Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Maison de maître, dite Maison Iharse

Dossier IA64002846 réalisé en 2018

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Genre de maître
Appellations Maison Iharce, Maison Iharse, Maison Eiharse, Maison Eyhartzea
Destinations ferme
Parties constituantes non étudiées four à pain
Dénominations maison
Aire d'étude et canton La Bastide-Clairence (commune)
Adresse Commune : La Bastide-Clairence
Lieu-dit : Quartier Agnescous
Adresse :
Cadastre : 1835 F 309 Dans le cadastre de 1835, partage la même parcelle que la Maison "des évêques" la jouxtant au sud. ; 2016 F 549

Un certain Arnaut, "sieur deyharce", est citée dans un dénombrement des feux de La Bastide-Clairence en 1412. La construction de la maison est datable au 16e siècle par son système d'assemblage de charpente sur poteaux, ainsi que par l'usage des pans de bois.

La maison est également connue sous son nom basque d'Eyhartzea. Elle apparaît en 1706 dans un acte notarié de Me Pierre Jean Golar, notaire royal à La Bastide-Clairence, à l'occasion d'un contrat entre le propriétaire Pierre Darrindolle de la maison Ustaritz de La Bastide-Clairence et Joannes et Charles de Harambillet, père et fils, maçons de la paroisse d’Ayherre, pour la réparation d’un mur à la maison d’Iharse et pour la construction d’une maison neuve. La maison de maître réunissait dans son domaine un moulin à Girbondea, la bergerie Borde Iharse, ainsi que la métairie Gachen. Elle est représentée sur la Carte de Cassini, dans les années 1770, où elle est citée sous le nom de "Maison Iharse".

Sur le plan cadastral de 1835, son emprise est similaire à l'actuelle. Selon la matrice, elle est alors détenue par la famille d'Arcangues, d'abord par Bernard d'Arcangues, négociant à Bayonne, puis en 1881 par Paul d'Arcangues, rentier à Paris, enfin en 1904 par Rose Marie Micaëla d'Arcangues, domiciliée à Biarritz.

La maison a été remaniée lors du chantier de restauration intervenu à la fin des années 1990 : la porte d'entrée a été reculée afin de créer un porche, tandis qu'à l'ouest, le terrain permettant autrefois l'accès direct au fenil a été nivelé.

Période(s) Principale : 16e siècle
Secondaire : 1er quart 18e siècle , daté par source
Dates

Cette maison est implantée sur une terrasse du versant sud-est d'un vallon dominant l'une des voies principales reliant la commune aux villages voisins d'Ayherre et d'Hasparren. Elle fait face à l'ancienne bergerie "Borde Eyharce", sur un versant opposé, qui faisait partie du domaine.

L'élévation principale à l'est sous un pignon débordant, présente une structure tripartite de poteaux soutenant l'encorbellement du second niveau. Les assemblages avec les aisseliers sont en demi-queues d'aronde, avec tenons et mortaises chevillés. Les têtes de mur qui encadrent cette façade prolongent l'encorbellement par des corbeaux à deux quart-de-rond. Les ouvertures en grès du rez-de-chaussée rompent avec la régularité de la façade : dans la travée de droite, la croisée à meneaux est décentrée, tandis que la fenêtre de gauche, de dimensions plus réduites, ne présente qu'un montant ; tous ces éléments sont chanfreinés. Le 2e niveau, en surcroît, est entièrement composé de pans de bois peints en rouge, tranchant avec le blanc de l'enduit. Les deux croisées à meneaux sont en bois, les travées latérales sont éclairées de demi-croisées à moulures prismatiques. Une sablière séparant le second niveau du sommet du pignon semble témoigner d'un remplissage postérieur de cette partie, autrefois probablement ajourée pour permettre l'aération du grenier.

L'intérieur reprend l'organisation tripartite de la façade, avec remise centrale ou "ezkaratz" délimitée par quatre poteaux soutenant la structure, reposant sur des dés de pierres. La pièce à vivre, côté nord-est, est équipée d'un évier en pierre dont l'évacuation est visible à l'extérieur au nord, et d'une imposante cheminée jouxtée d'un potager. Des placards muraux sont également aménagés dans l'épaisseur des murs. Au fond, perpendiculaire au reste du plan de la maison, l'étable conserve ses mangeoires le long du mur ouest. Les cloisons à pans de bois hourdés de torchis maintenu par du grillage et crépies à la chaux ("argamasa") sont conservés à l'étage. La charpente semble témoigner de remaniements et d'extensions.

Murs grès moellon enduit
bois pan de bois
Toit tuile creuse
Étages étage en surcroît
Couvertures toit à longs pans pignon couvert
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier droit, en charpente
États conservations restauré
Techniques sculpture
Représentations dent de scie, rosace, accolade fleur de lys, symbole monarchique
Précision représentations

La travée centrale de la façade principale est mise en valeur par des motifs sculptés de dents de scie sur la sablière, ainsi que par des rosaces en-dessous de la retombée de l'aisselier soutenant le pignon. Sur la travée de droite, la croisée à meneaux est ornée sur son linteau d'une fleur de lys.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Acte notarié du 13 décembre 1706 par Me Pierre Jean Golar, notaire royal à La Bastide Clairence. AD64 3E 562, pp. 455-459.

    Transcription effectuée par Geneviève Sallaberry.

    Le 13 décembre 1706 : Contrat entre Pierre Darrindolle de la maison Ustaritz (*) de La Bastide Clairence et Joannes et Charles de Harambillet, père et fils, maçons de la paroisse d’Ayherre, pour la construction d’un mur à la maison d’Iharse et pour la construction d’une maison neuve près d’Iharse.

    "L’an mil sept cent six et le treizième décembre après midi en la maison d’Ustaritz de la ville de la bastide Clairance, par devant moi notaire royal, ont été constitués en personne Joannes et Charles de Harambillet, père et fils, dits de Garacoitz, maîtres maçons de la paroisse d’Ayherre, lesquels de leurs bons grés, franches et agréables volontés, le fils dûment émancipé par le père pour la validité des présents, ont promis et se sont obligés ainsi que par ces présents, promettent et s’obligent solidairement l’un pour l’autre et l’un d’eux seul pour les deux, renonçant à la division et discussion des personnes et biens qui leur a été baillé à entendre par moi notaire, en faveur de Me Pierre Darrindolle, marchand, sieur de la présente maison d’Ustaritz et de celle d’Iharse et biens en dépendant et à présent jurat de cette ville, ici présent, stipulant et acceptant

    -de luy faire et construire le nombre et quantité de vingt quatre brasses de muraille (*) ou environ en sa maison d’Iharse sise au bourdalat (*) du présent lieu, pour la réparer du côté du midi à la place d’une terrasse qu’il y a présentement ou, quoi qu’il en soit, toute la muraille et fondement d’icelle nécessaire pour fermer la maison du côté du midi jusqu’au toit et jusqu’aux morceaux de muraille qui sont tant du côté de devant que de derrière ; même promettent de défaire les terrasses et appliquer les étançons nécessaires pour soutenir les poutres et toit de la maison depuis qu’ils commenceront à jeter la dite terrasse jusqu’à qu’ils auront parachevé la muraille ; et par le sieur darrindolle leur fournissant sur les lieux les étançons nécessaires pour cela et un jour un charpentier pour les assister, en telle sorte que le toit et boisage de ladite maison diharse n’en reçoivent aucun dommage sous peine, au cas (où) il en arrivait, de le réparer en faveur du Sr (sieur) Darrindolle ;

    -si bien lesdits de Harambillet, père et fils, ont promis de faire et construire en faveur du même Sr (sieur) Darrindolle le nombre et quantité de quatre vingt dix brasses de muraille ou environ, ou autrement toute la muraille et fondement nécessaire d’une maison tout auprès de la dite maison diharse et en tel endroit que le sieur darrindolle leur indiquera, icelle maison de quatorze aunes de longueur et de douze aunes de largeur, le tout de dehors à dehors, et de quatorze aunes de hauteur depuis la fleur de terre, outre le fondement ; arrachant eux mêmes la pierre nécessaire, tant pour faire la muraille en la maison Diharse que pour faire la maison neuve, au touya (*) de la dite maison Diharse ou toute celle qui s’y trouvera et, s’il ne s’en trouvât assez, seront tenus l’arracher dans les terres afiévées (*) de la maison diharse appartenant au même Sr Darrindolle, préférant toujours celle qui sera le plus près de l’endroit où doit se faire la muraille et maison et, au cas encore où il ne s’en trouvât pas là non plus assez, ils arracheront le défaillant en l’endroit ou Pascouau de Sarramia, maçon de Navailles (*) arracha celle qu’il employa à faire l’appentis du sieur de (la maison) Recart-de-dessus ou à la distance de dix pas du dit endroit ; Comme aussi seront tenus de fournir les cantons (*) nécessaires de pierre taillée pour la maison neuve et de la pierre qui se trouvera aux susdits endroits au cas il y en ait de bonne et propre, préférant toujours la plus près et, à défaut d’en trouver là, de la pierre qui est dans la carrière qui est près la terre de Mr le Vicomte de Belsunce possédée par le Sr de Courtau d’Ayherre ;

    Le Sr Darrindolle demeurant obligé de faire tous les charrois de la dite pierre et cantons nécessaires pour ladite maison et muraille faisable à la maison d’Iharse et faire porter sur les lieux ou tout auprès d’où la maison et muraille doivent être faits et de fournir et faire porter aussi toute la chaux, sable et eau nécessaires, tellement que lesdits harambillet père et fils ne seront tenus que seulement d’arracher la pierre et les cantons, tailler lesdits cantons, faire lesdites murailles se faisant eux mêmes le service sans qu’ils puissent commencer à faire les murailles et bâtisses jusqu’au premier de mai prochain et qu’ils seront obligés de parachever pendant le jour et fête de St Michel prochain et tels arrachements des pierres pour maçonner et de celles des cantons, tailler iceux cantons, faire les murailles et bâtisses ;

    Ont promis lesdits de Harambillet de faire, savoir celle pour la maison diharse à raison de vingt huit sols chaque brasse, et celle de la maison neuve y compris les cantons taillés à raison de trente deux sols chaque brasse ; promettent en outre d’arracher la pierre de chaux et de faire deux demi-croisées de fenêtres et une porte de ladite pierre de chaux, bien taillée, en la maison neuve ; le Sr darrindolle faisant pareillement le charroi de la pierre des demi croisées à raison de douze livres chaque demi croisée qui seront d’une aune et demie de hauteur et une aune de largeur, chaque fenêtre et la porte à estimation d’experts, pacte arrêté qu’ils seront tenus de faire ladite porte et demis croisées dans tel endroit de la maison neuve que le Sr Darrindolle leur indiquera, comme aussi seront tenus d’y faire toutes et chacune les autres fenêtres de pierre de chaux taillée en ladite maison, leur payant à proportion du prix ci-dessus réglé pour les demi croisées, le tout en bon père de famille, les murailles ayant une aune d’épaisseur, bien entendu que tous les (xxxxxx) de porte et fenêtres seront comptés en faveur des dits harambillet ;

    Et tel payement des murailles et autres travaux ci-dessus a promis le Sr darrindolle de faire aux dits Harambillet, dès qu’ils auront parachevé le tout, en argent comptant et coursable ;

    Seront tenus les dits Harambillet, comme ayant été compris au traité ci-dessus, de plâtrer ou (pouoquer) ladite maison neuve par dehors et par dedans, savoir les murailles et la muraille faisable en la maison d’Iharse, aussi en la même forme qu’a été plâtrée la muraille qui y est présentement, le Sr Darrindolle demeurant obligé lorsqu’ils plâtreront (peuoqueront) et de les nourrir et leur bailler un serviteur pour leur charroyer le métier lorsqu’ils seront deux massons ou plus le jour, lequel travail pourra être de valeur de cent quatre vingt livres ou environ ainsi que les parties ont déclaré ;

    Et pour tenir et observer ce dessus, sous la peine de se réparer réciproquement tous dépens, dommages et intérêts, ont obligé et hypothéqué tous et chacun ses biens présents et à venir qu’ils ont soumis aux rigueurs et contraintes de justice, renoncé aux exceptions, aux contraintes et préjudiciables, ont juré à dieu de n’y contrevenir, en présence de Me Pierre de Mazain, sieur de la maison de chanchette et Jean Golar, clerc, habitants de cette bastide, témoins requis et signés avec le sieur darrindolle, ce que n’ont fait lesdits harambillet pour ne savoir de ce faire."

    (*) Maison Ustaritz = aujourd’hui appelée "Les Masqueres" et située sur la place des Arceaux.

    Muraille = mur

    Bourdallat = quartier hors du bourg.

    Touya = lande de fougères et d’ajoncs ou "touyes".

    Affièver = donner en location.

    Navailles = territoire situé entre La Bastide, Hasparren et Urt.

    Canton = coins, pierre d’angle.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Matrice cadastrale de La Bastide-Clairence, propriétés foncières bâties et non-bâties, 1835-1912.

    Archives communales, La Bastide-Clairence : 1G3-4
  • Acte notarié du 13 décembre 1706 par Me Pierre Jean Golar, notaire royal à La Bastide-Clairence.

    P. 455-459. Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques : 3E 562
Documents figurés
  • Plan cadastral napoléonien de La Bastide-Clairence, 1835.

    Archives communales, La Bastide-Clairence : 1G1
Bibliographie
  • DARNERE F. La Bastide Clairence au XIVe siècle. T.E.R. Bordeaux : Université de Bordeaux, 1969.

    Service du patrimoine et de l'Inventaire, région Aquitaine : TU DAR
  • LALANNE Guy (dir.). La Bastide Clairence. Ciboure : Jakintza, 2018.

    P. 132.
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Commune de La Bastide-Clairence - Larralde Alexandra
Alexandra Larralde

Chargée de l'inventaire général du patrimoine culturel de La Bastide-Clairence.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.