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Cathédrale Notre-Dame

Tableau : Adoration des bergers

Dossier IM40004543 réalisé en 2012

Fiche

Dénominations tableau
Titres Adoration des bergers
Aire d'étude et canton Dax sud
Adresse Commune : Dax
Adresse : place de la Cathédrale , place Roger-Ducos
Emplacement dans l'édifice bars sud du transept, mur ouest

Les circonstances de l'arrivée de ce tableau à la cathédrale sont mal connues. Selon la tradition locale, il s'agirait d'un don du dernier évêque de Dax avant la Révolution, Charles-Auguste Le Quien de La Neufville (1728-1805), amateur d'art renommé. Une confusion est toutefois possible avec son petit-neveu et homonyme, Charles Le Quien de La Neufville, dernier du nom (1806-1892), dont on sait qu'il offrit plusieurs œuvres à la fabrique de Notre-Dame (réf. IM40004542). L'hypothèse, parfois avancée, d'une libéralité de la reine d'Espagne Marie-Anne de Neubourg (1667-1740) exilée à Bayonne, à l'occasion d'une cure à Tercis (station thermale proche de Dax), est en revanche fantaisiste. Quoi qu'il en soit, la première mention assurée de la présence du tableau dans l'édifice n'est pas antérieure au mois de février 1906, date à laquelle il figure (sous le n° 37) dans l'inventaire consécutif à la loi de Séparation des Églises et de l’État.

L’œuvre était attribuée autrefois, de manière peu convaincante, à Jacopo Bassano (1510-1592) ou à Nicolas Baullery (vers 1560-1630). En 1956, à l'occasion d'une restauration par l'atelier parisien Malesset, Mme Duthil, chargée de mission des Musées nationaux, la rapprocha d'un tableau du peintre germano-pragois Hans von Aachen (1552-1615) exécuté en 1577 pour l'église romaine du Gesù, peinture aujourd'hui disparue mais gravée en 1588 par Aegidius II Sadeler (non signalée dans l'ouvrage de Thomas Dacosta-Kaufmann, L’École de Prague) - d'autres copies ou répliques sont conservées dans les musées de Bruxelles, Cambridge, Cologne, Hanovre, Schwerin et Vienne. La dernière restauration en date de la version de Dax, par Claudine Passicos en 2004, a révélé la belle qualité de la peinture, jusqu'à laisser supposer une intervention directe de Von Aachen, voire une réplique de sa main. Un détail, toutefois, pourrait infirmer cette hypothèse : un dessin préparatoire à l'original perdu du Gesù, conservé au British Museum (inv. 1860,0616.115), présente une composition en sens inverse de l'estampe de Sadeler (qui la grava donc en contrepartie) et du tableau dacquois. Il est donc probable que ce dernier fut exécuté d'après la gravure, voire d'après l'une de ses dérivations (elle fut copiée notamment par Francesco Bernardino Bergonci). Les variantes importantes par rapport au modèle - composition dilatée en largeur, personnages plus espacés les uns des autres, omissions de détails (chapeau et bâton de berger aux pieds de Joseph) - seraient alors le fait de la liberté d'interprétation de l'excellent copiste anonyme, comme les nombreux repentirs relevés par C. Passicos.

Période(s) Principale : limite 16e siècle 17e siècle , (?)
Stade de création copie interprétée d'estampe
Auteur(s) Auteur : Von Aachen Hans, atelier de, (?), attribution par travaux historiques
Auteur de la source figurée : Sadeler Aegidius II, graveur

Toile (sergé) à tissage régulier et serré, en deux lés verticaux (avec couture au centre, à 146 cm du bord gauche), à préparation rouge, tendue sur la rive du châssis ; cadre en bois mouluré et peint en noir.

Catégories peinture
Structures support, rectangulaire horizontal
Matériaux toile, support, en plusieurs lés, sergé, peinture à l'huile
bois, mouluré, peint
Mesures h : 234.0
la : 297.0
Précision dimensions

Dimensions à l'ouverture du cadre. Montants et traverses des cadres : la = 9.

Iconographies Adoration des bergers, colonne, serpent, âne, boeuf, chien, ange, phylactère
Précision représentations

Au centre, la Vierge dévoile l'Enfant nu couché posé sur un linge blanc (préfigure du linceul de sa future Passion) posé sur la paille. A droite, entouré de trois anges adolescents aux ailes déployées, saint Joseph agenouillé, la main posée sur un fût de colonne brisé (symbole du paganisme vaincu) sur lequel se détache un serpent couronné d'or, à langue en forme de flèche (longtemps considéré comme la marque du peintre, puis comme un symbole d'éternité, en réalité le serpent de la Faute rédimée par l'Incarnation du Christ). A gauche, cinq bergers et bergères, dont deux en repoussoir à mi-corps au premier plan, accompagnés d'un chien. Entre la Vierge et un berger à houlette, l'âne et le bœuf des Évangiles apocryphes (ici représentés en dépit de la réprobation affirmée par le Concile de Trente). Dans une gloire de nuées et de rayons dorés au-dessus de la Vierge, trois angelots portent un phylactère avec l'inscription "Gloria in excelsis Deo".

Inscriptions & marques inscription concernant l'iconographie, latin, peint
Précision inscriptions

Inscription sur un phylactère porté par des anges en vol : GLORIA IN EXCELSIS DEO ET IN [...].

États conservations oeuvre restaurée
Précision état de conservation

Le tableau a été restauré au moins à cinq reprises dans le courant du 20e siècle : dans les années 1900, il est rentoilé et subit un lessivage à la potasse qui détruit les glacis et endommage fortement les couches picturales les plus minces ; en 1956, de nouvelles retouches accentuent la dénaturation de l’œuvre ; en 1974, le rentoilage est refait ; en 1982, l'Association des Amis de la cathédrale finance une première tentative de nettoyage plus respectueuse ; en 2004, enfin, une restauration attentive de Claudine Passicos rend à la peinture lisibilité et cohérence : suppression des vernis cétoniques, nettoyage de la couche picturale et élimination des nombreux repeints, réintégration des zones détériorées (d'après le rapport de restauration de C. Passicos).

Classé comme œuvre de (ou d'après) Jacopo Bassano.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections classé au titre objet, 1975/11/04

Références documentaires

Documents d'archives
  • Inventaire des biens de la mense et de la fabrique, 5 février 1906.

    Archives départementales des Landes : 70 V 107/15-17
Périodiques
  • DARMAILLACQ B. "Les cathédrales de Dax".Bulletin de la Société de Borda, 79, 1955.

    p. 3-16
  • MARRAUD Sébastien. "Une Nativité bien mystérieuse". Sud-Ouest, 23 décembre 2004.

    p. 23
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Maisonnave Jean-Philippe