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Maison noble

Dossier IA24001478 réalisé en 2011

Fiche

Dénominations manoir
Aire d'étude et canton Vallée de la Vézère - Terrasson-Lavilledieu
Adresse Commune : Coly
Cadastre : 1986 A2 498 ; 1825 A2 743

Cette demeure qui n'est pas documentée se remarque à l'attention dans le paysage architectural de Coly par son volume dressé et ses caractères généraux particuliers : de plan massé triple en profondeur, elle est haute de deux étages carrés et d'un grand toit en pavillon couvert d'ardoises et flanqué sur la rue par deux petits édicules carrés. La nature noble du lieu est également suggérée par son emplacement privilégié entre château (au nord) et église paroissiale (au sud), et par la présence d'un écu sculpté (vide) sur l'une de ses cheminées. Installée au pied du château, cette maison pourrait avoir appartenu à un officier justicier des abbés de Saint-Amand. Faute de document, il ne peut toutefois s'agir que d'une hypothèse. C'est donc uniquement sur des critères internes (stylistiques et de mise en œuvre) que nous pouvons avancer quelques datations.

La demeure semble être composée de deux anciens corps de logis qui ont été réunis ultérieurement. Une cheminée très profonde, qui n'a conservée que ses piédroits (très altérés), une fenêtre à coussièges dans l'embrasure intérieure, des poutres de rive sur corbeaux en pierre taillés en quart de rond, une porte à cadre chanfreiné et à accolade gravée au centre du linteau (caractéristique que l'on retrouve dans plusieurs maisons de Limeuil) ou encore cheminée à piédroits gothiques (à colonnettes à listel sur bases prismatiques) et manteau trapézoïdal sculpté d'un écu (vide) encadré par une moulure à frette, autant d'éléments en pierre pris dans une maçonnerie qui est pour le reste en moellon, indiquent une construction post guerre de Cent Ans, peut-être des dernières années du XVe siècle ou des premières du début du XVIe. A ces éléments de datation s'en ajoute un dernier : la typologie des deux charpentes (du même type), qui peut être rapprochée de celles du Logis Malet à Saint-Emilion (1518-1519d) ou du château de Lanquais (1563/64d), à sous-faitière placée au-dessus des entraits et assemblée avec eux à mi-bois, ou à celles du château de Besse (vers 1540d), à sous-faîtière et demi-entraits assemblés sur le même plan. Cet élément de datation ne permet pas de réduire la fourchette chronologique, mais du moins permet-il d'assurer que la charpente fut réalisée au cours de la période.

Une autre campagne de travaux a suivi, peut-être dans la première moitié du XVIIe siècle : en témoignent une fenêtre (une croisée) percée au deuxième étage carré en façade sur rue et une petite fenêtre (une demi-croisée) au corps arrière, toutes deux à table rectangulaire lisse placée sur l'allège, au-dessous de l'appui (celui-ci a été bûché pour la demi-croisée), motif qui a fait florès à Bordeaux et dans ses environs au tournant du XVIIe siècle (Mairerie, château d'Issan à Cantenac, etc.), mais aussi en Dordogne, au château de La Force ou à Bergerac (maison Peyrarède).

Une autre campagne est intervenue au XVIIIe siècle, comme en atteste une date portée (1738) gravée au-dessus d'une porte en plein-cintre. La grande porte nord, percée sur rue au niveau du rez-de-chaussée surélevé, flanquée de pilastres rudimentaires et surmontée d'un oculus, date probablement de la même campagne.

Période(s) Principale : limite 15e siècle 16e siècle
Secondaire : 1ère moitié 17e siècle
Secondaire : 2e quart 18e siècle , porte la date
Dates 1738, porte la date

Demeure de plan massé double en profondeur située dans le bourg de Coly, face à l'ancienne église paroissiale. Au sud, elle comprend un étage de soubassement qui rachète le dénivelé du terrain : le premier étage de ce côté (surmonté d'un second étage carré) correspond au rez-de-chaussée surélevé du côté nord, qui ouvre sur une autre rue. Le corps sud est couvert par un grand toit en pavillon protégé d'ardoises orienté est-ouest (et flanqué par deux petits édicules carrés côté rue), tandis que le corps nord est couvert d'un toit orienté nord-sud. Les murs sont en moellons raidis par des chaînes de pierre de taille aux angles et autour des baies, enduits côté sud, mis à nu côté nord. Une grande porte flanquée de pilastres rudimentaires et surmontée d'un oculus est percée sur la rue au nord, au niveau du rez-de-chaussée surélevé.

Les deux charpentes sont du même type : il s'agit de charpentes à chevrons-formant-fermes à trois niveaux d'entraits, entraits pour le premier, demi-entraits assemblés à une première sous-faîtière pour le second (et raidis par des aisseliers avec les chevrons) et petits entraits au-dessus d'une deuxième sous-faîtière pour le troisième, la faîtière surplombant, raidie par de simples décharges aux poinçons. Ces derniers sont à pans coupés (délardés), excepté aux points d'assemblage.

Murs calcaire moellon enduit
Toit ardoise
Étages 2 étages carrés
Couvertures toit à longs pans croupe
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Coly. Carte postale, début du XXe siècle.

    Collection particulière
Documents figurés
  • Plan cadastral de la commune de Coly, dessin aquarellé par Mazin, 1825.

    section A2 Archives départementales de la Dordogne : 3P3 1432-1436
(c) Conseil départemental de la Dordogne ; (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Pagazani Xavier - Becker Line