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Maison Delmas

Dossier IA64002907 inclus dans Village de La Bastide-Clairence réalisé en 2018

Fiche

Á rapprocher de

Appellations Maison Bonnecare, Maison Bourtoumieu, Maison Delmas
Dénominations maison
Aire d'étude et canton La Bastide-Clairence (commune)
Adresse Commune : La Bastide-Clairence
Lieu-dit : Adresse : Rue Saint-Jean
Cadastre : 1835 A 422 ; 2016 A 358

Cette maison, d'abord connue sous le nom de Bonecare, est probablement liée à la famille de Bernad et Guilhot de Bona carra, figurant dans la liste des premiers habitants de la bastide, en 1347. Elle est citée dès 1473 dans les archives de la confrérie Saint-Nicolas (Joaninote de Suzanne, dame de Bonecare).

La maison qui occupe deux unités parcellaires originelles de la Bastide, est reconstruite à la fin du 17e siècle, la porte à fronton sur l'élévation nord étant datée de 1690. L'ancien nom de la rue, "rue de la Belle Marche", constitue peut-être une référence au degré de pierre donnant sur cette porte monumentale. Ce chantier a probablement marqué les esprits, puisque dans un acte notarié de 1742 elle est encore dite "maison neuve de Bonecare de dessous".

Si dans la tradition locale, cette maison était désignée comme ayant abrité une synagogue, rien ne l'atteste : ni les "régalements de la taille", ni les actes notariés sous l'Ancien Régime ne font pas apparaître de juifs habitant cette maison. Le symbole christique "IHS" surmontant la porte au nord, est également en contradiction avec l'affectation supposée.

Le nom actuel de la maison vient du mariage en 1736, de Saubat Mathieu Delmas, marchand drapier, avec Jeanne de Saint Bois, héritière de "Bonnecarre autrement Bourtoumieu". Leur fils Jean Jérôme Delmas (1752-1828) a marqué l'histoire du village. Avocat au Parlement, il a été lieutenant de maire et procureur de La Bastide de mars 1780 à 1791 et a été actif durant cette période dans la vie politique locale. Héritant de cette maison par sa mère, le linteau encastré dans le banc adossé, ou "taoulé", porte les noms de ses aïeux maternels "Jean Pierre de Mendilaharse et Jeanne Diharse". En 1785, il rachète les maisons en ruine Chinon et Lacroix, accolées à la maison, afin d'étendre la propriété.

La maison est représentée sur le plan cadastral de 1835 selon une emprise similaire à l'actuelle. La matrice indique qu'elle appartient à cette époque à Pierre Caillava, qui possédait de nombreux biens dans le village, comme les maisons Caroulette, Chory, Chinon, Maison Vieille, ainsi que plusieurs fermes, telles que Jacques, Bigné, Saint Anthony...

Quelques remaniements ont été effectués à partir des années 1980, une porte cochère a été détruite pour la construction d'un mur au nord, et l’élévation ouest présente des ouvertures en briques et en ciment probablement créées à la même période.

Période(s) Secondaire : 4e quart 17e siècle
Principale : 4e quart 20e siècle
Dates 1690, porte la date

Grande maison de plan massé, elle partage son androne au sud avec la Maison Maïtena, tandis qu'elle est longée par la rue Jésus au nord.

Son élévation principale, à l'est sous pignon, est homogène. Elle est composée de trois travées divisées en trois niveaux, entre des têtes de mur en calcaire. Le rez-de-chaussée est ouvert à droite par une porte en pierre de Bidache avec bases et larmier moulurés, l'encadrement est chanfreiné. Elle est jouxtée à gauche d'un petit banc adossé en pierre, ou "taoulet", portant une plaque avec inscription probablement en remploi. Deux fenêtres alignées présentent également des encadrements en calcaire, avec appuis et larmiers moulurés. Le tout est encadré par deux oculus en calcaire. Le deuxième niveau en encorbellement est marqué par une sablière moulurée entre deux corbeaux à trois quart-de-rond. Ce niveau à pans de bois est percé par trois ouvertures alignées à encadrements en bois. Le troisième niveau est ouvert par deux petites fenêtres carrées donnant sur les combles. Sous l'avant-toit, les extrémités des pannes sont chantournées en profil de courbes et contrecourbes.

L'élévation nord est particulièrement soignée, composée de trois niveaux et trois travées. L'entrée monumentale, surélevée de trois marches, avec une porte en arc plein-cintre présente une agrafe avec l'inscription "IHS/1620". Deux pilastres avec bases et impostes moulurées l'encadrent et supportent un fronton en attique percé d'un oculus en son centre. Ce fronton est couronné sur ces angles par trois amortissements composés de petites obélisques supportant des sphères. Les deux fenêtres de droite sont des croisées à encadrement en calcaire, avec larmier et appui moulurés. Cette élévation est coiffée d'un toit en pavillon dans le pan nord de la toiture, couvrant deux lucarnes avec frontons en attique et mêmes amortissements que la porte centrale.

Le mur ouest est quasiment aveugle, deux ouvertures en béton et encadrement en briques donnent accès à une petite cour.

A l'intérieur, une pièce à vivre occupe la partie ouest du rez-de-chaussée, avec d'imposants corbeaux de cheminées conservés, ainsi qu'une pierre d'évier dont l'écoulement est visible depuis l'androne, dans le mur gouttereau sud.

Murs grès moellon enduit
bois pan de bois
calcaire petit appareil
Toit tuile creuse
Étages 1 étage carré, comble à surcroît
Couvertures toit à longs pans pignon couvert
États conservations remanié
Techniques sculpture
maçonnerie
Représentations pilastre, fronton, I.H.S.
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Election de Jean Jérôme Delmas comme juge de paix de La Bastide

    En janvier 1791, Jean Jérôme Delmas est nommé juge de paix de La Bastide, et se démet de ses fonctions de procureur de la commune. En 1802, c’est Jean Detchegorry qui est élu à sa place. Mais plusieurs citoyens dénoncent le sieur Darrieux, maire, pour irrégularité dans les opérations de ce vote (acte notarié du 12 germinal de l'an 10 auprès de Me Haramboure, notaire). Une déclaration de 223 citoyens de La Bastide porte qu'ils ont voté pour le sieur Delmas dans les opérations relatives au renouvellement du Juge de Paix du canton (acte notarié du 30 germinal an 10 de Me Haramboure).

Références documentaires

Documents d'archives
  • Transcription faite vers 1700 du registre n°1 des archives de la confrérie de Saint-Nicolas, récapitulation faite par Garat (directeur de l'école libre des garçons), La Bastide-Clairence, 1947.

  • Matrice cadastrale de La Bastide-Clairence, propriétés foncières bâties et non-bâties, 1835-1912.

    Archives communales, La Bastide-Clairence : 1G3-4
  • "Maison neuve de Bonecare de dessous", mentionnée dans un acte notarié de Me P.J. Golar, 1742, p. 117/311.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques
Documents figurés
  • Plan cadastral napoléonien de La Bastide-Clairence, 1835.

    Archives communales, La Bastide-Clairence : 1G1
Bibliographie
  • LALANNE Guy (dir.). La Bastide Clairence. Ciboure : Jakintza, 2018.

    P. 133.
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Commune de La Bastide-Clairence - Larralde Alexandra
Alexandra Larralde

Chargée de l'inventaire général du patrimoine culturel de La Bastide-Clairence.


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