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Maison de maître, dite de Dignac puis Château Saint-Aubin

Dossier IA33004323 inclus dans Ancien village de Dignac réalisé en 2012

Fiche

Á rapprocher de

Genre de maître
Précision dénomination chateau viticole
Appellations Château Saint-Aubin, Dignac
Parties constituantes non étudiées puits, chai, cuvage, portail, mur de clôture, logement
Dénominations maison
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Saint-Vivien-de-Médoc
Adresse Commune : Jau-Dignac-et-Loirac
Lieu-dit : Dignac
Adresse : 27 chemin de Dignac
Cadastre : 1833 B1 176, 177, 178, 187, 190, 192, 194,, ; 2013 B1 174, 175, 176, 3290, 3291,

Le domaine de Dignac est sans doute constitué dans la seconde moitié du 17e siècle, par la famille de Basterot. Le domaine est représenté sur la carte de Masse de 1708, composé de plusieurs bâtiments et de parterres de jardin enclos au nord. Cette même configuration est visible sur la carte de Desmarais de 1759.

Gabriel-Barthélémy de Basterot, conseiller au Parlement, seigneur de Dignac et Valeyrac, en est le propriétaire entre 1751 et 1778 : un plan, dressé entre ces deux dates, permet d'identifier la fonction des différents espaces qui le composent. Le "château" est un corps de logis rectangulaire donnant sur une "cour" avec un puits, complété à l’ouest par des bâtiments disposés en L et formant la "basse-cour". A l’arrière du château, d’autres constructions délimitent une seconde cour dite "de derrière". A l’est, un terrain constituait un "chennevier" (parcelle semée de chanvre), avec également des jardins organisés en parterres. Des arbres sont dessinés, alignés pour encadrer une allée ou bien formant un bosquet et même un bois dit de "Moranbeau" traversé d’allées. Un "colombier", aujourd’hui disparu, complétait l’ensemble. Aucune indication des terres plantées en vigne : d’après la carte de Belleyme, elles étaient situées au sud-ouest et à distance du village et du château.

Le logis principal date sans doute de la 2e moitié du 18e siècle ; un second pavillon à étage était peut-être prévu (esquissé sur le plan de la 2e moitié du 18e siècle) et n'a sans doute jamais été construit.

Après le décès de Gabriel-Barthélémy de Basterot en 1778, le château revient à sa femme Marie d'Augeard mais pour peu de temps puisqu’il est confisqué comme bien national à la Révolution et revendu en 1793. A cette époque, le domaine compte plus de 700 hectares.

Selon une source orale, le château est ensuite transformé temporairement en prison pour femmes mais retrouve rapidement sa vocation d’élevage, de culture céréalière et de viticulture.

Sur le plan cadastral de 1833, les bâtiments présentent la même disposition qu'au 18e siècle ; quelques ajouts ont été cependant réalisés : des "bâtiments ruraux" au sud de la basse-cour et un long bâtiment au nord de la "cour de derrière". Une vaste parcelle de jardins est toujours indiquée, avec également deux parcelles de "terre" et d'"agrément".

L'ensemble appartient à M. Coiffard, mentionné dans l'ouvrage de Cocks en 1850 : associé à M. Princeteau, il produit 40 tonneaux. C'est peut-être à cette époque que le logis a été scindé en deux parties distinctes. Dans l’édition de 1874, le château appartient à M. Coiffard seul et produit 50 tonneaux. C’est dans cette édition que le cru est appelé pour la première fois "cru Saint-Aubin", en référence aux processions organisées par les habitants du village de Dignac, à travers les champs, pour la bénédiction des futures récoltes, le 1er mars, jour de la Saint-Aubin. Dans l’édition de Cocks de 1881, la propriété est entre les mains de M. Rabère. Ce sont peut-être ses initiales (AR?) qui figurent sur le portail entre la cour principale et celle des dépendances viticoles.

L’aile en retour donnant sur la basse-cour est démolie dans la 2e moitié du 19e siècle puis reconstruite pour former un L avec les bâtiments existants. Ce nouveau bâtiment, percé d'arcades, a abrité des écuries. Le corps de logis est sans doute remanié : les augmentations/diminutions de la matrice cadastrale mentionnent les augmentations de construction d’une maison en 1870 puis en 1880 à la parcelle 176. Il s'agit aussi peut-être de l'aile nord-est qui est construite à cette époque.

Le fronton cintré est sans doute un ajout du 19e siècle, afin de monumentaliser la façade.

En 1893, le château ne produit plus que 20 tonneaux. Lorsque Armand Guarry en devient propriétaire au tout début du 20e siècle, plusieurs transformations sont apportées : les dépendances au nord-ouest organisées autour d'une cour sont probablement démolies et remplacées par des logis ; la partie sud des écuries est convertie en chai et en cuvier à étage ; les arcades en arc brisé sont soit murées soit remplacées par d'autres ouvertures, notamment une porte haute permettant le chargement de la vendange dans la cuve au moyen d'un treuil. La production, selon l'édition de 1908 de l'ouvrage de Cocks, est alors estimée à 100 tonneaux.

Durant l’Entre-deux-guerres, l’exploitation s'oriente principalement vers l’élevage de chevaux qui sont dressés et vendus pour l’armée ; la culture des céréales, la production de lait et la viticulture sont également maintenues. Durant la Seconde Guerre mondiale, les forces d'occupation s'installent dans la propriété et en font leur quartier général. À la Libération, les bâtiments sont occupés par les représentants des Forces françaises de l'intérieur (F.F.I.) ; après leur départ, le domaine est vandalisé.

En 1949, l’édition de Cocks mentionne une production de 10 tonneaux. A cette époque, les bâtiments de dépendance abritent un manège à chevaux, le cuvier et le chai, l’étable à vaches et, en retour, un logement d’ouvrier et les écuries.

En 1974, le domaine est racheté par la famille De Castro qui relance l'élevage, l'agriculture et la viticulture pour finalement opter exclusivement pour la vigne. Le manège à chevaux et les écuries sont alors définitivement transformés avec l'aménagment dans la partie nord d'un garage pour les tracteurs et d'un espace de stockage. Le domaine compte 6 hectares de vigne dont une partie à Goulée. En 1990, la propriété est agrandie avec l’achat de 9 hectares.

Dans les années 2000, le logement d’ouvriers est transformé en salle d’accueil et de réception. En 2005, le domaine est agrandi avec 6 hectares supplémentaires de vigne. Aujourd’hui, le Château Saint-Aubin comprend 21 hectares de vigne et produit en moyenne 110 000 bouteilles l’année.

Période(s) Principale : 2e moitié 18e siècle
Principale : 2e moitié 19e siècle
Principale : 1ère moitié 20e siècle

Le château Saint-Aubin est situé sur une "croupe" de vigne, au sud-est du hameau de Dignac. Les bâtiments sont organisés autour de cours : au nord-est, elle est délimitée par le corps de logis et des logements secondaires ; au sud-ouest, elle comprend les bâtiments viticoles. Sur la façade postérieure nord-ouest du logis est disposée en retour d'équerre une autre aile de dépendances. Les anciens jardins, aujourd'hui plantés de vigne, sont délimités par un mur de clôture en moellon tandis que la cour du château est fermée au sud-est par un muret en brique à piliers maçonnés en pierre de taille calcaire, grille et portail.

Le logis est composé d'un corps central en rez-de-chaussée, flanqué au sud-est d'un pavillon à étage en moellon. La façade principale, donnant sur la cour au sud-est, est percée de 5 ouvertures. Le décor se concentre sur la porte en arc segmentaire avec agrafe, encadrée de pilastres soutenant un entablement à triglyphes et métopes, surmonté d’une corniche denticulée. L’ensemble est couronné d’un fronton semi-circulaire sculpté en son centre d'un oculus aveugle mouluré et orné de quatre rosettes.

La façade postérieure a été remaniée et correspond à un logis indépendant, compris toutefois sous le même volume de toiture.

A l'intérieur, les pièces sont organisées en enfilade et ornées d'un décor mouluré en stuc à motifs végétaux et géométriques. Le mur de refend central sépare les deux unités d'habitation.

Au nord-est de la cour, une aile de bâtiments comprend des logements secondaires en partie remaniés.

Au sud-ouest se trouve la cour des bâtiments viticoles, à laquelle on accède par un portail à piliers maçonnés et porte piétonnière dont la grille porte les initiales AR entrelacées. Les bâtiments abritent le chai, le cuvier et d'anciens logements d’ouvriers, transformés en salle d’accueil. Au sud-ouest, les anciennes écuries et manège à chevaux ont été convertis en remise, espace de stockage, chai à barriques et cuvier en inox. Ce bâtiment présente six grandes arcades en arc brisé ainsi qu'une porte haute permettant le chargement de la vendange. L'aile nord-ouest de la cour est en ruine.

Murs calcaire enduit
moellon
Toit tuile mécanique
Étages en rez-de-chaussée, 1 étage carré
Couvertures toit à longs pans
toit en pavillon
Typologies IC2
États conservations remanié
Techniques sculpture
Représentations denticule, pointe de diamant, coquille, perle, rinceau, fleur, cartouche
Précision représentations

Le décor intérieur en stuc du logis est composé de denticules, coquilles, pointes de diamant, perles, olives, rinceaux, fleurs et cartouches.

Estuaire

TRAVEE 5
FORBAIE arc segmentaire (porte) ; linteau droit (fenêtre) ; corniche (porte) ; pilastres (porte) ; chambranle mouluré (porte) ; agrafe (porte)
POSRUE autre
POSPARC en retrait
POSTOPO coteau
ORIENT sud
VUE vue bornée
CLOT Mur de clôture ; portail
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents figurés
  • Carte du 9e quarré de la généralle de Médoc. Dessin, encre, couleur, papier, par Claude Masse (géographe), 1708 [IGN, non coté].

    IGN (Institut national de l'information géographique et forestière)
  • "Plan de la maison et anvirons (sic) de Dignac appartenant à Monsieur de Bastrot". Dessin à la plume, 2e moitié 18e siècle.

    Archives départementales de la Gironde : 2 Fi 823
  • Plan cadastral napoléonien, 1833.

    section B Archives départementales de la Gironde : 3 P 208
Bibliographie
  • BAUREIN Abbé, MERAN Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 1, 2è éd .

    p. 255
  • MÉRIC jean-Pierre. De Ségur à Phélan. Histoire d'un vignoble du Médoc. Bordeaux : Presses Universitaires de Bordeaux, 2007.

Périodiques
  • MÉRIC Jean-Pierre. « Les Basterot : une famille de propriétaires fonciers en Médoc au XVIIIe siècle ». Les Cahiers Médulliens, 2000, n° 33.

    p. 3 à 43

Liens web

(c) Conseil départemental de la Gironde ; (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Riberolle Jennifer