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Maison de maître, dite Château Cap-de-Haut

Dossier IA33004583 réalisé en 2013

Fiche

Genre de maître
Précision dénomination château viticole
Appellations Château Cap-de-Haut
Parties constituantes non étudiées chai
Dénominations maison
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive droite)
Adresse Commune : Blaye
Lieu-dit : le Cap-de-Haut
Adresse : rue Joseph-Taillasson
Cadastre : 1832 A1 95, 98, 99 ; 2017 AC 56

Dans leur rusticité, les bâtiments de chais peuvent dater du 18e siècle, de même que les logements secondaires. L'ensemble figure sur le plan cadastral de 1832 selon des dispositions similaires aux actuelles : selon la matrice, "maison, bâtiment, jardin et agrément", ainsi que les vignes environnantes, appartiennent alors au dénommé Gélibert, domicilié rue Saint-Simon à Blaye. Sans doute s'agit-il de Barthélemy Joseph Gellibert (1767-1860), président du conseil d'arrondissement de Blaye en 1842.

Le registre des augmentations et diminutions indique une augmentation de construction de maison pour l'avocat Gélibert, en 1844. Ce chantier peut correspondre à la reconstruction du corps de logis, dont la modénature de la façade du côté est, en particulier la porte en arc plein-cintre combinée à des fenêtres rectangulaires et la corniche à modillons, est conforme aux réalisations de cette époque.

Le cru de Cap-de-Haut est mentionné dès l'édition de 1868 de l'ouvrage Bordeaux et ses vins parmi les 1ers bourgeois du Blayais, avec une production de 25 à 40 tonneaux, en possession de Gellibert. La demeure est encore transformée dans ces mêmes années, puisque la matrice signale en 1870 une augmentation de construction conséquente, ainsi qu'une construction nouvelle, au nom de Thibaud Gellibert (Thibaut Lucien Gellibert est connu comme président du tribunal de Blaye puis de celui de Bordeaux, propriétaire de plusieurs biens dans la ville ainsi que de la maison familiale de Camillac à Bourg). La modification de la façade ouest, et notamment la création de l'avant-corps, ainsi que la construction de la remise au sud, appartiennent vraisemblablement à cette campagne de travaux. Si la lettre G du monogramme sculpté au-dessus de la porte d'entrée correspond bien au patronyme Gellibert, les lettres S et B entremêlées sont plus énigmatiques. Le monogramme LG de la grille d'imposte correspond, sans ambiguïté, à Lucien Gellibert. Une édition plus tardive de Bordeaux et ses vins précise d'ailleurs que "M. Gellibert, magistrat distingué de la Cour de Bordeaux, [...] imprima un charmant caractère artistique" à la demeure.

A la fin du 19e siècle, Mlle Gellibert est à la tête du cru, dont la production ne s'élève plus qu'à 20 tonneaux en 1898. Passé entre les mains de négociants de la place de Bordeaux, le domaine est acquis en 1920 par G. Faure, courtier en vins et "viticulteur expérimenté" qui sut tirer le meilleur parti d'un passé si favorable et d'un ensemble de circonstances remarquablement heureuses". Les bâtiments ne paraissent pas avoir évolué depuis, à l'exception du chai et d'un petit bâtiment proche de l'entrée, tombés en ruine dans les années 2000.

Période(s) Principale : 18e siècle
Principale : 2e quart 19e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Dates 1870, daté par source

Le domaine occupe une croupe viticole au nord de la ville. Implanté en bordure de l'ancien chemin de Blaye à Saint-Androny, entouré d'un mur de clôture, il est accessible par un portail entre deux piliers en pierre de taille. Les bâtiments se composent de la demeure et de logements attenants, d'une remise indépendante au sud et de bâtiments viticoles formant une longue aile détachée à l'ouest. Un petit parc environne la demeure à l'est.

La maison de maître comporte un corps de logis rectangulaire d'un étage, flanqué d'un avant-corps au centre de la façade ouest. Cet élément à pans-coupés est bâti en pierre de taille et chaînes à bossage, couvert d'un toit à brisis en ardoise avec une lucarne cintrée. La porte d'entrée, à chambranle à crossettes, est agrémentée d'une ferronnerie d'imposte avec monogramme ; un second monogramme surmonte les claveaux en arc segmentaire. Les autres murs sont en moellon enduit. L'élévation postérieure, de 5 travées, est percée d'une porte en arc plein-cintre et de fenêtres rectangulaires. Un bandeau souligne l'étage et une corniche à modillons couronne les murs.

Un premier logement attenant au sud compte 2 travées ; un jour d'aération témoigne de la présence d'une cave. Un second corps de logement, formant retrait sur l'élévation ouest, comprend 3 travées principales et une 4e travée ouverte d'un portail. La remise au sud est en moellon couvert d'un enduit ocre rosé, les encadrement sont harpés. L'aile des dépendances viticoles est composée de deux bâtiments juxtaposés en rez-de-chaussée. Le sol de la partie cuvier, à l'est, est décaissé ; une maie en bois y est conservée.

Murs calcaire moellon enduit
pierre de taille
Toit tuile creuse, ardoise
Étages sous-sol, 1 étage carré, étage de comble
Couvertures toit à longs pans pignon couvert
toit brisé en pavillon
Techniques sculpture
Représentations fleur, pomme de pin
Précision représentations

La lucarne sur l'élévation ouest est décorée de motifs floraux et d'une pomme de pin.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Extrait de l'édition de 1922 de Bordeaux et ses vins

    P. 845-846 :

    "La famille Gellibert a habité ce domaine pendant plusieurs générations ; M. Gellibert, magistrat distingué de la Cour de Bordeaux, donna tous ses soins au vignoble et à la maison d'habitation à laquelle il imprima un charmant caractère artistique.

    De 1919 à 1920, un membre d'une importante maison de vins de Bordeaux a eu en mains cette propriété ; il a apporté d'importantes améliorations aux méthodes de culture, à l'organisation du domaine et à l'immeuble. Le nouveau propriétaire, M. G. Faure, viticulteur expérimenté, tire le meilleur parti d'un passé si favorable et d'un ensemble de circonstances remarquablement heureuses."

Références documentaires

Documents d'archives
  • Matrice cadastrale et états de sections, 1834-1973.

    Archives départementales de la Gironde : 3 P 58/8-18
  • Matrice cadastrale, registre des augmentations et diminutions, 1836-fin du 19e siècle.

    Archives municipales, Blaye : non coté.
Bibliographie
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1868 (2e édition).

    P. 333.
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1874 (3e édition).

    P. 419.
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1893 (6e édition).

    P. 562.
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1898, revue et augmentée de 450 vues de châteaux viticoles (7e édition).

    P. 609.
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1922 (9e édition).

    P. 845, ill.
  • FERET Edouard. Personnalités et notables Girondins de l'antiquité à la fin du XIXe siècle. Bordeaux : Féret et L'Entre-deux-mers, 2009, fac-similé de l'édition de 1889.

    P. 273.
Périodiques
  • L´ESPERANCE. Journal de l´arrondissement de Blaye, littérature, beaux-arts, commerce, agriculture et annonces, 1836-1904.

    [exemplaires en ligne sur le site Gallica.fr : https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32768861f]

    22 juillet 1883, p. 2.
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