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Métairie de Lavergne, puis ferme

Dossier IA24004347 réalisé en 2013

Fiche

Á rapprocher de

Appellations Ferme de Lavergne, Ferme de La Vergne, métairie de La Vergne
Destinations ferme
Parties constituantes non étudiées grange, cabane
Dénominations ferme
Aire d'étude et canton Vallée de la Vézère - Montignac
Adresse Commune : Thonac
Lieu-dit : Lavergne
Cadastre : 1813 C 12 ; 2019 0C 482

Situé au nord de la cour et orienté est-ouest, le bâtiment principal du corps de ferme, de plan rectangulaire, remonte au XVIe siècle : il conserve un montant de porte et une fenêtre, en place, à ébrasement en chanfrein droit. La maison présente également l'emplacement d'un évier en pierre et possède un sol en pisé (indatable).

Un hommage rendu le 27 septembre 1541 au seigneur-châtelain de Montignac par "Jehan Bermond le Vieulx, habitant du repaire noble de la Bermondie en partie" pour "la maison nommée de la Vernhe, parroisse de Tonnac" (fol. 23) et la proximité de la maison noble de La Bermondie suggèrent que La Vergne était la principale métairie du domaine. Autrement dit, ce serait La Vergne qui serait concernée par la description de la paroisse de Thonac en 1502 : parmi les gentilshommes alors présents dans la paroisse figurent en effet plusieurs membres de la famille Bermond, Jean, Antoine et Ramonet, chacun possédant "sa metayrie franche et beaux domaine, chacun 50 livres de rente [par an]". Par conséquent, le domaine agricole dut suivre le destin de la seigneurie de La Bermondie jusqu'à la fin du XVIIe siècle.

Le 27 juin 1686 eut lieu une "transaction portant délaissement de la métairie de Lavergne par le seigneur et dame de Losse en faveur d'Antoine Veyssière". Après Antoine, le domaine passe à Élie Veyssière, curé de Mussidan, qui, après maintes démarches, en fait donation en 1759 à son neveu, Élie Lacoste, un docteur en médecine qui réside à Montignac.

La planche n° 23 de la carte de Belleyme levée en 1768 indique que "la Vergne" est une exploitation agricole relativement importante.

A la mort d'Élie Lacoste en 1783, le domaine passe à son fils, prénommé comme lui et également médecin à Montignac : il s'illustre pendant la période révolutionnaire comme administrateur de la Dordogne (1789), député de l'Assemblée législative (1791) et du département de la Dordogne à la Convention nationale (1793). Outre La Vergne, celui-ci possède le domaine de La Rebeyrolie et le moulin de Saint-Chabran à Thonac, ainsi que le domaine de Roubinie à Saint-Amand-de-Coly. Après son amnistie en 1795, Lacoste revient à Montignac exercer sa profession, jusqu'à sa mort en 1806.

Après la mort d’Élie Lacoste, le domaine revient à sa veuve, Jeanne de Boussier. Le plan cadastral ancien levé en 1813 indique que les trois domaines situés à Thonac, La Rebeyrolie, La Vergne et Saint-Chabran sont non seulement mitoyens les uns des autres, mais aussi parfaitement arrondis, celui de La Rebeyrolie étant sans doute le plus homogène de tous. Grandes parcelles de vigne, terres labourables et châtaigneraies y sont presque à part égale, surtout si l'on considère que les parcelles alors en friche étaient destinées à la viticulture.

Les bâtiments de La Vergne ont été largement transformés au XIXe siècle - une partie de la maison semble alors avoir été transformée en cuvier - et encore plus récemment.

Période(s) Principale : 16e siècle
Secondaire : 2e moitié 19e siècle
Secondaire : 2e moitié 20e siècle
Auteur(s) Personnalité : Lacoste Elie,
Elie Lacoste (1745 - 1806)

Médecin, comme son père et son arrière-grand-père, à Montignac, favorable aux idées révolutionnaires, meurtrier d'un gentilhomme périgourdin dans un duel, Élie Lacoste devient administrateur de la Dordogne en 1789. Élu député à l'Assemblée législative (1791), réélu à la Convention nationale par le département de la Dordogne (1793), il vote pour la mort du roi lors du procès de Louis XVI et remplit des missions dans le Lot et la Dordogne pour la levée de 300 000 hommes, puis dans le Nord et le Pas-de-Calais, à l'Armée du Nord. Élu au Comité de sûreté générale en 1793, il était chargé de l'énorme et fastidieuse besogne policière, mais a refusé de se charger de l'approvisionnement de Paris, se déclarant incompétent.

Le 13 brumaire an II (3 novembre 1793), il est envoyé par décret en mission aux armées du Rhin et de la Moselle avec Ehrmann, Marc Antoine Baudot et Lémane1, participe à la bataille de Kaiserslautern2 et s'oppose à Saint-Just et à Le Bas et d'autres commissaires de la Convention arrivés après lui, après qu'il a nommé Lazare Hoche général en chef de ces deux armées réunies, alors que ses collègues préféraient Jean-Charles Pichegru. Il est à Paris avec Marc Antoine Baudot le 25 nivôse an II (14 janvier 1794), il retourne aux armées peu après. Le 8 pluviôse (27 janvier), les deux hommes prennent à Strasbourg un arrêté réclamant à la population 30 000 souliers et 3 000 manteaux, dans un souci permanent d'approvisionner les troupes.

Le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), il attaque Maximilien de Robespierre, demande l'arrestation de Georges Couthon et de Louis Antoine Léon de Saint-Just, sans pour autant accuser les membres de la Commune de Paris. Ayant pris la défense des anciens membres des comités, il est décrété d'arrestation le 1er prairial an III (20 mai 1795) et amnistié ensuite. Sa carrière politique est terminée et il revient à l'exercice de la médecine à Montignac.


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habitant célèbre, propriétaire, attribution par source

Les bâtiments de la ferme s'organisent autour d'une petite cour intérieure, dont le côté nord est fermé par le bâtiment principal, une maison de plan rectangulaire orientée est-ouest et composée de deux corps de logis au même alignement. Trois autres bâtiments, une grange-étable, des bergeries et porcheries, forment les autres côtés de la cour.

Le bâtiment principal est composé de deux corps de logis aux toits de hauteur différente, mais qui ne comprennent tous les deux qu'un rez-de-chaussée. Les deux sont construits en moellon pour les murs et en pierre de taille pour les parties vives (chaînes d'angle, portes et fenêtres). Certaines baies sont à chanfrein droit, tandis que les grandes fenêtres sont à chaînes de pierre harpées régulièrement. Les deux couvertures sont en tuile mécanique.

Murs calcaire moellon
calcaire pierre de taille
Toit tuile plate mécanique
Couvertures toit à longs pans
Statut de la propriété propriété d'une personne privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Mémoires envoyés au seigneur d’Albret par les officiers ordinaires des châtellenies et autres lieux de la vicomté de Limoges et comté de Périgord (1502)

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques : E 669
  • Hommages rendus à Henri II, roi de Navarre, 1541.

    Hommage de Jean Bermond "le vieux" (fol. 26r°) comme coseigneur de La Bermondie pour La Vergne, 27 septembre 1541 Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques : B 1807
Documents figurés
  • Plan cadastral ancien de la commune de Thonac, 1813.

    Section C Archives départementales de la Dordogne : 3 P3 6119 à 3 P 3 6125
  • Carte de la Guyenne par Belleyme. Reproduction en fac-similé de l'édition du XVIIIe siècle conservée à l'Institut géographique national, par Pierre de Belleyme, IGN.

    Planche n° 23 levée en 1768, publiée entre 1785 et 1789 Archives départementales de la Dordogne : 1 Fi 2 Dordogne 0013
Périodiques
  • CHAMPEVAL Jean-Baptiste. « Hommage du Comté de Périgord en 1541 rendus à Henri de Navarre, sire d’Albret, comte de Périgord, comme tel ». Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord. Tome XXV (1898), p. 371-376.

    N° 12 (avec des erreurs de transcription)
  • LABADIE Jean-Christophe. "Aspects de la fortune et des revenus du conventionnel Elie Lacoste". Sarlat et le Périgord. Acte du XXXIXe Congrès d'études régionales tenu à Sarlat les 26 et 27 avril 1987. Périgueux : Société historique et archéologique du Périgord, 1987, p. 69-84.

  • FOURNIOUX Bernard. « Le paysage agraire de la châtellenie de Montignac et son environnement humain à la fin du Moyen Age ». Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. CXXVII, 2000. p. 139-162.

    p. 160
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