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Présentation de la commune de Saint-Barthélemy-de-Bellegarde

Dossier IA24001190 réalisé en 2009

Fiche

Œuvres contenues

Aires d'études Montpon-Ménestérol
Adresse Commune : Saint-Barthélemy-de-Bellegarde
Cadastre : 1843 ; 1963

La première mention de la paroisse de Saint-Barthélemy-de-Bellegarde date de 1153 ; l'"ecclesia Sancti Bartholomei" fut alors donnée à Raymond de Grimoard, prieur de Gardedeuil (aujourd'hui à Eygurande-et-Gardedeuil) et à l'abbaye de Baigne, par l'évêque de Périgueux Raymond de Mareuil. Le vocable "S. Bart. de la Garda" apparaît dans les textes en 1178 dans une bulle d'Innocent III. En 1232, elle figure toujours dans le cartulaire de Saint-Étienne de Baigne (bulle de Grégoire IX), comme relevant des possessions de l'abbaye. En 1316, Amaury de Craon, Sénéchal de Gascogne, y fonde une bastide pour Édouard II, cette partie méridionale du Périgord constituant une frontière fluctuante entre possessions françaises et anglaises. La paroisse dépendit au 16e siècle de la Sauve Majeure.

Entre les 16e et 18e siècles, Saint-Barthélémy-de-Bellegarde semble être le centre de production de verre le plus important du plateau de la Double, comptant une douzaine d'ateliers. Les sables qui en constituent le sol et le dense couvert forestier fournissaient les matériaux nécessaires à son élaboration (sables et argiles, bois, fougères produisant la soude). La verrerie du hameau de la Devise en parait la plus active ; elle est mentionnée en 1549 au moment où elle est vendue au sieur Juilhot, puis en 1556. Au 17e siècle, le sieur de la Devise Bertrand Julliot, écuyer, "se réserv[ait] de jouir des prééminences des églises de Saint-Barthélémy et Ménestérol, immédiatement après le dit seigneur comte et les siens, et aussi du droit de sépulture pour lui et ceux de sa famille dans le chœur de l'église de Saint-Barthélémy". On peut supposer qu'il s'agit là d'un descendant du maître artisan nommé plus haut, ayant acquis un statut important. Rien n'affirme que l'atelier était encore en activité à cette époque. D'autres verreries sont citées dans les textes à La Charpenterie, La Chaulme, le Grand Bost, Beausoleil, Chadenne, Lamothe, La Grange, la Ferté, la Prade, La Fute.

La carte de Belleyme, levée dans la seconde moitié du 18e siècle, montre que l'ancienne paroisse était plus vaste que le territoire communal actuel : elle incluait le hameau du Palem à l'ouest, la limite avec l'ancienne paroisse de Gardedeuil (aujourd'hui Eygurande-et-Gardedeuil) suivant alors le tracé du ruisseau de Celles. De même, au sud-ouest, elle comptait les parcelles de Bos Foura et Bois Redon, délimitées par les ruisseaux de la Petite Duche et son affluent le Riou du Pont.

Durant la Révolution, la population de la commune est estimée entre 700 et 791 habitants. Le premier recensement effectué en 1841 indique 808 habitants dans la commune. Les données démographiques indiquent que la population augmente de 7,3 % au cours du 19e siècle et décroît de 43 % au 20e siècle, pour n'atteindre plus que 515 habitants au recensement de 2015.

Le village de Saint-Barthélemy-de-Bellegarde se tient à l'ouest de la Dordogne, sur la rive droite de l'Isle ; le bourg occupe approximativement le centre du territoire communal, d'une superficie de 33,12 km². La commune est implantée à environ 8,5 km au nord du chef lieu de canton, Montpon-Ménestérol. Sise sur le plateau de la Double, au sol composé de sables et de graves, elle est majoritairement couverte de forêts et constellée d'une centaine d'étangs, dont les plus importants sont ceux de la Mouthe, du Jards et des Quatre Fontaines. La toponymie rend compte de la nature du sol aux terrains humides appelés localement "nauves" : "la Nauve de l'Ormeau", au sud-ouest. Ces derniers occupent les fonds de vallées et talwegs d'un territoire modelé par des collines aux formes douces délimitées par des cours d'eau, parmi lesquels le ruisseau de la Duche, qui serpente à l'ouest. Une ancienne carrière est mentionnée au sud du lieu-dit Lagorce. Le bourg occupe le point culminant (altitude maximale de 126 m), tandis que les altitudes les plus faibles se tiennent au sud-ouest de la commune, le long de la vallée de la Duche, en particulier à l'endroit où le ruisseau marque la limite avec Montpon-Ménestérol (42 m). La route départementale 708, reliant Montpon-Ménestérol à Ribérac, traverse la moitié orientale du village, via le bourg. Un réseau secondaire de départementales se déploie en étoile autour du bourg, reliant les hameaux dispersés. L'habitat est, en effet, majoritairement groupé dans le bourg et dans des hameaux qui forment des percées dans la forêt de la Double ; les fermes isolées sont plus rares.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives diverses.

    Archives départementales de la Dordogne : 12 O 459
  • Archives diverses.

    Archives départementales de la Dordogne : Fonds Pommarède
Documents figurés
  • Carte de Cassini, feuille n° 70, levée et publiée à partir de 1756, ech. 1/86 400.

  • Carte de Cassini, feuille n° 71, levée et publiée entre 1762 et 1766, éch. 1/86 400.

  • Carte de Belleyme, planche n°14, 1762-1783.

  • Carte de Belleyme, planche n°21, 1762-1783.

  • A.D. Dordogne. Plan cadastral napoléonien de Saint-Barthélémy-de-Bellegarde. Dessin et encre sur papier, 1843.

  • BRGM. Carte géologique de la France à 1/50 000 : Montpon-Ménestérol. Feuille 781. Orléans, IGN, 1984.

  • IGN. Carte topographique de la France à 1/50 000 : Montpon-Ménestérol. Série orange, feuille 1735. 2e éd., Paris, IGN, cop. 1981.

Bibliographie
  • BROUSSAUD-LE STRAT Florence. La Double : un pays en Périgord. Périgueux : Fanlac, 2006.

    p. 93.
  • CARLES Alcide. Dictionnaire des paroisses du Périgord. Bayac : Editions du Roc de Bourzac, 1884, réédition 1986.

    p. 262.
  • CHOLET PAUL. Cartulaire de l'abbaye de Saint-Etienne de Baigne (en Saintonge). Niort : Éd. L. Clouzot, 1868.

    p. 41.
  • DE LAGE DANIEL. "La seigneurie de Montpon en Périgord (1344-1789)", Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, t. XLIII, 1916.

    p. 271-280.
  • GOURGUES Alexis de. La Dordogne. Dictionnaire topographique du département. Paris : Res Universis, 1992, fac-similé de l'édition de 1873 (Monographies des villes & villages de France).

    p. 286.
  • MARACHE Corinne. Les métamorphoses du rural : l'exemple de la Double en Périgord (1830-1939). Paris : éditions du CTHS, 2006.

  • PENAUD Guy. Dictionnaire des châteaux du Périgord. Bordeaux : Sud Ouest, 1996.

    p. 98.
  • SECRET Jean. Les églises du Ribéracois. Périgueux : éditions Fontas, 1958.

    p. 54.
Périodiques
  • DUSOLIER Emile. "Les anciennes verreries de la Double", Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, t.LXVII, 1940.

    p. 206-209, 286-289, 291-292, 294-298.
  • SAINT-SAUD Comte de. "Églises du Périgord dépendant d'abbayes étrangères", Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, XLVIII, 1921.

    p. 186.
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