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Port sur le chenal du Saugeron

Dossier IA33004542 réalisé en 2013

Fiche

Á rapprocher de

Dénominations port
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive droite)
Hydrographies Saugeron le
Adresse Commune : Blaye
Cadastre : 1832 B2, B3 ; 2017 AW, AM

Le port de Blaye, situé à la limite des côtes rocheuses et des zones marécageuses de l'aval, point de rupture de charges sur la rive droite de l'estuaire, constitue un relais essentiel du commerce maritime entre Bordeaux et l'océan depuis le Moyen Âge. Le débouché du ruisseau de Saugeron à sa confluence avec celui de la Cave forme vraisemblablement un port fluvial dès l'existence d'une place forte à Blaye. Le chenal figure sur la vue de Chastillon de 1606 avec plusieurs modestes embarcations échouées sur sa rive gauche. Le plan de 1630 de l'Atlas militaire de Louis XIII montre toutefois plusieurs ponts, ne permettant l'accostage de bateaux qu'à son extrémité. Une chapelle dédiée à la Sainte-Trinité, dite du Bureau, fréquentée par les marins, existait au 17e siècle près du Pont de l'écluse, sur la rive droite.

La taille réduite du chenal et les problèmes d'envasement ne permettent pas l’entrée de bateaux de plus fort gabarit, qui mouillent aux 17e et 18e siècles dans le "havre" ou la "rade" de Blaye, entre le rivage et une île récemment apparue dans l'estuaire. Le chenal reste cependant indispensable pour le transbordement des personnes et des marchandises. Lors de la venue à Blaye en juillet 1782 de l'archevêque de Bordeaux, Mgr de Cicé, une visite du chenal est organisée, ainsi que l'examen du projet de construction d'un nouveau port dû à l'ingénieur Duvigneau de Beaulieu. Ces travaux d'élargissement, pris sur le glacis de la citadelle, et la construction d'un ouvrage régulier, n'ont semblent-ils pas été mis en œuvre puisque le chenal est indiqué "presque comblé" en 1783 et nécessite des réparations urgentes. Un rapport de 1787 indique que depuis au moins 25 ans "rien n'a été fait" au port. La même année, en complément d'une somme de 10 000 livres débloquée par l'Intendant, les jurats votent 5 000 livres pour être affectées à la construction d'un peyrat, sur un devis de l'ingénieur Mathieu de Mareuil. L'adjudication des travaux, attribuée à un certain David en décembre 1788, est résiliée l'année suivante, dans l'attente d'un nouveau projet.

Au début du 19e siècle, le déportement des courants de la Gironde vers la rive opposée occasionne la formation d'alluvions considérables sur le rivage blayais. L'ancienne cale au débouché de la grande route de Saint-Malo étant envasée, une nouvelle cale est réalisée en 1814. Celle-ci est à son tour abandonnée à l'issue du chantier de remise en état du port décidée en 1832 par le conseil municipal, d'après un projet de l'ingénieur des Ponts et Chaussées Antoine Thénard. Après accord de l'autorité militaire au printemps 1834, les travaux de prolongement du chenal par un ouvrage en charpente sur sa rive gauche sont engagés en 1836, et le nouvel embarcadère sur la Gironde, mis en service au mois de novembre de la même année, accueille ses premiers bateaux à vapeur. Au total, l'amélioration du port aura coûté plus de 40 000 francs à la commune. Un plan de 1847 montre le chenal avec sa cale inclinée sur la rive gauche et le mur de quai vertical à son extrémité, le peyrat dans le fleuve et le ponton du débarcadère au débouché d'allées arborées au sud. Malgré ces travaux, la capacité du port reste insuffisante au début des années 1860, eu égard au trafic et aux gabarit des bateaux. A la suite d'un accident, la construction d'un brise-lames à l'entrée du chenal est décidée afin d'en faciliter l'accès. Il est probable que les "cales inclinées en pavage", aménagées sur la Gironde entre le quai du chenal et le débarcadère, datent de cette époque, puisqu'elles figurent sur des plans de la décennie suivante.

la mise en service de la ligne de chemin de fer de Blaye à Saint-Mariens, inaugurée en octobre 1873, et l'installation de la gare sur la rive droite du chenal, apportent un important surcroît d'activité au port, qui se déplace vers le rivage estuarien. Une salle d'attente pour les passagers est construite à proximité de l'embarcadère. Le creusement d'un nouveau chenal est envisagé en 1876, sur un avant-projet rédigé par l'ingénieur ordinaire Régnault, mais non mis en œuvre, en raison de la perspective du prolongement de la voie ferrée vers Bordeaux. La même année, un projet d'exhaussement du terre-plein où sont entreposées les marchandises, régulièrement inondé, est lui aussi ajourné, faute de ressources suffisantes de la commune. Le signalement de l'entrée du port est amélioré à la suite de l'autorisation délivrée en 1881 par l'administration de l'installation d"un nouveau feu.

La fin du 19e siècle voit le trafic du port augmenter significativement, avec l'arrivée de produits pétroliers, du charbon anglais et le départ de poteaux de mines à destination du Pays de Galles. L'implantation d'installations industrielles, et notamment de la raffinerie de produits pétroliers Desmarais et de l'usine Humarau, nécessite la construction de nouveaux appontements particuliers sur la Gironde : celui de l'usine Desmarais est établi en 1887. Un nouveau peyrat et un appontement en charpente sont construits en 1903-1904 entre entre le chenal et le débarcadère. Le peyrat étant jugé défectueux, son exhaussement est projeté en 1914 sur un projet de l'ingénieur Clavier, mais l'issue des travaux n'est pas connue. En revanche, le chantier de création de deux appontements ou estacades en charpente plus au sud, afin de permettre l'accostage de navires charbonniers, entrepris en 1915 par l'entrepreneur de travaux publics de Pauillac J. Castagnet, a bien été menée à son terme. Avec ces équipements éloignés de l'ancien chenal, le port de Blaye entre véritablement dans l'âge industriel.

Période(s) Principale : 17e siècle, 4e quart 18e siècle, 1er quart 19e siècle, 2e quart 19e siècle, 2e moitié 19e siècle, 1er quart 20e siècle
Auteur(s) Auteur : Duvigneau de Beaulieu,
Duvigneau de Beaulieu

Actif à Blaye dans le dernier quart du 18e siècle.


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ingénieur militaire, attribution par source
Auteur : Thénard Antoine,
Antoine Thénard (1785 - 1856)

Connu dans l'Almanach royal de 1841 comme ingénieur en chef à Abzac (33).


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ingénieur des Ponts et Chaussées, attribution par source
Auteur : Castagnet J.,
J. Castagnet

Entrepreneur de travaux public attesté à Pauillac (33) au début du 20e siècle.


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entrepreneur, attribution par source
Auteur : Mareuil Mathieu de,
Mathieu de Mareuil

Attaché au département des Ponts et Chaussées de Libourne en 1788.


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ingénieur des Ponts et Chaussées, attribution par source

Port d'échouage, le chenal est délimité par une écluse de châsse sur le ruisseau du Saugeron en amont. Il est bordé d'un mur incliné sur sa rive droite, de cales en pentes sur la rive gauche et d'un quai vertical à son extrémité. Tous les ouvrages sont réalisés en pierre de taille calcaire.

Murs calcaire pierre de taille
Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • Extraits du répertoire de la série E supplément des Archives départementales concernant le port et peyrat de Blaye

    Extraits des registres de délibération de la jurade et des archives municipales d'Ancien Régime concernant le port sur le chenal :

    - E suppl. 3170 :

    Requête au ministre de la Marine concernant le passage de Blaye à Bordeaux et de Bordeaux à Blaye, qui est désorganisé par suite du manque de matelots. La ville de Blaye est un port de mer où il se fait un gros commerce de vins et marchandises qui se chargent pour la Bretagne et pays étranger ; ces vins et marchandises ne peuvent s'embarquer et se transporter à bord des vaisseaux qui les chargent que par les bateaux du port de Blaye, qui transportent aussi de Bordeaux à Blaye toutes les marchandises qui se chargent à Blaye pour Paris, Orléans, Rouen et autres provinces du royaume sur des charriots", etc. (1761).

    Ordonnance de police relative à l'entrée et à la sortie du chenal (janvier 1763).

    - E suppl 3171 :

    Décision relative à une imposition de 10 s. par tonneau de vin, dont le produit servirait à la construction d'un quai et de cales, ainsi qu'au récurement et à l'élargissement du chenal (10 septembre 1783).

    Députation vers l'Intendant [...] pour obtenir son aide en vue de l'établissement d'un entrepôt pour le commerce des iles de l'Amérique (7 janvier 1782).

    Récit du séjour à Blaye de M. de Cicé, archevêque de Bordeaux. [...] visite du port : S. G. "passa sur le petit glacis pour faire l'examen du chenal et l'application d'un nouveau plan que M. Duvigneau, ingénieur en chef, avait dressé pour la construction d'un nouveau port et l'agrandissement du chenal. Sa Grandeur approuva ce nouveau projet comme nécessaire à faciliter l'obtention de l'entrepôt..., et promit même d'appuyer ce projet de tout son crédit et de toute sa protection" (juillet 1782).

    Acceptation d'une somme de 10 000 L. offerte par l'Intendant sur les fonds du Roi, et vote de 5 000 L. par la communauté, lesd. sommes devant être affectées à la construction du peyrat (6 mai 1787).

    - E suppl. 3182 :

    Ordonnances de paiement de 3oo L., à valoir pour "construction des murs du chenal, place de délestage et fossé de ville" (mai 1765).

    - E suppl. 3186 :

    Lettre du ministre de Vergennes concernant un impôt à lever sur les vins pour pourvoir aux réparations du port ou chenal (19 février 1785). Devis dressé par Mathieu de Mareuil, ingénieur des Ponts et Chaussées au département de Libourne, concernant les ouvrages nécessaires à la construction d'un peyrat sur la Gironde, au bas de la descente du port (15 août 1787). Copie d'une lettre de M. de Lessart à l'Intendant, et de MM. Brémontier et Mathieu, ingénieurs, concernant la construction du peyrat (14 février 1787-13 août 1788). Adjudication des travaux du peyrat en faveur du sieur David pour la somme de 11 000 l. (décembre 1788). Lettre de Mathieu de Mareuil relative au peyrat : "La difficulté de ce travail exige plus qu'un homme ordinaire, plus qu'un maçon, plus qu'un architecte, il faut enfin un homme consommé et très habitué aux travaux d'eaux" (novembre 1788). Lettre de M. Giniès annonçant que l'Intendant a résilié l'adjudication faite cl que l'ingénieur a reçu des ordres pour dresser de nouveaux projets (38 avril 1789).

  • Renseignements sur le port de Blaye [...], 1787.

    Archives nationales, MAR/G/140 microfilm. Renseignements sur le port de Blaye et les autres ports dépendant du même quartier, 1787

    Questions

    Réponses

    1. La situation du port et son gisement ?

    1. La situation du port ou de la rade est au nord et au sud.

    Du sud-est au nord-est, les bâtiments y sont en sureté.

    2. L'étendue du chenal, quels sont les ouvrages faits pour le nettoyer et conserver, ceux projetés ?

    2. Le chenal dans son étendue actuelle a toujours été, surtout en temps de guerre, insuffisant pour y contenir les barques, chasses-marées et autres bâtiments qui doivent s'y mettre en sûreté, loin des vents d'ouest forcés, et qui viennent charger des vins dans les primeurs de novembre et de mars ; d'où il résulte journellement des discussions nuisibles au commerce, qui cesseraient, si par les projets d'augmentations absolument nécessaires le gouvernement voulait donner des secours, si précieux à cette ville maritime.

    Le chenal dépend en total de la ville de Blaye ; MM. les jurats en sont les administrateurs ; Madame de Berrier, sur un droit de 20 s. par tonneaux qu'elle perçoit sur les vins, s'oblige à l'entretien du pavé de Blaye et du nettoiement du chenal, toujours mal fait par défaut d'expérience, notamment celui de l'année dernière, car actuellement l'embouchure se trouve fermée.

    On penserait que pour parvenir à l'augmentation du commerce, par conséquent des [ classes ?] il conviendrait que madame de Berrier donnât actuellement en argent pour le chenal, ce qui serait taxé pour son entretien et alors ayant les secours dont Blaye a besoin, on parviendrait surtout en temps de guerre, à le rendre praticable.

    3. Quelle est la hauteur d'eau dans le port en haut de mer et à la basse mer ?

    3. La hauteur d'eau dans la rade à haute mer est de 36 pieds et basse mer 18 à 20 pieds.

    4. Quels sont les risques que l'on court pour y entrer ?

    4. Le banc de Plassac et l'île du Pâté ; cependant cette île concourt à l'abri de la rade.

    5. Quels sont les vents les plus favorables pour l'entrée et la sortie ?

    5. Tous les vents sont favorables à l'entrée et la sortie.

    6. (n° 6 a été omis)

    7. Combien le port peut-il contenir de bâtiments et leur port de tonneaux ?

    7. 40 à 50 bâtiments du port de 5 à 600 tonneaux.

    8. Combien le roi peut-il en construire et de quelle force ?

    8. Dans l'état actuel il y a cinq chantiers, où l'on peut construire des bâtiments de 400 tonneaux, avec quelque dépense on pourrait porter le nombre à dix.

    Il y a actuellement en construction un bâtiment.

    9. Combien le commerce construit-il de navires et de quelle force ?

    9. Depuis cinq à six ans on a construit quinze bâtiments du port de 150 tonneaux. Et annuellement il se construit cinq à six barques de 60 à 80 tonneaux.

    10. Quel est le nombre et la nation de ceux qui fréquentent le port ?

    Douze cent bâtiments français et six cent étrangers de toute nation, du port depuis 300 tonneaux jusques à 600 et plus, qui mouillent en cette rade, pour prendre an bureau de Blaye leurs expéditions finales et leurs provisions de bouche.

    11. A quoi consiste le commerce du port, quel peut en être l'objet en indiquant s'il est possible, les droits établis que le roi en retire, ceux particuliers qui pourraient être imposés par la province ?

    11. (à l'entrée par mer) : des grains et légumes de toutes espèces, des huiles, des futailles vides, du feuillard, du bois merrain, des toiles, cordages, du fil, du beurre, des sardines pressées, des morues vertes et sèches, des fromages, des planches, du suif, du fer en verge, et différentes autres espèces de marchandises.

    (à la sortie par mer) : 15 000 tonneaux de vin de Blaye, 2 000 tonneaux de vin de ville Bourg et médoc, quelque petite quantité de vin de haut, 150 pièces d'eau de vie, huiles, savons, des cuisses d'oies, jambons, vin de liqueur, brai, goudrons et plusieurs autres espèces de marchandises sèches.

    Le roi en retire : savoir, au bureau de Blaye 150 000 livres sur les vins et qui se chargent en paiement des droits, et à l'égard de ceux qui se chargent par entrepôt, les droits de sortie de Blaye ou sont payés dans les bureaux des ports ouverts au commerce des îles pour lesquelles les dits vins ont été destinés, qui font un objet de 450 000 livres.

    La ville de Bordeaux retire en outre les 2 sols par livre des dits droits à elle appartenant ouverte des arrêts du conseil de 1723 et 1727.

    12. De quels secours, ou améliorations le port est-il susceptible, soit relativement au commerce soir relativement au service du roi ?

    12. Le débarquement de la rade est presque impraticable, et à basse mer on n'y aborde qu'avec danger et grande difficulté.

    Pour éviter tous les dangers, il faudrait nécessairement qu'au Rat, lieu de débarquement, où il existe actuellement un quai toujours couvert dans son entier à haute mer, et qu'on ne peut même à basse mer pratiquer que difficilement, il y eut un quai élevé au moins de 12 pieds et un peyrat pour faciliter les passages publics qui sont très considérables, ce peyrat serait d'autant plus nécessaire que les chaloupes de passages seraient toujours à flot ; tandis qu'elles ne le sont dans l'état actuel, qu'à un quart de marée.

    13. De quelle ressource a t-il été, ou peut-il être pour les départements de Bordeaux, Rochefort et Brest, et même pour les colonies ?

    13. (L'article 7 répond à l'article 13).

    14. Quels sont les armements [marchands ?], en désignant leur objet, si on fait des expéditions pour les colonies, et de quelle nature celle pour les colonies ?

    14. Il ne s'est encore fait à Blaye qu'un armement, le 16 mai 1786, pour Saint-Pierre-et-Miquelon, d'un bâtiment de 150 tonneaux, chargé de vin, eau de vie, petit salé et autres marchandises, victuailles, et annuellement 600 barques ou navires faisant le grand et petit cabotage, emportant les denrées relatées au n° 11.

    15. Le nombre des marins que ce port peut fournir, s'il y a lieu de l'augmenter ?

    15. On peut porter le nombre des marins de service du port de Blaye à environ 150 hommes, susceptible d'augmentation à raison de l'étendue du commerce, qui ne demanderait que des secours du gouvernement pour le chenal et l'embarquement.

    16. A quoi peuvent s'élever les levées soit en marins, soit en ouvriers qui pourraient être faites, sans gêner le commerce ?

    16. A environ annuellement de 50 à 60 marins, 30 charpentiers et calfats, un nombre plus considérable de tonneliers et scieurs de long.

    17. Quel est le nombre de marins et d'ouvriers qu'emploie le commerce tous les ans ?

    17. Le commerce emploie journellement 80 à 90 marins et 60 à 80 ouvriers.

    18. Quels sont les espèces d'ouvriers qu'on peut lever pour les services des grands ports ?

    18. Charpentiers et calfats, tonneliers, forgerons et scieurs de long.

    19. Quel est le prix de la journée de l'ouvrier [...] ?

    19. 40 s. pour le chantier et 50 pour le commerce.

    20. Existe-t'il quelques manufactures qui puisse fournir à la marine ?

    20. D'aucunes espèces dans l'étendue de ce quartier.

    21. Ce port peut-il servir de dépôt et en quel genre ?

    21. Il n'y a point de magasins mais susceptible d'en faire.

    22. Quelles sont les matières premières qu'on en peut tirer pour le service et leur prix ?

    22. Il n'y en a point. Tout se tire de Bordeaux.

    23. Existe-t'il à proximité, des forêts appartenant au roi, dans lesquelles on pourrait par la suite aménager des ressources à la marine, leur situation et leur proximité des rivières et chemins ?

    23. Il n'existe de forêt dans l'étendue de ce quartier, qu'une appartenant au roi à trois lieues de Blaye, qui ne serait d'aucune ressource pour la marine.

    24. Quels sont les établissements appartenant au roi, en quoi consistent-ils, leur usage, leur dimension ?

    24. Il n'y a aucun établissement appartenant au roi.

    25. En temps de guerre, peut-on y détenir des prisonniers, y a-t'il garnison pour les gardes et des moyens pour pourvoir à leur subsistance ?

    25. Il y a une citadelle où l"on peut tenir des prisonniers, le pays est suffisant pour leur subsistance.

    26. Y a-t'il un hôpital, pourrait-on dans le besoin l'augmenter, par qui et comment est-il tenu ? Quel est le prix de la journée ?

    26. L'hôpital est à la ville, dans lequel le roi entretient 50 lits pour ses troupes.

    Il est administré par un bureau composé du lieutenant du roi, le prieur de l'hôpital, du juge royal, du procureur du roi, des jurats, du médecin et du receveur des fermes du roi. Il n'est susceptible d'aucune augmentation. Le prix de la journée est de 13 s. la sortie 6 s. et chaque sépulture 40 s.

    27. Y a-t'il quelques établissements pour les vivres de la marine, en quoi consistent-ils ; pourrait-on dans des grands mouvements les augmenter ?

    27. Il n'y en a point.

    28. Quels sont les objets du commerce des pêches, quel est le commerce de l'intérieur du royaume, celui avec les colonies, et les divers royaumes étrangers ?

    28. Les objets de pêches sont relatés à l'article 14. Quant au commerce avec l'intérieur du royaume il vient à Blaye des toiles fines et grossières, du chanvre, du fil, des barriques neuves, du merrain, du feuillard, des roues neuves de charrettes, du fer, de la mercerie, des draps étamines, et grosses étoffes de laine, des chevaux neufs, des jambons, des cuisses d'oies, de l'huile de noix et autres marchandises.

    Quant à celui avec les colonies, il se charge quelques quantité de vins, eau de vie et liqueurs.

    Et quant à celui avec les différents royaumes étrangers, il est relaté dans l'article suivant.

    29. Quels sont les objets d'importation et d'exportation, le nombre de bâtiments employés à cet objet, celui de leurs équipages, la force des bâtiments ?

    29. Quarante bâtiments hambourgeois, brêmois, hollandais, prussiens et espagnols important du bois merrain, des laines, de la bière, des planches, du soufre, de la chandelle, fromages, du beurre, des grains, graines et grenilles ; exportant des vins, vinaigres et eaux de vie, noix, marrons, pommes, oignons et autres marchandises.

    30. Quelle est l'étendu de l'arsenal [...] ?

    30. Il n'y en a point.

    31. Quels sont les prix des passages, comment sont-ils établis, à qui appartiennent-ils, qui est-ce qui en a la police, combien sont-ils affermés et à qui ?

    31. L'établissement et le prix des passages publics de Blaye à Bordeaux a été fixé par arrêt du parlement de 1714. Trop modique pour subsister aujourd'hui.

    La police des chaloupes de passage appartient à MM. les jurats de Blaye, ils nomment un maître de quai, un syndic et il conviendrait qu'il y eut à ce sujet une décision du ministre pour que la marine pût connaître ses droits.

    A raison de ce il paraît que dans le port de Blaye surtout, concernant le passage public si intéressant, on ne jette pas un coup d’œil assez attentif pour faire visiter annuellement par des constructeurs jurés au mois de septembre tous les bâtiments qui naviguent en rivière, les condamner ou ordonner un radoub pour mettre en sûreté la vie des passagers, MM. les jurats de Blaye se sont mis en possession de cette police ; aujourd'hui le gouvernement toujours attentif au bien général parait vouloir accorder à cette ville maritime une amirauté tant pour un cabotage considérable et suivi que pour veiller annuellement au radoub des bâtiments.

    Ce passage n'est point affermé, il pourrait l'être et le revenu du prix de la ferme affecté aux réparations de l'embarquement et du chenal.

    32. A la charge de qui du département de la guerre, de la finance ou de la marine est l'entretien du port ? Combien coûte-t'il par an, quels sont les fonds faits pour y satisfaire ?

    A la charge des finances ; il n'y a rien d'affecté ; depuis au moins 25 ans on n'y a rien fait.

    [...]

  • Dépouillement des archives municipales de Blaye concernant le chenal et l'embarcadère

    - AM Blaye. M2 [chemise 1]. Prolongement des quais, 1836 :

    Devis des travaux de charpente pour le prolongement du quai sur la rive gauche du chenal de Blaye 2 février 1836 : ns, 2114 fcs.

    - AM Blaye. M2 [chemise 2]. Avant-projet d'agrandissement du port, 1876 :

    Ponts et Chaussées, ports de la Basse-Garonne et de la Gironde supérieure ; travaux neufs ; profils par l'ingénieur ordinaire Régnault 21 mars 1876 ; tableau des marchandises que le chemin de fer de Charentes a fait passer sur le port en 1875 avec indication de la provenance et destination, 21 mars 1876 [PHOTO] ; estimation de la dépense : 80 000 fcs ; rapport de l'ingénieur ordinaire Régnault du 21 mars 1876 suivi de l'avis de l'ingénieur en chef 14 avril 1876 [PHOTOS] ;

    Description du port : "Le port actuel de Blaye [...] consiste dans un chenal de 280 mètres de longueur sur 30 mètres de largueur, au niveau des quais, pouvant contenir 28 bateaux en chargement ou en déchargement. La rive gauche de ce chenal est bordée sur une longueur de 160 mètres de quais verticaux et sur une longueur de 120 mètres d'une cale inclinée, la rive droite est bordée par un perré qui suit un chemin de halage ayant 2 mètres de largeur. A l'amont du chenal la rive du fleuve est bordée d'un mur de quai de 20 mètres de longueur qui est spécialement affecté aux caboteurs, et ensuite, de cales inclinées sur une longueur de 150 mètres, où les bateaux ne peuvent opérer leurs chargements et leurs déchargements que très rarement, à cause de la mauvaise exposition de cette rive. Le terre-plein en arrière des quais et cales offre une superficie de 8200 mètres affectée aux dépôts de marchandises [...].

    Insuffisance du port, proposition de creusement d'un nouveau chenal, soumission du projet au Conseil général et au Conseil municipal.

    - AM Blaye. M2 [chemise 2]. Travaux d'entretien, 1876 :

    Projet d'exhaussement du terre-plein entre le chenal et la RN 137 : plan, profils, détail estimatif par l'ingénieur ordinaire Boye, 1er août 1876 ; rapport : vœu du Conseil municipal car inondation lors des grandes marées d'octobre-novembre 1875 et mars 1876 (liseret bleu du plan) ; circulation interrompue sur RN 137 et allées du débarcadère ; maisons Michaud, Marcadier et David envahies par 30 à 40 cm d'eau, d'où la demande d'exhaussement des allées et la partie du terre plein comprise entre le chenal et la RN 137 ; or, travaux pour la ville et non pour le port, donc transmission du projet au maire pour qu'il supporte la dépense.

    - AM Blaye. M1. État récapitulatif des voyageurs et colis embarqués et débarqués au débarcadère de Blaye, 1894-1895 :

    État récapitulatif des voyageurs et colis embarqués et débarqués au débarcadère de Blaye du 12 mars 1894 au 11 mars 1895 [PHOTO] : 77 206 voyageurs et 21 049 colis.

    - AM Blaye. M1. Entretien du débarcadère, 8 juillet 1897 :

    Courrier de la sous-préfecture, 8 juillet 1897 : le ministère des travaux publics a décidé que le débarcadère restera à la charge exclusive de l’État.

    - AM Blaye. M2 [chemise 3]. Exhaussement du peyrat, 1912-1914 :

    Délibération du Conseil municipal, 13 nov 1912 : impossibilité des petits bateaux (filadières, canots, à rames, automobile, etc…) à aborder la rive à basse mer et à débarquer sur le port ; le peyrat qui est placé immédiatement après les appontements a été construit dans des conditions tellement défectueuses qu'il ne peut être d'aucune utilité aux marins ; avant-métré, détail estimatif par le sous-ingénieur subsidiaire Clavier du 10 mars 1914 ; extrait de plan ; rapport de l'ingénieur subdivisionnaire : seul ouvrage pour embarquement et débarquement des petits bateaux [yoles] consiste en un peyrat en charpente avec pavage maçonné dont l'établissement a été autorisé par décision ministérielle du 19 août 1901 ; construit en 1903-1904 entre l'estacade en charpente en amont du chenal et le débarcadère ; il fait suite à la cale inclinée et part à son enracinement de la cale pour aboutir dans le fleuve ; "exhaussement général des fonds qui s'est produit depuis quelques temps, sur la rive droite de la Gironde devant Blaye, a provoqué un envasement dans les environs de cet ouvrage" ; dans certaines conditions, embarquement et débarquement s'effectuent à l'escalier (E) situé à l'origine en amont de l'estacade en charpente ; profil et coupe par Clavier 10 mars 1914.

    - AM Blaye. M2 [chemise 4]. Grands travaux du port, 1913 :

    Délibération du Conseil municipal du 11 juillet 1913 : projet de quai de grande navigation constitué par 2 postes à l'usage des navires charbonniers débarquant leur cargaison et chargeant, comme fret de retour, notamment des bois de pin et des poteaux de mine ; projet de quais idem Queyries à Bordeaux, mais remplacé par un projet plus modeste par le conseil général des Ponts et Chaussées : 2 appontements bois servant de plateforme de roulement aux engins de déchargement ; projet approuvé par le Conseil municipal qui compte sur le concours de Jean Dupuy, ancien ministre, et de Pierre Dupuy, député, pour que les travaux puissent être commencés d'urgence ; courrier du sous-préfet du 31 décembre 1913 : approbation de l'avant-projet par le ministre des travaux publics ; projet de construction d'appontement transmis au sous-préfet le 18 janvier 1915 ; arrêté délimitation du domaine public fluvial du 15 décembre 1915 (entre les points kilométriques 36 et 37 usine de pétrole Desmarais et débarcadère) ; courrier de J. Castagnet, entrepreneur de travaux publics à Pauillac du 2 juillet 1915 : demande pour occuper pendant les travaux de construction des appontements dont il est chargé ses magasins, bureaux et dépôts de matériaux divers et placer 1 decauville ; accord du Conseil municipal le 13 juillet 1915 avec réserves ; déclaration d'intérêt public des travaux le 20 mai 1915 : prise de possession urgente des terrains.

    - AM Blaye. M2 [chemise 6]. Travaux d'entretien, 1931 :

    Dévasement, début 1932.

  • Le port de Blaye, dans FERET Edouard, Statistique générale, 1878

    P. 84 : Port de Blaye, à 38 kilom. au N.-N.-O de Bordeaux, à 12 kilom. en aval du Bec-d'Ambès [...].

    Aux syzygies, la pleine mer a lieu à 6 h. et la basse mer à 1 h. La durée du flot est de 5 heures et celle du jusant de 7 heures. Les vents qui dominent dans les parages de ce port sont ceux du S.-O. et O.

    Un cours d'eau de peu d'importance forme le chenal où se trouve la partie la plus importante du port ; l'autre partie est sur la rive droite de la Gironde.

    Le port de Blaye à 200 m. de long dans le chenal, dont le plafond est à la cote 1 m. à 2 m. 50 au-dessus de l'étiage. La rive gauche de ce chenal est garnie d'un quai vertical avec une cale inclinée. L'entrée en est indiquée par un feu fixe rouge.

    Du côté du fleuve se trouvent des cales inclinés pavées, une cale basse et un débarcadère en charpente pour les bateaux à vapeur. Des terre-pleins en arrière de ces quais et cales servent au dépôt des marchandises.

    Le commerce de Blaye est assez considérable en vin, blé, farine, son, avoine, bois et pierres. En moyenne, une trentaine de bateaux à voiles entrent et sortent tous les jours. 33 petits bateaux sont attachés au port de Blaye, qui est en communication avec les ports de Bordeaux, Pauillac, Royan, etc., par un service quotidien de bateaux à vapeur.

  • Les ports de la rive droite de la Gironde en 1900, d'après l'étude de Charles Lenthéric

    LENTHERIC, Charles. "Côtes et Ports français de l’Océan", Revue des Deux Mondes, 4e période, tome 157, 1900.

    II. La Gironde, Bordeaux, le Médoc (p. 100-138) :

    [...] A partir de Bourg, sur la rive droite, ce sont Plassac, Blaye, Saint-Androny, les Calonges, Maubert, Mortagne, Saint-Seurin-d’Uzet, les Monards, Meschers, Saint-Georges-de-Didonne et Royan. [...]

    Plassac n’a aucune importance. Simple garage dans un chenal ou étier pour quelques bateaux de pêche, sans passé, sans grand avenir, sans mouvement sérieux de navigation, si ce n’est quelques échanges locaux et quelques arrivages de bois du Nord qu’on débite pour les barriques de vin.

    Blaye, au contraire, a toute une histoire. Ce fut de tout temps une ville de guerre. Station militaire sous les Romains, à l’entrée du pays des Santons, ancienne forteresse du roi Caribert, qui y fut enterré à la fin du VIe siècle, elle a été pendant huit cents ans un poste de défense de la Gironde. Sa citadelle, reconstruite par Vauban, a été la prison de la duchesse de Berry en 1832. Depuis lors, Blaye est resté un petit port de cabotage et une pittoresque escale entre Bordeaux et l’Océan. Son commerce est assez considérable et près de 30 bateaux à voile y entrent ou en sortent tous les jours, sans compter les petits steamers de plaisance qui font le service régulier de la Gironde. Son mouvement maritime atteint et dépasse 20 000 tonnes.

    Saint-Androny mérite à peine une mention. Comme Plassac, c’est une simple cale, le long de laquelle quelques bateaux viennent aborder pour faire leurs opérations locales. Le port des Calonges est plus sérieux. Ce n’est guère qu’un canal d’évacuation des eaux de la lagune qui longe la rive, et la navigation maritime y est tout à fait nulle ; mais le commerce local, qui consiste dans l’exploitation des produits du marais de Blaye, atteint et dépasse quelquefois 17 000 tonnes [1].

    Note [1] : Perrin. "Les petits ports de la Gironde". Ports maritimes de la France, 1887.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Renseignements sur le port de Blaye et les autres ports dépendant du même quartier, 1787.

    Archives nationales, Paris : MAR/G/140 microfilm
  • Correspondance relative à des secours demandés au roi par les officiers municipaux de Blaye pour l'élargissement du chenal de leur port et autres ouvrages nécessaires pour en faciliter les abords (1784-1789).

    Archives départementales de la Gironde : C 129
  • Dossier relatif au peyrat de Blaye : projet, commencement des travaux, conflit avec l'entrepreneur (1787-1789).

    Archives départementales de la Gironde : C 4504
  • Projet de construction d'un peyrat sur la Gironde, 1787-1788.

    Archives départementales de la Gironde : E supplt 3186
  • Établissement d'un nouveau feu à l'entrée du port de Blaye, 1881.

    Archives départementales de la Gironde : SP 2922
  • Port et chenal. Projet d'embarcadère et de réparation, plans divers, 1831-1897.

    Archives municipales, Blaye : M1
  • Prolongement des quais, 1836.

    Archives municipales, Blaye : M2 {chemise 1]
  • Avant-projet d'agrandissement du port, et travaux d'entretien, 1876.

    Archives municipales, Blaye : M2 [chemise 2]
  • Exhaussement du peyrat, 1912-1914.

    Archives municipales, Blaye : M2 [chemise 3]
  • Grands travaux du port, 1913.

    Archives municipales, Blaye : M2 [chemise 4]
  • Travaux d'entretien, 1931.

    Archives municipales, Blaye : M2 [chemise 6]
Documents figurés
  • Fonds concernant le verrou de Blaye, 17e-18e siècles.

    H 123336 et 123337 Bibliothèque nationale de France, Paris : Va 33 T. II
  • Fonds concernant la mise en défense du verrou de l'estuaire de la Gironde (17e-19e siècles).

    Archives départementales de la Gironde : FiNC
Bibliographie
  • BIROLLEAU-BRISSAC Paulette. Histoire de Blaye. Bordeaux : Ed. de la Société des Amis du Vieux Blaye, 1968.

    P. 105-106, 177, 235-236, 239, 262-263, 286, 289-290.
  • BELLEMER Émile. Petite histoire de la ville de Blaye. Réimpression de l'édition originale de 1886, PyréMonde Princi Negue, 2009.

    T.I, p. 242-243, 246-249. T. II, p. 11, 13, 111-112.
  • FERET Edouard. Statistique générale du département de la Gironde. Bordeaux : Féret, 1878.

    P. 84.
  • Ministère des Travaux publics. Ports maritimes de la France, 2e partie. Des Calonges à Hendaye. Paris, 1887.

    P. 449-458.
Périodiques
  • BARTHOU Jacques. "Un avant-port de Bordeaux avant l'autonomie : Blaye 1875-1925". Actes du Congrès d'études régionales de la Fédération historique du Sud-Ouest tenu à Bordeaux, les 25-26 et 27 avril 1997 : Bordeaux et l'Aquitaine. Fédération historique du Sud-Ouest, 1998.

    P. 457-474.
  • COCULA Anne-Marie. « Les horizons de Blaye du milieu du XVIIIe siècle au milieu du XIXe siècle ». Les Cahiers du Vitrezay, 1984, n° 48.

    P. 33-46.
  • FERAL Alain, RAYMOND Bernard. "Le port de Blaye". L'estuaire de la Gironde : actes des 1er et 2ème Colloques. Bordeaux : Éditions Confluences, 1993 (Les Cahiers, Conservatoire de l'estuaire).

    P. 173-187.
Multimedia
  • Blaye en un siècle. CD-ROM, Société des amis du vieux Blaye ; Association philatélique de l'arrondissement de Blaye, 2003.

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