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Présentation de la commune de Cantenac

Dossier IA33002954 réalisé en 2010

Fiche

Œuvres contenues

Aires d'études Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Adresse Commune : Cantenac

Dès le Moyen Âge, l´histoire de Cantenac est liée à celle de la seigneurie d´Issan, rendant foi et hommage à la châtellenie de Blanquefort. Sous l´administration anglaise, en 1283, le roi Édouard Ier autorise un certain Gombaud Mercato à élever un mur d´enceinte autour de son manoir, et le nommer La Motte de Cantenac. Il existait également la maison noble d´Angludet, relevant au début du 14e siècle de la seigneurie d´Audenge. Au 17e siècle, les seigneurs d´Issan disposent de la haute justice sur le territoire de Cantenac et de Labarde. En outre, sous l´Ancien Régime, l´organisation territoriale est également liée à une implantation religieuse : la paroisse rattachée à l´archiprêtré de Moulis est dotée d´un prieuré de moines de Saint-Augustin, appartenant à l´abbaye médocaine de Vertheuil. Les revenus de la cure de Cantenac, issus notamment de la culture de la vigne, sont si faibles jusqu´au 17e siècle que l´abbaye préfère abandonner aux prieurs leur bénéfice. Grâce à l´essor économique du vin, au 18e siècle, les revenus de la cure sont tels qu´ils permettent la construction d´une nouvelle église en 1771.

La culture du vin se développe et atteint son apogée au 19e siècle avec le classement de 1855 qui consacre plusieurs domaines vinicoles cantenacais.

Avec les communes de Margaux, Labarde, Soussans et Arsac, Cantenac forme l´appellation (A.O.C.) Margaux, en août 1954.

La renommée et le succès commercial des vins des nombreux châteaux de la commune se traduisent par une augmentation constante de sa population : de 900 habitants en 1850, elle atteint les 1257 habitants en 2007.

Avec le port d´Issan sur la Gironde, établi dans la 2e moitié du 19e siècle, la commune dispose d´un débouché pour expédier ses productions. L´examen de différentes cartes du 18e siècle montre l'existence de l'île d'Issan : sur le plan cadastral de 1826, elle apparaît rattachée à la terre ferme, un étroit cours d'eau en déterminant encore le forme initiale.

Les cartes anciennes attestent la présence de 3 moulins à vent dont ne subsistent aujourd’hui que quelques vestiges (moulin du village d´Issan et du moulin du château d´Issan).

La commune est bornée au nord-ouest par Margaux ; au sud par les communes d'Arsac, de Labarde et le ruisseau de la Laurina ; à l´est par la Gironde, le ruisseau de la Maqueline délimitant l'ancien île aux vaches et des zones de terres basses inondables (palus) ; à l´ouest, la commune d´Avensan est limitrophe.

Elle possède un port sur la Gironde, dit port d´Issan, aménagé sur les rives de l'île d'Issan rattachée à la terre ferme par des envasements successifs.

D´une superficie de 14.26 km², la commune se compose du bourg et de sept écarts : Benqueyre, les Eycarts, Mathéou, Jean Faure, Issan, Ninotte et Lagunegrand.

Elle est établie dans une plaine avec un sol de graves propice à la culture de la vigne dont la surface cultivée représente 520 ha. On trouve quelques terrains sablonneux, un marais important commun avec Labarde, puis le long de l´estuaire, les terres de palus servant de prairie.

Traversée par la route reliant Bordeaux à Pauillac, le bourg s´est construit autour de cet axe et de l´église.

Le chemin de fer du Médoc traverse Cantenac d´est en ouest, à proximité du bourg ; néanmoins, il n´y a pas de gare, seulement une maison de garde-barrière.

164 dossiers ont été réalisés dont 49 sélectionnés.

Annexes

  • Extraits documentaires

    KORSAK, Mariola, CASSAGNE, Jean-Marie (co-auteur). Origine des noms de villes et villages de la Gironde. Saint-Jean-d'Angély : J.-M. Bordessoules imprimeur, 2001.

    Cantenac constitue l´héritière de l´ancien cantenacum ou villa canteni. Le village s´est donc développé à partir du domaine de Cantenus, un riche propriétaire terrien de l´époque gallo-romaine.

  • Statistiques de population

    1784 (Abbé Baurein) : 200 familles.

    1845 (William Franck) : 824 habitants.

    1850 (Cocks) : 900 habitants.

    1868 (Cocks) : 900 habitants.

    1886 (Cocks) : 1183 habitants.

    1908 (Cocks) : 1207 habitants.

    1929 (Cocks) : 950 habitants.

    1949 (Cocks) : 802 habitants.

    1982 (INSEE) : 1300 habitants.

    1999 (INSEE) : 1177 habitants.

    2007 (INSEE) : 1259 habitants.

  • Extraits bibliographiques

    BAUREIN, Abbé, MERAN, Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 2, 2e éd. p. 366-367 :

    "Les principaux villages de Cantenac sont : Lebourg, Jeanfort, Benqueyres, Ninote, les Eycarts, Lagunegrand, Matheus, la Pallu, Issan, Bartazac.

    Cette paroisse est bornée vers le levant par celle de Labarde et par la rivière de Gironde, vers midi par la Paroisse d´Arssac, vers couchant par celle d´Avensan, et vers nord par celle de Margaux. Elle est distante de deux lieux de Castelnau, et autant pour le moins de Blanquefort, et de quatre à cinq lieues de Bordeaux. On y fait parvenir les lettres, soit par la petite Poste, dont il y a un Bureau dans la Paroisse ; soit par la grande Poste, en les adressant à Castelnau en Médoc. L´étendue de cette Paroisse est de cinq quarts de lieue du levant au couchant ; le Village le plus éloigné est à la distance de trois quarts de lieue de l´Église.

    Cantenac est dans une plaine et dans un pays de graves, propre pour la culture de la vigne. Il y a à la vérité, quelque peu de terrein (sic) sablonneux ; mais il y existe aussi dans la partie vers levant, bordée par la rivière, un terrein (sic) de palu, propre pour les prairies. Il y a d´ailleurs un marais considérable, placé entre Cantenac et Labarde, qui est commun entre ces deux Paroisses, et qu´on se propose de dessécher".

    COCKS, Charles. Bordeaux, ses environs et ses vins, classés par ordre de mérite, reproduction intégrale de l'édition de 1850. Bordeaux : Ed. Féret et Fils, 1984 :

    "Cette commune, si renommée par l´excellence de ses vins, est bornée : au nord, par Margaux ; au sud, par Arsac ; à l´est, par la Gironde et la commune de Labarde ; et à l´ouest, par Avensan ; elle renferme le bourg, six villages et plusieurs grands domaines.

    Son sol est une très-bonne grave, fort caillouteuse, blanche, noire et sablonneuse. Dans son territoire on trouve un second crû, Gorse ou Brane, et plusieurs troisièmes et quatrièmes crûs, tels que Kirwan, Château-d´Issan, Boyd ou Brown, Poujets et de Bourran ou Lynch, aujourd´hui morcelé. Ses vins possèdent une sève excellente et rivalisent, par leurs bonnes qualités, avec ceux des meilleures communes du Médoc, surtout par leur bouquet et leur moelleux qui les distinguent particulièrement ; ils ont aussi du corps et une belle couleur. La commune, située à 24 kilomètres de Bordeaux, contient 900 habitants et produit 1000 à 1200 tonneaux de vins".

    HUGON P., Castelnau-de-Médoc et ses environs, statistiques du canton. Paris, res universis, 1857, réédition, 1992 :

    "Cantenac est en plaine : la partie de son territoire en grave est cultivée en vigne, dont le produit est de très bonne qualité ; il y a aussi des prairies et des marais".

    GUILLON, Edouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde, avec la description des communes, la nature de leurs vins, la désignation des principaux crux. Tome 3, Bordeaux, 1868 :

    "Cantenac, situé sur la rive gauche de la Gironde, est une des plus riches communes du canton de Castelnau ; sa superficie est de 1,417 hectares et elle s´étend sur la plaine alluvionnelle, dans un marais et sur de belles croupes graveleuses : elle est traversée par le ruisseau d´Angludet et par la route de Bordeaux à Pauillac.

    Le sol, fertile, produit des foins, des pâtures, quelques taillis ; mais toutes les graves complantées en vignes rouges qui fournissent les premiers vins du Médoc, car le vignoble du Château Margaux s´étend dans cette commune, et il y a un deuxième et plusieurs troisièmes crûs. Ces vins, qui d´après l´abbé Baurein commençaient leur réputation vers 1769 et furent classés en 1775, ont un goût exquis, de la couleur, du corps, du bouquet, de la sève et cette finesse qui ne se trouve que dans les grands vins. - Franck dit qu´il s´y récolte 1000 à 1200 tonneaux vin de graves, auxquels il faut ajouter 250 à 300 tonneaux vins de palus.

    Le bourg de Cantenac est peu considérable : l´église est de 1770, elle contient deux statues qui sont des monuments artistiques classés. Les villages sont : les Eycarts, Lagune-Grand, Mathiou, le Port-d´Issant, Ninette, Marian, Jean-Faure et Pouget de Chavailles. C´est une des communes du Médoc où les châteaux sont les plus nombreux. Il y a le Château d´Issan, le Château d´Angludet, le Château de Brane, le Château Palmer, le Château Kirwan, le Château Brown : puis viennent Port-au-Vin, le Château de Massac et le Château Vincent qui ont moins d´importance".

    [...]

    "Port Au Vin, que l´on trouve appelé dans un ancien titre Port-Aubin, était une maison noble, située dans la palus, et qui appartenait, au XVIIIe siècle, à messire Daniel Goudal, bourgeois de Bordeaux. Il ne reste plus rien de l´ancienne habitation, mais à côté s´élève une maison moderne qui a appartenu à M. Lawton et dont M. de Marolles est propriétaire. Elle porte aussi le nom de Port-au-Vin, et autour, se développe le vignoble le plus considérable de la commune ; il s´y récolte de 120 à 150 tonneaux, vins de palus".

    [...]

    "Le Château de Massac. Ce petit édifice, dont il ne reste plus de traces, était situé au village de Jean-Faure, et appartenait, en 1789, à messire de Massac, bourgeois de Bordeaux, qui avait dans la partie occidentale de la commune un grand vignoble, au milieu duquel il fit construire une tour carrée, d´où il surveillait ses ouvriers et les maraudeurs. -Le château a disparu, mais la tour existe encore et s´appelle Tour de Massac : elle a fait partie du crû Boyd, ainsi que son vignoble, qui était alors un troisième crû ; puis, il a été acheté, en 1852, par M. Darquier, ancien maire de Cantenac, et ne constitue plus qu´un quatrième, appelé la Tour Massac".

Références documentaires

Documents figurés
  • Atlas de Trudaine. peinture, aquarelle, encre noire, encre de couleur, lavis, papier, par Trudaine Daniel-Charles (intendant des finances - directeur des Ponts et Chaussées), 1745-1780 [Archives nationales, F/14/*8458 ].

  • Carte de l’embouchure de la Garonne jusqu’au bec d’Embesse. Dessin, encre et aquarelle, par Desmarais, 1759.

    Archives nationales, Paris : F 14 10059/1/
  • Plan visuel du tènement de la Banqueyresse palu et paroisse de Cantenac en Médoc, fief de la Chapelle de Banqueyre, plume, papier, [s.n.], 1787.

    Archives départementales de la Gironde : 2 Fi 637 - 643
  • Paroisse d'Avensan, de Cantenac et d'Arsac. Dessin, encre et lavis [s.n., s.d.], 18e siècle [Archives départementales de la Gironde, 2 Fi 929].

  • Profil des ouvrages à exécuter sur la longeur et la largeur de la levée de Cantenac, route de Bordeaux en Médoc. encre papier, par Menard J. (ingénieur des Ponts et Chaussées), 10 octobre de l'an IV [Archives départementales de la Gironde, 2 Fi 1045].

  • Plan cadastral. Encre couleurs, papier, par s.n. (géomètre), 1826 [Archives départementales de la Gironde, 3 P 091].

Bibliographie
  • AMBOISE, Valéry (d'). Dictionnaire d'Amboise. Tourette-Levens : Ed. d'Amboise, 1997.

  • BAUREIN, Abbé, MERAN, Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 1, 2e éd.

  • Dans : " Les grands vins de la Gironde illustrés" / Henri Guillier, Libourne-Bordeaux : [s.n.], [s.d.].

    Archives départementales de la Gironde : BIB I/D 133
  • Le patrimoine des communes de la Gironde. Tome 1 Paris : Flohic éditions, 2001.

  • HUGON, P. Castelnau-de-Médoc et ses environs, statistiques du canton. Paris, réed. Res Universis, 1992.

  • KORSAK, Mariola, CASSAGNE, Jean-Marie (co-auteur). Origine des noms de villes et villages de la Gironde. Saint-Jean-d'Angély : J.-M. Bordessoules imprimeur, 2001.

  • LAROZA, Olivier. Guide touristique, historique et archéologique de Bordeaux et de la Gironde. Pessac : Féret et fils, 1988.

  • PROVOST, Michel. Carte archéologique de la Gaule. 1994.

Périodiques
  • DEGAS, LURTON, Henri, SEYNAT, Jean-Pierre. Cantenac. Les Cahiers Médulliens, 1997, décembre, n°28.

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