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Maison

Dossier IA24003011 réalisé en 2012

Fiche

Á rapprocher de

  • Maison
    Monpazier, 9 rue de la Porte-de-Campan

Dossiers de synthèse

Dénominations maison
Aire d'étude et canton Monpazier (commune) - Monpazier
Adresse Commune : Monpazier
Adresse : 11 rue de la Porte-de-Campan
Cadastre : 1845 SU 464 à 467, 472, 473 ; 1986 AC 334, 335, 339

Les observations archéologiques réalisées sur les maçonneries du couvert (piliers, arcs, cordon d'appui), au sud, et les fenêtres à croisée aménagées dans l'élévation nord situent la construction de l'édifice dans la seconde moitié du 14e siècle. Une structure rectangulaire, mise au jour lors de la fouille archéologique du sol du couvert, laisse penser qu'un escalier extérieur a pu exister. Une cheminée située au premier étage du bâtiment, du côté du "carreyrou", indique un réaménagement au 17e siècle. Les grandes baies visibles aujourd'hui depuis la place des Cornières, l'aspect de la devanture située sous le couvert, les percements annexes réalisés côté ruelle et beaucoup d'aménagements intérieurs (cheminées, placards et éviers muraux) traduisent un remaniement important de la maison à la limite des 18e et 19e siècles.

Période(s) Principale : 2e moitié 14e siècle
Secondaire : 17e siècle
Secondaire : limite 18e siècle 19e siècle

La maison occupe un "moulon" attenant à la place des Cornières ; elle est dotée d'un couvert qui enjambe la rue de la Porte-de-Campan et augmente ainsi sensiblement sa superficie. L'édifice est inscrit dans le parcellaire médiéval de la bastide ; aucune androne ne semble avoir existé à l'ouest, alors qu'une est conservée à l'est.

Une maison médiévale importante

L'édifice ne comporte pas un caractère médiéval évident de prime abord, même si un cordon d'appui au premier étage, interrompu par un percement plus récent, et des arcs (restaurés) au rez-de-chaussée rappellent pourtant la première campagne de construction. Côté "carreyrou" ces vestiges sont mieux conservés : si le rez-de-chaussée est très dégradé, des jours haut placés et les vestiges de l'embrasure d'une porte centrale subsistent. Surtout, une fenêtre à croisée demeure au centre de chacun des étages et un mur écran couronne l'élévation en lui procurant un surcroît de monumentalité. A l'intérieur, où le soin porté à l'appareillage des murs transparaît encore par endroit, quelques aménagements révèlent la distribution originelle des espaces : au rez-de-chaussée, une porte en arc brisé ouvre dans le refend qui délimite l'emprise de l'échoppe médiévale. Au premier étage, dans la pièce tournée vers le "carreyrou" (et accessible par quelques marches) se trouve un évier mural à tablette placé dans une niche en arc segmentaire, dont la vasque est placée très bas. Au deuxième étage - une disposition rare à Monpazier -, une porte à coussinet, environnée de peintures murales, ouvre vers l'étage de la maison voisine (d'autres traces plus ténues de communications subsistent dans ce mur gouttereau ouest). Enfin, dans la partie arrière, le revers du mur écran livre la trace de pierres en saillie qui indiquent le profil initial - très pentu - de la toiture ; cet aménagement est d'autant plus précieux qu'aucune autre maison de Monpazier n'a livré de vestige exploitable pour la connaissance du couvrement. Hormis ces éléments épars, les indices relatifs à l'aménagement intérieur et à la circulation manquent cruellement ; peut-être faut-il restituer une cour intérieure dans la zone centrale (et non dans l'actuelle cage d'escalier).

Les remaniements successifs.

Les remaniements apportés à l'époque moderne n'ont guère modifié la structure de la maison. La pièce arrière est dotée au 17e siècle d'une cheminée dont les piédroits, galbés et aux jouées rehaussées de bandeaux, supportent un imposant linteau monolithe. Le premier étage du couvert est orné de peintures murales, mis au jour récemment, et dont seuls quelques fragments sont visibles.

C'est surtout à la fin du 18e ou au début du 19e siècle que l'édifice connaît une restructuration d'envergure : la cage d'escalier et les galeries actuelles sont créées, centralisant ainsi la distribution dans la demeure. L'obscurité du cœur de la parcelle est compensée par un petit percement, au sud-est, qui tire parti de la suppression du couvert voisin ; et des fenêtre vitrées sont installées en direction de la cage d'escalier qui fait ainsi office de puits de lumière. Les pièces du couvert et de la partie centrale de la maison sont réaménagées, dotées de petites cheminées, de placards muraux et d'éviers.

Murs calcaire moellon enduit
Toit tuile creuse
Étages 2 étages carrés
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier dans-oeuvre, escalier tournant à retours sans jour, en charpente
Techniques peinture
Représentations ornement géométrique, fleur de lys
Précision représentations

Vestiges de peintures murales décoratives : tentures tendues à motifs géométriques au 2e étage, motifs géométriques et fleurs de lys au premier étage du couvert.

Cette maison apparaît particulièrement intéressante à l'échelle de la bastide, d'abord parce qu'elle développe un programme résidentiel important dès le Moyen Âge, qui a laissé des traces notables ; ensuite, car elle s’affranchit des contraintes du parcellaire par l'établissement de communication en direction de la maison voisine (à l'ouest) et atteste ainsi d'une recomposition, totale ou partielle mais en tout cas singulière, de son programme.

Statut de la propriété propriété d'une personne privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections classé MH, 1904/12/21
Précisions sur la protection

Façade et galerie couverte (AC 334) : classement par arrêté du 21 décembre 1904.

Références documentaires

Bibliographie
  • L'HONNEUR R. (docteur). Monpazier : logis, gens et faits d'autrefois. Monpazier : s.d. [vers 1950].

  • OUDIN Philippe. Etude préalable : restauration du bâti architectural des immeubles situés autour de la place des Cornières. 2003, 2 vol.

  • PONS Jacques. La bastide de Monpazier : Document final de synthèse : la bastide de Monpazier. 1997, 2 vol.

Périodiques
  • GARRIGOU-GRANDCHAMP Pierre. "L'architecture domestique des bastides périgourdines". Congrès archéologique de France, 1998.

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Commune de Monpazier - Quost Baptiste