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Maison dite "chalet Mauriac"

Dossier IA33002817 réalisé en 2012

Fiche

Dénominations maison
Aire d'étude et canton Saint-Symphorien
Adresse Commune : Saint-Symphorien
Lieu-dit : Jouanet
Adresse : 14 Cours de Verdun
Adresse

Situé au cœur des landes girondines, Saint-Symphorien bénéficia de l'essor de l'exploitation des forêts de pins dans la seconde moitié du XIXe siècle. En 1873, l'ouverture de la ligne de chemin de fer Le Nizan-Saint-Symphorien-Sore favorisa ainsi l'écoulement des marchandises et constitua une étape importante du développement de ce territoire. Elle fut à l'origine de la construction d'un atelier de réparation de wagons et de fabrication de pièces métalliques, aujourd'hui protégé au titre des Monuments historiques. Sous l'égide des propriétaires forestiers de Saint-Symphorien, un cercle ouvrier fut par ailleurs créé et approuvé par arrêté préfectoral le 14 septembre 1898.

C'est dans ce contexte d'essor économique que la mère de François Mauriac, Claire Mauriac (1853-1929), née Coiffard, fit bâtir à l'ouest du bourg, sur les terres des exploitations forestières de la famille, au lieu-dit Jouanet, une maison de villégiature, « un chalet style Arcachon » selon les mots de François Mauriac. A la mort de son époux, Jean-Paul Mauriac, en 1887, alors que son plus jeune fils François n'avait pas atteint deux ans, Claire Mauriac prit en effet les affaires de la famille en main avec l'aide de son beau-frère, Louis Mauriac. La construction d'une résidence secondaire à Saint-Symphorien, loin des sites balnéaires prisés de la fin du XIXe siècle, n'est pas sans originalité. Si elle est le reflet de l’ascension sociale des Mauriac, elle traduit surtout la volonté de ne pas s'éloigner de leurs métairies et renforce l'enracinement des membres de la famille sur leurs propres terres.

D'après plusieurs projets signés non réalisés, représentant des communs, le chantier fut confié en 1889 à l'architecte Marcel Ormières (1853-1941). L'analyse stylistique comparative des nombreuses villas dont il fut l'auteur à Arcachon, où il fit l'essentiel de sa carrière, permet de confirmer cette attribution. La villa Germaine-Angèle construite en 1895 en est ainsi une déclinaison, diminuée d'un étage. Lors du partage des biens de Claire Coiffard en 1927, le frère de François Mauriac, Pierre, hérita de la maison de Saint-Symphorien qu'il agrandira sur l'arrière. Le bureau à l'origine en saillie fut englobé dans un volume rectiligne pour doter le rez-de-chaussée surélevé d'une cuisine et l'étage de salles de bain. La fille de Pierre Mauriac, Catherine Cazenave, conserva la maison jusqu'en 2001, année de la vente à la Région Aquitaine (Région Nouvelle-Aquitaine depuis le 1er janvier 2016). Le chalet a fait l'objet, entre 2008 et 2012, d'importants travaux de rénovation pour permettre la création d'une résidence d'écritures numériques et contemporaines.

Indissociable de l'enfance et de la jeunesse de l'écrivain, le "chalet Mauriac", son parc et son environnement ont profondément marqué l’œuvre de François Mauriac qui conserva un lien affectif fort avec ces lieux.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Secondaire : 1er quart 21e siècle
Auteur(s) Auteur : Ormières Marcel
Marcel Ormières (24/06/1853 - 10/02/1941)

Notices biographiques : Ferret P. 481 et Guérin : Des hommes et des activités.

Les villas Ormières d'Arcachon, Le Festin n°89, 2014


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Personnalité : Mauriac François,
François Mauriac (1885 - 1970)

François Mauriac voit le jour en 1885 à Bordeaux avec une double ascendance, du côté maternel, celle d’une bourgeoisie urbaine catholique et du côté paternel, celle de propriétaires terriens du Sud de la Gironde, entre landes et vignobles. Après des études de lettres, il quitte l’Aquitaine pour Paris et démissionne de l’École des Chartes où il était admis pour se lancer dans une carrière littéraire.

Salué par Barrès en 1910 dès la parution de son premier recueil de poèmes Les Mains jointes, il ne connaîtra véritablement le succès qu’en 1922 avec Le Baiser au lépreux. Romancier, poète, dramaturge, essayiste, journaliste, l’auteur de Thérèse Desqueyroux entre à l’Académie française en 1933. Passé maître dans l’art de décrire les passions qui tourmentent les êtres, François Mauriac est également un remarquable exemple d’intellectuel engagé : l’intérêt du

journaliste pour la politique remonte au temps de sa collaboration au Gaulois, après la Grande Guerre, pour ne pas parler des chroniques du Journal de Clichy de 1914. Son engagement proprement dit date des années trente, avec en

particulier l’affaire d’Abyssinie puis la Guerre d’Espagne, premières étapes d’un parcours où il défendra toujours la place de la morale en politique.

En 1952, le romancier se voit décerner le Prix Nobel de littérature qui consacre le caractère universel de son œuvre.

Les dernières années de sa vie sont le couronnement de son œuvre journalistique. Dans son Bloc-notes donné à L’Express, puis au Figaro Littéraire, il s’engage par fidélité aux préceptes de l’Évangile pour que la France choisisse la voie de la décolonisation au Maroc, en Indochine, en Tunisie, puis en Algérie. Le journaliste Mauriac est désormais reconnu, à l’égal du romancier, dont la veine créative perdure jusque dans les dernières années de sa vie, puisqu’il publie son dernier roman, Un Adolescent d’autrefois, avant de s’éteindre le 1er septembre 1970.


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Bâti sur un plan en T massé, le « chalet Mauriac » de Saint-Symphorien se compose d'un étage de soubassement semi-enterré, accueillant notamment la cuisine, d'un rez-de-chaussée surélevé, où sont regroupées toutes les pièces de réception, et d'un étage occupé par quatre chambres. Un perron permet d'atteindre une petite terrasse et l'entrée de la maison. Pourvu en son temps d'un billard, le hall ne constitue pas seulement un espace de circulation et de distribution, mais également une pièce à vivre à part entière, qui se distingue par des incrustations dans les boiseries de carreaux de céramique réalisés par la manufacture Jules Vieillard à Bordeaux. Encadré à droite par l'escalier principal et à gauche par un petit salon, le hall donne également accès dans l'axe à un grand salon et à une salle-à-manger, ces deux pièces pouvant n'en former qu'une, lors de grandes réceptions, par l'ouverture de la double-porte les séparant. Enfin, un bureau de forme polygonale était à l'origine en saillie sur la façade arrière. La maison était équipée de tout le confort nécessaire, en l'occurrence du chauffage central et de l'eau courante à chaque niveau.

La maison se démarque des constructions locales par l'utilisation d'un appareillage mixte sur ses façades. Le parement de l'étage de soubassement, en gros moellons rejointoyés, s'oppose à la maçonnerie enduite des autres niveaux. Des chaînes harpées de brique et pierre soulignent les travées de fenêtres ou les angles, tandis que des éléments de décor en terre cuite simple ou vernissée, de couleur verte, jaune, bleue ou rouge, enrichissent le décor. Des plaques de terre cuite moulées aux motifs géométriques et floraux complètent le programme ornemental. L'entrée de la maison est soulignée par l'avant-corps central dont le pignon est doté d'une ferme débordante. La restauration récente a permis d'en restituer les jambettes et les aisseliers courbes, tout comme le garde-corps du balcon du premier étage. La façade postérieure forme un mur gouttereau couronné par le garde-corps maçonné d'une terrasse. Celle-ci date vraisemblablement des années 1930. La toiture de tuiles mécaniques s'orne de crêtes décoratives le long du faîtage principal.

Depuis les travaux entrepris à partir de 2008, le chalet propose sur quatre niveaux des bureaux, des salons, des bibliothèques, une salle de travail et des chambres.

Murs calcaire moellon enduit
brique brique et pierre à assises alternées bossage
calcaire brique et pierre à assises alternées bossage
Toit tuile mécanique
Étages étage de soubassement, 1 étage carré, étage de comble
Couvrements
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour
États conservations restauré
Statut de la propriété propriété de la région

Références documentaires

Bibliographie
  • CASSEVILLE Caroline, CRON Eric, DUBAU Michel (Photographe) et al. Mauriac, Malagar et Johanet : Gironde. Bordeaux : Editions Confluences, 2015 (Visages du patrimoine en Aquitaine).

    p. 44-51 et 94-105
  • SUFFRAN Michel. Quinze maisons d'écrivain d’Aquitaine, qu'il faut connaître. Bordeaux : Pleine Page éditeur, 2008 (L'Aquitaine qu'il faut savoir).

    Service du patrimoine et de l'Inventaire, région Aquitaine : AQU 1.6 SUF
Périodiques
  • BOULARD Colette. "Le Chalet Mauriac à Saint-Symphorien". Le Festin, 38, 2001.

    p. 52-56
  • FLAUJAC Robert de. "Des lieux de Mauriac". Revue de l'Agenais, 137eme année, 4, 2010.

    p. 85-93 Service du patrimoine et de l'Inventaire, région Aquitaine

Liens web

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