
  • GAUTHIER Maximilien. Achille et Eugène Devéria. Paris : H. Floury, 1925.

    p. 135
  • Eugène Devéria, 1805-1865. Catalogue de l'exposition, Pau, 2005-2006, musée des Beaux-Arts, musée national du Château de Pau. Paris, RMN, 2005.

Périodiques
  • GAUTIER Théophile. "Le Salon de 1844". La Presse, 28 mars 1844.

  • DU MOLAY BACON E. "Le Salon de 1844". Le Correspondant. Revue mensuelle. Religion, philosophie, politique, sciences, littérature, beaux-arts. Tome 6, Paris : V.-A. Waille, 1844.

    p. 299-300

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