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Port de la Maréchale

Dossier IA33006672 réalisé en 2014

Fiche

Á rapprocher de

Parties constituantes non étudiées cale, quai, embarcadère, chenal, digue, vanne
Dénominations port
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Lesparre
Adresse Commune : Saint-Seurin-de-Cadourne
Lieu-dit : la Maréchale
Adresse : route du Port , R. D. 2E10
Cadastre : 1831 A1 1 ; 2014 A1 61
Précisions

Le port de la Maréchale est mentionné sur les cartes du 18e siècle. Celle de Claude Masse en 1709 indique qu'il y rentre de "grosse barques", et celle de 1759 mentionne qu'il y avait en 1706 "un camp de batteries et des retranchements". Les travaux d'assèchement des marais engagés au 17e siècle ont régularisé le cours du chenal qui forme ainsi un axe de circulation des marchandises essentiel pour le territoire. L'abbé Baurein évoque, vers 1784-1785, "le chenal de la Mareschale, qui s’avance à une lieue dans les terres, et qui s’étend jusqu’à Ordenac. Ce chenal, qui reçoit les eaux du marais, et qui les conduit jusqu’à la rivière, reçoit à son tour les eaux de la Gironde lors du flux auquel ce fleuve est assujetti. Ce chenal est à très-peu de distance du Bourg ; c’est là qu’on embarque les denrées de la Paroisse, ainsi que celles des Paroisses voisines". Selon lui, la présence du port serait à l'origine de l'installation du village de Cadourne, à proximité, sur une hauteur dominant l'estuaire.

Le plan cadastral de 1831 représente le chenal rejoignant l'estuaire et le hameau qui s'y est développé.

A partir de 1846, des travaux urgents y sont réclamés. Bien qu’il "offre un bon mouillage pour les caboteurs", le chenal et les cales sont en mauvais état. Le 24 janvier 1850, un premier plan d’amélioration est adopté par le Conseil municipal, concernant la reconstruction d'une cale de 70 mètres, des travaux de soutènement en pierre sur la partie aval du chenal, le redressement complet du chenal, la construction d’une cale inclinée afin de débarquer les marchandises et d’un perré.

Le plan des travaux d’amélioration du port, suivis par l’entrepreneur M. Saugues, est dressé le 25 janvier 1854. Le procès verbal d’adjudication des travaux est établi le 16 décembre 1854. Ils concernent la création d’un autre chenal au nord, les constructions de perrés et de murs de soutènement sur les bords du chenal existant, d’une digue en moellon, d’un terre-plein empierré, d’un aqueduc et d’une cale saillante pavée en blocage. Le plan apporte des précisions sur la configuration du port à cette époque : le hameau de la Maréchale est composé de plusieurs habitations dotées de jardins, de prairies, de terrains en friche et d’un chemin d’accès partant de la grande voie de communication Pauillac-Verdon jusqu’à la cale saillante. Un rapport du 9 décembre 1856 indique que les travaux, repris par M. Lanaud, appareilleur, "ont fort avancé". Ils sont achevés en février 1858.

En 1886, l'état du port nécessite d’autres travaux.

Les limites du port sont fixées le 7 avril 1894.

A la fin du 19e siècle, le port devient le terminus du bateau à vapeur qui s'arrêtait jusqu'alors à Pauillac. En 1896 et 1897, les habitants de la commune, appuyés par les communes voisines, demandent l’installation d’un feu au port « qui est devenu le point terminus des bateaux à vapeur de la Compagnie Gironde et Garonne ». Mais ce feu ne semble pas avoir été aménagé. C'est probablement à cette époque que le débarcadère est installé : il est représenté sur des cartes postales du début du 20e siècle. Il n'est plus en service à la veille de la Première Guerre mondiale.

Au début du 20e siècle, le chenal est envasé, les chasses hydrauliques n'étant plus régulièrement assurées.

D'importants travaux ont été réalisés de 2003 à 2007, le port étant en mauvais état.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle

Le port de la Maréchale se situe le long du chenal du même nom, qui traverse et draine la zone de marais entre les communes de Saint-Seurin-de-Cadourne et de Saint-Yzans-de-Médoc. Il se situe à la frontière entre ces deux communes. Il est franchi par la roue départementale 2 ; le pont est équipé d'une porte à flots permettant de réguler le niveau des eaux : elle permettait également de chasser les vases qui encombraient l'estey.

A sa confluence avec l'estuaire, le chenal est équipé sur la rive sud d'une cale inclinée et d'un quai empierré. L'entrée du chenal est protégée des courants par une digue construite dans le prolongement de la rive nord. Au sud, sur le bord de la Gironde, la cale saillante longue à l'origine de 70 mètres a été raccourcie.

A l'extrémité sud du chenal, une croix érigée en 1885 commémore les marins disparus en mer.

Le chenal est équipé de pontons métalliques permettant l'accès aux bateaux amarrés ; des espaces de pique-nique ont également été aménagés sur les rives de l'estuaire.

Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • Documentation complémentaire

    AC Saint-Seurin-de-Cadourne. Registre de délibérations (1833-1850). Demande d’un secours pour le port de la Maréchale, 8 mai 1846.

    (...) que ce port est [néanmoins] un des plus importants de l’arrondissement, que plusieurs des communes du canton de Lesparre y transportent leurs denrées, que Lesparre lui-même reçoit par cette voie une partie des marchandises qui lui viennent de Bordeaux et y charge une partie de celles qu’il exporte ; que les communes de Saint-Trelody et surtout celles de Saint-Germain, Ordonnac, Blaignan, Saint-Yzans et Saint- Seurin-de-Cadourne, qui sont sans contredit des plus peuplées du canton, y transportent toutes les denrées qu’elles exportent et vont y chercher celles qu’elles font venir de l’extérieur. Que ce port a une importance d’autant plus grande qu’il offre aux navires, et surtout aux caboteurs, un abri d’autant plus sûr pendant les vents d’ouest, que le mouillage offre une tenue parfaite et les coteaux qui dominent le port les garantissent de la violence des vents d’ouest ; que l’administration des douanes a tellement compris l’importance croissante du mouvement de ce port qu’elle y a établi un bureau de recettes dont les registres pourraient au besoin constater les nombreux chargements qui s'y font.

    Monsieur le maire observe aussi que ce port a de tout temps été pratiqué par les marins, qu'on y trouve les restes d'une magnifique chaussée mi partie en bois, mi partie en pierres ; que toutefois le délabrement dans laquelle elle se trouve aujourd'hui nécessite de nombreuses réparations, que l'état du chenal se détériore chaque jour et qu’il serait urgent de faire constater les réparations à y faire (...).

    AC Saint-Seurin-de-Cadourne. Registre de délibérations (1833-1850). Adoption du plan du port de la Maréchale, 24 février 1850.

    AC Saint-Seurin-de-Cadourne. Registre de délibérations (1833-1850). Somme de 15000 francs votée pour réparations au port de la Maréchale, 2 février 1851.

    AC Saint-Seurin-de-Cadourne. Registre de délibérations (1833-1850). Tarif des droits à percevoir pour les marchandises qui se chargeront ou déchargeront sur les deux rives du chenal de la Maréchale, 6 février 1851.

    AD Gironde. SP 1183. Demande des marins du port de la Maréchale pour obtenir l’établissement à ce port d’une chaussée en contre-bas du terre-plein pour faciliter les chargements des charrettes. 13 aout 1855.

    AD Gironde. SP 1183. Pétition pour l’obtention de construire un aqueduc sous le terre-plein pour l’écoulement des eaux de leurs propriétés. 27 octobre 1855.

    AD Gironde. SP 1183. Extrait des registres des arrêtés du Préfet. Pétition pour obtenir l’exécution des travaux de défense devant les maisons et leurs emplacements, 20 Juin 1856.

    Les maisons et emplacements confrontent à un terrain recouvert dans les hautes eaux navigables et qui fait par suite partie du lit de la Gironde. Il convient de laisser le long des maisons un chemin pour la circulation, des dimensions voulues pour les chemins de halage. Les maisons des 3 premiers pétitionnaires se trouveront défendues contre les inondations après la construction par la commune du chemin qui conduit à la cale saillante, mais qu’en attendant il y a lieu de donner, comme aux autres, les moyens de s’endiguer. (…). Les sieurs Noet, Estel, Beaupied, Seilhean, Boivert et Lardiley sont autorisés à construire une digue devant leurs maisons et emplacements.

    AD Gironde. SP 1183. Tableau comparatif des dépenses autorisées et de celles qui ont été faites ou qu’il reste à faire pour l’amélioration du Port de la Maréchale. 10 Octobre 1856.

    Observations : Les bords du chenal de la Maréchale sur lesquels on a établi les perrés et les cales sont d’une nature tellement mouvante qu’on a été obligé d’enlever une grande quantité de déblais liquides qui n’ont pu être employés en remblais (...) : c’est ce qui explique la nécessité où l’on s’est trouvé de faire beaucoup d’emprunts. L’augmentation de déblais a été produite par les éboulements considérables qui ont eu lieu en cours d’exécution et qu’on a été obligé de relever. Les distances diffèrent de celles qui sont portées au devis par suite de quelques changements qui ont eu lieu dans les dispositions de terre plein (…).

    AD Gironde. SP 1183. Extrait du registre des Délibérations. 18 mai 1894.

    Décision ministérielle en date du Ier avril 1887 prescrit de déterminer l’étendue et les limites des ports situés sur le cours des fleuves. Les limites du port de la Maréchale dans lesquelles pourront avoir lieu désormais les opérations de chargements et de déchargements, auxquelles s’appliquent les arrêtés susvisés, sont fixés comme suit : En amont : une ligne parallèle à la cale saillante et passant à 40 mètres en amont de cette cale ; En aval : le prolongement de la limite du domaine public terrestre en aval du port de la Maréchale proprement dit. A terre : la limite du domaine public terrestre dans l’étendue du port de la Maréchale proprement dit. En rivière : une ligne joignant les limites amont et aval ci-dessus définies, parallèle à la rive gauche du fleuve et à une distance de 160 mètres de la berge du fleuve.

    AD Gironde. SP 1183. Lettre du ministère des travaux publics au préfet. Souhait d’installer un fanal au port. 4 novembre 1896.

    Cette étude a été faite à la suite d’une pétition des municipalités et des habitants de Saint-Seurin-de-Cadourne et des communes environnantes, se fondant principalement sur ce que ce port est devenu le point terminus, du côté de la mer, des bateaux à vapeur de la Compagnie Gironde et Garonne qui, précédemment, ne descendaient pas en aval de Pauillac (…). L’établissement de feux de port à la Maréchale et à l’entrée des autres chenaux de la rive gauche de la Gironde, a été rejeté plusieurs fois par l’Administration supérieure.

    AD Gironde. SP 1183. Lettre au préfet. 26 aout 1897.

    Installation d’un feu de port qui « serait établi sur le musoir du port, dans les mêmes conditions que celui de Beychevelle, c'est-à-dire, sur potence en bois munie d’un appareil de hissage. Une cabane également en bois recevrait les appareils et les diverses matières nécessaires à l’éclairage. » Le feu « devra conserver la coloration verte » afin de prévenir les méprises et confusions possibles avec les feux rouges lumineuses situées dans le voisinage du port de la Maréchale.

    AD Gironde. SP 1183. Lettre des bateliers au sous-préfet. 2 novembre 1904.

    Envasement du chenal de la Maréchale qui paralyse totalement la marche de la batellerie.

    AD Gironde. SP 1183. Lettre de l’ingénieur en chef des Ponts et Chaussées au préfet de la Gironde. 14 janvier 1905.

    Le port de la Maréchale est situé sur la rive droite du chenal d’évacuation du même nom. Tant que le dessèchement des marais a été régulièrement entretenu, les chasses que nécessitait cet entretien ont empêché tout envasement. Depuis que ces chasses ont été interrompues par suite de morcellement de la propriété des marais et de l’état d’abandon où ils sont tombés, les vases se sont accumulées : les dépôts se reformeront perpétuellement, tant que se continuera cette situation aussi déplorable pour les cultivateurs des terres inondées que pour les marins. Les ressources très limitées, affectées à l’entretien des petits ports de la Gironde, peuvent permettre un curage à des intervalles éloignés, là comme dans d’autres chenaux utilisés par la batellerie : ils ne peuvent permettre le renouvellement très fréquent de cette opération. Ce renouvellement serait pourtant redemandé certainement si le régime des marais de la Maréchale ne devait pas s’améliorer. Mais d’après les renseignements qui me sont donnés, une association nouvellement constituée s’efforce de revenir pour eux à l’ancien état satisfaisant : on peut espérer que la situation anormale actuelle ne se prolongera pas trop.

    AD Gironde. SP 1183. Plainte de divers. Envasement du chenal. 24 janvier 1905.

    Pétition transmis au préfet le 2 décembre 1904 concernant un certain nombre de mariniers qui fréquentent le port de la Maréchale et demandent le dévasement du chenal d’accès du dit port qui est devenu impraticable par suite de l’accumulation de ses vases. Ce travail ne pourrait être répété tous les ans à titre d’entretien que si la Commission intéressée et le Syndicat de la Maréchale s’engageaient à fournir leur quotte part dans la dépense conformément aux précédés.

    AC Saint-Seurin-de-Cadourne. Registre de délibérations. Ponton de la Maréchale, 1909 : demande de subvention de M. Roumazeille.

    AC Saint-Seurin-de-Cadourne. Registre de délibérations. Ponton de la Maréchale, 23 novembre 1910.

    M. Roumazeille se désiste purement et simplement en faveur de la commune de St Seurin de Cadourne de tous les avantages résultant pour lui de sa sous concession et remettre à la dite commune le débarcadère tel qu'il existe actuellement y compris le ponton, le hangar, les agréés et apparaux : cinq chaînes, cinq ancres, une yole, un banc, en un mot tous les accessoires qui sont attachés au dit débarcadère et dans l'état où ils se trouvent actuellement ensemble les appartenances et dépendances du dit débarcadère avec tous les droits qui y sont attachés (...).

    AC Saint-Seurin-de-Cadourne. Registre de délibérations. Ponton de la Maréchale, 22 avril 1917.

    Lettre de M. Arthur de Malartic, batelier à la Maréchale : demande de bien vouloir considérer comme nulle et non avenue la sous concession qui lui avait été accordée par arrêté préfectoral en date du 22 novembre 1911 pour l'exploitation du ponton et de la passerelle de la Maréchale et de ratifier la vente qu'il en a consenti moyennant le prix de 10.000 frcs à M. Chèze, qui a accepté, du ponton et de la passerelle, pour l’indemniser de débours occasionnés pour la mise en service du dit débarcadère (...).

    Le service des voyageurs et des marchandises n'existe plus aujourd'hui depuis bientôt trois ans.

Références documentaires

Documents figurés
  • Carte de l’embouchure de la Garonne jusqu’au bec d’Embesse. Dessin, encre et aquarelle, par Desmarais, 1759.

    Archives nationales, Paris : F 14 10059/1/
  • Carte géométrique de la Guyenne dite Carte de Belleyme, feuille n°6, levés vers 1763-1764, éch. 1/43200 env.

  • Carte du marais de Bégadan et de Saint-Christoly dépendant des fiefs de Lesparre et de Castillon en Médoc sur le bord de la Garonne , s.n., 1702 (?).

    Archives départementales de la Gironde : 2 fi 814 bis
  • Plan et profil à joindre au rapport de l'ingénieur. Dessin, encre, aquarelle, dressé par l'ingénieur ordinaire, 2 juillet 1886.

    Archives départementales de la Gironde : SP 1183
  • Carte du 10e quarré de la généralle du Médoc de la basse Guienne et partie de Saintonge. Dessin, encre, couleur, papier, par Claude Masse (géographe), 1709 [IGN, non coté].

    IGN (Institut national de l'information géographique et forestière)
Bibliographie
  • BAUREIN Abbé. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Labottière (frères), imprimeur libraires, 1784, t.1.

    p. 275
  • Ministère des Travaux publics. Ports maritimes de la France, 2e partie. Des Calonges à Hendaye. Paris, 1887.

    p. 811-814
(c) Conseil départemental de la Gironde ; (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Riberolle Jennifer