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Église paroissiale Saint-Jean-Baptiste (Saint-Barthélemy)

Paire de guéridons porte-luminaire, dits torchères

Dossier IM40005163 réalisé en 2013

Fiche

Dénominations guéridon porte-luminaire
Appellations torchère
Aire d'étude et canton Montfort-en-Chalosse
Adresse Commune : Poyanne
Emplacement dans l'édifice choeur

Ces deux guéridons ou torchères de style Louis XIV sont très proches de modèles parisiens des années 1700-1710, comme la paire aujourd'hui conservée au musée des Arts décoratifs à Paris (inv. 4325 A), peut-être dérivée des torchères en bois doré livrées en 1690 pour le salon de Mars à Versailles. On retrouve sur les guéridons poyannais la même base à consoles sur sabot carré, les volutes d'acanthe qui épaulent le sommet de la tige, le plateau hexagonal à bordure godronnée, etc. La richesse du décor et la virtuosité de la sculpture (dont témoigne la moitié supérieure, entièrement évidée, de la tige) incitent à voir dans ces meubles de luxe une dépouille du mobilier (mal documenté) du château seigneurial tout proche. L'ancienne chapelle castrale Saint-Barthélemy, qui a précédé l'église actuelle, fut donnée à la communauté du lieu par le troisième marquis de Poyanne, Philippe de Baylenx (1687-1725), en 1713, trois ans après son premier mariage avec Marie-Anne de Martin d'Auzeilles, célébré à Versailles en décembre 1710. Peut-être la paire de torchères fit-elle partie du mobilier apporté de la capitale par le jeune couple lors de son retour dans les terres landaises du marquis (celui-ci avait succédé à son père comme gouverneur de Dax et de Saint-Sever). On ignore toutefois l'époque de l'arrivée des guéridons dans l'église : leur trace n'est pas décelable dans les nombreux inventaires du mobilier de l'édifice dressés au XIXe siècle, avant et après sa reconstruction.

Période(s) Principale : 1er quart 18e siècle

Chaque guéridon est composé d'un piétement tripode à consoles sur sabots carrés, d'une tige légèrement fuselée, de section triangulaire, évidée dans sa moitié supérieure, et d'un plateau hexagonal au support évasé en corolle. Ces différents éléments sont constitués de nombreuses pièces assemblées par tenons et mortaises. La sculpture est essentiellement dans la masse. La dorure à la feuille d'origine a été recouverte d'une peinture faux or qui empâte les ornements et dissimule les joints d'assemblage. Des traces d'ornements en apprêt gravé sont encore visibles sur le culot du plateau.

Catégories menuiserie, sculpture
Matériaux noyer, (?), tourné, décor en relief, décor dans la masse, ajouré, peint faux or, apprêt gravé
Mesures h : 176.0
la : 48.0
la : 29.0
la : 70.0
Iconographies ornementation, console, volute, feuille d'acanthe, chute végétale, lambrequin, godron
Précision représentations

Les trois consoles en volute du piétement sont ornées de longues feuilles d'acanthe s'enroulant à leur sommet. La tige est épaulée à sa base par trois volutes sortantes, à son sommet par trois volutes rentrantes ; d'autres feuilles d'acanthe ornent son culot et sa bague médiane ; des chutes de feuilles soulignent ses faces, pleines dans la moitié inférieure, ajourées dans la partie supérieure ; son sommet ajouré, dont la base est marquée par un petit lambrequin, abrite à l'intérieur un gros fleuron d'acanthe. Le culot évasé à pans qui supporte le plateau est orné d'autres acanthes sur fond quadrillé en reparure et de grosses fleurs à six pétales inscrites dans des cartouches en forme de 8, eux-mêmes flanqués de larges feuilles débordant des angles du plateau ; le bord de celui-ci est sculpté d'une frise de godrons.

États conservations repeint
Précision état de conservation

La dorure à la feuille a été recouverte vers 1960 d'une épaisse couche de bronzine.

Cette paire de torchères d'une qualité exceptionnelle, sans doute d'origine parisienne, est probablement liée au mobilier du château des marquis de Poyanne.

Statut de la propriété propriété de la commune (?)
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections classé au titre objet, 1963/09/09
Précisions sur la protection

L'arrêté de protection ne mentionne curieusement qu'un seul "candélabre (sic), bois sculpté, 17e siècle".

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Maisonnave Jean-Philippe