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Présentation de la commune du Pizou

Dossier IA24001189 réalisé en 2009

Fiche

Dossiers de synthèse

Aires d'études Montpon-Ménestérol
Adresse Commune : Le Pizou
Cadastre : 1844 ; 1989

La plus ancienne mention de la paroisse du Pizou date de 1107 ("Sanctus Martinus Pisonis"). En 1150, l'évêque de Périgueux Guillaume d'Auberoche donne à l'abbaye de la Sauve-Majeure (diocèse de Bordeaux) "ecclesiam Sancti Martini de Pison qui est sita iuxta fluvium Hela". En 1169, le pape Célestin III renouvelle la protection déjà accordée au prieuré par le pape Lucius. L'archevêque Bertrand de Goth y "envoye ses visiteurs" en 1304, alors qu'il se rend au prieuré de Jalmoutier (près de Saint-Aulaye, actuelle commune de Saint-Vincent). La paroisse était comprise, comme toutes celles de l’actuel canton de Montpon-Ménestérol, dans l’archiprêtré englobant 41 paroisses du plateau de la Double, qui prit le nom de Vanxains au 14e siècle.

En 1566, lors des guerres de Religion, les protestants incendient le Pizou avant de mettre à sac l'abbaye de Vauclaire.

Plusieurs verreries y ont développé leur activité à partir du 16e siècle, le plateau de la Double aux terres sablonneuses et forestières permettant d'en fournir toutes les matières premières (silice, bois, fougères donnant les cendres de soude). En 1576 existait une verrerie au lieu-dit Nabineau, que possédait le gentilhomme Arnaud Grenier (toujours en activité à l'extrême fin du 16e siècle). En 1558 et 1559, une verrerie est mentionnée au lieu-dit La Duche (actuellement "Les Duches", sur l'axe Ménestérol - Le Pizou), appartenant à Antoine Coulomb.

La carte de Belleyme, réalisée dans la seconde moitié du 18e siècle, montre une nette séparation entre Saint-Antoine-sur-l'Isle et le Pizou. Selon la tradition locale, toutefois, l'ancienne paroisse de Saint-Antoine-de-Pison était rattachée à celle du Pizou, ce jusqu'à la Révolution. Selon cette carte, par ailleurs, une partie du lieu-dit Moulin-Neuf était intégrée au Pizou, avec l'emplacement de l'ancienne gare de Soubie. Depuis 1793, la commune de Saint-Antoine-du-Pison est nommée Saint-Antoine-sur-l'Isle et fait partie du département de la Gironde.

Au 19e siècle, la gare de Soubie située à Moulin Neuf, sur la rive gauche de l'Isle, réceptionnait la matière première nécessaire au fonctionnement de la forge de Coly. les activités métallurgiques soutiennent l'économie locale : les terres travaillées représentent entre 30 et 45% de la commune, aussi couverte de 33,5% de landes et forêts et de 13% de prés. La population du Pizou augmente de près de 40% entre 1836 et 1886, cette évolution démographique étant essentiellement due à la présence de l'usine de Coly, en pleine expansion. Les données démographiques sont relativement stables depuis cette période, oscillant entre 1000 et 1200 habitants. Le dernier recensement de 2015 fait état d'une légère hausse, le village comptant 1 312 habitants.

La commune du Pizou, d'une superficie d'environ 17 km², se situe à l'extrémité occidentale de la Dordogne, partageant sa frontière avec Saint-Antoine-sur-l'Isle en Gironde. Au sud, l'Isle matérialise la limite avec la commune de Moulin-Neuf. La moitié sud de la commune est implantée dans le lit majeur de la rivière, sur sa rive droite, tandis qu'une des première terrasses du plateau de la Double occupe la moitié septentrionale. Aussi, les altitudes les plus faibles sont-elles placées à proximité du cours de la rivière (19 m près de l'écluse de Moulin Neuf, là où l'Isle, formant un profond méandre, marque la séparation avec les villages de Saint-Antoine-sur-l'Isle et Gours), tandis que l'extrême nord de la commune culmine à environ 102 m. De nombreux ruisseaux parcourent le territoire communal et se jettent dans l'Isle (le Marchand, ruisseau de Chambord, la Guirandolle). Celui de la Duche forme la limite sud-est de la commune. Plusieurs étangs, caractéristiques du plateau de la Double, occupent les fonds de vallée de la partie septentrionale. Les sols sablonneux y sont couverts de genêts et de forêts, les terres fertiles de la plaine alluviale étant davantage mises en valeur. C'est dans ce contexte paysager que l'habitat, relativement dispersé, prend la forme d'écarts. Le bourg se tient dans le lit majeur, à quelques centaines de mètres de la rivière. Il est traversé par la D3, d'est en ouest, et par la D10 du nord au sud, deux axes le long desquels l'habitat s'est majoritairement implanté.

Références documentaires

Documents figurés
  • Carte de Cassini, feuille n° 71, levée et publiée entre 1762 et 1766, éch. 1/86 400.

  • Carte de Belleyme, planche n°21, 1762-1783.

  • A.D. Dordogne. Plan cadastral napoléonien du Pizou. Dessin et encre sur papier, 1844.

  • IGN. Carte topographique de la France à 1/50 000 : Montpon-Ménestérol. Série orange, feuille 1735. 2e éd., Paris, IGN, cop. 1981.

  • BRGM. Carte géologique de la France à 1/50 000 : Montpon-Ménestérol. Feuille 781. Orléans, IGN, 1984.

Bibliographie
  • AUDRERIE Dominique, DU CHAZAUD Emmanuel, BÉLINGARD Jean-Marie et al. Le Périgord des chartreuses. Périgueux : Pilote 24, 2000.

    p. 308-309.
  • BROUSSAUD-LE STRAT Florence. La Double : un pays en Périgord. Périgueux : Fanlac, 2006.

    p. 91.
  • CARLES Alcide. Dictionnaire des paroisses du Périgord. Bayac : Editions du Roc de Bourzac, 1884, réédition 1986.

    p. 262.
  • FLORENTY Guy. Paroisses et communes de France. Dordogne. Paris : CNRS éditions, 1996.

    p. 574.
  • GOURGUES Alexis de. La Dordogne. Dictionnaire topographique du département. Paris : Res Universis, 1992, fac-similé de l'édition de 1873 (Monographies des villes & villages de France).

    p. 241.
  • MARACHE Corinne. Les métamorphoses du rural : l'exemple de la Double en Périgord (1830-1939). Paris : éditions du CTHS, 2006.

  • PENAUD Guy. Dictionnaire des châteaux du Périgord. Bordeaux : Sud Ouest, 1996.

    p. 77.
  • PEYRONNET Edmond. Les anciennes forges du Périgord. Bordeaux : Imprimeries Delmas, 1958.

    p. 342-343.
  • SECRET Jean. Les églises du Ribéracois. Périgueux : éditions Fontas, 1958.

    p. 53.
Périodiques
  • CHARBONNEL Augustin. "Visite de l'archevêque Bertrand de Goth, dans el diocèse de Périgord, en 1304", Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, t. XII, 1885.

    p. 51.
  • DUSOLIER Emile. "Les anciennes verreries de la Double", Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, t.LXVII, 1940.

    p. 194-215, 285-301, 360-375, 439-449.
  • LAMY Yvon. "Une image inattendue. Le Périgord sidérurgique", Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, t. 112, 1985.

    p. 284-305.
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