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Présentation de la commune d'Eygurande-et-Gardedeuil

Dossier IA24001186 réalisé en 2009

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Aires d'études Montpon-Ménestérol
Adresse Commune : Eygurande-et-Gardedeuil
Cadastre : 1844 ; 1959

Le toponyme "Eygurande", que l'on pourrait rapprocher des noms d'origine gauloise "equoranda" ou "equaranda" (limite, frontière) apporte peut-être le témoignage d'une occupation du lieu à la période gallo-romaine.

Les premières mentions écrites des paroisses d’Eygurande et de Gardedeuil datent du 11e siècle et proviennent du Cartulaire de l’abbaye de Baigne ("Eccl. Sancti Stephani de Ayguiranda" ; "Sanctus Leonardus de Gardadel ", 1099). L’église d’Eygurande avait en effet été donnée au monastère charentais par l’évêque de Périgueux Renaud de Thiviers (1081-1099), lorsqu’il vint consacrer celle de Gardedeuil, à la fin du 11e siècle. L’orthographe « Eyguranda » apparaît dans les sources à partir de 1365. Quant à l'église de Gardedeuil, la légende locale rapporte qu'elle aurait été élevée sur un tertre isolé pour commémorer l’une des stations effectuées lors du rapatriement de la dépouille de saint Louis depuis Tunis. En 1304, l'archevêque Bertrand de Goth y "envoye ses visiteurs" tandis qu'il se rend au prieuré de Parcoul (près de Sainte-Aulaye). Au 16e siècle, elle est attestée comme "prieuré de Gardadels".

Un texte de 1477 évoque une borne marquant la frontière entre les seigneuries de Fronsac, Montpon et Saint-Aulaye, au lieu dit "Champmartin", indiquant le point de convergence des provinces d’Angoumois, de Périgord et de Guyenne. Ce lieu-dit Champ Martin existe toujours, situé dans l'ancienne paroisse d'Eygurande, à la rencontre des communes d’Eygurande-et-Gardedeuil, Saint-Antoine-sur-l’Isle et La Roche-Chalais. Une pierre y a été découverte par le GRAHC en 2009, lors d’un sondage, dont les caractéristiques ne correspondent pas à la description faite dans le texte de la fin du 15e siècle qui la mentionne, mais pourrait correspondre à une borne installée ultérieurement.

La carte de Belleyme montre que les deux anciennes paroisses étaient plus vastes que le territoire communal actuel : le ruisseau de la Petite Duche en constituait la limite orientale. En 1792, l'ancienne paroisse de Gardedeuil est rattachée à la commune limitrophe de Saint-Barthélémy-de-Bellegarde, puis à celle d'Eygurande par ordonnance royale du 21 septembre 1827. Le chef-lieu est alors installé à Eygurande, l'ancienne église de Gardedeuil devient une chapelle et plusieurs parcelles sont soustraites à Saint-Barthélémy-de-Bellegarde. Depuis lors, le territoire de la commune d'Eygurande-et-Gardedeuil présente une emprise plus importante, incluant tous les hameaux situés sur la rive gauche du ruisseau de la Petite Duche, depuis le Pallem jusqu’au Grand Fonmassonnade et Chantelouette. La seule subsistance de l'ancienne délimitation est représentée par l’enclave de Saint-Barthélémy-de-Bellegarde, comprenant les étangs de la Devise, à l'est du village.

Commune forestière aux terres sablonneuses, Eygurande-et-Gardedeuil a vu naître de nombreuses verreries au 16e siècle, dont certaines étaient encore en activité au début du 18e siècle. L’une d’entre elles est mentionnée pour la première fois en 1541 au lieu-dit Champ Martin. Il s’agit probablement de l'un des premiers ateliers de production du verre en activité dans la région de la Double. Les sources l'évoquent à nouveau en 1556, 1572 et 1607 : on y apprend qu'il appartient à la lignée des sieurs de la famille Juilhot. Une autre verrerie est documentée dans la paroisse de Gardedeuil, dès 1556.

A partir du 18e siècle, la situation sanitaire préoccupante du plateau de la Double, où les fièvres déciment la population, amène les autorités à prendre des mesures en faveur de l'assainissement des terres humides, l'amélioration de la gestion de la forêt et des techniques agricoles, ainsi que du désenclavement du plateau. En 1863, une carte est publiée dans le « Rapport sur la Double », des Annales de la Société d’Agriculture, qui répertorie les terrains à forte densité de zones humides et les étangs. Le territoire d’Eygurande-et-Gardedeuil y figure avec 3 hectares d’étangs par km² pour une population de 33 habitants au km2. Parmi les entreprises de reboisement menées à l’époque afin d’éviter la stagnation des eaux, des plantations de chênes sont mentionnées au sud-est de Gardedeuil, afin de reconstituer les vastes futaies de la propriété de la famille Collot au lieu-dit La Mole. Outre l'entretien des anciennes futaies, la plantation de pins maritimes ou d'assortiments d'essences est entreprise : la toponymie en conserve par exemple le souvenir au lieu-dit "La Grande Pinière", à l'ouest du bourg.

Durant la Révolution, la population de la commune est estimée entre 335 et 461 habitants. Le premier recensement effectué en 1841 indique 621 habitants dans la commune. Les données démographiques indiquent que la population augmente de plus de 240 % au cours du 19e siècle et décroît de 275 % au 20e siècle, pour n'atteindre plus que 296 personnes au recensement de 1999.

Le village d’Eygurande-et-Gardedeuil s’étend sur une superficie de 35,62 km², à l’extrémité occidentale du département de la Dordogne. Huit kilomètres séparent le bourg du chef-lieu de canton, Montpon-Ménestérol. Implantée au sud-ouest du plateau de la Double, la commune est en grande partie recouverte par la forêt, composée de feuillus (chênes et châtaigniers principalement) et de conifères (pins sylvestres et maritimes). Cette dernière s’est formée sur un sol composé de sables et de graves, dépôts tertiaires qui recouvrent entièrement le sous-sol calcaire. Le relief présente un modelé varié aux formes douces, fait de collines et de petites vallées ou combes. Les points les plus élevés se rencontrent au nord-ouest : 115 m au lieu-dit le Bois du Juge, tandis que les altitudes les plus faibles sont localisées au sud, à l’endroit où le ruisseau de la Duche quitte la commune pour marquer la limite entre les communes de Montpon-Ménestérol et du Pizou.

C’est également à cet endroit que le cours d’eau est rejoint par celui de la Petite Duche, serpentant à l’est. Son tracé est ponctué de nombreux étangs, établis en chapelet au gré de la déclivité du terrain, parmi lesquels les plus importants se trouvent aux lieux-dits Chabasse et Géniveau. Ces cours d’eau intermittents déterminent ainsi de petits vallons humides et souvent marécageux, appelés localement "nauves", dont la toponymie conserve le souvenir ("la Nauve Barrade", "la Nauve de Chavade", "les Nauvettes", "les Nauves"). La partie occidentale de la commune est, quant à elle, traversée par le ruisseau de la Guirandolle, qui prend sa source dans le Grand Étang du Séguineaud pour se jeter quelques kilomètres plus loin dans la Duche. Le tracé de la Petite Duche et de la Guirandolle dessinent, à plusieurs reprises, les limites de la commune au sud et à l’est.

La route départementale 730 traverse le village du nord-ouest au sud-est, reliant La Roche-Chalais (chef-lieu du canton voisin), à Montpon-Ménestérol ; cette dernière est complétée par nombre de voies secondaires, plus ou moins perpendiculaires, qui desservent les hameaux de la commune.

De nombreux hameaux -parmi lesquels on peut citer Gardedeuil, le Palem ou encore le Grand Fouillèze- ainsi que des fermes isolées caractérisent l'habitat d'Eygurande-et-Gardeuil, dispersé de manière relativement uniforme sur l'ensemble du territoire communal. Les sommets de collines, défrichés, abritent le peuplement, tandis que les fonds de vallée et leurs flancs sont couverts par la forêt dont on évoquait précédemment l'étendue. Plusieurs parcelles de vigne ou de plantations, de faible envergure, témoignent de la subsistance de quelques activités de polyculture.

Références documentaires

Documents figurés
  • Carte de Cassini, feuille n° 70, levée et publiée à partir de 1756, ech. 1/86 400.

  • Carte de Cassini, feuille n° 71, levée et publiée entre 1762 et 1766, éch. 1/86 400.

  • Carte de Belleyme, planche n°14, 1762-1783.

  • Carte de Belleyme, planche n°21, 1762-1783.

  • A.D. Dordogne. Plan cadastral napoléonien d'Eygurande-et-Gardedeuil. Dessin et encre sur papier, 1844.

  • IGN. Carte topographique de la France à 1/50 000 : Montpon-Ménestérol. Série orange, feuille 1735. 2e éd., Paris, IGN, cop. 1981.

  • BRGM. Carte géologique de la France à 1/50 000 : Montpon-Ménestérol. Feuille 781. Orléans, IGN, 1984.

Bibliographie
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  • MARACHE Corinne. Les métamorphoses du rural : l'exemple de la Double en Périgord (1830-1939). Paris : éditions du CTHS, 2006.

  • POMMAREDE Pierre. Le Périgord oublié. Périgueux : Fanlac, 1977.

    p. 214.
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Périodiques
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  • SAINT-SAUD Comte de. "Églises du Périgord dépendant d'abbayes étrangères", Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, XLVIII, 1921.

    p. 178-182.
  • SRA DRAC Aquitaine, Bilan scientifique régional, 2009.

    p. 62-63.
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