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Maison de maître, dite Château Laurensanne

Dossier IA33007684 réalisé en 2014

Fiche

Dossiers de synthèse

Genre de maître
Précision dénomination château viticole
Appellations château Laurensanne
Parties constituantes non étudiées resserre, chai, cuvage, puits, logement, chapelle, jardin
Dénominations maison
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive droite)
Adresse Commune : Saint-Seurin-de-Bourg
Lieu-dit : Laurensanne
Adresse : route de Laurensanne
Cadastre : 1821 section unique 184, 185 et 187 ; 2014 A1 850

Une construction figure à l’emplacement du domaine actuel sur la carte de Belleyme de la seconde moitié du 18e siècle. Henry Ribadieu indique dans son ouvrage Les châteaux de la Gironde (1856), qu’au cours du 18e siècle, Laurensanne appartient à la famille de Calvimont. De cette époque subsiste essentiellement quelques pans de murs du corps de logis et des chais, ainsi que deux cheminées.

Selon les propriétaires actuels, c’est vers 1808 que Jean Baptiste Joseph de Bellot, lieutenant des vaisseaux du Roi, aurait fait l’acquisition du domaine. A sa mort en 1813, il laisse le domaine à sa veuve Marie Thérèse Antoinette Nicole de Ségur Cabanac. Le plan cadastral de 1821 montre alors un ensemble de bâtiments organisés sur deux cours entre deux allées. L’édition de 1824 du Traité sur les vins de William Franck témoigne qu’il s’agit déjà d’un véritable domaine viticole dont les vins "sont fort estimés des connaisseurs".

Au cours de la seconde moitié du 19e siècle, Marie-Thérèse-Caroline-Hermine de Bellot (1813-1895), réputée "bienfaitrice de la commune" pour avoir financé la reconstruction de l'église paroissiale, fait réaliser des travaux d'importance : le registre des augmentations et diminutions de la matrice cadastrale fait état de constructions nouvelles en 1856 sur les parcelles n°184, 185 et 186. C’est également à cette période que la chapelle domestique est édifiée, ainsi que l'on peut le déduire du monogramme JV du peintre verrier bordelais Joseph Villiet - dont l’activité se situe essentiellement dans le 3e quart du 19e siècle. H. Ribadieu décrit ainsi le logis et ses alentours : "cette villa est située sur les coteaux de Saint-Seurin, dans une situation magnifique, d’où l’on jouit d’une des plus belles vues de tout le Bourgeais. Elle se compose d’une élégante construction carrée, meublée confortablement et flanquée d’une chapelle. Derrière sont des servitudes agricoles, et devant la façade s’étend un parterre diapré de fleurs odoriférantes, entouré de grands arbres au feuillage vert."

Le 20 décembre 1895, Hermine de Bellot décède et le domaine est transmis à Maurice Labourdette. Des travaux de modernisation sont alors effectués, notamment aux chais et au cuvier, faisant passer la production de 50 tonneaux en 1893 à 150 en 1898, selon les éditions successives de Bordeaux et ses vins de Cocks et Féret. Le nouveau propriétaire va également produire du vin blanc et donner le nom au domaine de Château Laurensanne.

Période(s) Principale : 2e moitié 18e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Auteur(s) Auteur : Villiet Joseph,
Joseph Villiet (1823 - 1877)

Peintre-verrier à Bordeaux.


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maître verrier, (?), signature

Le domaine, au cœur de son vignoble, est situé au nord-est de la commune, sur les premiers coteaux offrant une vue sur la Dordogne et sa plaine.

Le logis s’ouvre sur un jardin arboré, au sud. Encadré par une annexe en rez-de-chaussée, à l’ouest et par une chapelle à l’est, il s’élève sur un étage carré. Sa façade compte 7 travées. Des pilastres à bossage, un bandeau médian et une corniche moulurée animent l'élévation. A l’arrière du logis est adossée une tour octogonale en pierre de taille, s’élevant sur 3 niveaux et couverte d’un toit polygonal en ardoise. Elle abrite des latrines, le garde-manger et une cloche pour rythmer les temps de travail.

La façade de la chapelle domestique est encadrée de pilastres coiffés d'un fronton. A l’intérieur, elle comporte une fausse-voûte en berceau et l’autel est éclairé par un vitrail zénithal figuré, signé des lettres J et V.

Les dépendances s’organisent autour d’une cour, à l’arrière du logis. Elles comprennent logement d’ouvriers, un pigeonnier et un poulailler dans un bâtiment en briques et pierre, puis les chais et le cuvier. Ce dernier, à étage, est composé d’une cuverie en ciment. Avec le dénivelé du terrain, la baie de décharge s’ouvre extérieurement au niveau du sol tandis qu’à l’intérieur elle donne accès au niveau de plancher. Elle est précédée à l'extérieur par un conquet de réception de la vendange à vis sans fin.

Au sud-ouest de la propriété, le bâtiment abritant les écuries, l’étable à vaches, le grenier et un hangar est implanté de biais par rapport au corps de logis ; il est séparé des autres bâtiments par un muret et un portail.

Murs calcaire moellon
Toit tuile creuse
Étages 1 étage carré
Couvrements fausse voûte en berceau
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans croupe
appentis
toit polygonal
Typologies IC4
Techniques vitrail
Représentations Annonciation
Précision représentations

Le vitrail zénithal de la chapelle représente une Annonciation. Le carton est identique à l'un des vitraux de l'église paroissiale d'Aiguillon (Lot-et-Garonne).

Estuaire

TRAVEE 7
FORBAIE linteau droit (porte) ; linteau droit (fenêtre) ; chambranle mouluré (porte) ; agrafe (porte) ; agrafe (fenêtre)
POSRUE autre
POSPARC en retrait
POSTOPO coteau
VUE vue sur estuaire
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Compléments bibliographiques

    RIBADIEU Henry. Les châteaux de Gironde : mœurs féodales, 1856 :

    "Depuis le perron de cette villa, comme du sommet d’un vaste amphithéâtre, la vue descend sur les collines bourgeaises, sur les rivières et sur les plaines qu’elles arrosent, jusqu’à la capitale de la Gironde, jusqu’aux rideaux de pins qui ferment cet horizon. – Le tout est renfermé par des haies et des murs, relié à la route par une longue allée, et dominé par un antique moulin à vent privé de ses ailes et de sa couverture, et qui produit de loin l’effet d’une vieille tour.

    Laurensanne appartenait au XVIIIe siècle, à la famille de Calvimont, à qui il fut acheté par M. de Bellot ; il appartient aujourd’hui à sa fille et son héritière, Mlle Hermine de Bellot, qui a fait reconstruire, il y a quelques années, la nouvelle église de Saint-Seurin.

    Laurensanne est au milieu d’un vignoble de dix hectares, dont les produits figurent dans les premiers crus de bourg. On y récolte, année moyenne, 30 à 40 tonneaux de vins, estampés Château Laurensanne, et que Franck désigne sous le nom de mademoiselle Hermine de Bellot.

    Cette habitation, située à 3 kilomètres de Bourg, est une des plus agréables de la contrée."

    COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1898 :

    "Le Château Laurensanne est entouré d’un domaine de 37 hectares dont 26 environ sont consacrés à la vigne. Le reste est en prairies, bois, garenne et jardins. Le vignoble est admirablement situé sur un des points culminants de la première ligne des coteaux du Bourgeais, présente un sol varié, argilo-calcaire ou argilo-siliceux sur fonds pierreux ou argileux. Il est complanté en cépages de choix, cabernet, malbec et merlot pour le vignoble rouge. Deux hectares environ consacrés aux vignes blanches sur sol pierreux présentent les cépages fins ; sémillon, sauvignon, merlot blanc et muscadelle. Les vins rouges du Château-Laurensanne sont classés depuis des siècles au rang des meilleurs 1ers crus bourgois du Bourgeais. Ses Vins blancs fins et séveux ne tarderont pas à acquérir la même réputation."

  • Famille de Bellot. Extrait du Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables par Chaix d'Est-Ange

    BELLOT (de) et BELLOT de RAMSAY (t. 3, p. 308-309)

    Armes : d'or à deux lions affrontés de gueules ; au chef d'azur chargé de trois étoiles d'argent.

    La famille de Bellot appartient à la noblesse de Guienne. On trouvera une partie de sa généalogie dans le Nouveau d'Hozier, au Cabinet des Titres. Elle a eu pour auteur François Bellot, sieur du Marché-le-Vuarde et de Lavergne, capitaine et sergent-major en la garnison de Blaye, qui fut anobli d'abord par lettres patentes de juin 1660, enregistrées le 11 août 1661 en la Chambre des comptes de Paris, puis par nouvelles lettres patentes en mars 1664. Un édit du mois de septembre de cette même année ayant révoqué tous les anoblissements concédés depuis 1611, François Bellot se fit accorder en mars 1665 de nouvelles lettres patentes qui l'exceptaient de cette mesure et qui le confirmaient dans sa noblesse. Son fils, Robert de Bellot, écuyer, Sgr de Marchais et de Segonzac, en Blayais, marié d'abord en 1686 à Jeanne Voysin, fille d'un conseiller en la Cour des aides de Bordeaux, était capitaine d'une compagnie au régiment de Vignolle quand il se remaria en 1690 avec Jeanne Brun de Gadeau. Il fit enregistrer son blason à l'Armorial général de 1696 (registre de Bordeaux) et fut maintenu dans sa noblesse d'abord le 27 mai 1697 par jugement de M. de Bezons, intendant de Bordeaux, puis en 170... par arrêt du Conseil d'Etat. Il fut lui-même père de François de Bellot, écuyer, Sgr de Segonzac, né le 24 mars 1693, qui épousa le 9 juillet 1718 Marguerite Cherpentier de Chanterenne, fille d'un commissaire des guerres, sénéchal du marquisat de Barbézieux, grand-père d'Antoine-Joseph de Bellot, né à Barbézieux en 1724, chevalier de Saint-Louis, capitaine au régiment de Guienne, qui épousa à Québec, au Canada, en 1758, Charlotte de Ramsay, et arrière-grand-père de Pierre de Bellot, né à Blaye en 1765, qui fit en 1775 des preuves de noblesse pour être admis à l'École militaire de la Flèche.

    Jean-Baptiste de Bellot, lieutenant des vaisseaux du Roi, prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Bordeaux.

    La famille de Bellot était représentée de nos jours par plusieurs rameaux. L'un de ces rameaux, fixé en Ecosse, est connu sous le nom de Bellot de Ramsay. Un représentant d'un autre rameau, né en 1850 à Alger où son père était trésorier payeur, marié en 1874 à Mlle de Wimpffen, a été autorisé par décret du 1" septembre de cette même année à joindre à son nom celui de la famille de Chardebœuf de Pradel. Il a été connu depuis lors sous le titre de comte que portait le chef de cette famille.

    La famille de Bellot a fourni des officiers.

    Principales alliances : du Choyron du Pavillon 1833, de Ségur-Cabanac, de Wimpffen, de Beaupoil de Saint-Aulaire de la Luminade 1788, de Beaupoil de Saint-Aulaire de la Dixmerie 1757, etc.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Registres des matrices cadastrales de Saint-Seurin-de-Bourg, 1853-1913.

    Archives départementales de la Gironde
  • Registre des actes des décès de Bordeaux, section 2 : acte de décès de Marie Thérèse Caroline Hermine de Bellot, 20 décembre 1895.

    Archives municipales, Bordeaux : 3 E 323
  • Registre des actes de naissances de Bordeaux, section 1 : acte de naissance de Marie Thérèse Caroline Hermine de Bellot,20 juillet 1813.

    Archives municipales, Bordeaux : 1 E 73
Documents figurés
  • Carte de Belleyme, planche n°20, levée entre 1762-1778.

  • Plan cadastral de Saint-Seurin-de-Bourg, 1821.

    Archives départementales de la Gironde : 3 P 475
Bibliographie
  • CHAIX D'EST-ANGE, Gustave. Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle. Evreux : imprimerie de Charles Hérissey.

    T. 3, p. 308-309.
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1893 (6e édition).

  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1898, revue et augmentée de 450 vues de châteaux viticoles (7e édition).

  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1908, enrichie de 700 vues de châteaux viticoles (8e édition).

  • FRANCK William. Traité sur les vins du Médoc et les autres vins rouges et blancs du département de la Gironde. Bordeaux : impr. de Laguillotière, 1824.

    P. 64, 67.
  • RIBADIEU Henry. Les châteaux de Gironde : mœurs féodales, détails bibliographiques et traditions, légendes, notices archéologiques. Episodes de l´histoire de Bordeaux au Moyen Age et dans les derniers siècles - état actuel des domaines. Paris : Chez E. DENTU (Librairie), 1856.

    P. 246.
  • SEGUR-CABANAC Victor, comte de. Histoire de la maison de Ségur dès son origine, 876. Marquis, comtes et vicomtes de Ségur en Limousin, en Guienne, en Périgord, en L'Ile de France, en Champagne, en Autriche et en Hongrie. Brünn: la famille (éditeurs), 1908.

    Bibliothèque nationale de France, Paris : FOL-LM3-3049
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