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Repaire noble de La Chapoulie, puis maison et ferme

Dossier IA24004353 réalisé en 2013

Fiche

Genre seigneurial
Appellations Repaire noble de La Chapoulie
Destinations maison, ferme
Parties constituantes non étudiées portail, chai, cellier
Dénominations manoir
Aire d'étude et canton Vallée de la Vézère - Montignac
Adresse Commune : Thonac
Lieu-dit : la Chapoulie
Cadastre : 1813 D1 259 ; 2019 0D 813

Au début du XVIe siècle, la petite seigneurie appartient aux Bonnet (ou Bonet, famille originaire de Sarlat et qui y réside), sans que l'on puisse remonter plus haut dans l'histoire. Jean de Bonnet, qui avait épousé Marguerite de Gisson, fait dresser son testament le 7 avril 1530 "en sa maison noble de la Chapoulie, dans la juridiction de Sarlat". Non seulement il s'agit là de la plus ancienne mention de la maison noble, mais la date du document fournit également un terminus ante quem à la construction de celle-ci : le bâtiment principal en fond de cour, de plan rectangulaire, isolé à l'origine et qui comprend plusieurs cheminées en pierre dont une dans la grande salle, et des demi-croisées très refaites (dont la traverse a été retirée et le chanfrein de l'ébrasement a été retaillé pour constituer une feuillure pour des volets extérieurs), date assurément des premières décennies du siècle. La Chapoulie est une "maison des champs" pour les Bonnet, qui résident principalement à Sarlat où ils exercent leurs charges, la cité étant distante de moins d'une vingtaine de kilomètres au sud-est.

Dans ce testament de 1530, Jean qui se qualifie d'écuyer et de "sieur de la Chapoulie", institue comme héritier universel son fils aîné Antoine, alors à l'armée du roi. Antoine II de Bonnet, fils du précédent, épouse Antoinette de Gaudin, fille de feu Monsieur de Gaudin, le 18 janvier 1562 (n.st.). Il est écuyer, seigneur de la Chapoulie et de la Geneste, ainsi qu'avocat au parlement de Bordeaux. Antoine II teste à Sarlat le 3 avril 1608. De son mariage, il avait eu Jean, né en 1576, et Raymond, né en 1577. Ce dernier est qualifié de noble, d'écuyer et de seigneur de La Chapoulie dans plusieurs documents, notamment lors de son mariage avec Marie de Villepreux le 8 juin 1620. C'est peut-être à son père ou à lui que l'on doit les dépendances (chais, caves et celliers), qui constituent les ailes en retour sur la cour : leurs portes, fenêtres et jours barlongs présentent un ébrasement à chanfrein droit assez large dans une mise en œuvre soignée.

Lors de la prise de Sarlat par les troupes du prince de Condé en 1652, lors des troubles de la Fronde, Raymond de Bonnet, avocat du roi au siège présidial de Sarlat, est l'un des consuls de la ville ; avec deux autres confrères, Armand de Costes, conseiller au présidial, et Antoine de Saint-Clar, aussi conseiller et assesseur en la maréchaussée, il permet la reprise de la petite cité par les troupes du roi de France commandées par le duc de Candale l'année suivante.

Le domaine de La Chapoulie revient ensuite dans la branche aînée : Raymond de Bonnet, fils de Jean et d'Antoinette de la Brousse, qui réside à Sarlat, est avocat du roi et seigneur de la Chapoulie lorsqu'il épouse le 19 mai 1676 Louise de Besse. Il teste le 7 juin 1693.

La famille, qui portait : "De gueules au lion d'or, au chef cousu d'azur chargé de trois étoiles d'argent", est maintenue dans sa noblesse par Bazin de Bézon, intendant de Bordeaux, le 28 juin 1697.

La ferme est indiquée sur la planche n° 23 de la carte de Belleyme levée en 1768 : il s'agit de l'un des deux rectangles noirs qui figurent entre le Colombier, au sud, et le Buisson, au nord, dans une situation géographique qui correspond exactement à son emplacement - et à celui de la ferme de La Chapoulie. Les bâtiments ont été en partie remaniés à cette époque, comme l'attestent quelques fenêtres et portes à chambranle et linteau délardé en arc segmentaire caractéristiques et le comble brisé qui couronne le bâtiment principal, qui fut agrandit à ce moment. Ces travaux ont peut-être été menés par Joseph Jérôme de Bonet, seigneur de La Chapoulie et de Vayserie, qui était gendarme de la garde ordinaire du roi en 1762.

Après la Révolution, le domaine reste entre les mains de la famille Bonnet : Joseph (ou David Joseph) en est le propriétaire en 1813, au moment de la levée du premier plan cadastral ; le domaine est relativement modeste, mais comprend de grandes parcelles de terres labourables et de vignes. David Joseph est député de la ville de Sarlat et receveur particulier des finances de l'arrondissement de Coutances. De nouveaux travaux ont lieu dans la seconde moitié du siècle, comme le suggèrent des fenêtres à cadre rectangulaire et feuillure pour des volets extérieurs.

Encore plus récemment, le grand portail à portes cochère et piétonne qui ouvrait la cour a été démonté puis remonter dans la ferme des Granges à Tursac (communication orale).

Partie déplacée Commune : Tursac Lieu-dit : Les Granges
Période(s) Principale : 1er quart 16e siècle
Principale : milieu 16e siècle, 2e moitié 16e siècle , (?)
Principale : 2e moitié 18e siècle
Secondaire : 2e moitié 19e siècle

Le siège de l'ancien petit domaine noble est situé à mi-pente sur le coteau dominant au nord le bourg de Thonac, distant d'un peu moins de 300 mètres. De plan en U autour d'une cour, les bâtiments comprennent un corps de logis principal au fond, au nord-est, et deux ailes disposées en retour d'équerre, au sud-est et au nord-ouest : le bâtiment principal étant sur le point le plus haut de la pente, les deux ailes comprennent un étage de soubassement (qui renferment des caves et cuviers) rattrapant le dénivelé du terrain. Seule l'aile droite comprend des logements, situé de plain-pied avec ceux du bâtiment principal. Ce dernier est précédé d'une terrasse maçonnée à laquelle on accède par un escalier droit en pierre. Il comprend un rez-de-chaussée surélevé et un comble habitable éclairé par des lucarnes ouvertes dans le brisis du toit. Les pièces principales du rez-de-chaussée sont dotées de grandes cheminées en pierre à piédroits chanfreinés. La grande salle est en outre dotée d'un plafond à poutres dont les arêtes sont adoucies par un quart de rond. Tous les bâtiments sont construits en moellon pour les murs (autrefois enduits) et en pierre de taille pour les parties vives (chaînes d'angle, portes et fenêtres). Certaines baies sont à chanfrein droit, mais la plupart des fenêtres sont soit à chambranle et à linteau délardé en arc segmentaire, soit à cadre rectangulaire et à feuillure pour accueillir des volets extérieurs. L'ensemble de la couverture du bâtiment principal, refaite récemment, est en ardoise, taillée en écaille de poisson pour les brisis, rectangulaire pour les terrassons. L'aile gauche est ruinée, de même que le petit pavillon carré qui flanque l'entrée à droite, autrefois couvert en lauze (vestiges).

La charpente du bâtiment principal est homogène et présente un marquage continu au ciseau à bois en chiffres romains (de I à VI), avec contremarque sur l'un des versants. Elle est à fermes et à pannes, avec un contreventement simple, uniquement obtenu par des contrefiches liant les poinçons des fermes principales à la faîtière.

Murs calcaire moellon
calcaire pierre de taille
Toit ardoise
Couvertures toit à longs pans brisés croupe brisée
toit à longs pans croupe
Statut de la propriété propriété d'une personne privée

Références documentaires

Documents figurés
  • Carte de la Guyenne par Belleyme. Reproduction en fac-similé de l'édition du XVIIIe siècle conservée à l'Institut géographique national, par Pierre de Belleyme, IGN.

    Planche n° 23, levée en 1768, publiée entre 1785 et 1789 Archives départementales de la Dordogne : 1 Fi 2 Dordogne 0013
  • Plan cadastral ancien de la commune de Thonac, 1813.

    Section D, 1ère feuille Archives départementales de la Dordogne : 3 P3 6119 à 3 P 3 6125
Bibliographie
  • CHESNAYE-DESBOIS François-Alexandre-Aubert de. Dictionnaire de la noblesse de France… Paris : la Veuve Duchêne. 1771-1772.

    Tome III (1771), p. 637-638.
  • SAINT-ALLAIS Nicolas Viton de. Nobiliaire universel de France... Paris : chez l'Auteur, 1817-1877, 21 vol.

    Tome I, p. 44-46.
  • BOSREDON Philippe de. Sigillographie du Périgord. Publication de la Société historique et archéologique du Périgord (Annexe au Bulletin de la Société). Périgueux : Impr. Dupont et Cie, 1880.

    n° 121.
  • FROIDEFOND DE BOULAZAC Alfred. Armorial de la noblesse du Périgord. 2 tomes. Périgueux : Jouve, 1891, Marseille : Laffitte Reprints, 2006.

    Tome I, p. 147-148.
  • CHAIX D'EST-ANGE, Gustave. Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle. Evreux : imprimerie de Charles Hérissey, 1906.

    Tome V, p. 192-193.
Périodiques
  • BOYSSON Raymond de. "La ville de Sarlat anoblie par Louis XIV". Revue des questions historiques, 43e année, Nouvelle série tome XLI (tome LXXXV de la collection), 1909, p. 201-222.

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