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Présentation de la commune de Saint-Sever

Dossier IA40001722 réalisé en 2015

Fiche

Œuvres contenues

Aires d'études Saint-Sever
Adresse Commune : Saint-Sever

Les plus anciennes traces d'occupation humaine au sein du territoire communal datent de l'âge du fer, notamment suite aux fouilles effectuées en 2000 au moulin de Papin, qui ont mis au jour des sépultures à tombe plate.

Les premiers vestiges d'habitat sont datés de l’Antiquité. Une villa du 4e siècle a notamment été identifiée à l'ouest de la commune. Les vestiges d'un édifice aristocratique, réputé être le légendaire palestrion du gouverneur romain Adrien, ont également été exhumés sur la butte de Morlanne. Un dépôt lapidaire provenant de ces sites est aujourd'hui conservé au musée de la ville.

Il est probable que le promontoire de Morlanne, aisément défendable, continue à être sinon occupé, du moins fréquenté durant le haut Moyen Âge - même s'il manque à ce jour la preuve archéologique d'un peuplement après le 5e siècle. La fondation de l'abbaye bénédictine dédiée à saint Sever par le comte Guillaume Sanche, sur une butte secondaire, intervient à la fin du 10e siècle. La charte de donation de 988 indique que son territoire s'étend "de l'Alphée qu'on appelle aujourd'hui Adour jusqu'au Gabas". L'extension du ressort de Saint-Sever au territoire situé au nord de l'Adour paraît se produire suite à la donation de la paroisse de Sainte-Eulalie par Arnaud de Lobmaner, dans le premier quart du 11e siècle.

Le succès du monastère et l'établissement de la résidence ducale à Saint-Sever, ce qui valut à la localité le titre de "Cap de Gascogne", favorisent le développement d'un bourg aux abords de l'abbaye et la mise en valeur des terres environnantes. Des "caveries" sont mentionnées dès le 13e siècle. Elles appartiennent aux religieux et à différents seigneurs de la région. Pendant les guerres de Guyenne et de Cent Ans, Saint-Sever connaît de nombreuses attaques jusqu'à rejoindre définitivement le royaume de France en 1442.

Bien que les abords de l'abbaye constituent l'habitat groupé le plus important de la commune, différents quartiers sont mentionnés dans les archives au 16e siècle. Loubart, Augreuil, Sainte-Eulalie semblent alors des hameaux déjà constitués. De nombreuses familles seigneuriales s'installent dans la ville durant les 16e et 17e siècles. Elles implantent des métairies et accentuent les liens économiques entre la ville et le territoire rural, mouvement déjà amorcés par les religieux et les jurats à la période médiévale. Les plans issus du terrier des Bénédictins montrent que l'implantation actuelle du bâti dans la commune est déjà structurée sous l'Ancien Régime.

La Révolution ne modifie pas la morphologie de la ville. En revanche, les décrets d’aménagement du territoire décidés à l’Assemblée constituante ont des conséquences pour la région. La commune de Saint-Sever annexe une partie des paroisses de Cauna, de Toulouzette et de Montgaillard, étendant ainsi son emprise. La commune, telle qu'elle apparait sur le plan cadastral de 1844, est plus étendue au sud-est. Cette partie du territoire est rattachée à la commune de Montsoué en 1904.

Selon les matrices cadastrales, les cultures sont réparties entre les terres labourables, les prés et les vignes. Le tissu bâti s'intensifie dans la seconde moitié du 19e siècle avec de nombreuses constructions ou reconstructions entre 1860 et 1890, comme l'indiquent l'analyse du bâti et du registre des augmentations et des diminutions de la matrice cadastrale. Ce renouvellement est accentué par l'arrivée du chemin de fer en 1881. L'apparition de lotissements dès les années 1950 a contribué à l'augmentation de l'aire urbaine au détriment du territoire rural.

L'évolution de la population

Le premier chiffre concernant le dénombrement de la population de Saint-Sever date de 1768, estimée à 4600 habitants. Une trentaine d'années plus tard, en 1796, les chiffres donnent une population s'élevant à 5270 habitants. Le diagramme de l’évolution démographique (données EHESS) montre une moyenne autour de 4600 habitants depuis la Révolution. Une chute significative de la population intervient au moment de la perte du statut de sous-préfecture, en 1926, et se poursuit jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale. En 2012, la population saint-séverine s'élevait à 4733 habitants.

Un site entre plaine et coteaux

Située à la lisière de la plaine des Landes et du massif de la Chalosse, la ville de Saint-Sever s’élève sur une éminence. Le nord de la commune est donc formé d’un plateau rencontrant un éperon culminant à une altitude de 100 mètres, qui domine la vallée de l’Adour. Cet abrupt est recouvert d’une végétation dense qui soutient la terrasse entaillée en différents endroits par le réseau hydrographique (ruisseau du Touron) et par la côte de Brille, ancien chemin pentu d’accès à la ville. Ces deux avancées délimitent la colline de Morlanne où se situe le premier habitat aggloméré. L’arrière du plateau est composé de vallons champêtres et boisés.

La commune s’étend sur 46,96 km². Elle est bordée au nord par les communes de Cauna, Aurice, Bas-Mauco et Benquet ; Saint-Maurice-sur-Adour et Montgaillard à l’est, Toulouzette et Montaut à l’ouest. Elle jouxte Banos, Audignon et Montsoué au sud.

Le réseau hydrographique est drainé par l’Adour qui traverse la commune d’est en ouest sur 7,3 km. Le fleuve est constitué d’une succession de plans d’eau formant des gravières. Le Gabas, affluant de l’Adour, délimite la commune au sud. Outre ces deux cours d’eau principaux, de nombreux ruisseaux irriguent le territoire.

Les routes principales liant Tartas à Aire-sur-Adour par Péré (D924) ou Saint-Sever à Pau par la ville (D944) sont issues d'un tracé ancien, et dénommées comme tel sur des plans de la fin du XVIIIe siècle. Une voie rapide récente traverse la ville du nord au sud pour rejoindre Mont-de-Marsan et Orthez (D933s).

Une bipolarité territoriale

La commune présente un cœur de ville au maillage urbain dense. Hérité de la période médiévale, il s’étend à la fin du 18e siècle aux faubourgs proches lorsque la ville n'est plus cantonnée dans ses murs. La carte de Cassini montre encore un bâti enserré dans ses enceintes, alors que la carte de l’État-major (1820-1867) reflète bien l'essor vers la périphérie. L’urbanisation se poursuit dans les quartiers de Péré et du Bas du Pouy, bordant l’Adour, à la fin du 19e et au début du 20e siècle avec l’implantation d’industries le long de la route de Pau et de Tartas. Ce n’est que depuis les années 1960 que le sud de la ville connaît un développement de zones pavillonnaires et de lotissements avec des constructions dans les quartiers de l’Espérance à l’ouest, du Castallet au sud et du Gabarret à l’est.

Les environs du centre-ville conservent un caractère rural marqué avec la présence de hameaux disséminés dans les vallons de la Chalosse (Augreilh) ou dans la vallée de l'Adour (Sainte-Eulalie). Entre ces hameaux, des fermes ponctuent le paysage, témoignant de l'implantation d'anciennes métairies, et rappellent la sujétion par la ville de la campagne environnante.

Annexes

  • Sources relatives à l'histoire de Saint-Sever

    Un fond d'archives exceptionnel

    La majorité des archives relatives à l'histoire de Saint-Sever est conservée aux archives municipales de la ville. Cependant, les archives concernant l'abbaye avant la Révolution sont déposées aux archives départementales, qui conservent également quelques documents sur la ville postérieurs à 1790.

    - Les archives municipales de la ville de Saint-Sever disposent de nombreuses séries complètes :

    La série DD abrite plusieurs documents relatifs aux biens communaux et aux travaux effectués par les jurats du 13e siècle à la Révolution.

    Les série BB et B conservent la quasi totalité des délibérations du conseil municipal du 16e siècle à nos jours.

    Les séries G, M, O et R contiennent de nombreuses pièces pour la compréhension de l'histoire de la commune de la Révolution à nos jours : tournant révolutionnaire, constructions et réhabilitations de bâtiments, gestion urbaine, cadastres de 1809 et de 1844 et registres correspondant (état des sections, matrices, registre des augmentations et des diminutions).

    - Les archives départementales des Landes ont dans leur fond quelques documents de la ville en dépôt et les archives des institutions religieuses :

    La série H très fournie permet de restituer l'histoire de la ville à travers l'abbaye bénédictine et le couvent des Jacobins avant la Révolution. Des plans et cartes d'importances sont notamment conservés dans le terrier des bénédictins.

    Les séries M, S et W proposent plusieurs écrits retraçant la gestion urbaine et les bâtiments depuis le 19e siècle.

    La série J, assez mince, conserve quelques archives privées : général Lamarque et docteur Sentex.

    - Les archives nationales ont en leur possession des documents figurés avant la Révolution, en particulier sur l'abbaye dans la série N III Cartes et Plans. Des archives apportant des renseignement sur les bâtiments publics pendant la Révolution sont également conservés dans la série F.

  • Extrait d'ouvrages

    LEVI-STRAUSS. Claude. Chers tous deux. Paris : Seuil. 2015. p. 12

    " Hier, il faisait chaud – ciel et soleil radieux, temps d’été (et aujourd’hui, on grelotte ! Drôlede pays !) – aussi sommes-nous sortis l’après-midi pour faire un tour au hasard sur la route de Saint-Sever, qui est magnifique, et au bout d’une heure, nous n’avons pas eu le courage de rentrer tant il faisait bon ! (...) A peine atteinte la ville, ça a été la stupéfaction : nous l’avons prise par hasard pour but de promenade, et nous trouvons une magnifique petite ville ancienne, comme abandonnée(c’était dimanche), luxueuse et imposante, qui rappelle Fontarabie. Il y a notamment une place irrégulière, pavée de petits galets pointus, où se dresse une splendide église romane (dont un clocheton est encore en bois sculpté), encadrée de maisons Louis XV, à grandes arcades, avec des balcons de fer forgé plus beaux qu’aucun de ceux que j’aie jamais vus. Et partout ce ne sont qu’étranges petites places biscornues, plantées de platanes boursoufflés par des tailles incessantes (sans quoi ils seraient trop grands pour la largeur entre les maisons), avec des hôtels anciens, Louis XV ou Directoire, qui font penser au Faubourg Saint-Germain par leurs grilles à initiales armoriées."

    RIGAUD VAUDREUIL. Pierre Louis. Promenade de Bagnères-de-Luchon à Paris. Paris : Adrien Egron. 1821. p. 123

    "Saint-Sever est placé à la gauche de l'Adour sur l'extrémité des hauteurs de la Chalosse, d'où il domine des plaines qui s'étendent de la rive droite de la rivière, jusqu'aux fameuses landes. En somme, la position de cette ville est agréable, et son intérieur n'est pas trop laid. Elle a une église fort ancienne ; en revanche, on lui fait un pont tout neuf, qui ne sera pas un faible ornement pour elle.

    Je ne veux point quitter Saint-Sever sans vous dire qu'il a eu la gloire d'être appelé, pendant quelque temps, la capitale de la Gascogne. Il lui restait avant la révolution, d'être la capitale de la Chalossse. Le voila réduit à être chef-lieu d'arrondissement : qui sait jusqu'où il descendra ? En attendant cette ville fait quelque commerce en vins et eaux-de-vie. Ses tanneries ont une réputation, je ne dirai pas européenne, mais au moins départementale."

    FIRMIN DIDOT. Panorama pittoresque de la France. Paris : Firmin Didot. 1839. t. 1. p. 233

    " Cette ville est assez bien bâtie et fort agréablement située, dans une contrée extrêmement fertile, sur la rive gauche de l'Adour. On y remarque le prétoire du tribunal civil ; la caserne de gendarmerie ; l'hôpital ; la prison nouvellement construite, et une magnifique église qui faisait autrefois partie de sa célèbre abbaye. Sur le coteau de Morlanne existait autrefois un antique palais construit, dit-on, par César, et désigné sous le nom de Castrum Caesaris, qu'il changea ensuite pour prendre celui de Château de Palestrion. C'est au pied de ce château que saint Sever fut martyrisé par les Vandales. Les environs offrent des promenades spacieuses; les plus agréables sont celles de Morlanne et de la Mirande.

    Commerce de grains, vins, eaux-de-vie, eaux minérales, marbre, pierres lithographiques, pierres de taille, grès à paver, plâtre."

Références documentaires

Documents d'archives
  • CABANOT Jean, PON Georges. Beatus de Saint-Sever. Manuscrit latin 8878 de la Bibliothèque nationale de France.

    Archives départementales des Landes : Br 4° 2861
  • Registre paroissial de Saint-Sever.

    Archives paroissiales, Saint-Sever
  • "Abel Crabos et Fils à Saint-Sever sur Adour", in la Nouvelle Chalosse, 1930.

    Archives municipales, Saint-Sever
Documents figurés
  • Carte de Cassini, feuille n°107, levée et publiée à partir de 1756, ech. 1/86 400.

    Bibliothèque nationale de France, Paris
  • Plan levé de l'ouest de la paroisse de Saint-Sever, 17e siècle.

    Archives municipales, Saint-Sever : DD 6 / 54
  • Plan de Saint-Sever et de sa banlieue issu du terrier des bénédictins, 1743. Dessin, encre et lavis.

    Archives départementales des Landes : H 123
  • Plan levé par les bénédictins des bords de l'Adour, 1760.

    Archives municipales, Saint-Sever : DD 6
  • Carte de l’Etat-major, planche n°63, levée à partir de 1820, publiée en 1875, ech. 1/80 000.

  • Plan cadastral napoléonien de Saint-Sever, 1809.

    Archives municipales, Saint-Sever : 1 G 1
  • Plan cadastral napoléonien de Saint-Sever, 1844.

    Archives municipales, Saint-Sever : 1 G 2
Bibliographie
  • PON Georges, CABANOT Jean. Chartes et documents hagiographiques de l'abbaye de Saint-Sever (988-1359). Dax : Comité d’études sur l’histoire et l’art de la Gascogne, 2010, 2 vol.

  • FARBOS Jean-Paul. Saint-Sever : étude de géographie urbaine. Bordeaux : Université de Bordeaux, 1971.

  • LAMBERT Elie. Plans anciens de Saint-Sever de Gascogne. Dax : Imprimerie Pradeau, 1956.

  • LASSERRE, Jean-Claude. Saint-Sever, Landes. Paris : Editions du centre national de la recherche scientifique, 1982 (coll. Atlas historique des villes).

  • TAUZIN Jean-Joachim-Camille. Saint-Sever, cap de Gascogne. Dax : Société de Borda, 1914-1915.

  • DUCOURNEAU Alexandre. La Guienne historique et monumentale. Bordeaux : P. Coudert (imp.) 1842 (vol. I), 1844 (vol. II), 300 lithographies.

  • O'GILVY Henri Gabriel. Nobiliaire de Guienne et de Gascogne. Revue des familles d'ancienne chevalerie ou anoblies de ces provinces antérieures à 1789. Bordeaux : éditions Gounouilhou, 1856.

  • Baron de CAUNA, Clergé et noblesse des Landes : Armorial. Bordeaux : Justin Dupuy, 1864.

  • SUAU Bernadette (dir.). Mémoire des Landes, dictionnaire biographique. Comité d'études sur l'histoire et l'art de Gascogne, Mont-de-Marsan, 1991.

  • LEVI STRAUSS C., Chers tous deux, Paris : Seuil, 2015.

    p. 12
  • MOUREAU Pierre. Dictionnaire gascon-français, français-gascon, suivant les parlers maritimes. Pau : Princi Néguer, 2000.

  • Maréchal Michel, Poumarède jacques, La coutume de Saint-Sever (1380-1480), Paris : Ed. du CTHS, 1988.

  • DARTIGUE-PEYROU Françoise, FILLACQ Raymond. Constructions rurales en Chalosse, 1999.

  • LOUBERGE Jean. La maison rurale dans les Landes. Nonette : éditions CREER, 1982.

  • DUMONT Cécile, Châteaux et aristocraties autour de l'abbaye de Saint-Sever (988-1107), Mémoire de maîtrise, université de Paris IV-Sorbonne, 1998.

  • TRABUT-CUSSAC Jean-Paul, L'administration anglaise en Gascogne sous Henry III et Edouard 1er, Paris : Droz, 1972.

  • CURSENTE Benoit, Des maisons et des hommes. La Gascogne médiévale, Toulouse : Presse universitaire du Mirail, 1998.

Périodiques
  • MERLET Jean-CLaude, « La sépulture du moulin de Papin à Saint-Sever », dans Bulletin de la Société de BORDA, 2000.

  • DEGERT Antoine. "Les origines du pèlerinage". Revue de Gascogne, 1922.

  • DUBEDAT Paul, "La villa du Gleyzia d'Augreilh à Saint-Sever", , in Bulletin de la Société de Borda, Dax, 1987.

  • CABANOT Jean "Chapiteaux de marbre antérieurs à l'époque romane dans le département des Landes", in Cahiers archéologiques, 1972

  • DUBEDAT Paul, "A la recherche du Palestrion", in Bulletin de la Société de Borda, 1969.

  • DUBEDAT Paul, MARSAN Georges, "Une pointe de flèche en silex à Saint-Sever", in Bulletin de la Société de Borda, 1983.

    p. 197-198
  • ARAMBOUROU Raymond, "Découvertes archéologiques à Saint-Sever", in Bulletin de la Société de Borda, 1963.

Liens web

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