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Église paroissiale Notre-Dame de Goudosse

Statue : Vierge à l'Enfant, dite Notre-Dame de Goudosse

Dossier IM40007696 réalisé en 2019

Fiche

Dénominations statue
Titres Vierge à l'Enfant
Appellations dite Notre-Dame de Goudosse
Aire d'étude et canton Tartas est
Adresse Commune : Souprosse
Lieu-dit : Goudosse
Emplacement dans l'édifice chœur, arc triomphal, au nord

La statue de Notre-Dame de Goudosse figure, avec celles de Buglose et de Maylis, au nombre des effigies mariales les plus vénérées dans les anciens diocèses d'Aire et de Dax. Si l’historiographie locale a tenté d'assigner à cette dévotion une origine très ancienne (la première moitié du XIe siècle selon l'abbé Jean Dupouy dans sa monographie de 1888), il semble qu'aucun document ne l'atteste avant la fin du XVIe siècle. L'indult accordé le 19 novembre 1616 par le pape Paul V à la confrérie de Notre-Dame, qui constitue la première mention assurée de cette compagnie, ne fait pas davantage allusion à l'antiquité supposée du culte marial à Goudosse. Quoi qu'il en soit, la présence d'une statue de la Vierge est signalée pour la première fois dans le registre de la confrérie en août 1621, date à laquelle Marise de Lafitte, abbesse du couvent de Sainte-Claire à Dax, donne à l'occasion de son "enrôlement" dans la confrérie une "chesne [chaîne] d’ambre bleu" "pour l’ornement de l’image de la Sainte Vierge". Suivent divers dons au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, entre autres celui du dominicain Raymond d’Arblade, reçu dans la confrérie le 8 juin 1727, qui offre "un chapelet de l’Amérique dont les grains sont moitié noirs et moitié rouges, qui a été suspendu au cou de la dite Vierge".

La statue actuelle, pour des raisons de style, ne paraît pas antérieure à la seconde moitié du XVIIe siècle. Elle semble, cependant, avoir eu une certaine ancienneté quand elle fut dorée en 1744 par le doreur Despouys de Toulouzette (près de Mugron), qui avait travaillé en 1731 au retable de l'église mère, Saint-Pierre de Souprosse. La sculpture occupait peut-être, sous l'Ancien Régime, la niche centrale d'un retable dont les ailes auraient pu accueillir les deux statues des saints Pierre et Paul toujours conservées dans l'église - ce décor, toutefois, n'est pas autrement documenté. Au XIXe siècle et dans la première moitié du XXe, l'effigie mariale était placée dans une niche murale au-dessus du maître-autel. Cette disposition resta inchangée jusqu'au début des travaux de restauration intérieure de l'église dans les années 1980, époque où l'œuvre a été déplacée à l'église du bourg de Souprosse et posée sur l'autel de la Vierge. Elle a regagné Goudosse en 2011 après l'achèvement des travaux et sa propre restauration. La niche murale qui l'abritait à l'origine ayant été supprimée au profit de la restitution de l'arcature romane de l'abside, elle est aujourd'hui adossée au piédroit nord de l'arc triomphal.

Période(s) Principale : 2e moitié 17e siècle
Auteur(s) Auteur : Despouys,
Despouys

Despouys (ou Dupouys ?), doreur à Toulouzette (Chalosse), mentionné pour des travaux à Souprosse en 1731 et à Goudosse en 1744.


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doreur, attribution par source

La statue, sans doute taillée dans du tilleul, présente un revers évidé à peine dégrossi, ni peint ni doré. Elle comporte plusieurs éléments rapportés et chevillés : le bras gauche de l'Enfant (avec le globe) et son avant-bras droit, la couronne de la Vierge. Le socle semi-circulaire est homogène avec la figure et peint en faux marbre blanc. Les vêtements et la couronne sont dorés à la feuille d'or et à la mixtion (deux tons d'or pour la robe et le manteau de la Vierge) ; des restes de dorure ancienne présentent quelques traces de décor gravé en reparure. Les carnations sont peintes au naturel, les cheveux en brun foncé, le globe de l'Enfant et les chaussures de la Vierge en rouge sang de bœuf.

La statue est aujourd'hui présentée sur un socle moderne parallélépipédique en bois.

Catégories sculpture
Structures revers évidé
Matériaux tilleul, (?), doré à la feuille d'or à l'eau, peint, polychrome
Mesures h : 170.0
la : 47.0
pr : 20.0
Iconographies Vierge à l'Enfant, couronne, globe, bénédiction
Précision représentations

La Vierge, la tête voilée, vêtue d'une robe serrée à la taille par une ceinture et d'un manteau drapé sur l'épaule gauche et le bras droit, porte l'Enfant sur son bras gauche tout en soutenant de la main droite le pied gauche de son fils ; celui-ci, entièrement nu (la main de la Vierge posée sur son ventre tient lieu de linge de pudeur), bénit de la dextre et porte dans l'autre main le globe crucifère ou monde.

États conservations oeuvre restaurée
Précision état de conservation

La restauration de la statue, menée de 1990 à 2011, a permis de retrouver, sous l'épaisse couche de bronzine qui la déparait, une petite partie de la dorure à la feuille posée par le doreur Despouys en 1744, qui présente des traces de décor en reparure. Le reste a été refait a novo.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections inscrit au titre objet, 1990/10/10
Précisions sur la protection

Arrêté de protection : statue de la Vierge à l'Enfant, bois, XVIIe siècle.

Annexes

  • Extraits de la monographie paroissiale de Souprosse et Goudosse, par l'abbé Jean Dupouy, vers 1888 (AD Landes, 16 J 17), concernant l'église de Goudosse et la statue de Notre-Dame

    P. 84-114 : "Paroisse de Ste-Marie de Goudosse ou de Notre-Dame de Goudosse. / [...] Notre-Dame de Goudosse, anciennement on écrivait Godosse, est situé sur les bords de la rive droite de l’Adour, à égale distance de Souprosse et de Toulouzette, près du chemin vicinal qui unit ces deux localités, dans un site ravissant. [...] C’est au milieu de ces plaines fertiles que s’élève l’antique chapelle qui, quoique mutilée et presque ruinée par le vandalisme protestant, porte encore le cachet d’une église du 11e ou douzième siècle. / [...] Au-dessus du rétable (sic) de l’autel se trouve la statue de la Ste Vierge en bois doré, haute d’un mètre et demi, avec l’enfant Jésus bénissant placé sur le bras gauche. Le bras droit relève les plis d’un vaste manteau et soutient les chapelets et scapulaires que la dévotion populaire aime y suspendre. La tête repose, il est vrai, sur un cou un peu long, mais non gonflé, comme s’est plu à le dire le correspondant de Mr Masson, et Notre-Dame de Goudosse n’est pas la patronne des goitreux. La figure de la Vierge respire la majesté, la bonté, la douceur. Aujourd’hui qu’elle repose dans sa niche antique, elle a bien l’air d’une reine, de la reine de la miséricorde.

    Origine de cette dévotion. / Il serait difficile d’assigner une époque précise où elle commença, mais, s’il est vrai de dire que le culte de la mère de Dieu grandit avec celui du fils [...] nous pouvons assigner à cette dévotion une origine qui se perd dans la nuit des temps. Elle existait dans la première moitié du XIe siècle, et ce sanctuaire que l’on voit encore aujourd’hui en est un faible mais fidèle écho. Si ces pierres calcinées par le feu pouvaient nous raconter les gloires du passé, elles nous diraient que le culte de Marie a toujours été en honneur dans les contrées de l’Adour, que Notre-Dame de Goudosse a vu depuis les temps les plus reculés les pèlerins de tout âge, de tout sexe, de toute condition, se presser au pied de ses autels, deux diocèses, celui d’Aire et celui de Dax, la proclamer leur reine, leur protectrice. Nous devons à l’obligeance de Madame de Laborde d’Aurice un document qui nous montre le prestige dont jouissait Notre-Dame de Goudosse avant le 16e siècle. On ne se contentait pas de visiter une église si illustre, on lui faisait encore des dons. Bernard de Lamensans, seigneur de Lamothe en 1509, légua à la chapelle de Godosse (sic) une rente annuelle de cent francs. En 1640, Bernard de Bats, un des ancêtres de la famille actuelle de Lamothe d’Aurice, légua une rente annuelle d’un capital de 150 francs pour être employée au luminaire de le dite église de Goudosse. [...] Il y avait dans chaque diocèse un centre glorieux, un sanctuaire régional où convergeaient toutes les douleurs. Quel était ce sanctuaire au Moyen Âge ? Quel était dans le diocèse d’Aire le lieu privilégié de Marie au commencement du 17e siècle. Est-ce Notre-Dame de Maylis ? Nous ne le pensons pas. Sans doute, ce sanctuaire avait eu son heure de célébrité [...] mais, soit par les malheurs de la guerre, soit pour tout autre motif, au commencement du 17e siècle, le culte de Marie y était presque éteint, et c’est un curé de Souprosse, Monsieur Hugues Dufaur, que Monseigneur l’évêque transféra (en 1672) à Maylis pour faire refleurir l’antique dévotion à la Ste Vierge. Buglose, dans le diocèse de Dax, pleurait sa statue perdue dans les marais. Aucun titre dans le passé, si ce n’est une pieuse croyance, n’attestait l’antiquité et le célébrité de ce sanctuaire. Où donc allaient les peuples au 15e, au seizième et au commencement du dix-septième siècle ? Le besoin d’une mère se faisait sentir alors comme aujourd’hui. [...] De quel côté tournaient leurs regards les populations des Landes et de la Chalosse ? Où était leur reine ? leur étoile ? et la consolatrice des affligés ? C’est vers Notre-Dame de Goudosse que l’on accourrait [...], heureux de faire la veillée aux pieds de la Madone de l’Adour, de participer à l’indulgence du Grand Pardon dont Paul 5 venait d’enrichir ce sanctuaire, de se placer sous le patronage de celle que ce grand Pape venait de désigner à la dévotion des peuples, de couronner d’une nouvelle auréole de gloire. [...]

    Cette affluence à Notre-Dame de Goudosse ne datait pas seulement du commencement du 17e siècle. Tous les monuments écrits antérieurs à cette époque n’existent plus. Une bête féroce s’est abbatue (sic) dans la contrée, le protestantisme, a brûlé nos sanctuaires et nos trésors. Il ne reste plus que des murailles calcinées, que leur épaisseur a protégé (sic) contre la rage des vandales, des autels sans éclat, des ornements simples et [illisible]. Notre-Dame de Maylis avait partagé le sort de Notre-Dame de Goudosse. [...] Un long cri de douleur retentit au sein de nos populations. Tout était perdu sauf la confiance et le dévouement des peuples envers la Ste Vierge. Et ce dévouement, de quel côté se porta-t-il d’abord ? Est-vers Maylis ou vers Goudosse ? / C’est vers Goudosse que les foules se pressent, c’est pour ce sanctuaire que tous les cœurs se dilatent, que toutes les bourses s’ouvrent. Le souverain pontife lui-même alors régnant, Paul 5, s’émut à la nouvelle des désastres qui venaient de frapper nos contrées, et plein de confiance dans celle qu’on appelle le manteau des [illisible], il tourna ses regards vers cette pauvre Gascogne si désolée ; Notre-Dame de Goudosse, le sanctuaire privilégié des Landes et de la Chalosse devint l’objet de ses faveurs. Un indult daté de Rome, l’an mil six cent seize de l’incarnation de Notre Seigneur, le 19 Novembre et de son pontificat le douzième, ajouta à ce sanctuaire une nouvelle illustration, en lui concédant la faveur du Grand Pardon, une indulgence plénière au jour de la Nativité et autres privilèges contenus dans cet indult que nous avons hâte de faire connaître. [...]

    Cette indulgence, on le voit, eut un grand retentissement dans le Diocèse d’Aire et sa teneur fut connue aussi dans tout le Diocèse de Dax. Depuis sa solennelle promulgation à Godosse le 8 septembre 1617, elle fut lue et commentée, quatre ans durant, sur toutes les chaires. Le nom de Godosse fut connu partout, et les populations des landes et de la Chalosse proclamaient bienheureuse la Madone de l’Adour. Notre-Dame de Godosse devint le centre du mouvement religieux qui portait les peuples vers Marie et son pèlerinage devint le plus fréquenté et le plus célèbre du Diocèse d’Ayre.

    Trois hommes surtout avaient contribué à rehausser l’éclat de ce sanctuaire : Noble Charles de Latheulade, prêtre et curé de Cerbert (?), Mr Louis de Poyanne, official de l’évêque d’Ayre, Mr Henri de Poyferré, Bachelier en théologie et curé de Godosse. Monsieur Charles de Latheulade, curé de Cerbert ( ?), de l’illustre famille de Lataulade d’Ayer, eut, le premier, la pensée de grouper sous la bannière de Notre-Dame de Godosse toutes les âmes vraiment dévotes à la Ste Vierge, de former dans la région une grande famille dévouée à Marie et dont les membres seraient reliés entre eux par la charité et les mêmes exercices de piété. Il fonde la confrérie de Notre-Dame de Godosse. Il resterait à préciser cette époque. [...]

    Chaque nouveau confrère donne une obole en argent ("3 quarts d’écus en argent" pour Louis de Poyanne). "Il est bon de savoir que ces aumônes étaient destinées à la réparation de la chapelle." 170 noms cités, parmi lesquels toutes les élites locales, religieuses et civiles (Sarancine d’Albret).

    "Le 8 septembre 1618 s’enrôla Mr de Lataulade habitant de Dax et donna 2 flambeaux. [...] En 1621, c’est l’abbesse du couvent de Ste-Claire de Dax qui demande à entrer dans cette fraternité. Madame Marise de Lafitte, abbesse du couvent de Ste-Claire des religieuses d’Acqs s’est enrollée en la congrégation de Notre-Dame de Goudosse le dix septième jour du mois d’Aout mil-six-cent-vingt-un et donné de présent tant pour l’ornement de l’image de la Sainte Vierge que pour l’autel une chesne [chaîne] de l’ambre bleu et un pair (sic) de corporaux pour servir au dit autel. [...] Le 8 juin 1727, Raymond d’Arblade de l’ordre des frères prêcheurs a été reçu dans la confrérie de Notre-Dame de Godosse et a permis de s’acquitter le mieux qui se pourra des devoirs spirituels de la dite confrérie, et lui avons donné un livret. Il a offert 26 sols et un chapelet de l’Amérique dont les grains sont moitié noirs et moitié rouges qui a été suspendu au cou de la dite Vierge. [...]"

    "Voilà les statuts qui furent présentés à l’approbation de Mr Louis de Poyanne, vicaire général et official du Diocèse d’Ayre par M. Henry de Poyferré, curé de St-Étienne d’Artiguebaude et Godosse, le 8 septembre 1617. [...] Tout semblait présager pour ce sanctuaire une ère de prospérité et de splendeur le nom de Notre-Dame de Goudosse. [...] Cette antique chapelle, grâce à l’affluence religieuse dont elle allait devenir le centre, allait voir ses murs réparés, et son culte briller au loin d’un nouvel éclat. / Mais la dispensatrice des grâces, sans délaisser Notre-Dame de Goudosse, s’était choisi un autre théâtre, le pays natal de St Vincent de Paul - Buglose près de Pouy dans le diocèse de Dax. Elle s’y affirma par de grands et nombreux miracles qui détachèrent, il est vrai, l’attention générale de la Madone de l’Adour, mais non tous les cœurs, car Notre-Dame de Goudosse resta et est encore aujourd’hui la bien aimée de nos contrées de l’Adour. ["de l’Adour" rayé] [...]"

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Références documentaires

Documents d'archives
  • Monographie paroissiale de Souprosse et Goudosse, par l'abbé Jean Dupouy, vers 1888.

    p. 84-114 Archives départementales des Landes : 16 J 17
  • Inventaire des biens dépendant de la fabrique, 23 février 1906.

    n° 121 Archives départementales des Landes : 70 V 369/10
Bibliographie
  • CAZAUNAU Léon. Notre-Dame de Goudosse. Dax : Barrouillet, 1978.

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Maisonnave Jean-Philippe