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Passage d'entrée du château de Sénéjac

Dossier IA33005433 réalisé en 2014

Fiche

Dossiers de synthèse

Dénominations passage d'entrée
Aire d'étude et canton Sud Médoc Estuaire
Adresse Commune : Le Pian-Médoc
Lieu-dit : Sénéjac
Adresse : Sénéjac
Cadastre : 1843 B2 324 ; 2012 AE 1
Précisions


Le passage d'entrée, qui semble la construction la plus ancienne du château de Sénéjac, permet de formuler plusieurs hypothèses de datation.

Premièrement, l'axe (hameau-château, ouest-est), suppose une organisation différente d'aujourd'hui, avec un corps de logis en fond de cour -et non rejeté sur le côté-, en lieu et place des bâtiments agricoles actuels. Ce logis donnerait des vues sur le jardin clos à pavillons d'angle, placé dans le prolongement est, disposition fréquente au 16e siècle.

Deuxièmement, la mise en œuvre du porche (bossage un sur deux), et plus particulièrement le traitement des fenêtres (visiblement sans traverse ni meneau), présentant des allèges en léger ressaut à motifs pendants, peuvent plaider en faveur d'une construction de la première décennie du 17e siècle. En effet, cette disposition semble à la mode en Guyenne à cette époque : phare de Cordouan (dès 1598), château de Cadillac (1598-1607), maison de Mathurin Peyrarède à Bergerac (1604), château de La Force (1604-1614), édifices dont les architectes sont parfois les mêmes, comme Pierre Boisson. Enfin, l'absence d'orifices de tir confirmerait une campagne postérieure aux guerres de Religion.

Or, les sources ne mentionnent rien entre 1589 et 1631, date à laquelle Pierre d'Ornano, ancien abbé de Sainte-Croix, passe un acte "en sa maison noble de Sénéjac". S'il ne fait sans doute pas construire, son père Alphonse d'Ornano, maréchal de France, lieutenant général en Guyenne et maire de Bordeaux (1599-1610), aurait toutes les qualités pour le faire. Il est au contact du seigneur de La Force et des dirigeants des villes de sa province, et surtout en faveur auprès d'Henri IV.

Ainsi, et dans la veine des grands chantiers de l'époque, il serait vraisemblable qu'une construction fut engagée dès les premières années du 17e siècle, par un des architectes en vue à cette époque en Guyenne.

Période(s) Principale : 1er quart 17e siècle

Le corps de passage se situe au nord-ouest du logis. Il se trouve dans l'axe d'un chemin qui mène du château au hameau de Sénéjac.

De plan quadrangulaire, il est composé d'un étage et un bâtiment lui est accolé sur le mur ouest qui renferme l'escalier.

Côté ouest, l'arc en plein cintre est traité en bossage un sur deux et plate-bande à clé légèrement passante vers le bas.

Le rez-de-chaussée et percé de quatre fenêtres et d'une porte.

À l'étage, quatre fenêtres, dont trois demi-croisées et une croisée, sont caractérisées par des allèges en léger ressaut et motifs pendants.

La charpente n'est plus apparente.

Murs calcaire pierre de taille enduit
bossage
Toit tuile creuse
Étages 1 étage carré
Couvrements
Couvertures toit en pavillon
Escaliers escalier demi-hors-oeuvre
Énergies
Techniques maçonnerie

Ce modeste élément architectural, vestige d'un ensemble plus important, constitue un Jalon dans la diffusion des goûts architecturaux en Guyenne au début du 17e siècle.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler

Annexes

  • Extrait des châteaux historiques de la Gironde, 1867.

    p. 107-108

    "Ce monument, le plus grandiose et le plus élégant de la commune, est situé à côté du bourg du Pian, sur le petit côteau [sic] qui domine la Jalle. Bien que moderne, il a déjà été remanié plusieurs fois.

    Au XVIIe siècle, c'était un Bourdieu qui fut acheté par M. le président de Basterot, lequel le fit démolir pour élever à sa place un petit château genre Louis XV, avec perron, pavillons, surmontés de girouettes aux armes des Basterot, reliés par une grille semi-circulaire. -Cet édifice coûta beaucoup à M. de Basterot, qui avait fait apporter la pierre de fort loin ; aussi ne tarda-t-il pas à le vendre à M. Barthez quelques temps avant la Révolution, puis émigra en 1792.

    M. Barthez, négociant à Bordeaux, garda le château de Malaret jusqu'en 1830, créa le vignoble et le crû Barthez, bien connu à l'étranger ; puis, il le vendit à M. Barde. Celui-ci le garda neuf ans, et le revendit à un riche notaire, nommé M. Sicard, qui démolit en partie le corps-de-logis et éleva au-dessus, vers 1842, une espèce de villa d'un style un peu lourd, ce qui fit dire à un homme d'esprit que cet édifice ressemblait "à un bourgeois greffé sur un gentilhomme."

    M. Sicard mourut dans son château en 1859, et l'année suivante sa veuve le vendit à M. Closman, riche négociant en vins, qui remania la construction, l'exhaussa et en fit le château moderne, qui est un des plus beaux du canton. Il dessine fièrement ses façades blanches, sculptées, son toit ardoisé, son perron moderne gardé par deux lions, et ses deux motifs octogones surmontés de terrasses.

    Devant la façade sud se déroule un tapis de verdure ; au nord s'avancent des servitudes et les anciens pavillons supportant les armes rouillées des Basterot ; puis à l'entour s'étend le vignoble, au milieu duquel viennent d'être élevés les bâtiments pour l'exploitation viticole.

    Le château de Malleret est un des meilleurs crûs de la commune ; il récolte de 60 à 80 tonneaux.

    (Renseignements fournis par M. de Maignol et par M. Closmann.- Visité en 1867.)".

Références documentaires

Bibliographie
  • GUILLON Edouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde. Bordeaux : Coderc, Dégréteau et Poujol, 1866-1869, tomes 1 à 4.

    t. 2, p. 106-107
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1922 (9e édition).

    p. 87
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