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Port de la Roque de Thau

Dossier IA33007227 réalisé en 2012

Fiche

Appellations Port de la Roque de Thau
Dénominations port
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive droite) - Bourg
Hydrographies Gironde la
Adresse Commune : Villeneuve
Lieu-dit : Roque de Thau
Cadastre : 2011 B Non cadastré, domaine public.

Le lieu de la Roque de Thau est visible sur les cartes du 18e siècle, composé de quelques maisons. Un port est indiqué sur les cartes de Masse de 1724 et de Desmarais de 1759. Sur le plan cadastral de 1819, l'écart, divisé entre les communes de Villeneuve et de Gauriac, est composé d'un "estey" prolongé par le ruisseau de Grenet. Sur un plan de 1871, la Roque de Thau est composé du port, d'un chenal, d'un terrain réservé pour les dépôts de marchandises et d'une cale. En 1875, le port, réputé "un des plus commerçants de l'arrondissement de Blaye", est en mauvais état et la commune souhaite procéder à des restaurations. Toutefois la Statistique du département de la Gironde indique que "le mouvement commercial, qui était en 1871 de 10166 tonneaux, est tombé en 1874 à 4268 tonneaux".

Un projet d'établissement de cale sur la rive droite du chenal est dressé et approuvé par décision ministérielle du 22 juillet 1876. Les travaux ont été exécutés de 1877 à 1879 pour une somme de 6759f. En 1908, on procède au dragage du chenal en mauvais état.

Le port permettant le débouché de l'importante production des carrières des environs, un projet de voie ferrée industrielle, de type Decauville, est élaboré pour le compte du Port autonome de Bordeaux au début des années 1930.

Le port a perdu depuis sa vocation industrielle et commerciale. Une association de bénévoles assure aujourd'hui l'entretien et l'animation du site.

Période(s) Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

Le port de la Roque de Thau est composé d'un chenal débouchant dans l'estuaire, d'une place et de quelques maisons autour, ainsi que des bâtiments du syndicat des eaux du Bourgeais. Le chenal puis le ruisseau de Grenet marquent la limite communale. Les aménagements du port sont limités à de pieux plantés dans la vase destinés à l'amarrage des embarcations de pêche et de plaisance. Trois cabanes de pêche, appelées "carrelets", sont installées à proximité.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Renseignements sur le port de Blaye et les autres ports dépendant du même quartier, 1787.

    Extrait concernant la Roque de Thau :

    "La situation du port de Roque de Teau est nord-nord-ouest et sud-sud-est.

    Les dangers sont le banc qui tient à l’Isle du Bec d’Ambez d’une demie lieue, qui s’étend vis-à-vis de la passe Royale ouest-sud-ouest, et est-nord-est, à couper de travers à la rivière.

    Il y a 4 chantiers qui employent journellement 15 à 20 charpentiers et calfats et qui se payent 50 par journées.

    On peut y construire des bâtiments depuis 60 tonneaux jusque à 5 à 600 tonneaux.

    Il y a actuellement sur cette côte limitrophe de Bourg environ 70 gabarres depuis 6 tonneaux jusque à 25 tonneaux qui portent des pierres à Bordeaux ; chaque gabarre est montée d’un patron et deux à trois marins presque tous étrangers, déserteurs des quartiers de Libourne, Bergerac, Langon et autres, des matelots canoniers licenciés, des pierriers qui tantôt travaillent à la carrière et tantôt naviguent ; même les valets des marchands de pierres, et au moindre avis de revue et de billet de service tout s’éclipse, il ne reste alors que les invalides ou marins hors de service. Il règne quant à présent sur cette côte une insubordination si constatée, qu’il seroit urgent pour l’avantage des classes d’y remédier promptement. Cette insubordination tire sa source des dernières années de la Guerre où ce pays épuisé par des levées fréquentes et considérables faites pour le service du Roy a eu recours aux étrangers pour le transport des pierres à Bordeaux. Ce commerce reconnu utile pour cette capitale a toujours forcé de s’y prêter mais aujourd’hui c’est d’une si grande conséquence que ce quartier seroit anéanty, dépourvu de marins et sans ressource pour le service du Roy si on ne s’empresse de renvoyer tous les étrangers dans leur quartier et y substituer de jeunes gens du lieu et des environs qui préféreront toujours de gagner 30 à 40 par jour au lieu de 12 à 15 à la terre. Pour y parvenir avec plus de succès, on pense que tous les patrons de bateaux naviguant sur cette rivière devraient avoir un rôle d’équipage, que les matelots ne fussent pas les maîtres de qui [?] sans des causes légitimes, ce seroit le vray moyen de les suivre, ou connaître le nombre et les [?] dans [?] des levées. Il règne [?] un abus préjudiciable aux classes, ce sont les pataches des fermes du Roy en assez grand nombre dans l’étendue de ce quartier, dont les équipages sont presque tous déserteurs des autres départements, on penseroit que pour y remédier, il conviendrait que chaque patache et autres bâtiments des fermes ait un rôle d’équipage renouvelé tous les 6 mois et que le bureau des Classes à chaque mutation, à la demande du contrôleur général des fermes commandât des marins comme pour le service du Roy, unique moyen pour que les équipages des bâtiments soient toujours complets et que le commissaires puisse suivre cette partie intéressante du service".

  • Extraits des registres de délibérations du conseil municipal

    - AC, Villeneuve, Registre de délibérations 1856-1876.

    16 mai 1875 : "Le maire fait part à l'Assemblée qu'il y avait deux mille francs de disponibles au budget supplémentaire de cette année et [...] qu'une grande partie des habitants désireraient que cet argent soit employé à l'amélioration du port de Roque de Thau de cette commune.

    Le maire expose que ce port étant un des plus commerçants de l'arrondissement de Blaye aurait besoin d'une cale pour faciliter le chargement et déchargement des marchandises qui arrivent journellement [...], provenant des environs et de l'intérieur arrivent par le chemin de grande communication de Roque de Thau à Saint-Christoly [...]".

    - AC, Villeneuve, Registre de délibérations 1892-1915.

    Février 1908 : Dragage du chenal de Roque de Thau. " [...]. Le Conseil, vu l´état défectueux du chenal du Port de Roque de Thau, considérant que la réclamation précipitée est légitime délibère et prie M. le préfet de la Gironde d´être son interprète auprès de l´Administration des Ponts-et-Chaussées pour donner satisfaction aux intéressés en ordonnant le dragage du chenal du port de Roque de Thau".

    - AC, Villeneuve, Registre de délibérations 1915-1944.

    28 août 1926 : Création d´un lavoir à Roque de Thau.

  • Projet de voie ferrée Decauville pour desservir le port de la Roque de Thau

    AD Gironde, 2 O 4096 : Projet d'établissement d'une voie ferrée industrielle, 1930.

    "Type Decauville (0,60 m d'écartement) qui longera le chemin de Ferrau sur une longueur de 189,50 m vers le débarcadère au lieu dit Roque-de-Thau sur une longueur de 110,50 m. A pour but de transporter pour le compte du port autonome de Bordeaux 200 000 tonnes de moellons, de la carrière de Piémont à l'ancien débarcadère de Roque-de-Thau"

    Arrêté d'autorisation du 1er août 1930 délivrée à Thimote Sanz, entrepreneur de travaux publics rue de l'Hôpital à Blaye.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Biens communaux, 1871.

    Archives départementales de la Gironde : 2 O 4096
  • Registre de délibérations, 1856-1876.

    Archives municipales, Villeneuve : non coté
  • Renseignements sur le port de Blaye et les autres ports dépendant du même quartier, 1787.

    Archives nationales, Paris : MAR/G/140 microfilm
Documents figurés
  • Détail du plan de la Gironde. Dessin à l'encre (signature illisible), 15 septembre 1871.

    Archives départementales de la Gironde : 2 O 4096
Bibliographie
  • Conseil Général de la Gironde. Rapports et délibérations, [1791-1945].

    [en partie numérisés sur Gallica]

    août 1880
  • FERET Edouard. Statistique générale du département de la Gironde. Bordeaux : Féret, 1878.

    tome 1, p. 85

Liens web

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