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Presbytère, actuellement école

Dossier IA33003491 inclus dans Village réalisé en 2010

Fiche

  • Vue d'ensemble.
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  • Parties constituantes

    • cellier
    • logement
    • vivier
Destinations école
Parties constituantes non étudiées cellier, logement, vivier
Dénominations presbytère
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Castelnau-de-Médoc
Adresse Commune : Soussans
Adresse : 3 place de l' Eglise
Cadastre : 2009 AB 284

En 1824, le presbytère est en mauvais état et des aménagements doivent y être réalisés pour permettre l'installation du nouveau curé. Le bâtiment apparaît sur le plan cadastral de 1827 : sa façade occidentale donne directement dans le cimetière, un imposant vivier ferme la cour ou le jardin du presbytère au nord et à l'est. En 1834, la situation ne semble pas avoir évolué et "la maison presbytérale [est] en ruine". En 1846, le curé Barenne fait une description précise du mauvais état des bâtiments.

En 1873, le cuvier du presbytère sert d'église provisoire pendant les travaux de construction de la nouvelle église. En 1880, l'architecte Gustave Alaux propose une étude sur la restauration du presbytère et indique que "la plus grande partie de ces bâtiments est dans un état de délabrement très avancé". Des réparations semblent finalement avoir été réalisées en 1885. En 1885-1886, l'entrepreneur Gabriel Renaud et l'architecte Michel Alaux proposent les plans d'un logement pour le garde-champêtre, à construire à l'emplacement de l'ancien cuvier, en partie démoli pour dégager l'espace nécessaire pour la place de l'église. Une "prison" y est également installée. En 1908, la charpente et la couverture du presbytère sont démolies puis reconstruites. Le presbytère a été largement remanié à la fin du 20e siècle pour installer l'école de la commune. Le volume du 18e siècle du bâtiment est toutefois encore lisible : les baies dont les allèges sont traitées avec des motifs d'accolade et l'escalier ont sans doute été remaniés au 19e siècle.

Période(s) Principale : 18e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Auteur(s) Auteur : Renaud Gabriel,
Auteur : Alaux Gustave,
Gustave Alaux (1816 - 1882)

Jean-Paul Louis Gustave Alaux, né à Bordeaux le 29 novembre 1816 à Bordeaux, mort dans la même ville le 23 mars 1882 ; fils du peintre Jean-Paul, dit Gentil-Alaux.


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architecte, attribution par source
Auteur : Alaux Jean-Michel,
Jean-Michel Alaux (1850 - 1935)

Jean-Michel ou Michel, fils de Gustave Alaux.


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architecte, attribution par source

Le bâtiment disposé à proximité de l'église présente un niveau de soubassement et un rez-de-chaussée surélevé auquel on accède par un escalier à volées et perron en pierre de taille. La façade orientale est composée de sept travées. Les ouvertures du niveau en soubassement sont en arc segmentaire. Les fenêtres du rez-de-chaussée surélevé présentent une plate-bande et des allèges avec motif d'accolade. Les deux fenêtres nord sont plus étroites que les autres. La façade est couronnée d'une corniche moulurée et d'une double génoise. Les ouvertures de la façade occidentale ont été remaniées ; le bâtiment se présente avec un simple rez-de-chaussée, le niveau de soubassement n'étant pas visible. On note la présence d'une triple génoise. Les vestiges du vivier, gagnés par la végétation, sont toutefois encore visibles au nord et à l'est du bâtiment.

Murs calcaire
enduit
Toit tuile creuse
Étages en rez-de-chaussée surélevé
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier de distribution extérieur : escalier en fer-à-cheval
États conservations remanié, restauré
Techniques sculpture
Représentations accolade
Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • AD Gironde. 1 Q 610. Rapport d'estimation des biens nationaux situés dans la paroisse de Soussan, canton de Margaux, ayant été possédés par M. Dubosq, curé dudit Soussans, 17 janvier 1791. "Maison et baptiments cy devant possédés par le dit sieur abbé consistant en deux petites chambres basses au rez de chaussée avec un chay et cuvier tout d'un tenant, situé au bourg du dit Soussan, confrontant d'un cotté nord partie au chemin qui conduit au bourg du dit Soussan à la maison presbitéralle et autre partie au sol ou aire commune formant le devant de la ditte maison presbitérale, lequel sol ou aire s'étant sous les fenêtres du dit sieur curé, servant de seule et unique entrée à la ditte maison d'un bout du levant à un vismier dépendant du domaine de la ditte cure cy après confronté d'autre cotté midy aux possessions du sieur Gouteyron et d'autre bout couchant au susdit chemin et entrée desdits baptiments et maisons presbitéralle qui passe ente le cimetière et les dits baptiments".

    Mentions

    -de vignes hautes et de vignes basses.

    -du vivier du presbytère

    -pièces de terre plantées en visme et en chanvre

    AC Soussans, Cahier des délibérations du Conseil municipal, 1828-1873.

    -1831 : le vivier de la cure sera récuré à vieux bords et vieille sole par le sieur Laurent.

    -Adjudication pour refaire la couverture ou toiture de la maison presbytérale, 2 septembre 1838.

    1° Est compris dans le dit ouvrage à faire toute la maison presbytérale servant de logement à Mr le curé aussi (?) non (?) le Cubie, les granges et écurie (...).

    3° La dite couverture sera faite à la brasse (?).

    AD Gironde, 2O 3840 : Lettre du maire sur l'état de la commune (église, presbytère, école, cimetière), 6 novembre 1843.

    " (...) En 1834, j´ai pris l´administration de la commune de Soussans en qualité de maire, j´ai trouvé la commune engagée de six mille francs qu´elle devait avec les intérêts à la veuve Laurent, encore la maison presbytérale en ruine, la flèche du clocher, une partie des murs de l´église, le cimetière sans un morceau de clôture, servant tous les jours et nuits de pacage aux bestiaux de toute espèce. J´ai trouvé les moyens avec mon bon conseil municipal que j´avais et mon grand travail d´administration et la grande économie que j´ai fait, j´ai parvenu dans un laps de huit ans de faire libérer la commune qu´elle ne doit plus rien et faire réparer et clôturer tous les objets ci-dessus mentionnés sans surcharger nos administrés d´impôts (...) ".

    AC Soussans, Registre des délibérations du Conseil municipal, 1838-1861.

    12 février 1844 : délibération du conseil municipal avec mention suivante :

    Voici les dépendances de la maison presbytérale : il se compose de trois chambres à coucher, un salon, deux chambres à loger les domestiques, deux cabinets soit de toilette ou autrement, une cuisine, une souillarde, une grange, une écurie, des magasins à bois, des caves au dessous du presbytère pour y loger cent tonneaux de vin, volière, parc à cochons et un vaste jardin attenant.

    AD Gironde, 2O 3843 : Réparations à faire au presbytère, lettre du curé Barenne, janvier 1846.

    "Réparations urgentes à faire à la cure, l´état de dégradation dans lequel se trouvent certaines parties du presbytère (...) ; faible aperçu des réparations devenues indispensables :

    1° : le perron du jardin est dans un état déplorable, il n´offre que péril à ceux qui le descendraient sans précautions, à cause de larges ouvertures qui existent entre plusieurs marches, les murailles faites de matériaux divers, comme moilons (sic), briques, ribauts (?) se sont toutes menées. Il y a 7 ans que M. le maire, témoin de ces ruines, forma le projet de rebâtir à neuf ce perron (...) [mais] ces fonds furent appliqués à des réparations plus pressantes dans l´intérieur de la cure.

    2° Le long de la muraille du jardin, il existe trois petits parcs dans lesquels je mets mon peu de volailles, mais là encore il n´y a que ruine, il pleut partout avec tant d´abondance que l´eau mine les murailles et que mes poules ne trouvent aucun endroit pour s´abriter (...).

    3° La grange dont l´écurie fait partie, c´est la dépendance de la cure qui souffre le plus depuis longues années. A mon entrée à Soussans en 1824, il y pleuvait en plusieurs endroits et chacune des dix années suivantes sur environ trois charrettes de foin que je serrai (?) pour mon cheval, j´en perdais beaucoup. Aujourd’hui il me serait impossible de placer 50 bottes de foin sans les exposer aux plus grands dégâts (...).

    Je ne dis rien du triste état du portail de cette grange en vue à tout le monde, mais :

    4° Ce qui navre le cœur, c´est la muraille attenante à la grange si voisine de l´église et fermant une partie du cimetière, rongée par le salpêtre, elle ne montre partout que crevasses et larges ouvertures (...).

    [A l´intérieur] Et d´abord se présentent les portes, toutes sont dans le plus mauvais état .

    1° Celle d´entrée a le panneau d´en bas tout pourri et a grand besoin d´être repeinte à cause de son exposition à l´ouest.

    2° La petite porte voisine qui de la cave ouvre sur le cimetière est percée à jour en plusieurs endroits. Un verrou est cassé et l´un de ses gonds étant arraché en rend l´usage très difficile.

    3° La porte du caveau donnant sur le jardin est vermoulue à tel point que j´ai été obligé de me barricader dedans (...).

    4° La porte du perron du jardin et quelque une des chambres ont besoin d´être réparées (...).

    Mais le froid le plus piquant et le vent le plus désagréable règnent surtout dans la cuisine, les deux portes qu´on y voit ajustent fort mal, le carreau sous ces deux portes est tout usé, la bouche de la cheminée est très grande et le tuyau en est fort court et lézardé, tout cela joint à une gouttière de la toiture, donne passage à tous les courants d´air qui viennent des caves par l´escalier de la souillarde et de toute les parties de la cure par les vestibules et qui agitent dans tous les sens la flamme de la chandelle (...).

    J´arrive à une réparation bien utile. C´est celle d´une chambre que je destinais à ma domestique il y a 7 ans, alors même qu´on arrangeait quelque autre chambre de la cure, avec une augmentation d´environ 50 fr. Cette partie se trouvait terminée malheureusement les travaux furent abandonnés et force m´a été et m´est encore de donner à ma domestique l´unique chambre de maître dont je puisse disposer pour un ami visiteur (...).

    Je sais que les dépenses pour l´école sont très élevées mais serait-il juste de bâtir à grands frais d´un côté, pour d´un autre côté laisser tout crouler et détruire (?) et puis que signifierait le magnifique local que vous élevez, si vous laissez le presbytère dans un état de désordre et de ruine sur lequel je gémis (...).

    Oh quels exemples vous donnent les paroisses voisines ! Margaux a bâti il y a 2 ans une cure nouvelle qui a coûté 12 000 francs, toutes les dépendances sont réparées à neuf, Macau, St Julien en ont fait autant. Les communes de Cantenac et d´Arsac ont dépensé chacune plus de 3000 fr pour leur presbytère. A Listrac, à Lamarque, à Cussac, les cures sont en très bon état (...)".

    AC Soussans, Pièces relatives à la reconstruction de l´église 1869-1902 : Étude sur la restauration du presbytère, rapport de l´architecte Alaux, 13 mai 1880.

    "Le presbytère de Soussans se compose d´une série de bâtiments très vastes accolés les uns aux autres sans avoir été conçu sur un plan d´ensemble.

    La plus grande partie de ces bâtiments est dans un état de délabrement très avancé. Quelques uns menacent ruine, notamment la façade nord, qui percée de nombreuses fenêtres disposées sans ordre, est fortement lézardée en plusieurs endroits, et minée par le salpêtre dans la partie basse des murs. Cette façade est entièrement à démolir.

    Le mur transversal qui partage en deux le bâtiment dans sa longueur, ne se prolonge pas jusqu'à cette façade pour la relier. Les murs qui viennent s´y joindre ont également suivi le mouvement et sont lézardés.

    Les planchers soutés (?) qui recouvrent les caves sont en mauvais état ; les poutres pourries dans leurs portées sont étagées contre les murs, et dans certains endroits, on a dû même les étayer au milieu de leur portée, notamment sous le salon, où les étais empêchent la chute du plancher sans remédier au fléchissement considérable qui s´est opéré, et rend le sol [de cette] complètement voilé et gondolé.

    Les murs dans les caves sont percés de portes qui, recouvertes de linteaux de pierres cassées, de plates bandes disloquées ou de linteaux de bois pourris ont provoqué des lézardes dans les murs des salles du rez-de-chaussée, lézardes qui, fermées par des réparations de date peu ancienne faites aux enduits de murs, se sont réouvertes et dénotent que la ruine de l´édifice se poursuit lentement.

    (...)

    La charpente ne paraît pas en très mauvais état, sauf les faux planchers dont les solives en rondins des Vosges sont plus avariées que les chevrons et complètement cussonnées (...).

    Proposition de détruire et de reconstruire dans des proportions moins grandes et plus adaptées aux besoins".

  • AC Soussans, Notes historiques de Robert Gleize, 1970-1993.

    Après avoir procédé à l´examen des locaux de la commune pouvant éventuellement servir d´église provisoire, les autorités religieuses et la municipalité furent unanimes à reconnaître que le local le plus approprié à cette fin était le cuvier du presbytère. Ce local de 160 m2 de surface, éclairé par trois grandes fenêtres grillagées, fut tout ce que l´on trouva de plus propre et de plus convenable pour la célébration des offices.

    Ce fut donc dans ce cuvier que, les 27 et 28 mai 1873, furent installés les objets du culte et tout le mobilier en provenance de l´ancienne église vouée à la démolition.

    Le samedi 31 mai au soir eut lieu la bénédiction de l´église provisoire. Elle servit jusqu'au 28 septembre 1875.

    Après son abandon, l´église provisoire redevint cuvier pendant dix ans. En effet, ce ne fut que le 2 février 1885 que la municipalité de Soussans demanda au conseil de fabrique de la paroisse la mise à sa disposition du cuvier pour y entreprendre les travaux suivants :

    -démolition de la partie du cuvier faisant saillie sur la place de la nouvelle église pour dégager la dite place.

    -aménagement de la partie restante du cuvier pour en faire un logement pour le garde champêtre de la commune, et pour y installer la "prison".

    Par la suite, après le départ du garde champêtre, le local fut utilisé par la Batterie Fanfare de Soussans. Présentement il est occupé par les sapeurs pompiers de la commune, lesquels se sont empressés de faire disparaître la prison "devenue" inutile.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Soussans, Registre des délibérations du Conseil municipal, 1838-1861.

  • AC Soussans, Cahier des délibérations du Conseil municipal, 1828-1873.

  • AC Soussans, Pièces relatives à la reconstruction de l´église 1869-1902 : Etude sur la restauration du presbytère, rapport de l´architecte Alaux, 13 mai 1880.

  • AC Soussans, Pièces relatives à la reconstruction de l´église 1869-1902 : Installation d´un logement pour le garde champêtre dans un bâtiment communal attenant au presbytère, 31 mars 1885.

  • AC Soussans, Pièces relatives à la reconstruction de l´église 1869-1902 : Devis pour projet de construction de la maison d´un garde champêtre, 1er janvier 1886.

  • AC Soussans, Pièces relatives à la reconstruction de l´église 1869-1902 : Inventaire des livres du presbytère , 5 août 1936.

  • AC Soussans, Notes historiques de Robert Gleize, 1970-1993.

  • Rapport d'estimation des biens nationaux situés dans la paroisse de Soussan, canton de Margaux, ayant été possédés par M. Dubosq, curé dudit Soussans, 17 janvier 1791.

    Archives départementales de la Gironde : 1 Q 610
  • AD Gironde, 2O 3843 : Réparations et aménagements faits au presbytère avant l'arrivée d'un prêtre, 1824.

  • AD Gironde, 2O 3840 : Lettre du maire sur l'état de la commune (église, presbytère, école, cimetière) , 6 novembre 1843.

  • AD Gironde, 2O 3843 : Réparations à faire au presbytère, janvier 1846.

  • AD Gironde, 2O 3843 : Visite expertise du presbytère : bâtiment et toutes ses dépendances tombées dans un état de délabrement complet, avril 1846.

  • AD Gironde, 2O 3843 : Devis pour l'établissement de lieux d'aisance dans la cour des garçons, peintures décoratives, boiseries et diverses réparations à l'église et au presbytère, Alaux (architecte), Thureau (entrepreneur de menuiseries) , 21 août 1884.

  • AD Gironde, 2O 3843 : Facture due à Renaud (entrepreneur) et Maleyran (maître charpentier à Soussans) : réparations au presbytère, 1885.

  • AD Gironde, 2O 3843 : Facture due à Renaud entrepreneur : démolition de la charpente du presbytère, reconstruction de la charpente à chevrons ; démoltion de la couverture et reconstruction, 1er oct 1908.

  • AD Gironde, 2O 3843 : Délibération du Conseil municipal : réparation au presbytère, 20 nov. 1919.

  • AD Gironde, 2O 3843 : Délibération du Conseil municipal : réparation à la pompe du presbytère, 19 février 1921.

Documents figurés
  • Projet de construction d'une église. Plan, emplacement de l'église, par Alaux Gustave (architecte), 23 juillet 1866 [AD Gironde, 2O 3843].

  • Plan de la rue et de la place de l'église, par Gautreau, géomètre, 28 avril 1874 [AC Soussans, Plans].

  • Projet logement de garde champêtre. Plan au sol et élévation, par Alaux (architecte), 28 février 1886 [AC Soussans, Pièces relatives à la reconstruction de l´église 1869-1902].

  • Projet de construction de la maison d´un garde champêtre. Plan au sol et élévation, par Renaud (entrepreneur), 1er janvier 1886 [AC Soussans, Pièces relatives à la reconstruction de l´église 1869-1902].

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