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Présentation de la commune de Saint-Yzans de Médoc

Dossier IA33006520 réalisé en 2013

Fiche

Œuvres contenues

Aires d'études Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Adresse Commune : Saint-Yzans-de-Médoc
Cadastre : 1831 Cadastre dit napoléonien réalisé en 1831-1832.

Selon Didier Coquillas, la découverte de haches polies et de silex sur les sites du Bois-Carré, de la Hourqueyre, de Queyzans, témoigne d'une implantation humaine dans le secteur dès le néolithique. Les toponymes Grand Peyre ou Bois du Roc pourraient évoquer d'anciens mégalithes disparus.

Les fouilles menées de 1969 à 1985 sur le site du Bois-Carré ont mis au jour les vestiges d'une villa. Un premier établissement daterait du dernier quart du Ier siècle avant J.C., remplacé à la fin du Ier siècle après J.C. par un autre établissement plus grand, dont les fondations ont été en partie dégagées. La partie nord de la villa est équipée de fours et de deux salles sur hypocaustes avec tubulures. Des sols de mortier, des enduits peints et des décors de mosaïque ont été retrouvés. De nombreux éléments de céramique ont également été prélevés. L'occupation du site est attestée jusqu’à la fin du IIe ou au début du IIIe siècle ap. J.C.

D'autres sites installés sur les quelques hauteurs qui dominaient les zones de marais datent peut-être également de cette période, à Loudenne et à Mazails, notamment.

Lors de travaux d'adduction d'eau réalisés devant l'église en 1967, quatre sarcophages mérovingiens ont été retrouvés (et détruits), indiquant peut-être la présence d'une nécropole au Haut Moyen Âge. Un peu plus tard, l'église-prieuré de Saint-Yzans dépend de l'abbaye de l'Isle à Ordonnac. L'abbé Baurein ne fournit que peu d'éléments sur la paroisse ; quant à Léo Drouyn, qui a visité l'église avant sa complète reconstruction dans la 2e moitié du 19e siècle, il évoque un édifice du 15e siècle.

Au Moyen Âge, le territoire est doté de plusieurs sites fortifiés : le château de Loudenne dépendait de la seigneurie de Castillon ; son implantation sur un îlot en bord d'estuaire constituait sans doute un élément défensif associé à la forteresse de Castillon. L'actuelle demeure date probablement du 17e siècle, remaniée aux 18e et 19e siècles. La maison noble de Sigognac dépendait également de la seigneurie de Castillon ; elle est attestée dès la fin du 13e siècle. Selon Didier Coquillas, "d'imposantes structures visibles dans les bois de Sigognac laissent envisager une maison forte : fondations de mur d'enceinte avec plusieurs tours d'angle. Un tertre, voisin de ces structures, interprété comme un tumulus pourrait bien être les restes d'une motte médiévale antérieure". La demeure de Sigognac date probablement du 18e siècle, remaniée aux siècles suivants.

La carte de Masse qui représente le territoire au début du 18e siècle figure au sud les marais de Cadourne desséchés qui entourent le monticule de Loudenne en bord 'estuaire : ils sont traversés par deux grands fossés avec digues, dont la digue de l'Herbe qui constitue la limite avec la commune voisine d'Ordonnac. Au nord, une vaste zone de marais est accessible par deux chemins, reliant le bourg de Saint-Yzans et le hameau de Queyzans aux rives de l'estuaire. On note la présence de plusieurs îlots qui émergent de ce secteur en grande partie inondé, tantôt cultivés, tantôt habités : bourg de Saint-Yzans, hameau de Queyzans, enclos de Sigognac. Un chenal/fossé sépare nettement les deux zones de marais de la commune, desséchés au sud, et inondés au nord : il aboutit à l'estuaire au lieu-dit le Mait, où un bâtiment est édifié, comme le montre la carte de Belleyme dans la seconde moitié du 18e siècle.

Un chemin borde les rives de l'estuaire et relie le port de la Maréchale au sud, à la forteresse de Castillon au nord.

Les cartes de Desmarais (1759) et de Belleyme (1763-1764) témoignent de la culture de la vigne sur les buttes de Loudenne et de Mazails, à l'ouest du bourg de Saint-Yzans et dans l'enclos de Sigognac.

En 1850, dans la première édition de l'ouvrage de Charles Cocks, Bordeaux et ses vins, la commune de Saint-Yzans est mentionnée comme produisant 900 tonneaux de vin et comptant 600 habitants. Les châteaux Loudenne et Sigognac sont les plus importants producteurs de la commune avec respectivement 150 et 200 tonneaux.

La commune ne dispose pas de port et les habitants fréquentent celui de la commune voisine de Saint-Seurin-de-Cadourne, à la Maréchale. En 1852, un chenal est aménagé afin de dessécher les marais des communaux de Queyzans. Les travaux sont conduits par Gilbert Saugue, entrepreneur de travaux publics à Saint-Christoly-Médoc. La commune prévoit l'installation d'un port sur ce chenal. Le port de Lamena est établi en 1862, et un chemin de grande communication le relie au bourg de Saint-Yzans.

La population de la commune a augmenté au cours de la 2e moitié du 19e siècle, passant de 600 habitants en 1850 à 731 en 1898. On note une diminution au début du 20e siècle, avec 664 habitants en 1922. Aujourd'hui, la commune compte 392 habitant (recensement de 2014).

La commune est située en Bas-Médoc, entre les communes de Saint-Seurin-de-Cadourne au sud et Saint-Christoly-Médoc au nord. A l'ouest, elle est limitrophe des communes de Couquèques, Blaignan et Ordonnac ; à l'est, elle est bordée par l'estuaire de la Gironde.

Le chenal de la Maréchale, avec la digue de l'Herbe, forme la limite sud ; au nord, c'est le chenal de Castillon qui constitue la frontière avec Saint-Christoly.

Le territoire de la commune s'étend sur une superficie de 11,54 km2 et se compose de terres basses de marais, exploitées pour l'élevage et la culture de céréales. De ces zones émergent des îlots plantés en vigne, à Loudenne et Mazails notamment. La vigne s'est développée également en retrait de l'estuaire, au nord et au nord-ouest du village.

La commune est traversée du sud au nord par la route départementale D. 2 qui relie Saint-Seurin-de-Cadourne à Saint-Christoly-Médoc. La départementale 4 joint le port de Lamena au village et se dirige à l'ouest vers Potensac et Ordonnac. Au nord, la départementale 103 rejoint Couquèques.

L'habitat se concentre dans le village et dans le hameau de Queyzans. Les châteaux de Loudenne et de Sigognac sont deux propriétés viticoles emblématiques de la commune.

114 dossiers documentaires ont été réalisés ; parmi ceux-ci 32 bâtiments ont fait l'objet d'une sélection pour leur intérêt historique ou architectural.

Annexes

  • Extrait de BAUREIN Abbé. Variétés bordeloises (1784-1786)

    BAUREIN Abbé. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux, 1784-1786, p. 268-271.

    Cette paroisse, située dans le Bas-Médoc et dans le district de l’Archiprêtré de Lesparre, est appellée Saint-Didens par les naturels du pays. Les renseignements qu’on a reçu sur cette Paroisse, ne font aucune mention de son Eglise ; ainsi on ne peut dire, ni si elle est grande ou petite, ni si elle est ancienne, ou si elle présente quelque chose de remarquable. Tout ce qu’ils nous apprennent c’est qu’elle est érigée sous l’invocation de Saint-Brice, dont on y célèbre la Fête le treizième jour du mois de Novembre. On ne le dissimulera pas, il paroit surprenant que l’Eglise d’une Paroisse qui a constamment porté le nom d’un Saint, soit érigé sous l’invocation d’un autre Saint. C’est ce qui a donné occasion à faire des recherches dans les anciens pouillés, dans les appeaux même Synodaux du Diocèse ; mais on n’a trouvé en aucune part, que Saint-Brice fût le Saint Patron de cette Eglise : s’il en est actuellement le Saint titulaire, ainsi qu’on l’assure, ce ne peut être que depuis peu de temps.

    Cette Paroisse est nommée Sanctus Desiderius, (Saint-Didier), dans la liève des quartières de l’Archevêché, de l’an 1546. Seroit ce par corruption qu’on auroit dit Saint-Disant, au-lieu de Saint-Didier ? ou seroit ce une erreur qui se seroit glissée, comme bien d’autres, dans cette liève ? Au moins est-il certain qu’on lit Sanctus Dicencius dans la liève de 1420, ainsi que dans tous les pouillés du diocèse.

    La cure de cette Paroisse étoit anciennement régulière ; mais il faut qu’elle fût pour lors d’un revenu bien modique, puisque, depuis près de cent ans, les Réguliers en ont abandonné la desserte aux Prêtres séculiers, qui la possèdent depuis cette époque sous le titre de Vicairie perpétuelle. D’ailleurs, il y a soixante ans que le tiers du terrein de cette Paroisse n’étoit pas en valeur. La population étoit en proportion. Il n’y avoit à cette époque que soixante Communians, il y en a maintenant deux cent quarante, qui forment quatre-vingt feux ou familles.

    Cette Cure ou Vicairie perpétuelle est à la collation de M. l’Abbé de l’Isle, qui est d’ailleurs gros Décimateur dans la Paroisse. Celle-ci n’est composée que du Bourg et d’un seul village appellé de Caizan.

    Saint-Disant est borné vers une des ses extrémités par la rivière de Gironde, qui la sépare de la Paroisse de Saint Bonnet en Saintonge. Elle est aussi bornée dans une autre extrémité par le chenal de la Mareschale, qui fait séparation de Saint-Disant, de la Paroisse de Cadourne, qui est placé au sud-est de Saint-Disant. Celle-ci est bornée au sud-ouest par la Paroiise d'Ordenac, à l'ouest par celle de Blaignan, et au nord par celle de Saint-Christoly.

    Une partie du territoire de cette Paroisse est en terres hautes, et l’autre partie en palu. Celle-ci est divisée en quatre. Le quart de ce territoire est en marais qui appartient au Seigneur, et qui est submergé pendant une partie de l’année. En général, le terrein de cette Paroisse est gras, il y a cependant un canton peu considérable qui n’est qu’un fonds pierreux. Les principales productions sont les vins et le froment, et divers autres menus grains.

    Cette Paroisse est distante de douze lieues de Bordeaux, de sept de Soulac, de deux de Lesparre et d’une lieue et demie de Saint-Estèphe. On y fait parvenir les lettres en les adressant par la grande Poste au Bureau de Lesparre. Le circuit de la Paroisse est d’environ une lieue et trois quarts. Le village de Caizan n’est pas à la distance d’un quart de lieue de l’Eglise. On embarque les denrées dans la Paroisse même et au port de la Mareschale. Les habitants de Saint-Disant ne sont occupés que de l’agriculture.

    Le château de Loudenne, appartenant à M. Le Président de Verthamon d’Ambloy, est placé dans cette Paroisse, ainsi que la maison noble de Cigougnac, dont M. de Maignol est propriétaire. Il seroit superflu de parler ici des anciens Seigneurs de Saint-Disant, qui font les mêmes que ceux de Castilhon. On observera seulement que c’est M. le Président de Verthamon qui est le Seigneur Haut-Justicier de l’une et l’autre Paroisse.

  • Documentation sur les chenaux et les marais

    AC Saint-Yzans-de-Médoc, Registre de délibérations, 1801-1822. Réparation au port de la Maréchale, 20 aout 1821.

    Pour l'intérêt général des 2 communes.

    AC Saint-Yzans-de-Médoc, Réparation extraordinaire du pont du Met et son chenal, 26 décembre 1829.

    Pont en ruine à réparer et faire construire une pelle à coulisse et un clapet pour que l’eau de la Gironde soit contredite pour sa forte marée.

    AC Saint-Yzans-de-Médoc, Contribution foncière extraordinaire pour faire des réparations urgentes au pont et au chenal du Met, ainsi que réparations au presbytère (plancher, portes, volets, châssis de croisées), 26 octobre 1830.

    AC Saint-Yzans-de-Médoc, Registre de délibérations, 1833-1844. Réparation du chemin de Queyzans et de la passe de Loudenne, 7 juin 1837.

    AC Saint-Yzans-de-Médoc, Registre de délibérations, 1835-1854. Établissement d'un péage sur la route de la Maréchale et construction d'une cale, 14 janvier 1838.

    Construction d'une cale au nord-ouest du chenal de la Maréchale pour l'embarquement et le débarquement des denrées et établissement d'une chaussée en pierre cassée qui joindra la dite cale au chemin de grande communication.

    AC Saint-Yzans-de-Médoc, Registre de délibérations, 1833-1844. Réparation du chenal de Castillon, 4 mai 1839.

    AC Saint-Yzans-de-Médoc, Registre de délibérations, 1835-1854. Réparations au chenal du Castillon, 14 juillet 1839.

    AC Saint-Yzans-de-Médoc, Registre de délibérations, 1833-1844. Travaux au pont du chenal du Mets, 23 juillet 1843.

    AC Saint-Yzans-de-Médoc, Registre de délibérations, 1843-1854. Réparation du chenal du Castillon, mai 1845.

    AC Saint-Yzans-de-Médoc, Registre de délibérations, 1843-1854. Construction du port de la Maréchale, nécessité de la construction d'un quai, s.d.

    AC Saint-Yzans-de-Médoc, Registre de délibérations, 1843-1854. Réparation du chenal du Mets, 20 janvier 1850.

    AC Saint-Yzans-de-Médoc, Registre de délibérations, 1843-1854. Chenal de Saint-Yzans à la Maréchale, 10 mai 1850.

    Travaux au fossé.

    AC Saint-Yzans, Construction d’un chenal avec écluse au communal de Queyzan ; PV d’adjudication, 17 février 1852.

    Gilbert Saugue, entrepreneur de travaux publics à Saint-Christoly-Médoc.

    AC Saint-Yzans, Prise de connaissance des rapports de Messieurs les ingénieurs de la navigation et du service hydraulique de la Gironde sur le projet d’ouverture d’un chenal de dessèchement dans la commune de Saint-Yzans, 8 avril 1852.

    Rappel : la commune de Saint-Yzans a refusé son concours à celle de Saint-Seurin pour améliorer le port de la Maréchale sous prétexte qu’elle n’avait aucune ressource disponible ; projet d’établir un port sur le chenal à tracer.

    AC Saint-Yzans de Médoc, non coté. Plan présentant les passes situées dans cette commune et les excédants de ces passes désignées par la couleur verte dont la vente est proposée en faveur des propriétaires riverains conformément à la délibération du conseil municipal. JC. Papier, encre, lavis, 30 avril 1857.

    AC Saint-Yzans-de-Médoc, Registre de délibérations, 1922-1943. Récurage du chenal de Castillon, 18 janvier 1933.

    AC Saint-Yzans-de-Médoc, Registre de délibérations, 1922-1943. Réparations du pont de Castillon, 9 août 1933.

    AC Saint-Yzans-de-Médoc, Registre de délibérations, 1922-1943. Récurage du chenal de l'Embaraillat et la Verdotte, 9 août 1933.

    AC Saint-Yzans-de-Médoc, Registre de délibérations, 1943-1959. Réparations au pont de Queyzans, 2 juin 1945.

    AC Saint-Yzans-de-Médoc, Registre de délibérations, 1943-1959. Curage du chenal de la Verdotte, 2 août 1945.

    AC Saint-Yzans-de-Médoc, Registre de délibérations, 1943-1959. Constitution d'un syndicat des marais de la Plaine et de Queyzans, 31 mai 1953.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Réparation du chemin de Queyzans et de la passe de Loudenne, 7 juin 1837.

    Archives municipales, Saint-Yzans-de-Médoc
  • Réparations aux bâtiments communaux, 11 novembre 1930.

    Archives municipales, Saint-Yzans-de-Médoc
  • Aménagements d'un terrain de sport, 30 novembre 1942.

    Archives municipales, Saint-Yzans-de-Médoc
  • Saint-Yzans-de-Médoc, Culte, église (1840-1940)

    Archives départementales de la Gironde : 2 O 3683
  • Cimetière (1838-1934)

    Archives départementales de la Gironde : 2 O 3682
  • Saint-Yzans de Médoc. Édifices publics (1819-1935).

    Archives départementales de la Gironde : 2 O 3681
  • Edifices publics, monuments, écoles (1806-1950)

    Archives départementales de la Gironde : 2 O 3675-3677
Documents figurés
  • Carte du 9e quarré de la généralle de Médoc. Dessin, encre, couleur, papier, par Claude Masse (géographe), 1708 [IGN, non coté].

    IGN (Institut national de l'information géographique et forestière)
  • Carte de l’embouchure de la Garonne jusqu’au bec d’Embesse. Dessin, encre et aquarelle, par Desmarais, 1759.

    Archives nationales, Paris : F 14 10059/1/
  • Carte géométrique de la Guyenne dite Carte de Belleyme, feuille n°6, levés vers 1763-1764, éch. 1/43200 env.

  • Cadastre napoléonien, 1831-1832.

    Tableau d'assemblage Archives départementales de la Gironde : 3 P 493
Bibliographie
  • BAUREIN Abbé, MERAN Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 1, 2è éd .

  • COQUILLAS Didier. Les rivages de l'estuaire de la Gironde du Néolithique au Moyen-Age. Thèse d'histoire : Bordeaux 3, 2001.

(c) Conseil départemental de la Gironde ; (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Riberolle Jennifer - Steimer Claire