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Lycée Max-Linder

Dossier IA33008204 réalisé en 2016

Fiche

Œuvres contenues

  • Peinture : Cheval ailé (Pégase) et mouettes
  • Peinture : Déesse de l'agriculture
  • Statue : Putto avec cheval
  • Peinture : Scène de pêche
  • Paire de carrelages muraux : Allégories des Arts et des Sciences
Appellations Lycée Max-Linder
Dénominations lycée
Aire d'étude et canton Nouvelle-Aquitaine
Adresse Commune : Libourne
Adresse : 43 Allées Robert Boulin
Cadastre : 2016 BH 699

Le conseil municipal de la ville de Libourne émet le vœu, le 8 décembre 1949, que soient transformés en lycée les collèges de Libourne. Le collège de garçons (actuel collège Atget), et celui de jeunes-filles (ancien couvent des Récollets, aujourd'hui médiathèque), ne bénéficiant pas d'une situation permettant de les agrandir, la municipalité opte pour une construction nouvelle, sur le terrain du haras de Libourne, à l'occasion de sa suppression par décret du 31 octobre 1950. En 1954, les terrains du haras appartenant au département et à la ville sont cédés à l’État et une parcelle au nord-ouest du terrain, appartenant à l'entreprise Malville est achetée par la municipalité pour être également cédée à l’État.

Jacques Carlu, architecte des Bâtiments Civils et des Palais Nationaux, est désigné par le Ministère de l’Éducation nationale le 27 février 1954 pour diriger l'érection des bâtiments neufs comprenant l'externat et l'internat de garçons, et la transformation de l'ancien collège de garçons en internat féminin. Pour construire le lycée, Carlu s'associe à l'ingénieur Jean Piquemal et à l'architecte Claude Bruley ; tandis que pour l'aménagement de l'internat féminin, l'architecte bordelais Claude Ferret, apporte son concours temporairement avant de démissionner en 1956.

En ce qui concerne le budget, 65 % sont apportés par l'Etat et 35 % par la ville. Carlu estime le budget des constructions neuves à presque 800 millions de francs et l'aménagement de l'internat féminin à 140 millions de francs.

Le programme établit en 1955 prévoit 1282 élèves. Pour l'enseignement général sont prévues 16 classes pour les 4ème et 3ème et 9 classes de la Seconde à la Terminale ; pour les sciences on compte 12 salles et 3 amphithéâtres ; une salle de gymnastique pouvant faire office de salle des fêtes complète l'ensemble ; 10 logements et 4 chambres pour le personnel sont également envisagés. En 1961, la presse spécialisée en architecture mentionne une capacité accrue : 1300 élèves pour l'externat et 330 lits dans l'internat de garçons.

Carlu fournit l'ensemble des plans définitifs en 1956 après avoir obtenu le 15 novembre 1955 un avis favorable du Conseil Général des Bâtiments de France sur l'avant-projet. Les travaux commencent en 1957, les fondations sont achevées en 1958, les anciens bâtiments du haras sont détruits et le lycée ouvre ses portes le 22 septembre 1959. L'établissement sera cependant réellement achevé en 1960. La décoration, dans le cadre du 1% artistique est réalisée entre 1960 et 1962 par des artistes de renommée ayant déjà collaboré avec Carlu sur le projet du Palais de Chaillot. Il s'agit de Charles Barberis (ici céramiste et sculpteur), de Paul Belmondo (sculpteur), de Charles Souverbie (peintre). A ce groupe s'ajoute Jean Dupas, peintre bordelais, auteur notamment des fresques de la Bourse du Travail à Bordeaux et Charles Sahuguet (peintre issu de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux). Souverbie , Sahuguet et Dupas décorent ainsi la cantine de grandes peintures, évoquant respectivement les produits de la terre, de la mer et une invitation à la poésie.

En 1976, un collège d'enseignement technique est créé au lycée ; dénommé "Henri-Brulle" à partir de 1980, il devient autonome en 1987. En 1977, le premier cycle du lycée devient un collège autonome et porte le nom "Eugène-Atget" depuis 1980. Il est définitivement établi entre les rues Jules-Favre et Abel-Boireau (ancien internat féminin du lycée).

Le lycée prend le nom de "Lycée d'Etat Mixte de Libourne" jusqu'en 1983, date à laquelle on le baptise "Max-Linder".

En 1995, l'agence des architectes Brochet-Lajus-Pueyo réalise un programme d'extension et de restructuration : ils élargissent la base du bâtiment principal en courbe, créent un bâtiment trapézoïdal comprenant une salle polyvalente divisant ainsi la cours en deux espaces distincts et édifient un bâtiment réservé à l'enseignement technologique en fermant la parcelle à l'est.

En 1959, le lycée compte 1396 élèves ; en 1968, il y en a 2037 et en 2017, ils sont 2000.

Période(s) Principale : 3e quart 20e siècle , daté par source
Secondaire : 4e quart 20e siècle , daté par source
Dates 1957, daté par source
1995, daté par source
Auteur(s) Auteur : Carlu Jacques,
Jacques Carlu (1890 - 1976)

Fiche descriptive Fonds Carlu, Jacques (1890-1976). 010 Institut français d'architecture (IFA, Paris).

Jacques Carlu est né à Bonnières-sur-Seine en 1890 et décédé à Paris en 1976. Il est établi à New York et à Paris, et actif en France, aux Etats-Unis et au Canada de 1921 à 1976. Frère cadet du célèbre affichiste Jean Carlu, c’est l’homme des défis, des grandes entreprises et d’une certaine démesure, dont témoignent ses œuvres souvent empreintes de monumentalité. Alors qu’il est encore à l’Ecole des beaux-arts, il réussit en 1919 le concours de Rome, qui l'amène à séjourner en Italie de 1919 à 1924. Il vit ensuite de 1924 à 1934 à New York et au Canada, où il réalise des travaux de décoration intérieurs, de magasins notamment (grand magasin Eaton à Montréal, 1930-1931), dans le style paquebot.De 1935 à 1939, de retour en France, il transforme, en collaboration avec Boileau et Azéma, l’ancien Trocadéro de Davioud, qui devient le palais de Chaillot. La monumentalité de l’édifice, la polémique qui entoure le projet asseyent sa notoriété. Sans attendre l’organisation d’un concours, il avait proposé, avec Robert Mallet-Stevens, plusieurs esquisses pour un « musée de la République ». En tant qu’architecte des bâtiments civils et palais nationaux, il est architecte en chef de la Chapelle expiatoire de Louis XVI, en 1934, et architecte en chef puis conservateur du palais de Chaillot de 1934 à 1963.En 1935, il dirige aussi la section française des Beaux-Arts à l'Exposition internationale de Bruxelles.De 1940 à 1945, il séjourne de nouveaux aux Etats-Unis, avant de s’installer définitivement en France. Sa carrière est marquée, à Paris, par les aménagements provisoires de l’ONU (1948-1951) dans les jardins du Trocadéro, et de l’OTAN (1951-1960), aujourd’hui faculté de droit et de sciences économiques, porte Dauphine. Il est aussi architecte en chef, puis conseiller technique pour les travaux d'extension et d'aménagement du Palais des Nations à Genève, à partir de 1950. Son rayonnement passe par l’enseignement, au Massachusetts Institute of Technology (MIT) de 1924 à 1934, et par son rôle de directeur fondateur de l’Ecole américaine d’été à Fontainebleau, de 1923 à 1937. Notice essentiellement reprise de: Ragot (Gilles). « Dictionnaire de l’architecture du XXe siècle ». Paris: Ifa; Hazan, 1996, p. 172.


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architecte des Bâtiments civils, attribution par source
Auteur : Piquemal J.
Auteur : Bruley Claude,
Claude Bruley (1924 - )

Ancien élève de l'école des Beaux-Arts de Paris.


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architecte, attribution par source
Auteur : Ferret Claude, architecte, attribution par source
Auteur : Brochet-Lajus-Pueyo,
Brochet-Lajus-Pueyo

https://www.blp.archi/agence

Olivier Brochet, Emmanuel Lajus et Christine Pueyo (née en 1956, 1957 et 1958) conjuguent la vigueur créative, une expérience professionnelle multiprogramme et le talent très contemporain de mobiliser, pour chaque projet, les compétences de leur agence et celles de consultants ou de partenaires particulièrement qualifiés et engagés. Car la qualité d’un projet, son éthique dira-t-on, va de pair avec l’échange, avec l’acquisition de connaissances et de pratiques renouvelées. L’écoute de la demande de la maîtrise d’ouvrage est primordiale, certes, mais avec une qualité « d’indiscipline » qui est le corollaire de l’invention, le garant de la solution spécifique. Les trois associés ont créé leur agence en 1986 à Bordeaux avec, à peine trois ans après leur diplôme, un solide parcours formateur dans des agences parisiennes et bordelaises. Aujourd’hui, en 2017, leur agence compte 41 personnes ; elle se déploie dans une vaste surface d’un entrepôt de la zone portuaire bordelaise dont ils ont assumé la réhabilitation, le hangar G2, au bord du Bassin à flot, un bâtiment rude et lumineux qui accueille de nombreux studios de création, design, graphisme et architecture ainsi que l’agence d’urbanisme de la Communauté urbaine de Bordeaux. Ce site hier en friche se fait vivant et animé, avec une poétique urbaine sans mièvrerie à laquelle ils sont sensibles et où ils prennent plaisir à travailler. La notion de plaisir rejoint chez eux un credo théorique, discret, mais fondateur : l’objectif de toute intervention, quelle que soit son échelle, est d’apporter plus de qualité au contexte – qualité architecturale, mais aussi et bien sûr qualité urbaine, qualité de l’usage, qualité sociale ou environnementale. Sans oublier ce « petit quelque chose » qui relève du sensible – le tactile, la couleur, l’échelle humaine, la fenêtre sur l’imaginaire. Dans un article publié en 1990 dans Techniques et Architecture, à l’occasion de l’une de leurs premières réalisations, j’avais souligné chez ces jeunes architectes une « relation décidée au contexte, faite de respect et de mise à distance ». Cette attitude n’a pas changé. De plus, les multiples projets auxquels ils se sont confrontés, réalisations, concours gagnés ou perdus, commandes publiques et privées, équipements culturels majeurs ou de proximité, logements et quartiers sociaux, l’ont confortée et alimentée par les expériences de terrain et la réflexion critique.En chaque projet, on découvrira une intime obligation qu’ils se créent et qui dépasse leur obédience aux programmes – l’obligation de perméabilité aux quotidiens, aux climats, aux offres techniques locales, aux sensibilités culturelles et intellectuelles. Et une belle résistance à imposer, en souplesse, et leurs méthodes et leurs convictions.


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agence d'architecture, attribution par source

Le lycée est implanté au centre-ville face aux allées Robert Boulin.

A l'origine, afin de s'adapter à l’exigüité du terrain, l'architecte a conçu un long bâtiment d'externat courbe relié à trois barres disposées en escalier au nord de la parcelle. L'ensemble approchait les 17 000 m2. Par la suite à la fin des années 1990, un rez-de-chaussée a été accolé à la barre centrale (aujourd'hui bâtiment C/D), un nouveau bâtiment est venu fermer les cours à l'est (appelé E) et un vaste préau trapézoïdal doté d'une salle polyvalente a été inséré entre l'externat d'origine et le bâtiment E. Les bâtiments ont au plus cinq étages carrés.

Les bâtiments d'origine sont des élévations à travées conçues avec une ossature en béton armé reposant sur des fondations sur pieux battus et longrines en béton armé. Les façades sont revêtues de plaques de pierre reconstituée, provenant de Saint-Emilion, teintées dans la masse par incorporation de marbre et polies en surface. Les toits en terrasses en béton sont recouvertes d'une étanchéité multicouches et de gravillon enrobé de bitume. Les salles de gymnastiques et les réfectoires sont couverts en zinc sur charpente métallique.

En ce qui concerne les bâtiments ajoutés ensuite, ils se caractérisent par des revêtements en bois. Le toit du bâtiment trapézoïdal est en bacs acier de grande taille.

Enfin, à 200 mètres se trouve le collège Atget dans lequel l'aile ouest, sur la rue Jules-Favre, a été entièrement aménagée par Carlu pour créer l'internat féminin à la fin des années 1950. Il s'agit d'une longue barre en béton avec un rez-de-chaussée surélevé et deux étages carrés.

Murs pierre artificielle
Toit bitume, acier en couverture, zinc en couverture
Plans plan rectangulaire régulier
Étages 5 étages carrés
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures terrasse
Techniques peinture
sculpture
Précision représentations

A compléter sur le 1%

Références documentaires

Documents d'archives
  • Commission et arrêté relatif au 1% artistique, 1960.

    Archives nationales, Paris : AN. 19880466/27
  • Construction du lycée Max-Linder, 1949-1959.

    Archives municipales, Libourne : 4 M 61 à 64
  • Transformation du collège de garçons en internat féminin, 1954-1955.

    Archives municipales, Libourne : 4 M 37
Bibliographie
  • CHAIGNE Yann. L'Architecture des lycées en Aquitaine de 1986 à 2006 : Les étapes d'une quête identitaire post-décentralisation. Thèse d'histoire de la l'art sous la direction de Marc Saboya, Université Bordeaux 3, 2009.

Périodiques
  • BROCHET, LAJUS, PUEYO. "L'extension fonctionnelle d'un lycée de Carlu". AMC Le Moniteur, 71, 1996.

  • HUGUET Jean-Claude. "Aux origines du Lycée Max-Linder". Revue historique et archéologique du Libournais, tome LXXVII, n° 295, 2009.

  • "A Libourne, un lycée mixte". La Construction Moderne, 1, 1961.

    p. 34-39
  • "Lycée mixte de Libourne, Gironde". Architecture Française, 221-222, 1961.

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