Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Présentation de la commune de Saint-Estèphe

Dossier IA33007293 réalisé en 2013

Fiche

Œuvres contenues

Aires d'études Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Adresse Commune : Saint-Estèphe

Des traces d'implantation humaines sont attestées dans ce secteur au néolithique (outils lithiques, haches polies découvertes à L'Hôpital et à Marbuzet). Des haches à rebords en bronze ont également été découvertes à proximité du bourg et sur le site de Meyney.

En 1992, des prospections aériennes dans le secteur de Loumède ont révélé des structures "circulaires ou de forme complexe avec fossé linéaire" dans le marais de Reysson, en contrebas de la colline de Saint-Corbian, mais aucun mobilier n'a été signalé sur place.

Des débris, substructions et monnaies de l'époque gallo-romaine ont été découverts sur plusieurs sites : Montrose, Le Boscq, Cos et L'Hôpital.

Au Moyen Âge, le territoire est marqué par la présence d'un établissement hospitalier (12e siècle) ; l'abbaye de Faize (Artigues-de-Lussac) possède également de nombreuses terres (Coleys ou Meyney). La paroisse de Saint-Estèphe n'est pas attestée avant le 13e siècle et les structures les plus anciennes envisagées pour l'église ne paraissent pas antérieures à l'époque romane.

La maison noble de Calon dépendait au Moyen Âge du seigneur de Lesparre. Plusieurs actes concernent les seigneurs de Calon au 14e siècle. Au 15e siècle, une maison noble est également attestée à Pez.

A partir des 16e et 17e siècles, les familles de parlementaires bordelais investissent le territoire, comme les Pontac ou les Ségur. Un plan terrier de la paroisse au 18e siècle (hélas lacunaire) indique les principaux propriétaires et seigneurs locaux. L'abbaye de Vertheuil possédait ainsi de nombreux fiefs.

L'église de Saint-Estèphe, son mobilier (retables et peintures) du 18e siècle sont protégés au titre des monuments historiques.

Sur le plan cadastral de 1825, le chenal dit de Trompeloup constitue la limite communale sud avec Pauillac. La propriété des terrains dans ce secteur fait l'objet de nombreux débats, à l'occasion de l'installation du lazaret de Trompeloup dans les années 1820. Le lazaret est d'ailleurs tantôt situé à Saint-Estèphe, tantôt à Pauillac. La limite communale traverse aujourd'hui le site de l'ancienne raffinerie de Pauillac, qui s'est étendue à la fin des années 1960 à l'emplacement du lazaret.

Les domaines viticoles se développent aux 18e et 19e siècles, accroissant leur vignoble et reconstruisant leur château et bâtiments de vinification. Ils bénéficient de la proximité de l'estuaire, avec le port de La Chapelle, pour expédier leurs vins. La commune compte cinq crus classés promus en 1855. Le patrimoine de la commune est marqué par ces architectures viticoles spectaculaires, avec notamment le chai-château de Cos d'Estournel, mais également par les nombreux hameaux viticoles qui regroupent un bâti plus modeste témoignant de l'existence, à côté des grands domaines, de petites propriétés viticoles familiales.

Une cave coopérative a été créée en 1934. En 2002, elle a fusionné avec celle de Vertheuil.

Les domaines viticoles connaissent depuis la 2e moitié du 20e siècle de profondes transformations : tantôt certains bâtiments sont détruits (Fontpetite ou plus récemment le Château Morin), tantôt les équipements sont modernisés avec la construction de chais performants (Château Montrose, Cos d'Estournel, par exemple).

La commune est limitrophe de Pauillac au sud, de Cissac et Vertheuil à l'ouest, de Saint-Seurin-de-Cadourne au nord. A l'est, se trouve l’estuaire de la Gironde.

Elle s'étend sur 23,54 km2 et comptait en 2014 1 642 habitants.

Bordée au sud par les marais de Lafite et au nord par ceux de Reysson, elle est traversée par plusieurs jalles : le chenal du lazaret, le chenal de Calon et l'estey d'Un.

Les croupes de vigne culminent à une vingtaine de mètres d'altitude. Saint-Estèphe correspond à une appellation viticole avec un vignoble de 1250 ha.

Le bâti est réparti en de nombreux hameaux, le village étant situé au nord-est de la commune. Ces écarts connaissant aujourd'hui de nombreuses transformations, entre abandon, destructions et restaurations, ils font l'objet de dossiers documentaires, afin de mieux mettre en évidence l'organisation du bâti et en conserver la mémoire.

Le patrimoine viticole a été largement étudié : châteaux, dépendances viticoles et agricoles, parcs et jardins, murs de clôture et cabanes de vigne marquent le territoire.

La route dite du littoral qui longe l'estuaire de la Gironde permet de découvrir les nombreux carrelets (cabanes de pêche) qui se succèdent sur la rive.

264 dossiers documentaires ont été réalisés ; 91 éléments ont bénéficié d'une étude plus approfondie.

Annexes

  • Baurein, Variétés bordelaises, vers 1784-1786

    Baurein, tome 1, 1876, p. 184

    (...) Le territoire de cette Paroisse est en plaine, qui, relativement au niveau de la rivière, forme une espèce d’élévation ; c’est un terroir de graves, qui pour cette raison est presque tout complanté en vignes, et qui produit des vins de très bonne qualité. Les bords de la rivière, qui consistent en une lisière de très peu de largeur, sont un terrein de palu. Les vins sont la principale denrée de cette Paroisse ; on n’y recueille qu’une très petite quantité de foins et de grains.(…) Le chemin royal de Bordeaux à Soulac traverse la Paroisse du midi au nord. La principale occupation des habitans de Saint-Estèphe est la culture de la vigne (...).

  • Évolution de la population au cours du 19e siècle

    Franck, Traité sur les vins du Médoc (...), 1824 :

    -1830 hab.

    Cocks et Féret, Bordeaux et ses vins :

    -1850 : 2300 hab.

    -1868 : 2570 hab.

    -1874 : 2664 hab.

    -1893 : 3034 hab.

    -1898 : 3137 hab.

    -1922 : 2910 hab.

  • Documentation complémentaire

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1811 à 1835, Recensement de la population, 1821/02/02.

    La commune comprend 536 maisons et 1829 âmes.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1811 à 1835, Ouverture d'une souscription et vote de prestation en nature demandées par M. le Préfet pour concourir à l'ouverture d'une route de Lesparre à Pauillac passant en partie dans St Estèphe, 1828/01/24.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1811 à 1835, Mention de 9 débits de boisson établis dans la commune, 1830/05/13.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1835 à 1862, Offre faite par M. Mac Carthy d'une gravière pour l'utilisation par la commune pendant un an, 1850/02/09.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1835 à 1862, limitation des troupeaux de moutons sur les communaux, vers 1855.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1835 à 1862, Proposition faite par M. de Lille relativement à l'alignement du mur qu'il fait construire le long de sa propriété situé sur le chemin vicinal n°1, de Cos au bourg de St Estèphe, 1860/05/03.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1835 à 1862, Projet d'ouverture de la rue qui doit réunir dans le sud du bourg la route d'intérêt commun n°46 avec le chemin vicinal n°1 de Cos à Bourg, 1861/09/05.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1862 à 1898, Devis des travaux du mur de quai à construire le long du chemin de fer, 1863/06/28.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1862 à 1898, Projet d'établir un chemin sur le littoral partant du champ de foire au bétail et allant rejoindre le chemin de St Seurin de Cadourne au lieu dit de l'estey d'Un, 1869/08/15.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1862 à 1898, vente de jonc du littoral, 1873/07/20.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1862 à 1898, Achèvement du chemin n°19, 1873/07/20.

    Le chemin n°2 de la route départementale n°18 à la rote de grande communication n°042 est terminé ; il est fréquenté et sera très utile pour amener à la gare de Blanquet les voyageurs et les marchandises ; le chemin n°10 du pré de Lamothe à la fontaine de German est en voie d'exécution et à moitié fait.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1862 à 1898, Pâturages du littoral, 1880/02/01.

    L'espace compris entre le chenal de Fressinet et celui du port sera réservé au parcours du pâturage pour le gros bétail ; au surplus le lieu-dit les Baluards sera également laissé à la disposition des propriétaires de ce même bétail ; la partie comprise entre le chenal entre le chenal du port et la limite de la commune vers Saint-Seurin, sera réservée pour le pâturage des moutons et des brebis.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1862 à 1898, Chemin du littoral, 1881/12/18.

    Projet de construction de cette route reliant Pauillac, St Estèphe et St Seurin de Cadourne.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1862 à 1898, Plaintes par plusieurs propriétaires de la commune au sujet des troupeaux de brebis qui viennent des communes étrangères passer l'hiver dans celle-ci : il est expressément défendu de faire pacager les bœufs, vaches, chevaux, brebis etc sur les sentiers des vignes en quelque saison que ce soit, 1883/11/04.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1862 à 1898, Rapport à propos du manque d'eau dans le bourg, 1887/11/13.

    Les sources que possèdent la commune sont nombreuses : d'abord la fontaine de German à Marbuzet, ensuite les sources de Fontgrand et de de Fontbarrique et enfin par ordre de valeur décroissante la fontaine du Roc, le Carcasset, la fontaine de St Estèphe et le puits de la Croix à MM. Lambert et Dufrasne, je ne désignerai que pour mémoire la source du gravie de Mapon.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1862 à 1898, Chemin du littoral 1892/08/28.

    Importance de cet axe ; tronçon de St Seurin au pont de St Estèphe ; les appontements de Pauillac donnent une nouvelle importance à cette voie.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1862 à 1898, Foire de Saint-Estèphe : demande d'avancer les dates de la foire, 1893/06/11.

    Les 6, 7, 8 septembre. C'est là que la plupart des propriétaires du Médoc viennent s'approvisionner, soit de ce qui leur sera nécessaire pour les vendanges et pour [?] soit des vaisseaux vinaires qui leur sont indispensables à la récolte du raisin.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1862 à 1898, 1897. Mention de la "rampe de Calupeyre", chemin vicinal n°26.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1862 à 1898, Surélévation des droits sur les vins étrangers, 1898.

    Crise viticole provoquée en grande partie par l'introduction abusive des vins étrangers à la faveur du tarif douanier de 1892 ; vins "mouillés" pour la plupart ; fraude ; pratique du mouillage des vins dans les ports espagnols.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1899 à 1922, A propos de la rampe de Calupeyre, 1899/02/16.

    Mention du développement du port de Pauillac avec la création des hauts fourneaux en construction.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1899 à 1922, Proposition d'installer deux ateliers de distillation, 1905/08/27.

    Un au bourg, chemin St Clément ; un à Leyssac sur la petite place devant Bourgeau ou bien devant Mizan ou bien à l'ancien lavoir.

    AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1899 à 1922, 1906. Mention de deux propriétaires qui ont sucré leurs vendanges.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Matrices cadastrales, tableaux des augmentations et diminutions, 1853-1913.

    Archives municipales, Saint-Estèphe
Documents figurés
  • Plan cadastral napoléonien de Saint-Estèphe, 1825.

    Archives départementales de la Gironde : 3 P 395
Bibliographie
  • BAUREIN Abbé, MERAN Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 1, 2è éd .

    p. 184
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1845, 1850 , p. 197.

  • COQUILLAS Didier. Les rivages de l'estuaire de la Gironde du Néolithique au Moyen-Age. Thèse d'histoire : Bordeaux 3, 2001.

  • FRANCK William. Traité sur les vins du Médoc et les autres vins rouges et blancs du département de la Gironde. Bordeaux : impr. de Laguillotière, 1824.

    p. 129
  • GINESTET Bernard. Saint-Estèphe. Paris : Nathan, 1985. (Le Grand Bernard des vins de France).

  • GUILLIER Henry. Les grands vins de la Gironde illustrés. Libourne-Bordeaux, s.d. [vers 1910].

    planche 95
  • Plan local d'Urbanisme, commune de Saint-Estèphe, rapport de présentation, approuvé le 14 septembre 2005.

Périodiques
  • GALY-ACHE Charles. « Saint-Estèphe-de-Calon. Stephanus de Calones au XIIIe siècle ». Les Cahiers Médulliens, 1973, n° 13.

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Conseil départemental de la Gironde - Steimer Claire