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Maison forte dite repaire noble de Vergnas

Dossier IA24001319 réalisé en 2011

Fiche

NOTE DE SYNTHÈSE

Histoire

Mentions du « manso du Vernhas » en 1304 et de « lo mas de Vernhas » en 1383. Le bâtiment principal a probablement fait l'objet de deux campagnes de construction et d’une campagne de modification : la première au 15e siècle (construction des deux corps de logis et de la tour d’escalier ; les portes intérieures à linteau en bâtière orné d’arcs en accolade suggèrent cette datation), la seconde (de modification) au 16e siècle (mise en défense de la tour d’escalier au cours des guerres de Religion, le fossé en eau et le portail d’entrée de la basse-cour datant peut-être aussi de ce moment) et la troisième au 18e siècle (agrandissement vers le nord du corps de logis secondaire, percement des portes et fenêtres actuelles à linteau délardé en arc segmentaire, réaménagement intérieur avec mise en place des cheminées, construction du portail d'entrée à la cour). Une vente du domaine est réalisée en 1766 : il est évalué à 10 383 livres ; le document mentionne les « maison, cour et autres édifices, le tout entouré de fossé, grange, jardin, terre arable, prés, vignes » (Lalande, notaire à Auriac). En 1768, Vergnas apparaît comme "maison", "métairie" ou "ferme" sur la carte de Belleyme, mais il n’est guère douteux qu’il s’agit en réalité d’un ancien repaire noble. C’est du moins ce que suggèrent son implantation, la configuration de l’ensemble bâti avec portail d’entrée, fossé en eau autour du bâtiment principal et la forme même de celui-ci, flanqué d’une tour d’escalier en façade antérieure. Mais, quoiqu’il en soit, on ignore tout des anciens seigneurs propriétaires de cette terre et, même, si le nom actuel de Vergnas (qui n’est attesté que depuis le 18e siècle) était celui de l’ancien domaine noble.

Description et analyse archéologique

L’ancien repaire noble est implanté en fond de vallée au milieu de belles terres arables. Un imposant portail en pierre de taille composé d’une porte cochère et d’une porte piétonne défend encore aujourd’hui l’accès au domaine. Il ouvre dans une cour de ferme rectangulaire (la basse-cour du manoir) bordée sur trois côtés (nord, ouest et est) par des bâtiments agricoles. Cette première cour en commande une seconde, au nord-est : un enclos circulaire, entouré d’un fossé en eau, au centre duquel se dresse le bâtiment principal. On y accède aujourd’hui par un petit pont en pierre encadré par deux piliers de portail. De plan en T et comprenant trois niveaux habitables, le bâtiment principal est composé d’un corps de logis principal rectangulaire flanqué en façade principale (sud) d'une tour d’escalier en vis carrée et sur l’arrière (nord) d’un second corps de logis rectangulaire, disposé perpendiculairement. La tour d’escalier est percée au sud par trois baies superposées, deux d'entre elles étant munies d’une meurtrière à orifice de tir circulaire percée dans l’allège pour des armes à feu légères. Toutes les faces du corps de logis principal sont percées de fenêtres à linteau délardé en arc segmentaire, à l’exception d’une seule petite fenêtre, au nord, qui présente un cadre chanfreiné. A l’intérieur, les cheminées, munies d’un petit foyer et d’un manteau en arc monolithe chantourné, datent également du 18e siècle. Toutefois, la distribution du 15e siècle se retrouve facilement. En effet, la pièce à droite en entrant est encore munie de la seule cheminée d’origine du logis : incorporée dans le mur et couverte par un arc cintré clavé, elle atteste la fonction de cuisine attachée à la pièce. D’ailleurs, de grandes dalles en pierre lisse autour du foyer subsistent du sol primitif et le plan cadastral ancien figure à l’extérieur de ce côté une petite construction qui ne peut être que la partie saillante du four à pain dont la cheminée de la cuisine était autrefois munie. L’autre pièce du niveau, de plan rectangulaire et encore équipée d’un grand placard incorporé dans le mur du fond (ouest), ne peut être que la salle - et le placard, un dressoir en meuble d’attache, placé comme l’usage le veut, au "haut bout" de la salle. C’est sans doute au 18e siècle que la distribution fut inversée : la cuisine est devenue une salle ou un salon et l’ancienne salle est devenue une cuisine – munie à ce moment d’un pavage en galets (pisé) à motif circulaire (bien conservé). A l’étage étaient sans doute à l’origine deux chambres, chacune munie d’une annexe (une garde-robe) logée dans le corps de logis secondaire situé sur l’arrière du corps principal : une porte couverte par un linteau en bâtière orné d’une accolade ouvre encore la chambre occidentale dans ce corps. On observe également dans ces deux anciennes chambres des chaînes d’angle dans les murs qui ne peuvent être, à ces endroits, que les embrasures de grandes fenêtres : les fenêtres actuelles semblent avoir été crées à partir d’anciennes fenêtres, plus grandes, que l’on a en partie murées. C’est certainement au 18e siècle également que le corps de logis secondaire a été agrandi vers le nord (les chaînes d’angle du corps primitif se voient encore dans la maçonnerie des murs actuels), afin d’offrir des annexes plus grandes et plus nombreuses aux pièces du corps de logis principal.

ANNEXE

Archives

Vente du domaine noble de Vergnias, 1766 (A.D. Dordogne, Lalande, notaire à Auriac).

Bibliographie

FOURNIOUX Bernard. "Le paysage agraire de la châtellenie de Montignac et son environnement humain à la fin du Moyen Age." Bulletin

de la Société Historique et Archéologique du Périgord, t. CXXVII, 2000, spécialement p.158.

Appellations manoir de Vergnas
Parties constituantes non étudiées grange, étable, chai
Dénominations maison forte
Aire d'étude et canton Vallée de la Vézère - Montignac
Adresse Commune : Montignac
Lieu-dit : Vergnas
Cadastre : 1813 C 817 ; 2011 AL 48

Le "manso" ou "lo mas de Vernhas" est mentionné en 1304 et en 1383. Le bâtiment principal actuel ne remonte cependant pas à cette époque. Il a fait l'objet de deux campagnes de construction et d'une campagne de modification. La première campagne de travaux date du XVe siècle et concerne la construction des deux corps de logis et de la tour d'escalier ; les portes intérieures à linteau en bâtière orné d'arcs en accolade sculptés suggèrent cette datation. La seconde campagne, de modification, a lieu au XVIe siècle : elle comprend la mise en défense de la tour d'escalier par le percement de petites ouvertures pour armes à feu légères au cours des guerres de Religion ; le fossé en eau et le portail d'entrée de la basse-cour datent peut-être aussi de ce moment. La troisième campagne, du XVIIIe siècle, comprend l'agrandissement vers le nord du corps de logis secondaire, le percement des portes et fenêtres actuelles, à linteau délardé en arc segmentaire, et le réaménagement intérieur avec la mise en place des cheminées, à petit foyer et à manteau en arc monolithe chantourné, ainsi que la construction du portail d'entrée de la cour. Le domaine est encore attesté comme "maison noble de Vergnias" en 1766, mais, deux ans plus tard, il apparaît comme "maison", "métairie" ou "ferme" sur la carte de Belleyme.

Période(s) Principale : 4e quart 15e siècle , (?)
Principale : 2e moitié 16e siècle , (?)
Principale : 18e siècle

L'ancien repaire noble est implanté en fond de vallée, au milieu de terres arables. Un imposant portail en pierre de taille composé d'une porte cochère et d'une porte piétonne défend encore aujourd'hui l'accès au domaine. Il ouvre dans une cour de ferme rectangulaire (la basse-cour du manoir) bordée sur trois côtés (nord, ouest et est) par des dépendances agricoles. Cette première cour en commande une seconde, au nord-est : un enclos circulaire, entouré d'un fossé en eau, au centre duquel se dresse le bâtiment principal. L'accès se fait par un petit pont en pierre encadré par deux piliers de portail. De plan en T et comprenant trois niveaux habitables, le bâtiment principal se compose d'un corps de logis principal rectangulaire flanqué en façade principale (sud) d'une tour d'escalier en vis carrée et sur l'arrière (nord) d'un second corps de logis rectangulaire, disposé perpendiculairement. La tour d'escalier est percée au sud par trois baies superposées, deux d'entre elles étant munies d'une meurtrière à orifice de tir circulaire percée dans l'allège pour des armes à feu légères. Toutes les faces du corps de logis principal sont percées de fenêtres à linteau délardé en arc segmentaire, à l'exception d'une seule petite fenêtre, au nord, qui présente un cadre chanfreiné. A l'intérieur, les cheminées sont munies d'un petit foyer et d'un manteau en arc monolithe chantourné.

Murs calcaire
moellon
Toit tuile plate, tuile mécanique
Étages 1 étage carré
Couvertures toit à longs pans
croupe
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents figurés
  • Carte de la Guyenne par Belleyme. Reproduction en fac-similé de l'édition du XVIIIe siècle conservée à l'Institut géographique national, par Pierre de Belleyme, IGN.

    Planche n° 23, levée en 1768, gravée te publiée en 1789. Archives départementales de la Dordogne : 1 Fi 2 Dordogne 0013
  • Plan cadastral ancien de la commune de Montignac, section C, 2e feuille, 1813.

    Archives départementales de la Dordogne : 3 P 3 3216.
  • Photographie, 1984.

Périodiques
  • FOURNIOUX Bernard. « Le paysage agraire de la châtellenie de Montignac et son environnement humain à la fin du Moyen Age ». Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. CXXVII, 2000. p. 139-162.

    p. 158
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