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Maison Pommé

Dossier IA64002630 inclus dans Station thermale des Eaux-Bonnes réalisé en 2018

Fiche

Appellations Maison Pommé
Parties constituantes non étudiées pharmacie
Dénominations hôtel de voyageurs
Aire d'étude et canton Pyrénées-Atlantiques
Adresse Commune : Eaux-Bonnes
Adresse : 37 rue Louis-Barthou
Cadastre : 2018 AN 126

Relevant de la première vague de construction de la station et voisin immédiat de l'établissement thermal, cet édifice compte parmi les plus anciens et les plus grands gîtes de la station. Les documents iconographiques, notamment les lithographies de Monthelier et de Jacottet, permettent d'établir la date de construction d'un vaste édifice primitif au début des années 1830 pour l'influente famille Pommé. Le bâtiment figure ensuite sur le plan géométrique de 1841.

C'est entre 1845 et 1849 que cette pension pour voyageurs se rapproche de sa physionomie définitive à l'initiative de Jean Victor Pommé, qui la reconstruit puis lui ajoute une extension. L'édifice comportant alors 79 ouvertures recensées par le cadastre compte parmi les constructions les plus onéreuses de la station, avec une valeur locative estimée à plus de 13.000 francs. Cela n'empêche pas Jean Victor Pommé de continuer les agrandissements notables, entre 1855 et mai 1856, puis entre 1857 et 1858, si bien que l'édifice atteint au tournant des années 1860 une envergure exceptionnelle au regard de l'ensemble urbain des Eaux-Bonnes. Personnage influent, Pommé construit en outre un lavoir sur la rive gauche du Valentin en amont du village et en collaboration avec l'architecte de l'établissement thermal en 1851.

Cette vaste pension pour voyageurs est mentionnée dans l'ensemble des guides contemporains, en particulier le Guide Jam en 1869 mais aussi le Guide Joanne qui le fait figurer sur sa carte touristique de 1894. Dans le local commercial situé au rez-de-chaussée de ce vaste complexe architectural, la pharmacie de la famille Cazaux, abondamment représentée dans les cartes postales anciennes, est installée durant de longues années, depuis au moins 1860 jusqu'à l'entre-deux-guerres. Dans les années 1920, la Maison Pommé n'appartient plus à la famille éponyme mais à un dénommé Dayné, qui y met également à disposition une écurie et un garage.

L'imposante bâtisse est rachetée par la commune des Eaux-Bonnes au début des années 1980 dans le cadre d'une politique de développement touristique visant à accroître sa capacité d'accueil et s'appuyant sur la station de ski de Gourette, présente sur son territoire. La toiture a été refaite et les lucarnes supprimées à cette époque. L'édifice est désaffecté depuis plusieurs années.

Période(s) Principale : 2e quart 19e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Dates 1830, daté par source
1845, daté par source
1849, daté par source
1855, daté par source
1857, daté par source

Située à côté de l'établissement thermal, la maison Pommé occupe une position stratégique entre le cœur de la station à vocation sanitaire et le jardin Darralde tout proche. Cet édifice se distingue des autres en raison de sa manifeste inspiration néoclassique, qui correspond au style des premières constructions des Eaux-Bonnes et s'harmonise ainsi avec le bâtiment des thermes, relevant d'une esthétique similaire.

Son plan globalement rectangulaire permet d'identifier les agrandissements successifs. Suivant les caractéristiques de l'architecture néoclassique, l'élévation principale est ordonnancée. Autour d'un pavillon central de trois travées, surmonté d'un fronton rectangulaire, lui-même percé d'un oculus, se déploient deux ailes respectivement composées de cinq travées. S'adaptant à l'inclinaison naturelle du terrain, l'aile située à gauche est dotée d'un niveau de soubassement, absent des deux autres corps de bâtiment. C'est là que se trouve le local commercial qui accueillait autrefois la pharmacie des frères Cazaux. La devanture, originellement en bois peint et sculpté, a été remplacée par une installation moderne de série dans les années 1970-1980. L'entrée principale de l'édifice, au niveau du pavillon central, est accessible depuis un perron à double volées en pierre locale.

A l'instar de nombreuses constructions de la station, la façade est couverte d'enduit blanc, tout en laissant apparaître la modénature en pierre d'Arudy. Si les lucarnes en chien-assis n'existent plus, l'élévation principale emprunte toutefois à l'architecture vernaculaire ossaloise la couverture de tuiles pyrénéennes et les volets en bois gris de sa quarantaine de baies. Sur la façade latérale perpendiculaire à l'hôtel Richelieu attenant, les deux travées accueillaient les enseignes de la Maison Pommé et de la pharmacie Cazaux durant l'entre-deux-guerres.

Comme les constructions urbaines, et notamment haussmanniennes, du XIXe siècle, on observe un contraste entre la façade principale, destinée à l'apparat, et la façade arrière, nettement moins soignée, d'autant que l'élévation postérieure se trouve quasiment à flanc de montagne et n'est en partie visible que depuis la promenade de l'Impératrice.

Murs moellon enduit
pierre pierre de taille
Toit ardoise
Plans plan rectangulaire régulier
Étages 2 étages carrés, étage de comble, étage de soubassement
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans
États conservations menacé
Statut de la propriété propriété de la commune

Références documentaires

Documents figurés
  • Plan cadastral des Eaux-Bonnes dressé par J. Turon le 17 septembre 1863, vu et approuvé par le préfet le 27 avril 1866.

    Archives municipales, Eaux-Bonnes
  • Plan géométrique de la ville des Eaux-Bonnes, et visuel pour les promenades qui sont indiquées par des lignes ponctuées, terminé sur le terrain dans le courant du mois de juillet 1841. Dessin par F. Noble, lithographie E. Vignancour.

    Bibliothèque nationale de France, Paris : Cartes et plans, GE DL 1842-262-2
  • Plan des Eaux-Bonnes, dans Guide Joanne, Hachette, 1894.

Bibliographie
  • JAM (BOUILLÉ R. de). Guide de Pau aux Eaux-Bonnes : suite des excursions à pied. Pau, E. Vignancour, 1869.

  • MIGNOT Marie-Pascale. Les Eaux-Bonnes, station thermale des Pyrénées-Atlantiques. DRAE Aquitaine, 1986.

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Université de Pau et des Pays de l'Adour - Delpech Viviane