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Place d'Orteig

Dossier IA64002653 inclus dans Station thermale des Eaux-Bonnes réalisé en 2018

Fiche

Á rapprocher de

Appellations Place d'Orteig
Destinations pelote basque
Dénominations jardin public
Aire d'étude et canton Pyrénées-Atlantiques
Adresse Commune : Eaux-Bonnes
Adresse : place d' Orteig
Cadastre : 2018 AN 39

Parmi les six résurgences localisées dans la station thermale des Eaux-Bonnes, la commune décide d'exploiter la source d'Orteig au début des années 1850 et entreprend la construction de son établissement entre 1861 et 1870, mais aussi de l'établissement d'hydrothérapie achevé la même année. Ces aménagements urbains impliquent une réorganisation complète du site qui, jusque-là, avait une vocation agricole et de passage vers le village d'Aas. Afin de parachever ce nouveau quartier situé en bas de la rue de la Cascade, terminée au début des années 1860, la commune décide d'aménager un jardin public et de procéder à des embellissements dès 1868, sous la direction de Jules Turon. Les travaux sont exécutés à la fin de l'année 1867 en trente jours d'ouvriers, puis les dépenses sont consignées dans un mémoire rédigé en janvier 1868.

La construction des nouveaux thermes et l'aménagement du jardin nécessitent l'expropriation et la démolition d'une dizaine de bâtisses neuves et de parcelles, dont celles des dénommés Salanave, Hirgoin, Soubercaze, Manet, Capdevielle, Crayderon Bourigot et Mariet Forgues d'Aas. Entre 1864 et 1868, la commune porte l'affaire en justice contre les propriétaires récalcitrants, en particulier Gaytérou, Berdou-Forgues, Capdevielle et Mariet-Lasserre qui refusent la somme proposée pour l'achat de leurs maisons. Entre juin et novembre 1867, un arrêté-décret impérial est édité et exposé au sein de la commune et dans le Glaneur d'Oloron, diffuseur officiel des annonces judiciaires du canton d'Oloron, afin d'informer la population des expropriations nécessaires et de l'utilité publique du nouvel aménagement.

En 1868, dans son mémoire synthétisant les dépenses occasionnées pour l'embellissement des alentours de l'établissement d'Orteig, Jules Turon mentionne l'achat de soixante-six arbres d'agrément "de différentes espèces", de cent arbustes, de cent-vingt plantes grimpantes, mais aussi de 30 m3 de terre végétale pour les parties plantées ou gazonnées et de 20 m2 de sable pour les allées. Les matériaux choisis, témoignant de quantités conséquentes pour un petit espace et du soin apporté à la composition, correspondent en outre aux procédés habituels des aménagements paysagers du XIXe siècle.

En 1877, le site, fortement exposé au cours du Valentin, nécessite de nouveaux aménagements de sécurité. C'est ainsi que l'entrepreneur Marcel Candau intervient en 1878 afin d'installer des balustrades en chêne le long du cours d'eau et sur les ponts et passerelles environnants.

Au début du XXe siècle, les arbres plantés une quarantaine d'années plus tôt ont considérablement grandi, en particulier les conifères qui dissimulent la rue de la Cascade depuis le pont d'Aas. Le bord du cours d'eau est alors renforcé par un mur de soutènement en pierre accentuant le caractère pittoresque des lieux. Les étendues gazonnées alternaient avec les parterres fleuris et arborés caractéristiques des parcs paysagers.

Le jardin a disparu lors du réaménagement du quartier entre les années 1950 et 1970, au moment de la démolition de l'établissement d'Orteig et de la construction de nouveaux équipements comme le fronton et des locaux techniques, toujours présents aujourd'hui. De l'aménagement originel ne subsistent que les anciens Bains ordinaires, remaniés en école communale durant l'entre-deux-guerres, et les vestiges des thermes.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Dates 1867, daté par source
1877, daté par source
Auteur(s) Auteur : Turon Jules,
Jules Turon

Conducteur de travaux, actif dans la seconde moitié du XIXe siècle aux Eaux-Bonnes et aux Eaux-Chaudes.


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conducteur de travaux, attribution par source

Quelques cartes postales et plans permettent de visualiser la place d'Orteig à l'origine. Le parc public, composé de plusieurs parterres entrecoupés de sentiers sinueux, s'inscrit dans l'esprit du jardin irrégulier et éclectique, en vogue dans les grands aménagements urbains de l'époque, aussi bien pour des questions esthétiques qu'hygiénistes. Cet espace, circonscrit entre les thermes d'Orteig à l'ouest, l'établissement d'hydrothérapie et le Valentin au sud, ainsi que les dernières maisons de la rue de la Cascade, constituait pour les villégiateurs un lieu de méditation et de dépaysement supplémentaire au sein de la série de promenades pittoresques emblématiques des Eaux-Bonnes.

Lors du réaménagement du site, le jardin, aujourd'hui complètement disparu, a été remplacé par un fronton de pelote basque et par une place goudronnée, facilitant l'accès aux locaux techniques s'étant substitués à l'ancien établissement thermal.

Plans jardin irrégulier
Jardins groupe d'arbres, parterre de gazon, massif de fleurs
États conservations remanié
Statut de la propriété propriété de la commune

Références documentaires

Documents d'archives
  • Bâtiments communaux. Expropriations pour construction d'une place devant les Thermes d'Orteig, 1864-1868.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes : B2
  • Bâtiments communaux. Embellissement des alentours de l'établissement d'Orteig, par Jules Turon, 14 janvier 1868.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes : B1
  • Bâtiments communaux. Établissement d'Orteig, 1864-1924.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes : B1
  • Bâtiments communaux. État résumé des travaux exécutés par Marcel Candau, 1877.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes : B2
Documents figurés
  • Plan cadastral des Eaux-Bonnes dressé par J. Turon le 17 septembre 1863, vu et approuvé par le préfet le 27 avril 1866.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes
  • Plan des Eaux-Bonnes, dans Guide Joanne, Hachette, 1894.

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