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Présentation de la commune des Farges

Dossier IA24001454 réalisé en 2011

Fiche

Œuvres contenues

Aires d'études Vallée de la Vézère
Adresse Commune : Les Farges
Cadastre : 1812 ; 1988

La voie antique Périgueux-Brive traverserait la commune depuis le "Chemin royal" (Aubas), au nord du Cheylard, contournerait le bourg par le sud et se poursuivrait vers le nord-est à travers "les Grands Choses" pour rejoindre la vallée du Cern au niveau du lieu-dit du même nom. L'occupation du site semble ancienne : de la céramique antique y a été découverte au cours du XIXe siècle.

Le noyau paroissial primitif se situait au Cheylard où se rencontrent les ruines de l'église Saint-Barthélémy (IA24001461) et l'ancien repaire noble du Cheylard (IA24001462).

La paroisse est mentionnée au Moyen Âge, "lo Chalar" en 1383, "del Cheylard" en 1402, et son territoire comprend alors plusieurs "mas" et "bordaria", des exploitations agricoles d'une certaine importance, signe que son développement est déjà fixé : ce sont "del Mur", "Lacomba", "la Mazoria" (ou "Masoaria"), "Las Fargas", "Reyal", "Tamanh", "La Reynonia" (ou "la Reyronia") et "Las Agas" (Fournioux 2000). Elle fait alors partie des quatorze paroisses qui constituent la châtellenie de Montignac. Mais, comme d'autres paroisses alentours (Fanlac, Aubas, Montignac), le Cheylard dut être durement touché au cours de la guerre de Cent Ans. En 1502, dans un mémoire rédigés par les officiers d'Alain d'Albret, vicomte de Limoges et comte de Périgord, portant sur l'état de ses vicomté et comté, la paroisse est ainsi décrite : "Dans la parroisse de Cheylard, petite paroisse du nombre de vingt feux et n'y a nul gentilhomme". On apprend donc qu'à cette date, la paroisse compte environ 100 habitants et qu'aucun gentilhomme n'y fait sa demeure. La situation change favorablement dans le siècle et les suivants, surtout au profit des Farges, qui a l'avantage d'être situé sur la route de grands passages menant à Périgueux, par Vialot et Auriac, future route royale, et devient un véritable petit bourg.

A la fin du XVIe siècle, le roi de Navarre, futur Henri IV, vicomte de Limoges et comte de Périgord, châtelain de Montignac, se dessaisit de ses droits seigneuriaux qu'il détient sur les paroisses d'Aubas et du Cheylard, d'abord en 1578 en faveur de François de Féletz, seigneur du lieu, puis (après un rachat en 1581) en 1600 en faveur de Jean de Ferrières, seigneur de Sauvebœuf contre 2800 écus. Le Cheylard reste jusqu'à la Révolution, dans la mouvance des seigneurs de Sauvebœuf. En 1746, dans la reconnaissance féodale du village au nouveau seigneur de Sauvebœuf, Victor Riquetti (le père du célèbre orateur Mirabeau), "les habitants du village des Farges paroisse du Cheylard [... reconnaissent] avoir tenu, tenir de présent et vouloir tenir à l'avenir de la mouvance, fondalité et directeté de haut et puissant seigneur marquis de Mirabeau, comte de Baumond, [... seigneur] de Sauvebœuf et autres places" ; ils doivent la "rente annuelle, perpétuelle, foncière, directe au seigneur marquis de Sauvebœuf" en froment, avoine, vin, poules et 4 livres 14 sols ; l'acapte à "toute mouvance de seigneur et de tenancier" ; la "taille aux quatre cas généraux et accoutumés" ; et ils doivent aller "au moulin dudit seigneur, situé dans le bourg de Bas [Aubas] auquel [ils] s'obligent d'aller moudre leur bled et faire leurs huiles en son pressoir" ; ils reconnaissent également les droits de justice de Sauvebœuf, haute, moyenne et basse.

Par la suite, le noyau de la paroisse du Cheylard s'est naturellement déplacé au chef-lieu actuel, de manière d'abord informelle, puis de manière officielle au début du XVIIIe siècle sous l'impulsion décisive de François de Rupin, docteur en théologie et curé du village. Pour l'occasion, la chapelle nouvellement construite aux Farges est érigée en église paroissiale. Celle-ci est modifiée à la fin du XIXe siècle. Dans les textes, le nom du Cheylard reste souvent adjoint à celui des Farges.

La démographie montre un accroissement lent de la population. Le maximum est atteint en 1876 avec 364 habitants, avant la crise phylloxérique. Ensuite, le nombre décroît régulièrement. En 1901, Les Farges comptent 223 habitants et atteignent un minimum autour de 147 habitants dans les années 1930. La population augmente véritablement à partir des années 1970. On compte 180 habitants en 1982, plus de 260 à la veille de l'an 2000 et plus de 330 aujourd'hui.

La commune des Farges est située au nord-est du canton de Montignac, formant une sorte d'enclave dans celui de Terrasson-Lavilledieu. Limitrophe des communes d'Aubas, La Bachellerie, Le Lardin et Condat, le territoire est situé sur la rive droite de la Vézère qu'il borde directement. Il est traversé du nord au sud par la départementale D46 qui relie Montignac à l'ancienne route nationale N89 (aujourd'hui D6089) au lieu-dit Rispe. La D46 contourne le bourg par le sud. L'espace communal se développe entre la vallée du Cern au nord et celle de la Vézère qui le borde brièvement au sud. Il est marqué par un plateau calcaire aux rebords découpés formant de nombreux coteaux, voire de véritables collines telle celle du Cheylard, qui culmine à 211 mètres d'altitude. Le relief varie de 261 m, point culminant du plateau au nord-ouest, à 75 m, niveau moyen de la Vézère au méandre de Sauveboeuf. Occupant près de la moitié du territoire, le couvert forestier est principalement composé de chêne et de châtaignier, ainsi que de pin dans une moindre mesure.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Mémoires envoyés au seigneur d’Albret par les officiers ordinaires des châtellenies et autres lieux de la vicomté de Limoges et comté de Périgord (1502)

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques : E 669
  • AD Pyrénées-Atlantiques. B. 1919. Vente de la justice du Cheylard en faveur de Jean de Ferrières, seigneur de Sauvebœuf, 25 janvier 1600.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques : B 1919
Documents figurés
  • Recueil de cartes, plans et profils des ouvrages faits pour la navigation de diverses rivières de Guyenne, levés par M. Ferry dans la visite qu'il en a faite à la fin de l'année 1696. Avec des remarques & mémoires sur lesdits ouvrages. Dessin, encre et aquarelle, par François Ferry, 1696.

    Archives départementales de la Gironde : 3 JC 17
  • Carte de la Guyenne par Belleyme. Reproduction en fac-similé de l'édition du XVIIIe siècle conservée à l'Institut géographique national, par Pierre de Belleyme, IGN.

    Planche 16 (1767) Archives départementales de la Dordogne : 1 Fi 2 Dordogne 0013
  • Carte de la Guyenne par Belleyme. Reproduction en fac-similé de l'édition du XVIIIe siècle conservée à l'Institut géographique national, par Pierre de Belleyme, IGN.

    Planche 23 (1768) Archives départementales de la Dordogne : 1 Fi 2 Dordogne 0013
  • Plan cadastral de la commune des Farges. Dessin, encre et aquarelle, par Mazin, 1812.

    Archives départementales de la Dordogne : 3P3 1945-1949
  • Projet d'agrandissement de l'église des Farges. Dessin, encre et aquarelle, par Baissemont, 1878.

    Archives départementales de la Dordogne : 12 O 199
Bibliographie
  • MOURCIN Joseph de. "Notes de voyage en Périgord (1824-1828)". Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, tome VII, 1880, p. 422-424.

    p. 423
  • GOURGUES Alexis de. La Dordogne. Dictionnaire topographique du département. Paris : Res Universis, 1992, fac-similé de l'édition de 1873 (Monographies des villes & villages de France).

    p. 63
  • CARLES Alcide. Dictionnaire des paroisses du Périgord. Bayac : Editions du Roc de Bourzac, 1884, réédition 1986.

    p. 117
  • SECRET Jean. Le Périgord, châteaux, manoirs et gentilhommières. S.l. : Tallandier, 1966.

    p. 231
  • FOURNIAU Paulette. Les Farges, une communauté rurale en Périgord noir. S.l. : Les Indes Savantes, 2005 (Rivages des Xantons).

  • TANET Chantal, HORDE Tristan. Dictionnaire des noms de lieux du Périgord. Périgueux : Fanlac, 2000.

    p. 155
  • GAILLARD Hervé. La Dordogne, 24/1. Michel Provost (Dir.). Paris : Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1997 (Carte archéologique de la Gaule).

    p. 123
Périodiques
  • « Extrait d’un mémoire du seigneur d’Albret contre la dame de Montrésor, qui demandait sa part dans la seigneurie de la comté de Périgord ». Le Chroniqueur du Périgord et du Limousin, 1854, p. 134-140.

    p. 139
  • LAUGARDIERE R. de. "Essais topographiques, historiques et biographiques sur l'arrondissement de Nontron (suite)". Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord. T. XI (1884), p. 45-63, p. 189-237.

    p. 45-63
  • FOURNIOUX Bernard. « Le paysage agraire de la châtellenie de Montignac et son environnement humain à la fin du Moyen Age ». Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. CXXVII, 2000. p. 139-162.

    p. 159
  • FOURNIAU Paulette. "Échos de la Révolution dans un village du Montignacois d'après le registre municipal (1790-1794)". Le Périgord révolutionnaire (supplément du Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord). Périgueux, 1989, p. 539-553.

Liens web

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