Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Moulin disparu de La Bermondie

Dossier IA24004399 réalisé en 2013

Fiche

Á rapprocher de

Genre seigneurial
Appellations Moulin de Jean Bermond, moulin de Cazenare, moulin de Chinchaubran, moulin de Saint-Chabran, moulin de La Bermondie
Parties constituantes non étudiées grange, étable, maison
Dénominations moulin
Aire d'étude et canton Vallée de la Vézère - Montignac
Adresse Commune : Thonac
Lieu-dit : Saint-Chabran
Cadastre : 1813 C 392 Le moulin est accompagné d'une maison, d'une cour et d'une grange situées sur la parcelle 87 ; 2019 0C 656 Les seuls bâtiments subsistants, la maison, la cour et la grange, sont les parcelles 653, 654 et 655

La plus ancienne mention du moulin remonte à l'année 1304, date à laquelle il appartient à Jean Bermond : "molendino Johannis Bermon" ; et qu'il est attesté près de la "via publica itur de dicto molendino versus Montinhiaci", configuration qui est bien celle qu'on lui connait à l'époque moderne. Il est alors certainement déjà une dépendance de la seigneurie de La Bermondie, qui appartient à la famille Bermond.

Au sortir de la guerre de Cent Ans, lorsque ce fief est partagé, le moulin fait partie des biens appartenant à Jean de Casnac (ou Cazenac, Cazerac, Cazenare), du lieu de Beynac, qui se dit "dominus de l'hospicium de la Bermondia" en 1459. En 1618 (21 mars) et en 1619 (31 mars), Ramond La Salvetat et Bertrande Roche (ou La Roche), conjoints, se disent "moyniers [meuniers] du seigneur de La Bermondie" ou "moynière [meunière] du moulin de La Bermondie". Bien plus tard, en 1655, le moulin est mentionné sous l’appellation de "Chinchaubrun" ; il l'est encore sous ce nom en 1768, figurant sur la planche n° 23 de la carte de Belleyme levée à cette date.

En 1790, le moulin est acheté par Élie Lacoste, docteur en médecine, qui réside à Montignac. Ce médecin, qui s'illustre pendant la période révolutionnaire comme administrateur de la Dordogne (1789), député de l'Assemblée législative (1791) et du département de la Dordogne à la Convention nationale (1793), possède, outre le moulin, désormais appelé de Saint-Chabran ou "Chimchambran", mais aussi encore de "Cazenat", les domaines de La Rebeyrolie et de La Vergne à Thonac, ainsi que le domaine de Roubinie à Saint-Amand-de-Coly. Après son amnistie en 1795, Lacoste revient à Montignac exercer sa profession jusqu'à sa mort en 1806. L'équipement du moulin se composait alors de deux meules frumentales et d'un pressoir à huile. En 1801, Élie Lacoste le restaure par des travaux se montant à 400 francs.

Le plan cadastral ancien de 1813 représente le moulin plus précisément, en plan-masse : le bâtiment principal, de plan rectangulaire orienté nord-sud, est disposé parallèlement à la retenue et au bief, la chute d'eau étant ainsi placée perpendiculairement au bâtiment. A cette date, il est accompagné d'une maison et d'une grange, située au nord d'une cour ; il appartient alors à la veuve d'Élie Lacoste.

L'ancien moulin, de même que la retenue, le bief et la chute d'eau, ont totalement disparu à une date inconnue.

Période(s) Principale : Moyen Age
Principale : Temps modernes
Auteur(s) Personnalité : Lacoste Elie,
Elie Lacoste (1745 - 1806)

Médecin, comme son père et son arrière-grand-père, à Montignac, favorable aux idées révolutionnaires, meurtrier d'un gentilhomme périgourdin dans un duel, Élie Lacoste devient administrateur de la Dordogne en 1789. Élu député à l'Assemblée législative (1791), réélu à la Convention nationale par le département de la Dordogne (1793), il vote pour la mort du roi lors du procès de Louis XVI et remplit des missions dans le Lot et la Dordogne pour la levée de 300 000 hommes, puis dans le Nord et le Pas-de-Calais, à l'Armée du Nord. Élu au Comité de sûreté générale en 1793, il était chargé de l'énorme et fastidieuse besogne policière, mais a refusé de se charger de l'approvisionnement de Paris, se déclarant incompétent.

Le 13 brumaire an II (3 novembre 1793), il est envoyé par décret en mission aux armées du Rhin et de la Moselle avec Ehrmann, Marc Antoine Baudot et Lémane1, participe à la bataille de Kaiserslautern2 et s'oppose à Saint-Just et à Le Bas et d'autres commissaires de la Convention arrivés après lui, après qu'il a nommé Lazare Hoche général en chef de ces deux armées réunies, alors que ses collègues préféraient Jean-Charles Pichegru. Il est à Paris avec Marc Antoine Baudot le 25 nivôse an II (14 janvier 1794), il retourne aux armées peu après. Le 8 pluviôse (27 janvier), les deux hommes prennent à Strasbourg un arrêté réclamant à la population 30 000 souliers et 3 000 manteaux, dans un souci permanent d'approvisionner les troupes.

Le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), il attaque Maximilien de Robespierre, demande l'arrestation de Georges Couthon et de Louis Antoine Léon de Saint-Just, sans pour autant accuser les membres de la Commune de Paris. Ayant pris la défense des anciens membres des comités, il est décrété d'arrestation le 1er prairial an III (20 mai 1795) et amnistié ensuite. Sa carrière politique est terminée et il revient à l'exercice de la médecine à Montignac.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
propriétaire, attribution par source

Le moulin a complètement disparu, y compris la retenue et le bief (dont seul le tracé subsiste dans le parcellaire cadastral actuel). En revanche, la maison et les dépendances agricoles sont encore en place.

États conservations détruit
Statut de la propriété propriété d'une personne privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Mémoires envoyés au seigneur d’Albret par les officiers ordinaires des châtellenies et autres lieux de la vicomté de Limoges et comté de Périgord (1502)

    Mention de Cazerac (ou Casnac), Jean, Antoine et Ramonet Bermon Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques : E 669
  • Hommages rendus à Henri II, roi de Navarre, 1541.

    Hommages de Jean Bermond "le vieux" (fol. 23r°) et de Raymond de Cazenac (fol. 24r°) comme coseigneurs de La Bermondie Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques : B 1807
  • AD Dordogne. Registre paroissial de Thonac, Baptèmes, mariages, sépultures, collection communale (1613-1790).

    21 mars 1618 et 31 mars 1619 Archives départementales de la Dordogne
Documents figurés
  • Carte de la Guyenne par Belleyme. Reproduction en fac-similé de l'édition du XVIIIe siècle conservée à l'Institut géographique national, par Pierre de Belleyme, IGN.

    Planche n° 23 levée en 1768 Archives départementales de la Dordogne : 1 Fi 2 Dordogne 0013
  • Plan cadastral ancien de la commune de Thonac, 1813.

    Section D, 2e feuille Archives départementales de la Dordogne : 3 P3 6119 à 3 P 3 6125
Bibliographie
  • GOURGUES Alexis de. La Dordogne. Dictionnaire topographique du département. Paris : Res Universis, 1992, fac-similé de l'édition de 1873 (Monographies des villes & villages de France).

    p. 60
Périodiques
  • LABADIE Jean-Christophe. "Aspects de la fortune et des revenus du conventionnel Elie Lacoste". Sarlat et le Périgord. Acte du XXXIXe Congrès d'études régionales tenu à Sarlat les 26 et 27 avril 1987. Périgueux : Société historique et archéologique du Périgord, 1987, p. 69-84.

    p. 70-71
  • FOURNIOUX Bernard. « Le paysage agraire de la châtellenie de Montignac et son environnement humain à la fin du Moyen Age ». Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. CXXVII, 2000. p. 139-162.

    p. 160
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Pagazani Xavier