Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Maison de maître

Dossier IA24004372 inclus dans Village de Thonac réalisé en 2013

Fiche

Á rapprocher de

Genre de maître
Parties constituantes non étudiées étable, grange, écurie
Dénominations maison
Aire d'étude et canton Vallée de la Vézère - Montignac
Adresse Commune : Thonac
Lieu-dit : Cadastre : 1813 D1 71 ; 2019 0D 184

De nombreuses pierres rubéfiées et un linteau de porte ou de fenêtre à accolade (mur gouttereau nord) remployés dans la maçonnerie suggèrent que la maison actuelle remplace une maison plus ancienne, peut-être (sur la seule foi du linteau) de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle.

La maison de plan en L, l'une des plus importantes du bourg de Thonac par ses dimensions, par la qualité de sa mise en œuvre et par sa proximité de l'église, remonte sans doute à la fin du XVIe ou au début du XVIIe siècle, selon ses critères internes : baies (portes, fenêtres et jours) présentant un ébrasement à chanfrein droit assez large et soigné ; allège de fenêtres constituée de pierres de taille ; le seul appui encore en place est lisse, simplement délardé ; les murs sont en moellon et les parties vives en pierre de taille.

Dans son état primitif, le rez-de-chaussée était dévolu au stockage (caves) et le premier étage, directement accessible depuis l'extérieur par un escalier droit à l'est (disparu), était habitable ; les toits, à forte pente, étaient couverts en lauze (vestiges dans le rampant sud du pignon oriental ; charpente en place). Le corps de logis ouest était également bordé côté cour (est) par un portique en bois, dont les empochements de poutre sont bien visibles en façade ; le plan cadastral de 1813 et l'extrait du plan du bourg de 1878 indiquent que ce portique était encore en place à ces dates. Enfin, à l'origine, la maison communiquait avec une cour située à l'ouest, c'est-à-dire avec la maison et ferme située de ce côté (voir IA24004371), les deux étant réunies et la partie ouest formant sans doute la basse-cour avec dépendances de l'autre partie, objet de la présente notice.

La maison a été remaniée au XVIIIe siècle : quatre portes à linteau délardé en arc segmentaire ont été percées au sud, deux au rez-de-chaussée, deux à l'étage, en même temps qu'était créé l'escalier extérieur dans l'angle rentrant des deux corps afin de leur donner accès. Comme souvent, cet escalier devait être couvert par un toit en appentis porté par des colonnes - l'une d'elles, cylindrique, subsiste en remploi dans la cour.

En 1813, lors de la levée du premier plan cadastral de la commune, la maison appartient à Alexandre Laborde-Delbos. Le plan et l'état de sections (voir plan des possession d'Alexandre Laborde-Delbos) indiquent que ce dernier est alors propriétaire non seulement de la maison, de ses dépendances et d'un vaste jardin, mais aussi d'une autre maison, d'un pigeonnier et de granges situés à l'est du bourg, ainsi que de terres voisines s'étendant dans quatre lieux-dits limitrophes : "au Claud", "au Sables" (sic), "au Pradeaux" (sic) et à "Champredon". Certes, ce ne sont sans doute pas là les limites anciennes de ce petit domaine puisqu'elles débordent sur plusieurs lieux-dits et que celui-ci comprend plusieurs parcelles isolées. Mais l'ensemble possède une certaine importance dans le bourg. Dernier élément intéressant qui conforte cette impression : le grand jardin sans doute en partie dévolu à l'agrément du propriétaire renfermait une chapelle privée (maintenant disparue) située au nord, à proximité de l'église paroissiale.

Toutefois, à partir de 1826, Alexandre Laborde-Delbos commence à démanteler ce bel ensemble, d'abord par les maison, pigeonnier et granges situés à l'est du bourg, et le grand jardin ; puis, en 1832, par la vente à Joseph Bonnet (de La Chapoulie) de la maison et de sa cour ; enfin, en 1841, par la vente au même du reste de l'ensemble, y compris la petite chapelle privée (matrice cadastrale). Toutefois, ce dernier s'en sépare par la suite. La famille Lassalvétat est propriétaire de la maison et cour en 1857 (et le restera jusqu'en 1907), tandis qu'en 1862, la chapelle appartient à Bernard Deljarry (ou Deljarie), qui réside à la Pagésie : il y réalise des travaux d'augmentation (Ibidem).

Plusieurs portes et fenêtres, à cadre rectangulaire, certaines dotées d'un linteau en bois (au nord), attestent de modifications intervenues dans la seconde moitié du XIXe siècle. L'imposante grange-étable située au sud de la cour intérieure date vraisemblablement de cette période : linteaux en bois des baies et chaînes de pierres harpées régulièrement et en saillie par rapport à l'enduit (aujourd'hui disparu) couvrant le moellon des murs suggèrent cette datation.

La petite chapelle a été détruite à une date inconnue.

Période(s) Principale : limite 15e siècle 16e siècle , (?) , (détruit)
Principale : 4e quart 16e siècle, 1ère moitié 17e siècle , (?)
Secondaire : 2e moitié 18e siècle
Secondaire : 2e moitié 19e siècle

La maison de plan en L est composée d'un long corps de logis orienté nord-sud et d'un second corps nettement plus court, en retour d'équerre vers l'est, les deux étant au même alignement au nord, du côté de la place de l'église. Dans l'angle rentrant de ceux-ci prend place un escalier extérieur en pierre les distribuant au premier étage. Bâtie en moellons pour les murs et en pierre de taille pour les parties vives (angles, cadres des fenêtres et des portes), la maison comprend un rez-de-chaussée, un premier étage et des combles habitables (éclairés par des lucarnes en chien assis) ; elle est couverte par des toits à longs pans protégés par des tuiles plates. La petite dépendance qui prolonge le long corps de logis au sud appartient à la propriété située à l'ouest (cf. IA24004371). Une dépendance imposante, une grange-étable, est isolée au sud de la cour.

Murs calcaire moellon enduit
calcaire pierre de taille
Toit tuile plate
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier hors-oeuvre : escalier en équerre, en maçonnerie
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Commune de Thonac (XIXe-XXe siècles).

    Archives départementales de la Dordogne : 12 O 645
  • Matrice cadastrale, registre des augmentations et diminutions de Thonac, 1820-1914.

    Pages 26, 75, 138 et 170. Archives départementales de la Dordogne : 63 P 938
Documents figurés
  • Plan cadastral ancien de la commune de Thonac, 1813.

    Section D, 1ère feuille. Archives départementales de la Dordogne : 3 P3 6119 à 3 P 3 6125
  • Extrait du plan du bourg de Thonac dressé le 27 septembre 1878 par Requal. Échelle de 0,002 par mètre ; le nord est à droite (AD Dordogne. 12 O 645).

    Archives départementales de la Dordogne : 12 O 645
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Pagazani Xavier