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Chapelle Notre-Dame de Buglose, dite chapelle des Miracles

Statue : Notre-Dame de Buglose

Dossier IM40004732 réalisé en 2014

Fiche

Á rapprocher de

Dénominations statue
Titres Notre-Dame de Buglose
Aire d'étude et canton Dax nord
Adresse Commune : Saint-Vincent-de-Paul
Lieu-dit : Buglose
Emplacement dans l'édifice sur le côté droit de l'allée menant à la chapelle, au sud-est de l'édifice

Dès 1866 avait été envisagé le projet d'installer au sommet de la tour sud du sanctuaire de Buglose une statue monumentale de la Vierge, à l'instar de l'effigie de Notre-Dame d'Aquitaine (par Alexandre Chertier) qui couronnait depuis 1863 la tour Pey-Berland à Bordeaux. Peu avant la Première Guerre mondiale, l'évêque d'Aire, Charles de Cormont, relança l'entreprise et chargea dans un premier temps le comte Clément d'Astanières (auteur en 1907 du tombeau de Mgr Delannoy, réf. IM40004636) de proposer un modèle, mais l'état de santé du sculpteur en empêcha la réalisation. Daniel Boulard, propriétaire des forges d'Abesse à Saint-Paul-lès-Dax, offrit alors de fondre la future statue dans son établissement et recommanda un "statuaire de talent" à l'identité non précisée (L. Cazaunau et J. Lesbats, 1970, p. 267-269). Il fut alors décidé de reproduire la célèbre Vierge de Buglose exposée dans le chœur de la basilique Notre-Dame (réf. IM40004675). Selon Cazaunau et Lesbats, le sculpteur pressenti "accepta le projet avec joie, mais ne voulut pas le réaliser avant la fin de la guerre". Le 28 février 1918, Mgr de Cormont se rendit à Mont-de-Marsan, accompagné de l'architecte diocésain Henri Depruneaux, pour examiner la maquette dans l'atelier du mouleur "chargé de l'exécution (...) avec trois projets de socles différents". La statue "en bronze doré", de dimensions beaucoup plus réduites qu'il n'avait été initialement prévu, fut érigée sur la plate-forme de la tour, entre les quatre statues d'anges offertes par la marquise de Lur-Saluces, et fut bénite tardivement le 8 septembre 1927. Elle fut déplacée devant la chapelle des Miracles, au sud-est de la basilique, à l'occasion de la reconstruction partielle de la chapelle en 1966, et sa dorure fut alors remplacée par une polychromie peu discrète.

L'œuvre, volée le 24 décembre 1986, n'a jamais retrouvée depuis lors. Elle a aussitôt été remplacée par un autre tirage du bronze, commandé trois ans avant la statue de la tour et à ses frais par Mgr de Cormont. Posé sur un socle dû à l'architecte dacquois Albert Pomade, cet exemplaire était placé depuis le mois de septembre 1924 le long de la voie ferrée, d'où son surnom de "Vierge des Voyageurs". Cette installation avait "pour but de faire connaître aux voyageurs, aux touristes et aux pèlerins se dirigeant de Bordeaux à Dax, vers Notre-Dame de Lourdes, le nom vénéré de Notre-Dame de Buglose et sa belle et ravissante statue" (article paru dans La Croix le 4 septembre 1924 : voir annexe). A l'origine "doré[e]s pour projeter leur éclat au loin et mieux attirer l'attention des pieux pèlerins", les figures de la Mère et de l'Enfant ont été décapées à l'occasion de leur nouvelle installation.

L'examen direct de ce second tirage, désormais installé à hauteur de regard, a permis de relever la signature du sculpteur bordelais Louis Raoul (non documenté) et la date 1916, certainement celle de la conception du modèle. Aucune marque de fondeur n'a, en revanche, été repérée. Un exemplaire en plâtre de la statue, conservé à la chapelle Saint-Jean de Péré à Saint-Sever, porte la même signature : il pourrait s'agir du plâtre original.

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle
Dates 1916, porte la date
Stade de création copie de sculpture
Lieu d'exécution (incertitude sur le lieu)
Commune : Bordeaux
Auteur(s) Auteur : Raoul Louis, sculpteur, signature
Personnalité : Boulard Daniel,
Daniel Boulard

Propriétaire des forges d'Abesse à Saint-Paul-lès-Dax.


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donateur, attribution par source
Personnalité : Cormont Marie Charles Alfred de,
Marie Charles Alfred de Cormont (1847 - 1933)

Né à Paris. Évêque de Fort-de-France et Saint-Pierre (Martinique) en 1899, puis d'Aire et de Dax de 1911 à 1930.


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commanditaire, attribution par source

La statue de la Vierge et le trône sont fondus d'une seule pièce ; l'Enfant est sans doute fondu séparément ; les couronnes sont rapportées.

Catégories sculpture, bronze d'art
Structures revers sculpté
Matériaux bronze, patine
Mesures h : 110.0
Précision dimensions

La statue originale mesure 108 cm de hauteur.

Iconographies Vierge à l'Enfant, trône, couronne, bénédiction
Précision représentations

La Vierge est assise dans un fauteuil recouvert d'un draperie ; elle est vêtue d'une robe à manches collantes, corsage à encolure carrée et gorgerette, sur laquelle est jeté un manteau aux plis profonds ; des inscriptions "brodées" courent sur l'encolure du corsage et sur le bord du manteau (citations du Magnificat et du Salve Regina). La Vierge tient dans son giron l'Enfant tourné vers la gauche, à demi nu et bénissant, un sourire aux lèvres. Tous deux sont coiffés de grandes couronnes d'orfèvrerie, ciselées de feuilles lancéolées et de palmettes à la grecque.

Inscriptions & marques inscription, latin, fondu
signature, gravé
date, gravé
Précision inscriptions

Inscriptions (extraits du Magnificat et du Salve Regina) imitant la broderie, sur le bord du corsage de la Vierge et de son manteau : MANIFICAT (sic)... ANIMA... DOMINON (sic) [sur le corsage] ; SUSPIRAMUS... IN HAC...NOSTRE ILLOS... TUOS... [sur le bord du manteau, à droite].

Signature et date (au revers du trône, à gauche) : Copie de L. Raoul / sculpteur à Bordeaux / 1916.

Précision état de conservation

La statue, originellement dorée, a été repeinte en couleurs naturelles, sans doute à l'occasion de sa translation en 1966, puis entièrement décapée et patinée à une date inconnue.

Statut de la propriété propriété du département, L’œuvre, réalisée à l'initiative du diocèse après la loi de Séparation, mais à destination d'un édifice de propriété départementale (la basilique Notre-Dame), est d'un statut imprécis.

Annexes

  • Article paru dans "La Croix" du vendredi 4 septembre 1924 (communiqué par l'abbé Dominique Bop)

    "Inauguration et bénédiction de la statue de Notre-Dame de Buglose érigée près de la voie du chemin de fer dans le domaine du monastère de Buglose, le 8 septembre 1924.

    Lundi 8 septembre prochain, fête solennelle de Notre-Dame de Buglose, déclarée par le Souverain Pontife Patronne principale de tout le diocèse d’Aire et de Dax, Mgr de Cormont, évêque d’Aire et de Dax, bénira la statue de Notre-Dame de Buglose, qu’on vient d’ériger tout près de la voie ferrée, devant le monastère et l’église connue depuis plusieurs siècles sous le nom de Sainte-Chapelle de Notre-Dame. / Des retards occasionnés par les études que les architectes ont dû faire pour le travail qui leur était demandé, ainsi que des difficultés multiples, d’une nature sérieuse et délicate, n’ont pas permis à Mgr de Cormont de placer — au moins jusqu'à présent — la statue de Notre-Dame de Buglose sur le haut de la grande tour, comme il en avait eu tout d’abord le projet. / Ce projet peut demeurer, mais il ne pourra être exécuté que dans un avenir plus ou moins éloigné et dans des temps moins inquiétants. / Cette statue placée près de la voie du chemin de fer est un don personnel de Mgr de Cormont. Toutes les sommes, quelles qu’elles soient, qui ont été recueillies pour ériger la statue sur la plate-forme de la tour sont donc entièrement réservées et gardées pour le moment où le projet primitif pourra être exécuté. / Mgr de Cormont avait eu et a pour but de faire connaître aux voyageurs, aux touristes et aux pèlerins se dirigeant de Bordeaux à Dax, vers Notre-Dame de Lourdes, le nom vénéré de Notre-Dame de Buglose et sa belle et ravissante statue. Celle qui est placée près de la voie ferrée a été moulée sur l'original qui se trouve dans la Sainte-Chapelle. / Cette statue est en bronze d'art ainsi que le trône sur lequel la Vierge est assise tenant sur ses genoux son divin Enfant Jésus. / L’Enfant Jésus et la Sainte Vierge sont dorés pour projeter leur éclat au loin et mieux attirer l'attention des pieux pèlerins. / Tous et particulièrement Ies artistes remarquent la ravissante beauté de la physionomie de la Vierge de Buglose. Son expression est d’une douceur céleste ; le regard qu’elle porte sur son divin Fils est un regard d’amour maternel, d'admiration contemplative et satisfaite. Lea yeux s’arrêtent aussi ravis devant l’aimable sourire de l’Enfant Jésus, qui semble vouloir attirer les cœurs à lui et parler à tous le langage de l’amour de son divin Cœur."

Références documentaires

Bibliographie
  • CAZAUNAU L., LESBATS Julien. Buglose. Nogaro : Dauba frères, 1970.

    p. 267-269, 291-292
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Maisonnave Jean-Philippe