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Présentation de la commune de Montpon-Ménestérol

Dossier IA24001188 réalisé en 2009

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Aires d'études Montpon-Ménestérol
Adresse Commune : Montpon-Ménestérol
Cadastre : 1844 ; 1949 ; 1957

Les premières traces occupation humaine sont attestées dès la période préhistorique sur la rive gauche de l’Isle. Le site de Puy-de-Châlus a été occupé à l'époque gallo-romaine, ainsi que le signalent les écrits du 18e siècle (témoignage des années 1759-60) et que l'attestent les fouilles du sommet du tertre en 1891, ayant mis au jour quatre monnaies (médailles de Probus, 276-282, selon Taillefer) et des tessons romains, ainsi qu'une muraille, une enceinte plus ancienne ayant vraisemblablement précédé la construction du château médiéval.

Au 9e siècle, selon la tradition historique, les Normands remontèrent le cours de l’Isle et détruisirent Montpon. L'endroit devint par la suite le chef-lieu d'une châtellenie composée de 18 paroisses, situées de part et d'autre des deux rives de l'Isle. Cette dernière fut apportée en dot au comte de Périgord Hélie V (vers 1166-1208). Le bourg castral d'origine était vraisemblablement pourvu d'une enceinte, mais aucun vestige médiéval ne subsiste aujourd'hui. L'ancienne église paroissiale de Ménestérol fut donnée au chapitre de Saint-Astier en 1073, puis, entre 1083 et 1098, à l'abbaye bénédictine de Baignes ; elle redevint en 1122 la possession de la collégiale de Saint-Astier (elle est alors mentionnée "S. Petrus de Menestayrol"). L'histoire de Montpon-Ménestérol est également liée à celle de l'abbaye de chartreux située à Vauclaire, dont l'existence est attestée au 14e siècle. Aux 13e et 14e siècle, une forteresse située sur le Puy-de-Châlus marquait le siège de la châtellenie, et matérialisait la limite avec celle de Gurson au sud, qui la lui disputait. Au cours de la guerre de Cent Ans, le lieu se trouva au cœur du conflit, situé sur la vallée de l'Isle entre Bordelais et Périgord. De plus, la châtellenie et Périgon, appartenant au comté de Périgord, prit plus souvent parti pour la couronne de France, tandis que celle de Gurson, dépendant de la vicomté de Castillon, se battait pour le camp adverse. Si les zones forestières furent relativement épargnées, l’abbaye de Vauclaire, située sur la rive droite de l’Isle, fut incendiée et les Chartreux furent contraints de se réfugier à Bordeaux, pour ne s'y établir de nouveau qu’en 1461.

Ce lieu de passage fut le théâtre d’importants combats au moment des guerres de Religion. Le château de Puy-de-Châlus fut détruit et en 1566, les protestants mirent Vauclaire à sac après avoir incendié la paroisse du Pizou. A partir de 1589, Henri IV, comte de Périgord étant monté sur le trône de France, la seigneurie de Montpon au sein de la châtellenie, faisait partie du domaine royal.

Sous l'Ancien Régime, on comptait à Montpon une halle ainsi qu'un pont reliant la rive droite. Utiles au développement des activités commerciales, ils furent l'objet de restaurations dirigées par l'Intendant de Guyenne. De la même manière, des travaux furent engagés sur l'Isle afin d'en faciliter la navigabilité. La ville disposait un port, au lieu-dit "Port-Vieux". Les Chartreux de l'abbaye de Vauclaire furent chassés par la Révolution en 1793 : devenue bien national, l'abbaye de Vauclaire fut vendue ; les religieux ne s'y établirent de nouveau qu'en 1858.

La commune de Montpon-Ménestérol résulte de la fusion de trois anciennes paroisses, Montignac, Ménestérol et Montpon. Montignac et la section de Ménestérol, distraites de Montpon, forment la commune de Ménestérol-Montignac par ordonnance du 20 août 1824 ; Montpon change de nom et devient Montpon-sur-l'Isle par décret du 10 juillet 1925 ; enfin, Montpon-sur-l'Isle et Ménestérol-Montignac fusionnent sous le nom de Montpon-Ménestérol par arrêté préfectoral du 20 mai 1964. Montpon-Ménestérol est un des carrefours économiques de la vallée de l'Isle au 19e siècle. Jusqu'en 1830, seul le chef-lieu de canton organise des foires ; on en dénombre six annuelles à Montpon. Au cours du siècle, les foires et marchés se multiplient dans les campagnes, augmentant les échanges commerciaux entre les plateaux forestiers et la vallée de l'Isle. La population a atteint son niveau le plus élevé dans les années 1970 (5939 habitants en 1975) ; depuis lors, les données démographiques mettent en évidence la diminution du nombre d'habitants (5466 habitants en 2015).

Montpon-Ménestérol s’étend sur un territoire de 46,34 km². Le territoire communal est traversé par l’Isle et délimité par plusieurs de ses affluents et sous-affluents : le Babiol au nord-est, la Duche et la Petite Duche à l’ouest. Ce chef-lieu de canton fait le lien, grâce à la rivière, entre les deux plateaux de la Double au nord et du Landais au sud, sur lesquels sont réparties les communes du canton. Ces territoires présentent des caractéristiques très proches, et constituent ce que Sylviane Ranoux nomme le "système Double-Landais". La majeure partie de la commune se tient dans la plaine alluviale de l’Isle (altitudes comprises entre 25m à la Jarte et 49m au lieu-dit les Granges). Sur les terrasses de la partie septentrionale, l’altitude atteint 89m près des Biarnais et 131m au sud, sur le Puy-de-Châlus. Si les premières terrasses du Landais sont peu marquées et leurs terrains doucement inclinés, la terrasse qui borde le lit majeur de l’Isle au nord présente un profil plus accusé et les terrains y sont bien plus accidentés. Aussi, sont-ce ceux qui accueillent les terrains forestiers au sol composé de sables et de graves et la lande couverte de genêts ("Bois des Maçons", "Bos Redon"), tandis que le lit majeur aux terres fertiles est réservé à la polyculture et l’élevage dont la toponymie rend compte des différentes activités : "Les Champs de Marcillac", "Grands Champs", "les Petits Prés", "le Vignoble". Le territoire est constellé d’étangs, dont les plus importants se tiennent au sud sous la forme d’un chapelet au lieu-dit Jarrauty.

La gare SNCF est implantée au sud du bourg. Deux départementales se croisent dans le bourg de Montpon-Ménestérol, d'après les axes nord-sud (D 708 qui rejoint Ribérac et Sainte-Foy-la-Grande) et est-ouest (D 6089 reliant Libourne à Périgueux). L’autoroute Transeuropéenne A89 traverse le sud de la commune. Le tracé du GR 646 passe également par le village.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A.D. Dordogne. Plan cadastral napoléonien de Montpon-sur-l'Isle. Dessin et encre sur papier, 1843.

Documents figurés
  • Carte de Cassini, feuille n° 71, levée et publiée entre 1762 et 1766, éch. 1/86 400.

  • Carte de Belleyme, planche n°21, 1762-1783.

  • A.D. Dordogne. Plan cadastral napoléonien de Ménestérol-Montignac. Dessin et encre sur papier, 1844.

  • BRGM. Carte géologique de la France à 1/50 000 : Montpon-Ménestérol. Feuille 781. Orléans, IGN, 1984.

  • IGN. Carte topographique de la France à 1/50 000 : Montpon-Ménestérol. Série orange, feuille 1735. 2e éd., Paris, IGN, cop. 1981.

  • DELLUC Brigitte et Gilles. Léo Drouyn en Dordogne, 1845-1851. Périgueux : éditions de la S.H.A.P., 2001, p. 110.

    p. 100-101. Iconothèque S.H.A.P. : 70-1
Bibliographie
  • ARAGUAS Philippe, FAYOLLE-LUSSAC Bruno, GAUTHIER Marc, MARQUETTE Jean-Bernard. Recherches sur l'habitat fortifié d'époque médiévale en Périgord. Bordeaux : Université de Bordeaux III, CROS, 1981.

  • Le Périgord illustré : un guide monumental. Périgueux : impr. Dupont, 1851.

  • AUDRERIE Dominique, DU CHAZAUD Emmanuel, BÉLINGARD Jean-Marie et al. Le Périgord des chartreuses. Périgueux : Pilote 24, 2000.

    p. 309-310.
  • BERMOND-PICOT Evelyne, LECONTE Gérard. Les abbayes et prieurés du Périgord. GLI éditions, 2017 (Le patrimoine revit).

  • BROUSSAUD-LE STRAT Florence. La Double : un pays en Périgord. Périgueux : Fanlac, 2006.

    p. 38-39, 43-44.
  • CARLES Alcide. Dictionnaire des paroisses du Périgord. Bayac : Editions du Roc de Bourzac, 1884, réédition 1986.

    p. 259-262.
  • CHASSAING Marc, PARFONRY Patrick (Illustrateur). Montpon-Ménestérol en Périgord. Limoges : Editions René Dessagne, 1976.

    Service du patrimoine et de l'Inventaire, région Aquitaine : 24 6 MON
  • FLORENTY Guy. Paroisses et communes de France. Dordogne. Paris : CNRS éditions, 1996.

    p. 524.
  • GABORIT Michelle. Des Hystoires et des couleurs, peintures murales médiévales en Aquitaine. Bordeaux : éditions Confluences, 2002.

    p. 127-129.
  • GOURGUES Alexis de. La Dordogne. Dictionnaire topographique du département. Paris : Res Universis, 1992, fac-similé de l'édition de 1873 (Monographies des villes & villages de France).

    p. 203, 207-208.
  • LONCAN Bernard. La sculpture romane dans la région de Ribérac (Dordogne). Mémoire de maîtrise en histoire de l'art et archéologie, sous la direction de Jacques Gardelles. Bordeaux : 1973.

    p. 49-52.
  • MARACHE Corinne. Les métamorphoses du rural : l'exemple de la Double en Périgord (1830-1939). Paris : éditions du CTHS, 2006.

  • PENAUD Guy. Dictionnaire des châteaux du Périgord. Bordeaux : Sud Ouest, 1996.

    p. 175, 189, 201.
  • RANOUX Sylviane. Approche pour une étude de typologie forestière à l'échelle du département et de la commune (exemple d’Échourgnac dans la Double du Périgord). Mémoire de DEA en géographie de l'aménagement, Université Bordeaux 3, 1985.

    p. 58.
  • SECRET Jean. Les églises du Ribéracois. Périgueux : éditions Fontas, 1958.

    p. 45-53.
Périodiques
  • BOUET Robert. "Les religieux du Périgord au temps de la Révolution française", Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, t. 130, 2003.

  • DUSOLIER Emile. "Les anciennes verreries de la Double", Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, t.LXVII, 1940.

    p. 286-287, 295-296.
  • FAYOLLE Marquis de. "Observations sur les mottes féodales du Périgord", Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, 1911.

    p.115.
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