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Maison Habains

Dossier IA64002925 inclus dans Village de La Bastide-Clairence réalisé en 2018

Fiche

Á rapprocher de

Appellations Maison Habains
Destinations gendarmerie
Dénominations maison
Aire d'étude et canton La Bastide-Clairence (commune)
Adresse Commune : La Bastide-Clairence
Lieu-dit : Adresse : Rue Notre-Dame
Cadastre : 1835 A 490 ; 2016 A 1323

Cet ensemble est composé de deux maisons du 16e ou du début du 17e siècle, réunies de part et d'autre d'une cour avec dépendances. Elle adopte son organisation actuelle dans le 4e quart du 17e siècle, dont témoigne la porte cochère datée de 1681 sur son agrafe. Le nom Maison Habains apparaît pour la première fois en 1682 dans les archives de la confrérie de Saint-Nicolas. Elle est possédée par la riche famille Habains jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, et a abrité durant la période révolutionnaire une chapelle aménagée dans la grange, mentionnée en 1792, dans laquelle le prêtre réfractaire Lartigue célébrait des messes.

Elle est représentée sur le plan cadastral de 1835 selon une emprise similaire à l'actuelle. Selon la matrice, elle est détenue à cette époque par les héritiers de Thimothée Darrieux-Juzon, également propriétaires de la Maison Darrieux, ainsi que la Maison Suzanne au quartier Agnescous.

Les locaux sont affectés à la gendarmerie en 1820. Des remaniements sont effectués pour adapter les bâtiments à leur nouvelle fonction, avec des modifications dans les ouvertures donnant sur la rue. Des cellules sont aussi créées, dont les anciennes portes ont été conservées. Les combles servaient à ranger les fusils et les munitions, comme en témoignent des râteliers, ainsi que les marques du comptage des munitions laissées sur les pannes de la charpente.

Sur une carte postale du début du 20e siècle présentant une vue générale du village, une tourelle est visible au bout de la parcelle, correspondant probablement à un pigeonnier. il ne reste dans les années 1980 qu'un petit hangar, détruit par la suite.

La gendarmerie ayant quitté les lieux en 1986 après la construction d'une nouvelle gendarmerie à la sortie du village, cette maison a connu d'importants remaniements dans les années 1990 afin de la reconvertir en habitation.

Période(s) Principale : 16e siècle, 1er quart 17e siècle , (?)
Secondaire : 4e quart 17e siècle
Secondaire : 2e quart 19e siècle
Dates 1681, porte la date

La propriété occupe trois bandes parcellaires du plan originel de la bastide. Elle est située du côté ouest de la rue Notre-Dame, fait l'angle avec la venelle dite rue des Jardins et partage son androne au nord avec la Maison Saint-Cricq. Cet ensemble regroupe deux corps de bâtiments entre lesquels s'ouvre une cour, clôturée côté rue par un mur ouvrant par une porte cochère. Des écuries réunissent les deux corps de bâtiment à l'ouest.

La maison au sud présente son élévation principale à l'est sous pignon. La façade compte deux travées et deux niveaux. Le rez-de-chaussée maçonné est ouvert par deux fenêtres à encadrements en bois. Les niveaux supérieurs sont à pans de bois formés de poteaux, deux fenêtres éclairent l'étage.

Le mur fermant la cour est percé par une porte cochère en plein-cintre dont l'encadrement est formé d'une alternance de carreaux et de pierres en délit ; l'agrafe porte un millésime. L'entablement mouluré est surmonté d'un fronton en attique couronné de deux amortissements sphériques, le troisième qui se trouvait au sommet est tombé.

La deuxième maison au nord est plus longue que la première, avec un développement vers l'ouest. Sa façade, à l'est sous pignon, présente deux travées et trois niveaux. Le rez-de-chaussée est maçonné en pierre de taille de calcaire à inclusions de silex (similaire au matériau des chaînes d'angle de la Maison Gervais-Lapeire). L'ancienne porte dans la travée de droite a été remaniée en fenêtre, avec allège de briques. A gauche, un oculus a été bouché. Les niveaux supérieurs sont à pans de bois simples, en encorbellement entre les têtes de murs à ressauts formés de corbeaux en doucine. L'étage est ouvert par deux fenêtres à encadrement en bois. Les combles sont éclairés par une fenêtre à deux baies jumelées. Le mur gouttereau sud est percé d'ouvertures hétérogènes, avec deux petites baies au premier niveau correspondant aux fenêtres des anciennes cellules, surmontées d'ouverture à encadrements en pierre de Bidache. Le mur nord est aveugle. A l'ouest, la partie nord est couverte d'une croupe, l'angle sud-ouest est composé de pans de bois à partir du deuxième niveau. Les portes des cellules sont en remploi dans une remise à l'angle nord-ouest.

A l'ouest de la parcelle, côté jardin, un haut mur occulte la rue du Moulin ou "de derrière", un ensemble puits-lavoir-pompe a été conservé.

Murs grès moellon enduit
bois pan de bois
Toit tuile creuse
Étages 1 étage carré, comble à surcroît
Couvertures toit à longs pans pignon couvert
croupe
États conservations remanié
Techniques
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Extraits de deux délibérations du conseil municipal concernant la maison Habains, du 22 février 1792 et du 19 mars 1792

    Délibération du 22 février 1792 (Reg.1D1, f.212) :

    P.V. concernant une messe dite par l'ancien curé Lartigue avec Noguès et Ducamp le jeune, prêtres, dans la grange de la maison Habains appartenant au Sr. Bourdeus-aîné et occupée par le Sieur Lartigue, ancien curé.

    "Nous nous sommes rendus au dit local, arrivés devant une porte qui vient d'être faite pour communiquer à la rue, nous avons reconnu qu'il était très difficile d'entrer à raison du grand nombre de personnes des deux sexes que l'intérieur contenait; ce qui nous a obligés à nous réduire à remarquer que le Sr Lartigue, ancien curé, disait la messe sur un autel placé à l'extrémité opposée à la porte d'entrée, que les Srs Nogués et Ducamp le Jeune, prêtres, chantaient avec deux autres chantres laïcs, qu'enfin tout l'emplacement était très rempli de monde, en sorte que le rassemblement était considérable".

    Délibération du 19 mars 1792 (Reg. 1D1, f. 227) :

    Fermeture de la chapelle installée dans la grange de la maison Habains appartenant à Bordeux-aîné, par arrêté du Directoire.

    Arrêté du Directoire du 10 mars relatif à la fermeture des chapelles ou oratoires de la ville, exécuté par trois officiers municipaux escortés par un détachement de soldats réquisitionnés le 14 mars.

    "Aux fins de l'inventaire, nous sommes entrés dans ledit bâtiment ou prétendue chapelle, nous n'y avons trouvé ni vase ni ornement. Nous nous sommes réduits à observer qu'à la droite de la porte d'entrée qui communique à la rue, il existe un bénitier en pierre de taille et à côté des fonds baptismaux aussi en pierre de taille avec des gravures ; à quelques distances de là se trouve un autre bénitier qui traverse l'épaisseur du mur afin que les personnes qui se trouvaient dans la basse cour puissent y prendre l'eau bénite. Vers la gauche en entrant se trouve encore un autre bénitier. Nous avons de même observé sur le haut qu'il existe deux tribunes qui prennent toute la circonférence de la nef".

Références documentaires

Documents d'archives
  • Transcription faite vers 1700 du registre n°1 des archives de la confrérie de Saint-Nicolas, récapitulation faite par Garat (directeur de l'école libre des garçons), La Bastide-Clairence, 1947.

  • Matrice cadastrale de La Bastide-Clairence, propriétés foncières bâties et non-bâties, 1835-1912.

    Archives communales, La Bastide-Clairence : 1G3-4
Documents figurés
  • Plan cadastral napoléonien de La Bastide-Clairence, 1835.

    Archives communales, La Bastide-Clairence : 1G1
Bibliographie
  • LALANNE Guy (dir.). La Bastide Clairence. Ciboure : Jakintza, 2018.

    P. 108.
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Commune de La Bastide-Clairence - Larralde Alexandra
Alexandra Larralde

Chargée de l'inventaire général du patrimoine culturel de La Bastide-Clairence.


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