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Église paroissiale Saint-Jacques

Ostensoir (n° 1)

Dossier IM40007950 réalisé en 2019

Fiche

Dénominations ostensoir
Numérotation artificielle 1
Aire d'étude et canton Tartas est
Adresse Commune : Tartas
Adresse : place Saint-Martin , cours Saint-Jacques
Emplacement dans l'édifice sacristie

Comme en atteste le Cahier paroissial de Tartas rédigé par le curé-doyen Jean Darriot (communiqué par l'abbé Dominique Bop, 2019), cet ostensoir était en possession de la paroisse avant 1937, date à laquelle il fut confié pour restauration à la maison parisienne Demarquet frères (1890-1939). Selon la tradition orale transmise par l'abbé Darriot, l'objet aurait été apporté d'Espagne par un soldat de l'Empire à son retour de "la guerre faite en ce pays par l'Empereur" (1808-1814), puis vendu par lui (après remplacement des pierres fines ou précieuses qui décoraient la gloire par de la verroterie) à un habitant de Tartas qui en fit don à l'église Saint-Jacques. Après cette acquisition, l'ostensoir fut déposé au presbytère paroissial, d'où il ne semble pas être sorti pendant plusieurs décennies - l'inventaire des biens de la fabrique réalisé en février 1906 ne le mentionne pas.

L'expertise effectuée au moment de sa restauration par l'entreprise Demarquet fait état de poinçons "allemands" relevés sur l'objet. Ces marques, en dépit d'un examen minutieux, n'ont pu être repérées lors de l'enquête de 2019 sur aucune des pièces le composant - du moins sur leur face externe, l'objet n'ayant pu être démonté. Du reste, l'identification de ces poinçons introuvables avec des marques allemandes se révèle elle-même sujette à caution, car la pièce est indubitablement de fabrication espagnole, comme le laissait déjà supposer sa provenance traditionnellement admise. Son décor caractéristique (gloire à rayons étoilés, tige à nœuds multiples hérissés d'anses en crochet) permet de le rapprocher de plusieurs créations similaires, dont trois ostensoirs (en argent) conservés au Victoria & Albert Museum de Londres. Deux de ces pièces sont datées des années 1620 ou 1630 et auraient été produites en Espagne septentrionale. La première ("vers 1620"), acquise à Burgos en 1921, proviendrait du diocèse de Vitoria (province d'Alava) ; la seconde ("vers 1630") présente la composition la plus proche de celle de l'ostensoir de Tartas ainsi que les mêmes cabochons ovales émaillés sertis sur les différents éléments. Un troisième ostensoir, plus tardif, serait une création mexicaine des années 1690-1710, inspirée à l'évidence de ces modèles espagnols du Siècle d'Or. Enfin, un dernier objet similaire, "probablement espagnol", passé en vente chez Christie's à Amsterdam le 10 décembre 2007, est daté du milieu du XVIIe siècle.

L'ostensoir tarusate, en bon état de conservation, n'a subi que des réfections mineures lors de sa restauration de 1937 : la croix sommitale (un remploi évident) a peut-être été remplacée à cette occasion. En revanche, il ne semble pas que la proposition de la maison Demarquet de fournir une nouvelle "custode" (id est lunule) en argent doré selon "le nouveau règlement" ait été suivie d'effet : la lunule actuelle à motifs rayonnants, qui a le même caractère d'ancienneté que les autres éléments, est bien identique à celles des ostensoirs londoniens précités. De même, le projet peu réalisable de restituer de nouvelles pierres précieuses en remplacement des verroteries de la gloire fut aussitôt abandonné en raison de son coût trop élevé.

Période(s) Principale : 1ère moitié 17e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle
Dates 1937, daté par source
Lieu d'exécution Édifice ou site : Espagne
Auteur(s) Auteur : Demarquet frères,
Demarquet frères

Fabrique d'orfèvrerie à Paris ; poinçon insculpé en 1890, biffé en 1939.


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orfèvre, restaurateur, attribution par source

Ostensoir en bronze doré ; base composée d'une bâte octogonale à cavet et d'un talus circulaire plat à côtes gravées ; pied en plusieurs éléments maintenus par une tige filetée, avec trois nœuds superposés, respectivement (de bas en haut) en forme d'urne cylindrique, d'amphore ovoïde et de vase à col allongé ; gloire circulaire à large lunette vitrée, entourée de rayons droits et flammés et amortie d'une croix ancrée (en remploi) ; fermeture de la lunette au revers par une goupille. Décor en demi relief fondu et riveté sur le bord de la base, soudé sur les nœuds, fileté au sommet de la tige et en support de la croix sommitale. Cabochons émaillés ovales sertis sur le talus de la base, les nœuds de la tige et le pourtour de la lunette ; cabochons de verroterie alternativement rouge, verte et blanche à l'extrémité des rayons de la gloire. A l'intérieur de la lunette, une large lunule en argent (?) doré et cristal.

Catégories bronze d'art, orfèvrerie
Structures plan, circulaire
Matériaux bronze, fondu, décor en bas relief, décor dans la masse, décor en demi relief, décor rapporté, fondu, gravé, poinçonné motif en creux, doré, peinture à l'émail
argent, (?), fondu, doré
verre transparent, décor, coloré, rouge, vert, incolore
Mesures h : 57.5
h : 67.5
la : 27.5
d : 24.0
Iconographies ornementation, angelot, rayons lumineux, croix ancrée, cabochon, fleur, urne, vase, étoile, feuille d'acanthe, terme
Précision représentations

Les huit pans de la base sont ornés d'angelots aux ailes déployées, fondus et rivetés sur la bâte. Le talus circulaire de la base est divisé par des côtes en huit quartiers, chacun décoré d'un cabochon ovale peint à l'émail à motif de fleurs roses à huit pétales et de feuilles vertes, le cabochon encadré par de grandes palmes en volutes affrontées, gravées dans le métal. La tige est composée de trois nœuds superposés, l'inférieur en forme d'urne cylindrique, le médian en forme d'amphore et le supérieur en forme de vase à col, tous trois sertis de cabochons émaillés identiques à ceux de la base et dotés d'anses en volute ou crochet enrichies de feuilles d'acanthe ; le nœud médian, à deux niveaux séparés par un bandeau, comporte en outre au niveau inférieur trois termes féminins engainés, la tête couronnée de fleurs, le buste nu, le bas du corps drapé dans un linge noué que retiennent les deux bras levés. Au sommet de la tête, un "chapiteau" fondu est composé de quatre têtes angéliques adossées. La lunette de la gloire, dont le cercle est poinçonné de motifs géométriques (losanges à bords incurvés, étoiles, frises de points) et serti de huit cabochons émaillés, est entourée de rayons alternativement flammés et droits, ces derniers terminés par un soleil ou étoile, lui-même à rayons flammés, orné d'un cabochon de verroterie rouge, verte ou blanche. La croix sommitale à extrémités ancrées (en remploi) est encastrée dans un support en forme d'angelot, lui-même posé sur un petit socle cubique mouluré. La lunule, dont le support adopte la forme d'un vase à panse galbée, comporte un cercle mouluré et une couronne de rayons alternativement droits et flammés comme ceux de la gloire.

Inscriptions & marques poinçon, (?)
Précision inscriptions

Des poinçons "allemands" auraient été relevés sur l'objet lors de l'expertise de 1937 (voir historique).

États conservations partie remplacée
Précision état de conservation

La croix sommitale est un remploi. Des cabochons de verroterie ont remplacé au XIXe siècle les pierres fines ou précieuses qui ornaient certains rayons de la gloire.

Rare ostensoir espagnol des années 1620-1630.

Statut de la propriété propriété d'une association cultuelle
Intérêt de l'œuvre À signaler

Annexes

  • Extrait du "Cahier paroissial de Tartas" par l'abbé Jean Darriot, concernant un ostensoir "antique" (archives privées, communiqué par l'abbé Dominique Bop)

    "Ostensoir antique. Acheté à un soldat de Napoléon Ier qui l'avait apporté d'Espagne après la guerre faite en ce pays par l'Empereur. A l'extrémité des rayons, il y avait probablement des pierres de valeur qui furent vendues peut-être par le soldat ou par la personne qui acheta l'ostensoir, et qui furent remplacées par de la verroterie. Les châtons (sic) bosselés témoignent qu'on les avait adaptés successivement à différentes pierres. A l'arrivée de M. Darriot il avait besoin d'avoir le pied consolidé [et fut] confié à Fernand Durand qui l'envoya à Demarquet orfèvre à Paris.

    Lettre de Demarquet du 10 sept. 1937. "Ostensoir très ancien, de très grande valeur, serait encore plus précieux si c'était un travail français (défectueux : au pied, trop faible), rayons et croix montés sur écrous rivés, pièces montées les unes dans les autres avec un seul pas de vis (risque de vis sans fin). Grosses difficultés : les pierres, fausses, 15 à 20 à remplacer ou fournir (se contenter de celles disponibles : prix fou pour en faire retailler...). Prix : 1000 francs et 6 semaines de travail (pour ne pas abimer la patine ancienne on ne peut rien passer au feu)... Y compris une custode (lunule ?) en argent doré, nouveau règlement."

    Après la réparation, novembre 1937. "Pour information, l'ostensoir est de fabrication allemande (tous les poinçons sont allemands), très ancien à conserver précieusement et à entretenir."

Références documentaires

Documents d'archives
  • DARRIOT Jean (abbé). Cahier paroissial de Tartas.

    Collection particulière

Liens web

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