Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Présentation de la commune de Soussans

Dossier IA33003361 réalisé en 2010

Fiche

Œuvres contenues

Aires d'études Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Adresse Commune : Soussans
Cadastre : 1827 ; 2009

La paroisse de Soussans fait partie de l´archiprêtré de Moulis et dépendait de l´abbaye de Verteuil. Plusieurs seigneuries sont attestées au cours des siècles. Les ducs d´Aquitaine sont les seigneurs de Soussans jusqu'en 1098. A cette date, Guillaume IX érige les terres de Soussans en seigneurie de haute noblesse, constituant un fief revenant en apanage à la seigneurie d´Arnaud de Blanquefort son vassal. En 1245, le dernier descendant d´Arnaud de Blanquefort décide de morceler les terres de Soussans en trois fiefs et institue en seigneurie la totalité des droits attachés à ces terres. Furent ainsi créées la seigneurie de Bessan, la seigneurie de Labégorce, la seigneurie de Marsac. A celles-ci se rattachent aux 15e et 16e siècles d´autres seigneuries acquises par les seigneurs de Bessan ou de Marsac : la seigneurie de Lagunegrand acquise par Antoine de Mons en 1480, la seigneurie de la Tour de Roussillon acquise en 1561 par Louis de Manacan et la seigneurie de Carles acquise en 1623 par Pierre de Mons. Ce dernier réunit à cette époque les seigneuries de Soussans. Puis, Marie-Catherine de Mons épouse en 1740 Jean Baptiste de Secondat de Montesquieu, fils de l´écrivain et baron de la Brède et de Montesquieu. Les Secondat deviennent alors seigneurs de Soussans et ce jusqu'à la Révolution. Les cartes historiques permettent de voir l´évolution de la commune au cours du 18e et au début du 19e siècle. La carte de Masse (1723) montre l´importance des marais entre les communes de Soussans et Arcins. Sur l´estey de Tayac sont indiqués le port de la Chêne et le port de la Maire. Le port de Soussans porte le nom de port de la Barde. Les lieux-dits indiqués sont Mocaillaud, Tour de Bassan, la Tour. Sur l´Atlas de Trudaine (1745-1780), apparaissent l´église, isolée, les village de Grand Soussan, de Tayac, de Maucaillou, du Paich (Pez), de Bessan, de Ville Fougasse et les propriétés du sieur Deyrem (Larigaudière), du sieur Richet (Richet), du sieur Mercié, du sieur Bretonneau (Paveil). La carte ne représente que les abords de la route royale ; l´ensemble de la commune n´est donc pas couvert. L´étude du plan cadastral de 1827 montre que l´estey de Tayac a pour origine la jalle de Moulis, qui devient le ruisseau dit du Grand Estey. L´ensemble se dédouble pour former l´estey de Tayac et Haine Morin et le ruisseau du Pied Lagnay. Ces différents éléments se réunissent pour former finalement l´estey du Grand Meyre. On note également l´importance du ruisseau du Sable qui alimente notamment les fossés en eau du château de la Tour de Mons et qui est, aujourd'hui, en partie souterrain. L´actuel ruisseau de la Louise porte le nom de Testonne. Le ruisseau de Boston se jette dans celui de Maucaillou. L´île de Fumadelle n´est pas encore rattachée à la terre ferme, tout comme une autre petite île qui ne porte pas de nom. On voit donc l´ancien port de Soussans. Au cours du 19e siècle, la commune connaît un développement lié à celui des domaines viticoles. Le chemin de fer (1869) et l´installation d´un nouveau port dans la 2e moitié du 19e siècle contribuent au dynamisme de la commune. L´église est reconstruite et de nombreuses maisons sont remaniées ou reconstruites. Au cours du 20e siècle, on note la disparition de plusieurs lieux-dits (Marin, Hourtinas, Peyron, les Peyreyres).

La commune de Soussans, d´une superficie de 13,6 km2, est délimitée au nord par l´estey de Tayac et une zone de marais qui la sépare de la commune d´Arcins ; au sud, elle est limitrophe des communes de Margaux et de Cantenac ; à l´ouest, le ruisseau de Maucaillou ou de Cabaleyre la sépare de la commune d´Avensan ; à l´est, enfin, elle donne sur l´estuaire face à l´île Verte. L´estey de Tayac est canalisé et reprend ses méandres naturels au lieu-dit Meyre avant de se jeter dans l´estuaire. De part et d´autre, se déploient des fossés de drainage pour assécher la zone marécageuse. Le ruisseau de la Louise traverse la commune du nord au sud et se jette dans l´estey de Tayac. L´est de la commune est composé de terres de palus, avec notamment l´île de Fumadelle rattachée au cours du 19e siècle à la terre ferme. Ces terres sont aujourd'hui dédiées à la culture du maïs et au pacage. C´est également une zone propice à la chasse : on y trouve des "blancs" (ou bassins) et des "tonnes" (ou cabanes) permettant la chasse au canard. Les vignes (superficie viticole : 219 ha en 2007) se concentrent autour du bourg et des hameaux de Marsac, Grand-Soussans, Tayac, Maucaillou. Aucun cru classé n´est produit sur la commune ; toutefois, de nombreuses vignes sont en AOC Margaux et rattachées aux grands châteaux viticoles de cette commune. Des zones boisées se trouvent à l´ouest de la commune ainsi qu´autour de la Tour de Bessan. La ligne de chemin de fer Bordeaux-Le Verdon traverse la commune du sud-est au nord-ouest. La route principale venant de Margaux et menant à Arcins passe par le bourg et le hameau de Tayac. La route menant à Avensan constitue un autre axe important. La commune est constituée de plusieurs hameaux, les principaux étant Tayac et Marsac.

187 dossiers ont été réalisés dont 40 sélectionnés.

Annexes

  • Archives communales de Soussans

    Documents recensés mais non consultés :

    - Rôle foncier an VIII.

    - Livre de recette et de dépense servant à la municipalité de Soussans pour l´année 1793 jusqu'en 1808.

    - Recettes des deniers du revenu de la commune de Soussans 1797-1809 (an 6 à 15).

    - Compte de dépenses et recette du maire de la commune de Soussans pour les années 8 à 10 et commencement de l´an 11 (1799-1802).

    - Compte de dépenses et recette du maire de la commune de Soussans pour les années 11 à 12 (1806-1808).

    - Registre 1796-1803.

    - Avis et arrêtés du maire de 1851 à 1869.

    - Avis et arrêtés 1869-1945.

    - Compte de dépenses et recette du maire de la commune de Soussans pour les années 1809-1815.

    - Délibérations Conseil municipal, 1885-1943.

    - Registre des actes et arrêtés, marais 1812-1844.

    - Délibérations années 1930.

    - Syndicat du bassin jalle de Castelnau 1822, 1861, 1873, 1874, 1876, 1877.

    - Société de bienfaisance MUTUELLE 1846-1880.

    - Société de bienfaisance MUTUELLE 1903-1938.

    - Association syndicale du bassin inférieur jalle de Castelnau 1854-1950.

    - Centrale nucléaire du Blayais, demande d´autorisation de prise et de rejet d´eau 1977-1978.

  • Statistiques de population

    1784 (Abbé Baurein) : 205 familles.

    1868 (Cocks) : 1000 habitants.

    1874 (Cocks) : 1125 habitants.

    1886 (Cocks) : 1197 habitants.

    1898 (Cocks) : 1286 habitants.

    1908 (Cocks) : 1101 habitants.

    1969 (Cocks) : 918 habitants.

    2007 (INSEE) : 1524 habitants.

  • Extraits d'ouvrages

    BAUREIN, Abbé, MERAN, Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 2, 2è éd.

    p.83

    "La paroisse de Soussans est située dans la contrée du Médoc et dans le district de l'Archiprêtré de Moulix. La Cure est régulière, et à la collation de M. l'Abbé de Verteuil, qui perçoit la dîme dans la Paroisse, mais non pas la totalité. Le curé de Soussans, quoique Vicaire perpétuel, en jouit d'une portion, et une troisième est perçue par le Titulaire de la Chapellenie d'Andernos. Cette Chapellenie était dans le principe un Hôpital fondé par le Bienheureux Pierre Berland, Archevêque de Bordeaux, dans le faubourg Saint-Seurin, et dont l'ancien emplacement subsiste encore au couchant et auprès de la Croix de Saint-Martin.

    Les principaux Villages de la Paroisse de Soussans sont : Marsac, Labégorce, Bessan, Virefougasse, Maucaillou, Tayac, Bourriche, Grand Soussans. Le plus considérable de ces villages est celui de Marsac. Il en existait un, appelé Pabeil, dont les différentes possessions ont été réunies sous la main d'un particulier. Celui-ci y a fait construire une maison qui a retenu le nom de cet ancien village (...).

    Le territoire de cette Paroisse est en plaine, bordée par la rivière, dont l’Église et le Bourg ne sont distants que d'une petite demie-lieue. Les fonds qui en sont voisins sont en palu, les autres sont en graves, et quelques-uns sont sablonneux. Une partie de ce territoire est en landes, et une autre en marais qui n'est point desséché. Tel est l'état commun de la contrée du Médoc, où il n'y a guère de Paroisses, surtout parmi celles qui sont placées du côté de la rivière, dont une partie du territoire ne soit en marais : la chose est naturelle et inévitable. Les eaux pluviales des landes n'ayant point leur écoulement vers la mer, et leur cours étant intercepté par les dunes de sable, sont forcées de s'écouler vers la rivière, et même de séjourner dans les endroits bas de ces mêmes Paroisses lorsqu'elles n'ont pas une issue et assez profonde pour s'écouler.

    De là l'origine des marais si communs dans cette contrée. On sait que feu M. de Mons, Seigneur de Soussans, se donna des mouvements pour procurer le dessèchement du marais de cette Paroisse ; mais pour les discussions d'intérêts de la part des Paroisses voisines rendirent inutiles et infructueuses les démarches et les bonnes intentions de ce Seigneur. On est affamé de terrain, mais on ne fait pas attention que le mauvais air qu'on respire à chaque instant, contribue plus que toute autre chose à abréger nos jouissances. Les principales productions de cette Paroisse sont les vins, qui y sont bons et estimés, et des seigles en petite quantité (...).

    Le chemin royal de Bordeaux à Pauillac, et de là dans le Bas-Médoc, traverse la Paroisse du midi au nord. Il y a environ trente-cinq ans que ce chemin fut fait, ainsi que la levée pratiquée dans le marais (...). Il existait auparavant un ancien chemin pour aller de Margaux et de Soussans à Lamarque. On avait construit un pont en bois sur l'estey de Meyre, qui est tombé en ruine, et sur lequel il ne passe plus que les gens à pied.

    La principale occupation des habitants de cette Paroisse est la culture des vignes. Ils sont au nombre de deux cents cinq familles. Il y existe deux ports publics, celui de Baradade et celui de Meyre. Les Paroisses voisines y embarquent leurs denrées. On voit au-devant de Soussans plusieurs îles dans la Gironde. Elles sont de peu de considération. Une seule, habitée par une seule famille, a une dénomination ; elle est connue sous le nom de l'île Madame. Elle est desservie par le Curé de la Paroisse, et appartient à Madame de Secondat.

    Cette paroisse était anciennement placée dans la Juridiction de Blanquefort ; mais il y a déjà longtemps qu'elle en a été démembrée, et qu'elle forme une Juridiction particulière qui appartient à M. de Secondat du côté de Mme son épouse. Il est seigneur de Soussans, et d'ailleurs propriétaire de la maison seigneuriale de Latour, à laquelle a été annexée celle de Roussillon. Il existe d'ailleurs dans cette Paroisse un ancien édifice qui n'est plus habité depuis longtemps, et qui était fortifié. Il est connu sous la dénomination de Tour de Bessan (...).

    La tour de Bessan appartient à M. de Secondat, Seigneur Haut-Justicier de la Paroisse de Soussans ; la Seigneurie directe sur une grande partie de cette Paroisse lui appartient aussi, comme ayant les droits du Seigneur de Blanquefort, duquel elle dépendait ; il possède d'ailleurs les fiefs de Marsac et de Labégorce. Noble homme Jean de Monau, Ecuyer, est qualifié Sieur de la maison noble de Labégorce dans un titre du 11 juin 1519.

    Il est fait mention d'une autre maison noble dans la Paroisse de Soussans ; elle était connue sous la dénomination de maison noble de Laprade. Il paraît par un titre du 20 décembre 1585, qu'Antoine de Loupes, Écuyer, était Seigneur de Laprade en Médoc ; qu'il était époux de Marie Menardeau, Demoiselle, et qu'il eut pour fils Jean de Loupes, Écuyer. Cette maison en 1616 appartenait à M. Lancelot de Donissan, Seigneur de Citran".

    HUGON, Pierre. Statistique du canton de Castelneau-de-Médoc, dressé en 1855. Bordeaux : impr. de Lanefranque, 1857.

    "Sous l'administration de M. Benoit, maire, il fut procédé entre les ayant-droit au partage de vastes communaux incultes. Ces fonds sont aujourd'hui cultivés en prairies, terres arables et vignes, dont le produit profite à chacun des copartageants".

    GUILLON, Édouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde. Bordeaux : Coderc, Dégréteau et Poujol, 1866-1869, t. 3.

    "Soussans est une commune riveraine de 1558 hectares de superficie, affectant la forme d'un rectangle irrégulier, s'étendant sur des croupes graveleuses, dans une plaine basse, des marais, et possédant dans la Gironde l'île de Fumadelle et l'île Vincent. La région graveleuse est coupée par le ruisseau le Tastone et traversée par la route de Bordeaux à Pauillac. Il y a des prairies, des pâtures, des terres arables, des taillis, des pins et des landes.

    D'après le cadastre de 1829, il y avait 498 hectares de vignes rouges qui ont été augmentées depuis, et il s'y récolte 1000 à 1100 tonneaux de vins "qui ont une bonne couleur et une bonne sève" mais qui sont longs à se faire et supportent mal la mer. Les meilleurs crus n'atteignent que le rang de Bourgeois Supérieurs.

    Le bourg, proprement bâti, se compose d'une place et de plusieurs rues bien alignées. L'église, qui est de plusieurs époques, est intérieurement masquée par son clocher qui forme, au centre, un pilier énorme. Les principaux groupes d'habitations sont le Grand-Soussans, Tayac, Marsac, Virefougasse, et quelques hameaux ; il y a peu de maisons isolées.

    A Virefougasse qui dut s'appeler Ville-Fougasse il a été trouvé des briques à rebords et autres fragments de l'époque gallo-romaine, qui signalent en ce lieu la présence d'une villa.

    Les châteaux de cette commune sont au nombre de trois : le Château de Bessan, la Tour de Mons et le Château Paveil. Il y a encore Bel-Air, qui n'offre rien de remarquable comme construction".

    COCKS, Charles, FERET, Édouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : 2e éd. Féret, 1868.

    "Depuis déjà quelque temps, les propriétaires du Médoc font creuser des puits artésiens, qui réussissent parfaitement et qui rendent de grands services à l'agriculture de ce pays. On en remarque déjà dans les communes de Cantenac, Margaux et Soussans".

  • Transcriptions partielles de documents d'archives

    AC Soussans, Registre de la correspondance du maire de la commune de Soussans, 30 floréal de l´an 8 (1800) de la République française (jusqu'au 8 juin 1802).

    Mention de vagabonds, d´une attaque de brigands à la maison du Port, de problèmes avec la chasse, d´un pigeonnier en ruine dans les vignes, état de misère à cause de gelées, de la grêle.

    Réponses au questionnaire de la circulaire du 18 frimaire an 10 sur l´état de la commune :

    Cultures dans la commune : 22 journaux de blé, 33 en seigle, point d´orge, 873 jx en prairies naturelles, nulle artificielle et 1411 journaux de vignes. La commune de Soussans possède aussi 100 jx ou environ en landes et burguière.

    On compte 60 chevaux ou juments, point d´ânes ni mulets, 100 mauvaises vaches destinées uniquement à faire du fumier ; on y élève ni veaux, ni cochons sauf une cinquantaine de cochons pour consommation individuelle qui viennent de la Charente inférieure. Il peut y avoir dans Soussans 80 brebis et 56 paires de boeufs pour le labour en vignes.

    AC Soussans, Registre des arrêtés du maire de Soussans, 22 prairial an 8 (du 11 juin 1800 au 28 août 1803).

    12 thermidor an IX, le maire et adjoint de la commune de Soussans à leurs concitoyens.

    Les marais de cette commune exhalent en tout temps, mais principalement en été, une odeur puante très nuisible à la santé. La principale cause de ce grand inconvénient provient du non récurement des fossés auxquels on n´a pas touché depuis plusieurs années, et en même temps de ce que les marais ne sont pas assez desséchés. Depuis longtemps, le gouvernement s´est occupé de cet objet si nécessaire à la salubrité de l´air. Le défaut de fonds et de moyens a entravé jusquici les vues salutaires de nos législateurs. Espérons des temps plus heureux.

    En attendant, contribuons par nous même, autant que nous le pourrons, à dessécher des fonds qui nous seraient aussi précieux, il ne faut donc pas faire ce que se permettent certains particuliers qui enlèvent la matte dans les marais qu´ils creusent de plus en plus par ce moyen et qui gâtent d´ailleurs les pacages des bestiaux malgré la défense de l´art. 44 de la loi du 6 octobre 1791.

    De tout temps, la police a pourvu à ce que les eaux courantes des fontaines et des ruisseaux, ainsi que des abreuvoirs servant aux bestiaux ne fussent ni troublées ni gâtées, pourquoi trouve-t-on des citoyens assez peu raisonnables pour mettre rouir les chanvres et les lins dans les eaux vives, et surtout dans l´estey qui découle les eaux venant de Citran vers la rivière, ainsi que dans les ruisseaux du Moulina et du Paveil ! Les eaux sont ainsi infestées et peuvent empoisonner les bestiaux qui vont boire. Ces fâcheux accidents n´auraient pas lieu si vous aviez soin de pratiquer des fossés à côté des dits ruisseaux, en empêchant toutefois que les eaux qui auraient servi à faire rouir des chanvres et des lins ne communiquassent avec celle des fontaines et des ruisseaux.

    Un autre abus non moins nuisible a sa source dans la trop grande quantité d´oies que l´on voit augmenter de plus en plus dans cette commune. Elles gâtent les eaux et les abreuvoirs, infestent les pâturages (...).

    AD Gironde, 2O 3835 : Landes et marais : revendication, partage des terres communales, 1812-1815.

    -Communaux : bail de la prairie de la Rivière Barrade ou Rivière Barrée ; droit de pacage ; vente d´herbe.

    Problèmes de revendications de certains habitants de droits sur les communaux, notamment pièce du Moulina, lande de Tayac et prairie du Haut Bos.

    Lettre des requérants au ministre de l´intérieur, 31 janvier 1836 : Sous le régime féodal, avant l´année 1789, il y avait dans la présente commune des biens considérables en nature de marais et de landes, qui n´avaient jamais été inféodés à des particuliers par le seigneur haut justicier. Loi du 10 avril 1791 mettait les communes en lieu et place des ci-devant seigneurs, en ce qui concernait la propriété des terres vaines et vagues (...).

    M. de Mons, seigneur haut justicier de la commune de Soussans, se tint pour bien et valablement dépouillé par la loi du 10 août 1791 de tous les droits qu´il avait pu avoir sur les marais et les landes (...) ; il reconnut volontairement que l´universalité des habitants de la dite commune était investie par les nouvelles lois de la propriété et usufruit en commun et indivis de tous les biens en nature de marais et landes (...).

    -Lettre du 14 septembre 1813 : A Monsieur le Préfet, Baron de l´Empire.

    Les seigneurs de Soussans donnèrent autrefois aux habitants des villages de Tayac, Soussans et Marsac le marais dit de Soussans pour y prendre les échalats et les roseaux nécessaires à l´exploitation de leurs biens, avec la faculté de faire paître leurs troupeaux, cette donation ou bail à rente désignant les habitants ayant feu ou domicile dans ces différents villages. Les descendants de ces mêmes habitants ont joui en communauté de ce marais, à l´exclusion des autres habitants, ils aliénaient même le droit d´aller prendre les échalats et les roseaux dont chaque année on faisait un partage en assignant par n° le lieu où chaque intéressé devait aller les couper ; ce que l´on nommait portion, qui se subdivisait selon que les familles était plus ou moins subdivisées elles mêmes, chaque branche représentant son aïeul.

    A l´époque de la Révolution, tous les habitants de la commune de Soussans prétendirent avoir au marais et les partages de roseaux ou d´échalats, furent faits non par familles mais par tête, entre tous les habitants.

    En 1809 ou 1810, un arrêté de Monsieur votre prédécesseur remit en possession du marais les seuls descendants ou représentants des 1ers habitants des villages auxquels il avait été concédé. Cet arrêté ramena l´ancien mode de partage pour les échalats et les roseaux à la différence cependant qu´autrefois les n° indicatifs des lots se tiraient publiquement et qu´aujourd'hui le syndic se le garde (?) s´en occupent seuls, mais on a continué de jouir, comme dans tous les temps du droit de pacage.

    L´année dernière le récurement des jalles de Moulis et d´Artiquetorte, source du marais, ayant exigé une dépense au-dessus des moyens des co-partageants, on sollicita l´autorisation de vendre une partie du terrain et l´on y procéda sous l´autorisation de l´administration.

    Dans la délibération prise à cet égard, on inséra un article pour procéder au partage du marais. Cette clause ne frappa guère les petits propriétaires et surtout les paysans peu accoutumés à ces délibérations ; je m´empressais cependant d´observer l´inconvénient du partage général à moins qu´on ne laisse un pacage commun dans le voisinage des trois villages de Tayac, Soussans et Marsac. Quelques propriétaires et notamment M. de Mons qui conserve pour les habitants de Soussans la bienveillance de son illustre aïeul, le seigneur de Soussans donateur, reconnurent aussitôt la justesse de mes observations et adoptèrent mon opinion. Je fus alors un de ceux qui firent remarquer aux paysans que ce partage leur serait avantageux pour augmenter les plantations d´échalats et qu´ils continueraient à jouir de la faculté d´avoir du bétail nécessaire pour l´engrais indispensable pour une terre légère comme le sol de Soussans.

    Aujourd'hui l´on s´occupe du partage, mais M. le Maire de Soussans, l´un des membres de l´administration syndicale, m´assure qu´on avait rejeté tout délaissement de pacage commun. J´ai vraiment tenté de lui faire approuver mes observations, elles n´ont pas été écoutées.

    Dans cet état des choses, Monsieur le Préfet, j´ai cru que l´intérêt public et particulier réunis exigeaient que je vous soumisse quelques réflexions qui me paraissent de la plus haute importance (...).

    Signé : Queyriaux (?).

    -Soussans, 17 nivôse an 6ème : Au citoyen agent municipal de la commune de Soussan canton de Margaux.

    Citoyen,

    Nos préries (sic), nos marais tant communs que particuliers sont couverts d´eaux, nous ne savons pas où faire paître nos bestiaux dont le nombre s´est considérablement accru.

    Nous avions ci (?) devant une pièce de landes fort grande où nous tenions nos bestiaux dans le temps des grandes pluies.

    A présent nous sommes privés de cette grande ressource (?) depuis que certains individus de cette commune se sont emparés de cette lande dont ils ont défriché et semé une grande partie sans y avoir plus de droits que nous.

    Nous demandons pour la seconde fois que l´on fasse cesser un pareil abus afin que nous puissions faire paître nos vaches, nos (?) et nos brebis surtout lorsqu'il nous est impossible de les tenir dans les marais.

    Signatures : Deyrem, Douat aîné, Douat fils, Teichonneau Constantin, Bichon.

    -Lettre au sous-préfet, 26 février 1815.

    (...) Les dits marais de Soussans gisant au nord-ouest de la commune de Soussans dans une direction du sud-ouest au nord-est et sont divisés et appartiennent à deux différentes sections, l´une appelée section de Tayac et l´autre section de Marsac.

    La section de Tayac forme une étendue de marais dont la contenance est de 130 journaux divisés en cinq pacages appelés le Haut Bos, le Heua, le Soubira, l´Artigue, la Paludatte, le Lagney.

    La section dite de Marsac forme une étendue de marais dont la contenance est de 900 journaux divisés aussi en sept pacages qui sont dénommés comme suit : le Petit et le Grand Capet, le Matousa, le Petit Lanier, Hena Mourin, Barail du Ney (?), Barail Veuf, le Grand Pas du lieu. Ces dits marais sont desséchés par trois grandes jalles, dont leur largeur est de 15 à 520 pieds et par 18 fossés transversaux de 9 à 12 pieds de large. La première de ces jalles qui se nomme Tiquetorte, entre dans Soussans venant de celle d´Avensan des possessions de madame de Domifrans, longe dans la partie du 16 de ces marais les dits pacages des deux sections en passant sous le pont de Bois d´Arcins où elle est dans plusieurs endroits mitoyenne du côté du sud-est avec plusieurs particuliers (?) le marais et va se jeter dans la jalle du Milieu ou estey de Meyre, son étendue est de 1900 toises (...).

    La 2e jalle appelée la Jalle de Moulis entre dans Soussans en quittant celle de Moulis et d´Avensan avec lesquelles elle est mitoyenne, longe les dits marais dans la partie du Nord-ouest, où elle est mitoyenne avec Moulis et Arcins et quelques particuliers, passe sous le Pont de Pierre de la chaussée d´Arcins, suit tout le marais et va jeter à la suite du Cornau dans l´estey de Meyre, son étendue est de 2380 toises (...).

    Elle reçoit les eaux de tous les fossés transversaux qui vont s´y dégorger (...).

    Je parlerai seulement des deux fossés que j´ai fait pratiquer nouvellement et qui servent puissamment (?) au dessèchement du pacage appelé le Matousa, cloaque infecte qui était toujours sous l´eau même au mois d´août et de septembre, et qui aujourd'hui dès le mois de mars est desséché et livrait des récoltes de gros (?) et de plus par son assainissement la santé des habitants de la commune (...).

    Les curements doivent se faire tous les trois ans ce qui nécessite des dépenses considérables (...). Mais aujourd'hui que ces marais ont été remis à chacun des véritables propriétaires suivant le degré d´intérêt, que chacun d´eux possède, ils en tirent un bon parti, les uns font du froment, d´autres des prairies, des marais, aubarèdes et comme l´ordre de la remise de ces fonds fait que chaque propriétaire aboutit sur une jalle ou sur un fossé, chaque propriétaire récure ou fait récurer sans peine son morceau de terrain que le sort lui a donné (...).

    Signé : le maire Benoist.

    AC Soussans, Cahier des délibérations du Conseil municipal, 1828-1873.

    -Cahier des charges des récurements à faire aux jalles et fossés des marais de Soussans, 1856.

    Jalle de Moulis.

    Jalle de Tiquetorte.

    Fossés du Haut-Bos.

    Petit estey du barrail du Mey.

    Petit estey du Matauza.

    Fossés du Matauza.

    Fossé qui sépare Lagney de Marsac.

    Estey limitrophe entre les communes d´Arcins et de Soussans.

    Les deux fossés qui longent la route dép (ale) n°18 servant à écouler les eaux des terrains inférieurs dans la jalle principale.

    Estey qui sépare le Lagney de Tayac des aubarèdes du Lagney de Marsac.

    Estey qui sépare le barrail du Mey de la vimière de Bayle partant de l´estey limitrophe d´Arcins.

    Le fossé au nord et levant du Courneau.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Gironde, 3P . Matrices cadastrales : Augmentations et diminutions, 1853-1886.

  • AC Soussans, Notes historiques de Robert Gleize, 1970-1993.

  • AD Gironde, 2O 3835 : Landes et marais : revendication, partage des terres communales, 1812-1815.

  • AC Soussans, Registre de la correspondance du maire de la commune de Soussans, 30 floréal de l´an 8 (1800) de la République française (jusqu'au 8 juin 1802).

  • AC Soussans, Cahier des délibérations du Conseil municipal, 1828-1873.

  • AC Soussans, Registre des arrêtés du maire de Soussans, 22 prairial an 8 (du 11 juin 1800 au 28 août 1803).

Documents figurés
  • AD Gironde, 3P 517. Plan cadastral dit napoléonien, 1827.

Bibliographie
  • BAUREIN, Abbé, MERAN, Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 2, 2e éd.

    p. 83-88
  • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : 2e éd. Féret, 1868.

    p. 116-117
  • COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1908 (8e édition).

    p. 96-97
  • COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1969 (12e édition).

    p. 239, 248
  • GUILLON, Edouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde, avec la description des communes, la nature de leurs vins, la désignation des principaux crus. Bordeaux : [s.n.] 1866. Tome 3.

    p. 291-292
  • HUGON, Pierre. Statistique du canton de Castelneau-de-Médoc, dressé en 1855. Bordeaux : impr. de Lanefranque, 1857.

    p. 92-93
(c) Région Aquitaine - Inventaire général ; (c) Conseil général de la Gironde - Steimer Claire