Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Maison

Dossier IA24001274 inclus dans Ville de Montignac réalisé en 2011

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiées jardin
Dénominations maison
Aire d'étude et canton Vallée de la Vézère - Montignac
Adresse Commune : Montignac
Adresse : 70 rue de Juillet
Cadastre : 1813 C1 293 ; 2011 AO 35

Peut-être construite au cours de la deuxième moitié du XIVe siècle comme le suggèrent les caractéristiques de ses fenêtres géminées en façade sur rue (Garrigou Grandchamp1999, p. 28 et 39), cette demeure richement ornée aurait appartenu, selon la tradition, à maître Raymond de Beynac, notaire de Montignac (1378) et procureur général du comté de Périgord (1399), qui tenait du seigneur-châtelain de Montignac "los hostals de Bonbarrau" en 1383 (Fournioux 2002, p. 54). Implantée sur l'artère principale du faubourg du Bonbarrau au Moyen âge partant de la porte nord-est de la ville, dite de Féletz, et allant en direction du Chambon, la maison est également bâtie sur la dérivation du Laurence (couverte par une voûte) qui la longe. De plan rectangulaire simple en profondeur, l'édifice comprend un rez-de-chaussée (aujourd'hui partiellement enterré côté rue) primitivement ouvert à la fois sur la rue et sur l'arrière par deux grandes arcades brisées (elles sont aujourd'hui partiellement ou entièrement murées en blocage de moellons) ; à l'intérieur, le mur de refend est aussi ouvert par une grande arcade brisée. A l'origine, le rez-de-chaussée était donc vraisemblablement entièrement dévolu au stockage et sans doute au commerce : les arcades sur rue étaient munies d'un mur bahut pour servir d'échoppes, comme le suggère la présence d'une feuillure à leurs emplacements supposés - et non du chanfrein droit qui adoucit les angles des arcades au-dessus. La maison comprenait un premier étage à usage d'habitation qui est encore desservi sur l'arrière par un petit escalier en vis en pierre (en partie modifié) et par une coursière en bois aujourd'hui entièrement refaite. La maison a peut-être subie les outrages de la guerre de Cent Ans, bien qu'elle n'en porte pas de stigmate. Quoi qu'il en soit, sa charpente fut entièrement refaite lors d'une campagne de travaux menée entre 1498 et 1503, comme l'ont révélé les résultats d'analyses dendrochronologiques (Belingard 2014, spécialement p. 15). Le type de charpente, simple, à chevrons, entraits et faux-entraits sans contreventement, atteste que cette charpente était alors couverte par des lauzes (le contreventement était assuré par les carrassons formant le voligeage qui étaient chevillés ou cloués aux chevrons et les liaient entre eux). Probablement au cours des années 1520, une grande croisée a été insérée au premier étage de la façade sur rue entre deux fenêtres géminées, tandis qu'étaient réaménagées les pièces intérieures. En témoignent la grande cheminée du rez-de-chaussée et d'autres pierres aujourd'hui remployées dans une porte. Sur le cadastre de 1813 (AD Dordogne, 3 P 3 3215), la maison est flanquée d'une petite construction annexe adossée à son mur pignon nord. De nombreuses ouvertures ont été bouchées au cours des siècles. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, un meneau de fenêtre de l'étage a été recréé.

Période(s) Principale : 2e moitié 14e siècle , (?)
Principale : limite 15e siècle 16e siècle , datation par dendrochronologie
Secondaire : 2e quart 16e siècle , (?)
Secondaire : 4e quart 20e siècle , daté par tradition orale
Dates 1498, datation par dendrochronologie
1503, datation par dendrochronologie

Implantée sur l'une des artères principales du bourg de Montignac, la maison est également bâtie directement sur l'ancienne dérivation du Laurence qui passe sous la demeure (le canal est couvert d'une voûte). De plan rectangulaire simple en profondeur, l'édifice comprend un rez-de-chaussée (aujourd'hui partiellement enterré côté rue) primitivement ouvert largement à la fois sur rue et sur l'arrière par de grandes arcades brisées (la plupart aujourd'hui murées en blocage de moellons) ; le mur de refend est aussi ouvert par une grande arcade brisée à ce niveau. Une porte donnant sur l'arrière présente un cadre composé exclusivement d'éléments de remploi : les piédroits à listel sont ceux d'une ancienne cheminée, le linteau est constitué d'un appui de fenêtre mouluré et le couronnement d'une pierre ornée de lettres en bas-relief sur lesquelles repose un écu renversé gravé d'un cœur entourée d'un motif décoratif à entrelacs, le tout surmonté d'un fragment de manteau de cheminée animé de corps de moulures. Le premier étage de la maison, à usage d'habitation, est desservi sur l'arrière par un petit escalier en vis en pierre (en partie modifié) et par une coursière en bois aujourd'hui entièrement refaite. Mais l'aspect actuel le plus remarquable de l'édifice est sans conteste sa façade sur rue, en moyen appareil, particulièrement soignée. Si son rez-de-chaussée porte les vestiges de deux grandes arcades alternant avec deux portes en arc brisé, et de deux petites fenêtres (murées), son premier étage est tout différent au-dessus d'un cordon d'appui mouluré séparant les deux registres de la façade. L'étage est percé de deux fenêtres géminées à deux lancettes subtrilobées, et d'une troisième du même type (mais avec les écoinçons supérieurs ajourés) aujourd'hui bouchée. Au-dessus, le corps de logis est couvert par un toit à longs pans entre deux pignons qui portent les souches des cheminées. La charpente, homogène (exception faite de petites modifications mineures), est à chevrons formant ferme d'un type simple, qui portait certainement autrefois de la lauze : 2 chevrons, 1 entrait, 1 faux-entrait par ferme. Chaque ferme, renforcée par des jambettes en partie basse, ne présente pas de panne, de panne faîtière ou de poinçon. La numérotation de la charpente est cohérente et continue, de I à XVII ; elle est portée sur les chevrons, les faux-entraits et les jambettes. A noter également : toutes les jambettes portent les marques d'un clayonnage disparu, qui atteste que le comble servait de grenier ou de fenil. Les chevrons ont une largeur comprise entre 13 et 14,5 cm, l'espacement entre les fermes est compris entre 49,5 et 60 cm. Selon un couvreur du pays, les ardoises actuelles de la toiture proviendraient des carrières d'Allassac.

Murs calcaire pierre de taille
moellon
Toit ardoise
Étages 1 étage carré
Couvertures toit à longs pans
Représentations écu ornement géométrique coeur
Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler

Références documentaires

Documents figurés
  • Plan cadastral ancien de la commune de Montignac, 1813 (AD Dordogne, 3P3 3210-3228)

    Section C, 1ère feuille Archives départementales de la Dordogne : 3P3 3210-3228
Bibliographie
  • GARRIGOU-GRANDCHAMP Pierre. "Introduction à l'architecture domestique en Périgord aux XIIIe et XIVe siècles". Congrès archéologique de France, 1998. Paris : Société Française d'archéologie, 1999. P. 17-45.

    p. 28 (ill. 13) et p. 39
  • FOURNIOUX, Bernard. Montignac au Moyen âge : histoire du peuplement et de l’occupation du sol. Périgueux : Bernard Fournioux, 2002.

    p. 54 et 80 (ill.)
  • BELINGARD Christelle. Rapport : Analyse par dendrochronologie de bois de la charpente du n° 70 rue de Juillet, à Montignac (24). Limoges, 2015.

Liens web

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Ferlier Ophélie - Pagazani Xavier