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Maison noble de La Salle puis Château de Lassalle de Pez, puis Château de Pez

Dossier IA33008633 réalisé en 2013

Fiche

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

Précision dénomination château viticole
Appellations Pez, La Salle
Dénominations château, manoir
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Hydrographies Gironde la
Adresse Commune : Saint-Estèphe
Lieu-dit : Pez
Cadastre : 1825 F2 2058 ; 2015 OF 1147

L'abbé Baurein indique la maison noble de Pès, dont Jean de Briscos, damoiseau, était propriétaire en 1452. Noble homme Ducos est qualifié de seigneur de Pès, dans la paroisse de Saint-Estèphe de Calones en Médoc, suivant un titre du 22 décembre 1526.

A la fin du 16e siècle, la maison noble de Pez est entre les mains de la famille de Pontac. Geoffroy de Pontac (1576-1649) est chevalier, seigneur de Salles, de Belin, de Beliet, de Haut-Brion, de Pès, de Podensac, de Gueyrac, de Bignac et de l'Isle-de-Jau. Il a la charge de conseiller du roi en ses conseils d'état et privés, et de président à mortier en 1617 en la cour du parlement de Bordeaux.

La propriété, qui relève de la seigneurie de Lesparre, appartient par la suite à son fils Arnaud de Pontac (1599-1681), conseiller du roi, premier président du parlement de Bordeaux en 1653. A sa mort, ses biens sont partagés entre son fils François-Auguste de Pontac et sa fille Thérèse qui avait épousé Jean-Denis Daulède de Lestonnac, premier président du parlement de Bordeaux, seigneur baron de Margaux.

Dans un texte de 1690 mentionné par René Pijassou, il est indiqué que "la dite année 1689 il y a eu, à Pez, cent une barriques, de grand vin qui a esté portée à Bordeaux".

Leur fille Catherine Daulède de Lestonnac épouse François Joseph de Fumel en 1682. En 1692, après 10 ans de procédures, Catherine Daulède hérite du domaine noble de Pez issu de la succession de son père Jean-Denis Daulède de Lestonnac décédé en 1682. Son fils Louis puis son petit-fils Joseph de Fumel en deviennent propriétaires. Ce dernier, né en 1720, possède tout à la fois Haut-Brion, Margaux, et la seigneurie de Fumel en Agenais. Gouverneur du Château Trompette et Commandant en la Province de Guyenne, il meurt guillotiné en 1794.

En 1766, un document indique que "la plus grande partie des vignes sont en une seule matte autour de la maison, de la contenance de 72 journaux [environ 23ha] ou environ, mesure de Bordeaux, ayant une forme ovale, et évasée en forme d’œuf, écoulant ses eaux de toute part dans les fossés qui l'entourent et qui sont en dehors d'une porte haie de l'épaisseur de 6 pieds ou environ ; les-dits fossés sont entourés de chemins".

Il est dit que la maison noble de Pez "est mal bâtie, n'y ayant point de logement convenable pour le maître néanmoins susceptible d'y pouvoir faire une belle maison avec les matériaux mal arrangés dont elle est construite. Ce qu'il y a de mieux, c'est un beau chay, construit en 1749, à contenir 100 tonneaux au solle, et un beau cuvier de 100 pieds de long sur 50 de large". La maison relève à foy et hommage du seigneur de Lesparre, le duc de Grammont.

A la vente des biens nationaux, le domaine de Pez est acheté par la famille Tarteiron, armateurs et négociants, originaires du nord de l'Hérault. Jean Tarteiron laisse à sa mort en en 1822 une succession de 364.458 F. Elle comprend 50.458 F de biens mobiliers, deux maisons et une écurie à Bordeaux (89.000 F), son domaine de Thouars (80.000 F) et un domaine à Saint-Estèphe (145.000 F) (voir AD Gironde, 3Q 4519-20, enregistrement, déclarations de successions).

Sur le plan cadastral de 1825, le logis est organisé selon un plan en L. Les deux pavillons couverts d'ardoise ne sont manifestement pas construits. A l'emplacement de l'aile nord, un autre bâtiment adopte également un plan en L (selon un renseignement oral, il a été détruit en 1995 : il abritait des cuisines avec un four à pain). La partie la plus ancienne conservée aujourd'hui semble être le corps de logis principal qui présente à l'étage des baies en arc segmentaire datables du 18e siècle. Par ailleurs, à l'intérieur, plusieurs éléments semblent plus anciens, repris peut-être d'une construction plus ancienne : on retrouve notamment le chambranle mouluré de ce qui pourrait être une croisée du 16e siècle ou du 17e siècle.

En 1850, le cru "A Pey" est encore entre les mains de la famille Tarteiron et produit 80 tonneaux. Des plans sont conservés dans le fonds de la famille Lawton (Archives municipales Bordeaux), donnant un état d'une partie du château au milieu du 19e siècle. Ces documents ne sont toutefois pas datés précisément et difficilement compréhensibles.

En 1868, Lassalle de Pez appartient à la famille Lawton qui y produit 70 à 100 tonneaux. Guillaume Lawton engage à partir de 1868 des travaux de construction, notamment une augmentation de la "maison" (parcelles 2657-2658). C'est donc probablement à cette date que le château prend son aspect actuel.

En 1874, le domaine compte 100 ha dont 36 ha de vignes d'un seul tenant.

En 1898, Château Lassalle de Pez appartient à W. Lawton qui y produit 140 tonneaux.

En 1922, la propriété semble s'appeler "Château de Pez" et appartient à Jean Bernard.

Période(s) Principale : 16e siècle , (?)
Principale : 18e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle

Le château présente un plan en U. Un corps de logis principal est encadré de deux pavillons carrés, avec deux ailes en retour à l'ouest.

La façade est percée d'ouvertures qui ne forment pas des travées régulières ; si elles ont été largement remaniées, on remarque toutefois à l'étage des fenêtres en arc segmentaire. La façade enduite est surmontée d'une génoise à deux rangs. Sur la façade postérieure, les ouvertures présentent des encadrements en pierres de taille harpées.

Les pavillons couverts d'ardoise sont dotés d'un étage et d'un étage de comble avec lucarnes passantes à frontons triangulaires. Ils sont percés de fenêtres à traverses et meneaux et de demi-croisées à traverse. Les grandes croisées sont couronnées de corniches et de tables décoratives.

L'aile sud est plus courte que l'aile nord ; elle présente un traitement des ouvertures identique à celles des pavillons. Elle est couronnée sur l'ensemble de ses façades d'une corniche moulurée à denticules.

L'aile nord est percée de fenêtres avec encadrement en pierres de taille harpées ; les baies du rez-de-chaussée présentent des traverses et des meneaux.

Murs calcaire moellon enduit
Toit tuile creuse, ardoise
Étages 1 étage carré, étage en surcroît
Couvrements
Couvertures toit en pavillon
toit à longs pans croupe
Techniques sculpture
Représentations denticule
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Documentation complémentaire sur le domaine de Pez

    -AD Gironde, C 3214, Lettres de la cour, signées des ministres et secrétaires d'Etat Pavé de Courteilles, et Orry, adressées à l'intendance de Bordeaux.

    Etat au vrai des récoltes que M. le Marquis Daulède a retirées de sa maison noble de Pez depuis et compris l’année 1737. État des frais de culture et autres dépenses indispensables pour l’entretien des vignes et des vins des terres de Lafitte et de Latour année commune sur 10 années.

    -AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1835 à 1862, Approbation du procès verbal du plan d'alignement dans le village de Pez vis-à-vis le mur de la maison Tarteyron, 1848/12/04.

    -AM Saint-Estèphe, Registre des délibérations du conseil municipal, 1862 à 1898, Problème du chemin le long de la Salle de Pez appartenant à M. Lawton, 1868/09/20.

    Fermer le chemin qui longe les bâtisses de La Salle pour le porter à la limite ouest de l'enclos : mais entraine un détour pour les habitants du village.

  • Frugier Daniel. Archives du domaine des Ormes-de-Pez, volume 2 : actes concernant La Salle de Pez

    Sélection d'actes recensés par Daniel Frugier :

    (137) Acte sous seing privé de Joseph de Fumel, seigneur de la Salle de Pez, daté du 26 avril 1772, qui vend un fonds à Guillaume Pénicaut : une pièce de terre, avec les arbres qui s’y trouvent située entre l’ancienne maison de Lheriteyre : confronts à l’ouest la maison de Lhériteyre et à l’est le mur jardin de la maison de Pez.

    (140) Exporle, acte notarié de François Berard notaire à Saint-Estèphe, 30 septembre 1599.

    Mention de Isabeau de Chassaigne, dame de la terre et seigneurie de Jaubert et de la maison noble de Betailhe, veuve de feu monsieur maître Ramond de Pontac, conseiller du roi et président de la cour de Parlement de Bordeaux, seigneur de Salles, Belin Belier ; laquelle au nom et comme usufruitière des biens de monsieur maître Geoffroy de Pontac, aussi conseiller du roi en la dite cour, fils du sieur Président de Pontac et d’elle, seigneur des maisons et fiefs nobles de Pez, Lalande, et fief de Makanam, Saint-Seurin, Podenssac, Ille de Jau, Loyrac et Queyrac.

    (141) Acte notarié par Ichon, notaire à Lesparre, 7 janvier 1638 : mention de la dame Anne Duduc, dame des maisons nobles de Pez, Podensac et des fiefs nobles de Lalande, Macanam, Cayrac, Gaillan et autres lieux, veuve de feu messire Geoffroy de Pontac, chevalier, conseiller du roi en ses conseils d’Etat et privé et Premier Président en sa cour de Parlement de Bordeaux.

  • Mémoire concernant la maison noble de Pez, 1766

    "Mémoire concernant la maison noble de Pez, fonds Dié, bibl. mun. de Bordeaux, année 1766", Archives historiques du département de la Gironde, 1910, p. 435, n°CLXXXIII.

    (en ligne sur Gallica)

    La maison noble de Pez est scituée dans la paroisse de St-Estèphe en Médoc, qui confine par ses deux extrémités, nord et midy, aux parroisses de St-Seurin-de-Cadourne et Pauiltac. Cette maison est distante de la rivière d'environ un petit quart de lieue, scituée sur une éminence dominant sur la rivière, mal bâtie, n'y ayant point de logement convenable pour le maître, néanmoins susceptible d'y pouvoir faire une belle maison avec les matériaux mal arrangés dont elle est construite. Ce qu'il y a de mieux, c'est un beau chay, construit en1749, à contenir 100 tonneaux au solle, et un beau cuvier de 100 pieds de long sur 50 de large. La plus grande partie des vignes sont en une seule matte autour de la maison, de la contenance de 72 journaux ou environ, mesure de Bordeaux, ayant une forme ovale, et évasée en forme d’œuf écoulant ses eaux de toute part dans les fossés qui l'entourent et qui sont en dehors d'une porte haie de l'épaisseur de 6 pieds ou environ ; lesdits fossés entourés de chemins. La seule pièce de vigne qu'il y ait en dehors compose trois à quatre journaux ; elle est au midi du plantier, le chemin entre deux, et joignant par le couchant un bois taillis appartenant à la dite maison, très productif de la contenance de 40 journaux ; au midi dudit bois il y a une terre labourable de 6 à 7 journaux, et au couchant du bois, une autre terre aussi labourable de 3 à 4 journaux joignant l'enclos. Il y a aussi dans la palu de Mapon et de St-Corbian des preds suffisants pour la nourriture de trois paires de bœufs qui sont occupés aux travaux de cette maison. Cette maison relève à foy et hommage de M. le duc de Grammond, comme seigneur de Lesparre. Elle a de très beaux fiefs, savoir : les maisons de M. Tronquoy, M. Penicaud, Superville et Lagrave et tant d'aultres dont les fonds ne sont contenancés et qui sont considérables et non compris dans la multiplicité des sadons de vigne ou terres labourables et bois sujets à l'agrière et rente, répandus dans les différens lieux de la paroisse au nombre de 902 sadons 3 règes, le sadon composé de dix règes ; la plus grande partie étant à l'agrière au cinquain des fruits et le restant à la rente, payant en total 17 l. 17 s. 9 d. en argent, 3 boisseaux et 1/2 mesure de froment, mesure de Lesparre, 3 boisseaux seigle, 9 boisseaux avoine, 7 barriques 3/4 de barrique et 4 tierçons de vin, fut et lie, 16 paires chapons, 9 paires poules, et 1/2 poule, deux poulets, deux canards ; en outre une maison appelée Mapon où il y avoit anciennement un moulin à eau qui est affermé, avec ses terres autour, à 8 boisseaux méture, où il y a un troupeau de brebis de 50 têtes appartenant au maître. Cette maison a produit jusqu'à 60 tonneaux de vin de la première espèce, indépendamment des petits vins. En 1764 elle en a produit 46 tonneaux vendus à 350 l. ; en 1749, on les vendit à 500 l. le tonneau et en 1750, ils furent vendus à 600 l. Il est vrai que ces deux années furent dizetteuses ; la première il n'y eut que 28 tonneaux et la seconde 21 tonneaux. Le revenu de cette maison en vin, l'une année portant l'autre, les dépenses déduites, vont à 9.000 l., sans comprendre les rentes, le bois et les mutations. Il y a eu la présente année 1766, 27 tonneaux premier vin et 6 tonneaux second ; en 1755, il y eut 47 de premier ; on ignore le nombre du second et le prix qu'il fut vendu. Il y a fort peu de mal dans les vignes causé par le froid rigoureux de l'hiver passé et le vignoble est dans l'état le meilleur que l'on puisse le désirer ; il a été augmenté dans la partie du couchant de 5 à 6 journaux depuis 9 ans, et cette augmentation est dans la force de rapporter. Il y a 8 cuves de 8 tonneaux chacune, avec trois charrettes et les outils aratoires, deux fouloirs en pierre, un pressoir en bois neuf, placé en 1749 ; une grange fort grande, un parc à brebis avec 50 têtes de brebis qui logent dans la maison. Les dépenses de cette maison, compris les barriques, les gages des valets, etc. ne vont pas à plus de 5.000 livres ; les frais ordinaires sans comprendre les barriques ne vont pas à plus de 3.200 livres.

  • Hommage rendu au duc d'Epernon par Mme de Pontac, 1638

    Lépicier, Jules. Archives historiques du département de la Gironde, 1860, p. 406 : "Hommage rendu au duc d'Epernon par Mme de Pontac, expédition sur parchemin, appartenant à M. Jules de Gères, 26 avril 1638".

    (en ligne sur Gallica)

    Jean Louis, duc de Lavalette et d'Epernon (...) fait savoir à Anne Duduc, veuve de feu messire Geoffroy de Pontac (...), laquelle "a déclairé et recoigneu et advoué tenir en fiefs, foy et hommaige de nous à cause de ladite sirie de Lesparre, la maison noble de Pes, size en la paroisse de Saint-Estèphe, et le fiefz noble de Macanan, leurs appartenances et dépendances, scize et scittuée en ladite paroisse de Saint-Estèphe, au devoir d'un paire de gans blancqs d'homaige a seigneur ou vassal muant, d'une part ou d'autre, quand le cas y eschera (...).

Références documentaires

Documents figurés
  • Plans du domaine de Pez appartenant à Mme Tarteiron.

    Archives municipales, Bordeaux : 211 S 272
Bibliographie
  • BAUREIN Abbé. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Labottière (frères), imprimeur libraires, 1784, t.1.

    p. 290
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1868 (2e édition).

    p. 142
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1922 (9e édition).

    p. 270
  • FRUGIER Daniel. Archives du domaine des Ormes-de-Pez, Historique (volume 1) et Catalogue / Inventaire (volume 2), mai 2008.

    Service du patrimoine et de l'Inventaire, région Aquitaine
  • PIJASSOU René. Un vignoble de qualité : Le Médoc. Paris : Tallandier, 2 volumes, 1980.

Périodiques
  • "Mémoire concernant la maison noble de Pez, fonds Dié, bibl. mun. de Bordeaux, année 1766", Archives historiques du département de la Gironde, 1910, p. 435, n°CLXXXIII.

Liens web

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