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Maison

Dossier IA24003014 réalisé en 2012

Fiche

Dossiers de synthèse

Dénominations maison
Aire d'étude et canton Monpazier (commune) - Monpazier
Adresse Commune : Monpazier
Adresse : 35 rue Saint-Jacques
Cadastre : 1845 SU 581, 584 ; 1986 AC 112

La construction de l'édifice date sans doute du 14e siècle, comme l'indiquent les naissances d'arcs brisés et les fragments de cordons d'appui décelables dans l'élévation est du couvert, la porte à arc brisé cantonnée de jours haut placés du côté du "carreyrou" (à l'ouest) et l'arrachement de baie dans le comble. L'étage du couvert comporte une cheminée indiquant une reprise partielle de la demeure au début du 18e siècle. La façade tournée vers la place témoigne cependant d'un réaménagement intervenu dans le troisième quart du 18e siècle : la clef de l'arc plein-cintre du couvert porte la date "1773" et les étages affichent des baies à arc segmentaire. Un percement de même type est visible côté "carreyrou". La cour intérieure, elle, semble réaménagée au cours du 19e siècle (larges arcs, galerie en bois).

Période(s) Principale : 14e siècle
Secondaire : 1ère moitié 18e siècle
Principale : 3e quart 18e siècle
Secondaire : 19e siècle
Dates 1773, porte la date

L'édifice fait partie du "moulon" qui borde la place des Cornières, à l'ouest ; il est parfaitement inscrit dans le parcellaire médiéval, possède un androne au nord et au sud et est augmenté, vers l'est, d'un couvert qui enjambe la rue Saint-Jacques.

Une maison médiévale particulièrement importante...

L'édifice conserve en plusieurs endroits des vestiges médiévaux qui permettent d'apprécier son importance : à l'est, au rez-de-chaussée, le revers de la façade conserve encore la naissance de deux arcs brisés (dont la base a été retrouvée lors des fouilles archéologiques du sol du couvert), tandis qu'au premier étage de cette même élévation, près des angles, sont encore visibles les départs d'un cordon d'imposte (plus que d'appui, probablement, vu sa hauteur) aujourd'hui bûché. Au niveau du comble, le mur gouttereau nord présente l'arrachement d'un mur de refend (à l'aplomb du mur aligné sur la rue) dans lequel est encore visible un piédroit chanfreiné, signe qu'à l'origine un troisième niveau d'habitation existait.

Côté "carreyrou", la porte couverte d'un arc brisé et cantonnée de deux jours haut-placés signale l'existence d'un quatrième niveau, induit par la pente naturelle du terrain et placé légèrement plus bas que le rez-de-chaussée.

A ces vestiges, qui indiquent qu'au Moyen Âge la parcelle est occupée en totalité - de la place au "carreyrou" -, il faut ajouter les traces relevées dans la partie centrale de l'édifice, l'actuelle cour intérieure : au niveau du premier étage, au dessus d'une reprise assez évidente des maçonneries, le mur gouttereau nord présente une porte (communication ou ancienne latrines ?) et un arc brisé (ancien placard ou évier) ; ce dernier est partiellement masqué par le mur sur cour de la partie antérieure de la maison, signe d'un remaniement ultérieur. En face, le mur gouttereau sud, d'une construction plus belle et plus homogène, conserve une porte qui pourrait aussi signaler une communication vers la maison voisine ou l'accès à des latrines donnant sur l'androne. Ces équipements immobiliers, qu'on imagine faire partie de pièces d'habitation fermées, posent la question de l'existence de cette cour intérieure au Moyen Âge. Les reprises importantes qui ont perturbé le gros-œuvre aux 18e et 19e siècles ne permettent cependant pas d'apprécier plus en détail le programme résidentiel initial de la maison. Il faut toutefois garder à l'esprit que cette maison, bien que très remaniée, témoigne parfaitement de l'ampleur que certains édifices de Monpazier, et spécialement ceux bordant la place des Cornières, ont pu avoir au Moyen Âge avant d'être partiellement rabaissés et réaménagés à l'époque moderne.

... Largement réorganisée à l'époque moderne.

La maison médiévale est largement remaniée à l'époque moderne. L'étage du couvert illustre des modifications apportées au début du 18e siècle : de puissantes consoles sont placées en support de plafond et une cheminée (partiellement reprise ultérieurement) est adossée au mur gouttereau sud. D'autres remaniements interviennent dans la seconde moitié du 18e siècle (vers 1773, date portée par la clef de l'arc du couvert) : les modifications portent sur le gros-œuvre - modification de l'emprise de la cour intérieure dont un escalier tournant en bois dessert les galeries, suppression de divisions intérieures -, mais aussi sur les façades dotées de fenêtres à arcs segmentaires. Dans la partie postérieure de la maison, ces remaniements se sont traduits par l'aménagement d'un évier à l'étage de l'élévation ouest, côté "carreyrou".

La cour intérieure a manifestement été réaménagée dans la seconde moitié du 19e siècle : les grandes ouvertures du rez-de-chaussée ont peut-être été ouvertes pour faciliter une activité commerciale, tandis que, dans la partie postérieure du bâtiment, un grand escalier en bois associé à une galerie, assure la circulation dans l'ensemble de l'édifice.

Murs calcaire moellon
Toit tuile creuse
Étages étage de soubassement, 1 étage carré, comble à surcroît
Couvrements
Couvertures toit à longs pans croupe
Escaliers escalier de distribution extérieur, escalier tournant à retours avec jour, en charpente
Techniques sculpture
Représentations étoile, cartouche, coquille
Précision représentations

La cheminée de l'étage du couvert présente des jambages dont la base est frappée de motifs en étoile, tandis que la partie supérieure du manteau, bordée de cartouches, comporte un cadre central sommé d'une coquille saint-jacques et d'une corniche.

Statut de la propriété propriété d'une personne privée
Protections classé MH, 1904/12/21
Précisions sur la protection

Façade et galerie couverte (A 581) : classement par arrêté du 21 décembre 1904.

Références documentaires

Bibliographie
  • L'HONNEUR R. (docteur). Monpazier : logis, gens et faits d'autrefois. Monpazier : s.d. [vers 1950].

  • OUDIN Philippe. Etude préalable : restauration du bâti architectural des immeubles situés autour de la place des Cornières. 2003, 2 vol.

  • PONS Jacques. La bastide de Monpazier : Document final de synthèse : la bastide de Monpazier. 1997, 2 vol.

Périodiques
  • GARRIGOU-GRANDCHAMP Pierre. "L'architecture domestique des bastides périgourdines". Congrès archéologique de France, 1998.

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Commune de Monpazier - Quost Baptiste