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Présentation de la commune des Eaux-Bonnes

Dossier IA64002564 réalisé en 2018

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Aires d'études Pyrénées-Atlantiques
Adresse Commune : Eaux-Bonnes

Au cœur de la vallée d'Ossau, la commune des Eaux-Bonnes est née en 1861 de l'association du village d'Aas, situé sur la Montagne Verte, du village thermal, implanté au pied du mont Gourzy et à l'ombre du Pic du Ger, du village d'Assouste, établi en aval non loin du Valentin, et d'un vaste territoire montagneux comprenant le cirque de Gourette.

Les sources des Eaux-Bonnes seraient fréquentées dès le Moyen Age, notamment par Talèse d'Aragon au XIIe siècle ou par Gaston Fébus au XIVe siècle, qui y aurait établi un pavillon de chasse, puis durant la Renaissance où elles accueillent les blessés navarrais des guerres d'Italie au sein de cabanes rudimentaires. Ces eaux réputées deviennent "eaux d'arquebusades" puis "aigas bonas" - littéralement "eaux bonnes". Par conséquent, les zones d'habitats les plus anciennes se trouvent à Aas, paroisse dont dépend sous l'Ancien Régime le site des Eaux-Bonnes, ainsi qu'à Assouste. Ces deux villages liés à une activité pastorale ancestrale, recèlent un bâti ancien, datant du Moyen Age et de l'époque moderne.

Avec l'essor de la localité des Eaux-Bonnes dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et, surtout, à partir de l'Empire avec les premières constructions pérennes, les trois agglomérations sont réunies en 1861 sous l'administration centrale des Eaux-Bonnes. La station thermale connaît son âge d'or sous le Second Empire et la Troisième République. Outre l'activité thermale, la commune disposent de ressources minières (mines d'or et d'argent) dans le cirque de Gourette, exploitées à partir des années 1880. Par ailleurs, l'engouement pour les sports d'hiver est précoce dans la commune, où sont organisés les premiers concours internationaux de ski des Pyrénées en 1908 et 1909. Tournée vers les activités sportives, la localité a été traversée par le Tour de France à plusieurs reprises depuis 1910, le col d'Aubisque étant situé dans le territoire communal. Enfin, la création de la station de ski de Gourette dans l'entre-deux-guerres, et son développement dans les années 1960 et 1970, ont contribué à maintenir une activité économique dans cette zone de montagne.

Cependant, la démographie, qui a connu son apogée sous la Troisième République, n'a cessé de décliner, la commune comptant environ 300 habitants en 2018, dont une cinquantaine installés dans le bourg thermal. L'activité agro-pastorale est aujourd'hui réduite, alors que l'industrie thermale et les sports d'hiver représentent à la fois une ressource importante, mais aussi une considérable charge financière. L'activité thermale a décru au lendemain de la Seconde Guerre mondiale tandis que la station de ski, qui a connu, à son tour, une période de crise à la fin du XXe siècle, a pu renaître grâce à une politique volontariste menée par le Département et la Commune depuis le début des années 2000.

Le cirque de Gourette et le village thermal ont fait l'objet d'une mesure de Site classé, respectivement en 1937 et 1959. La station des Eaux-bonnes n'a, en revanche, bénéficié d'aucune protection au titre des Monuments historiques avant 2002, cette mesure ayant porté uniquement sur l'inscription de l'emblématique Hôtel des Princes. Face à l'état sanitaire préoccupant de nombreux bâtiments et aux nécessités d'une gestion patrimoniale adaptée à cet ensemble thermal et urbanistique d'une singulière homogénéité, une protection globale constituerait un outil permettant de développer une véritable politique de conservation et de valorisation d'un patrimoine aujourd'hui en péril.

Sites de proctection site classé

Au cœur de la vallée d'Ossau, la commune des Eaux-Bonnes est étendue sur une vaste superficie de 38 km2. La station, nichée à 750 mètres d'altitude et sise sur les flancs du mont Gourzy et de la Montagne Verte, est dominée par des sommets culminants jusqu'à 2.600 mètres, tel le Pic du Ger. Elle est traversée par la Sourde, dont le lit enterré passe sous le Jardin Darralde, mais surtout par le cours du Valentin et ses affluents, qui, en raison du relief accidenté, présentent de nombreuses cascades, lesquelles furent, depuis le XIXe siècle, un motif de fascination pour les voyageurs en quête de pittoresque. Ces cascades, en particulier celle du Valentin, d'Iscoo et du Gros-Hêtre, constituent des buts de promenades ponctués d'aménagements variés.

Les zones d'habitats, c'est-à-dire les villages d'Aas, d'Assouste et la station thermale, sont implantées au nord du territoire communal, la partie sud ne comptant quasiment que des zones montagneuses inhabitées, hormis le cirque de Gourette et sa station de ski. Le village d'Aas, situé sur le versant sud de la Montagne Verte, est implanté en hauteur et exposé au midi. Longtemps chef-lieu administratif du territoire, il comporte l'église paroissiale originelle entourée de maisons, une fontaine ainsi qu'un cimetière réaménagé à l'extérieur du village. Sur le même versant de la Montagne Verte en aval du cours du Valentin, Assouste se compose également de maisons rurales réparties autour de son église médiévale (classée Monument historique en 1923).

Le village thermal des Eaux-Bonnes a été développé en face, sur le flanc nord du mont Gourzy, au pied d'un massif rocheux baptisé la Butte au Trésor d'où s'écoule la Source Vieille. Les édifices sont répartis autour du Jardin Darralde et au-dessus de la rive gauche du Valentin. Constituée de cinq voies seulement, la localité se distingue par ses constructions relevant de l'architecture urbaine qui contrastent fortement avec le parti vernaculaire des villages de la vallée.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Bâtiments communaux (série B), Voirie (Série V), Thermalisme (Série T).

    Archives municipales, Eaux-Bonnes : Série B, Série V, Série T
Documents figurés
  • Plan cadastral des Eaux-Bonnes dressé par J. Turon le 17 septembre 1863, vu et approuvé par le préfet le 27 avril 1866.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes
Bibliographie
  • ARRIPE René. Gourette d'hier à aujourd'hui. Eaux-Bonnes: s.n., 1996.

  • GRENIER Lise (dir.). Villes d'eaux en France. Paris : Institut Français d'Architecture, 1985.

  • JARRASSÉ Dominique. Les thermes romantiques. Bains et villégiature en France de 1800 à 1850. Publications de l'Institut d'Études du Massif Central, Clermont-Ferrand, 1992.

  • LAVILLETTE P.J. Notice sur les établissements thermaux de la vallée d'Ossau. Eaux-Bonnes, Eaux-Chaudes, Bains de Soucours. Pau : E. Vignancour, 1856.

  • LOYER François. Paris XIXe siècle. L'immeuble et la rue. Paris : Hazan, 1987.

  • MIGNOT Marie-Pascale. Les Eaux-Bonnes, station thermale des Pyrénées-Atlantiques. DRAE Aquitaine, 1986.

  • PETIT Victor. "Souvenirs des Eaux-Bonnes. Vues dessinées d'après nature et lithographiés par Victor Petit". Souvenirs des Pyrénées. Pau : Auguste Bassy, s.d. [1855].

  • SOULE Jean-François. Les Pyrénées au XIXe siècle. L'éveil d'une société civile. Bordeaux : Éditions Sud-Ouest, 2004.

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