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Les marais du Logit et du Conseiller

Dossier IA33003927 réalisé en 2012

Fiche

Á rapprocher de

Parties constituantes non étudiées vanne, digue, chenal
Dénominations marais salant
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Adresse Commune : Le Verdon-sur-Mer
Lieu-dit : le Logit, le Conseiller
Cadastre :

La présence de marais salants est indiquée sur les cartes anciennes à partir du début du 18e siècle. La carte de Claude Masse (1706) mentionne également d'anciens marais salants qui ont été recouverts par les sables. La carte de Belleyme (1776-1777) représente ces marais salants alimentés en eau par le chenal du Verdon. Vers 1784, l'abbé Baurein rapporte dans son ouvrage qu'il "existe de très beaux marais salants, qui fournissent beaucoup de sel ; et il résulte d'une charte de l'an 1195, que dès lors on y avait pratiqué de pareils marais".

Une Association Syndicale des Marais du Conseiller est créée en 1843 par ordonnance royale. Sur la carte de l'Atlas du Département de la Gironde (1888), ces espaces sont devenus des réservoirs à poissons. L'activité semble s'éteindre dans les années 1870-1880, toutefois au 20e siècle, on récoltait semble-t-il encore du sel. Les augmentations et diminutions du cadastre indiquent la construction d'un entrepôt de sel en 1875 (parcelle A 1635, appartenant à Moynet).

Une carte de 1855 fournit les noms de ces zones de marais : marais du Logis (ou Logit), marais des Grandes Maisons, marais de la Vissoule, marais de Tous-Vents, marais du Conseiller. Au cours du 4e quart du 19e siècle, ces marais sont utilisés également pour l'ostréiculture avec l'aménagement de claires d'affinage.

Avec l'aménagement de l'avant-port, les marais du Conseiller sont achetés progressivement par le Port Autonome de Bordeaux à divers propriétaires privés, pour la plupart ostréiculteurs ou exploitants agricoles. En 1974, la route menant au môle et traversant les marais est aménagée. En 1980, le Port Autonome devient le propriétaire principal de cette zone. Une partie des marais du Conseiller est alors remblayée en prévision d'aménagements qui ne seront finalement pas réalisés. Les marais sont dès lors laissés à l'abandon même si une association tente de relancer une activité aquacole. En 1992, le Conseil général de la Gironde achète trois hectares avec le projet de valoriser les marais de la Pointe du Médoc, tout en préservant les zones humides. L'association Curuma, créée en 1993, assure depuis la conservation et la préservation de ces espaces, tout en contribuant à la réintroduction de l'activité conchylicole. Elle gère également le marais du Logit.

Période(s) Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle

La commune du Verdon comprend deux grandes zones de marais qui font l'objet de protections environnementales et de projets de valorisation, menés par l'association Curuma.

Le marais du Logit, zone humide d'environ 48 ha, se situe au nord du bourg, bordé par une zone forestière d'une quarantaine d'hectares classée Espace Naturel Sensible. Il est formé de bassins d'eau douce, déconnectés du système hydraulique estuarien et alimentés par le bassin versant et les remontées d’eau souterraine, et de bassins d'eau saumâtre alimentés par le chenal de Rambeaud (ou chenal du Logit) qui traverse la zone urbanisée du bourg du Verdon. Le chenal de Rambeaud est jalonné d’ouvrages (écluses et clapets) dont la manipulation permet de faire remonter ou non l’eau saumâtre dans le marais du Logit. Les bassins, lorsqu’ils existent encore, sont séparés par des bosses (prairies) anciennement pâturées.

Au sud-ouest du bourg, se trouvent les marais du Conseiller qui s'étendent sur plus de 200 hectares. Ils sont constitués à la fois de dépressions adoucies (Giraudeau, Grands Maisons), déconnectées du système hydraulique estuarien et alimentées par le bassin versant, et de bassins saumâtres alimentés par le chenal du Conseiller et le chenal du Port. Ces chenaux alimentent les zones de la Vissoule, du Proutan et du Conseiller à partir de l'estuaire de la Gironde par l'intermédiaire de la darse du Verdon.

Le chenal du Conseiller se prolonge au Nord par le chenal de Rambeaud, rejoignant le Marais du Logit au centre du Verdon, et par le chenal de la Vissoule à l'Ouest.

États conservations vestiges
Statut de la propriété propriété publique, Le marais du Conseiller appartiennent principalement au Port Autonome de Bordeaux, au Conseil général de la Gironde et à quelques privés. La zone de réservoirs du marais du Logit appartient en grande partie à la Commune du Verdon-sur-Mer. Gestion du marais par le CPIE Médoc/Curuma.
propriété privée
Sites de protection zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique
Précisions sur la protection

Les marais du Conseiller appartiennent dans leur grande majorité au Port Autonome de Bordeaux. Seule la propriété du Conseil Général de la Gironde est classée au titre des Espaces Naturels Sensibles. Quelques parcelles de la zone d'étude appartiennent également à des privés, souvent des riverains. Les marais sont classés en ZNIEFF de types I et II (n°3303) et ZICO. En vertu du décret 1983-1986, les activités menées dans le périmètre appartenant au Port Autonome de Bordeaux sont désignées "Opérations d'Intérêt National". Les dispositions de l'article 27 de la loi Littoral n'y sont pas opposables. De plus les marais du Conseiller ne font pas l'objet de procédure de classement Natura 2000.

Le marais du Logit est classé en ZNIEFF de types I et II (n°0014), ZICO et fait l’objet d’une procédure de classement Natura 2000 (Unité Forêt de la Pointe de Grave et Marais du Logit, code FR7200703).

Annexes

  • Documentation complémentaire

    -AC Le Verdon-sur-Mer. Registre délibérations 1874-1909. PV des opérations du nouveau classement des marais salants ou fosses à sel situés dans la commune du Verdon du 11 aout dernier, 13 novembre 1897.

    -AC Le Verdon-sur-Mer. Registre délibérations 1874-1909. Projet de pont sur le chenal du Logis au lieu de la Sarretière, 10 mai 1905.

    -AC Le Verdon-sur-Mer. Registre de délibérations 1938-1954. Pétition des habitants du Logit qui se plaignent de la façon dont sont faites les chasses d'eau à l'écluse du chenal de Rambaud, 8 décembre 1938.

    Heures réglementaires fixées : fermeture : dans les marées au-dessus de 100 ou par mauvais temps : fermer les écluses quand le chenal commencera à déborder derrière. Dans tous les autres cas, fermer à la plein-mer ; ouverture : en toutes circonstances de temps et de marée, ouvrir les écluses 3h après la pleine mer.

    -Mémoire de Verdonnais (bulletin de l'Association "Histoire et Traditions", Foyer communal Verdonnais) : Les années 1920-1939. p.11 : témoignage de Paul Manizan.

    Aux Vissoules, dans les années 20, les marais étaient encore bien nivelés et bien alimentés par des chenaux et des écluses, ce qui permettait de récolter le sel quand 2 ou 3 cm d'eau s'évaporaient. Mais le sel n'était plus exploité. Léon Laporte connaissait l'origine du nom "Vissoules". La Vie était un petit ruisseau d'eau douce qui descendait du sémaphore et qui faisait des méandres dans le sable pour rejoindre le chenal du Conseiller. A cet endroit-là, on disait que la Vie était "soule" d'où Vissoules".

  • Marais salants à Soulac

    ARCHIVES NON CONSULTÉES (voir inventaire des AD Gironde, en ligne)

    -AD Gironde, G 236

    1332-1402 : Vente de sel provenant des salines de Soulac indivises entre l'archevêque et le prieur de Soulac ; objets donnés en paiement du sel : drap blanc, plumes pour les lits et barils de harengs-saurs (f° 3) ; Restitution par le connétable de Bordeaux, grâce aux instances du procureur de l'archevêque, d'une quantité de sel provenant des marais de Soulac qui avait été mis en régale par le fait de la vacance du siège archiépiscopal ; il fallut néanmoins donner quatre écus d'or au sergent ou employé du connétable à Soulac ; le produit de la vente de ce même sel par Bernard de Tauriac est de 186 livres. Recette de Soulac pour l'année 1346 ; Restitution par le connétable de Bordeaux, grâce aux instances du procureur de l'archevêque, d'une quantité de sel provenant des marais de Soulac qui avait été mis en régale par le fait de la vacance du siège archiépiscopal ; il fallut néanmoins donner quatre écus d'or au sergent ou employé du connétable à Soulac ; le produit de la vente de ce même sel par Bernard de Tauriac est de 186 livres.

    -AD Gironde, G238

    Payé pour le port d'un demi-tonneau de sel donné par le prieur de Soulac, six sterlings.

    -AD Gironde, H 511 : Droits à Soulac, 1341-1724

    6-8. Protestation au nom de dom Pierre Brun, « prieur, seigneur tamporel et spirituel du bourg et parroisse de Soulacq, » contre Fernando Gomès, receveur général de la terre de Lesparre, lequel a violé « un uuzage fort entien dans laditte parroisse de Soulacq, que, lorsqu'on y fait l'antouin et estimation du sel des marais de lad. parroisse, les seigneurs de Lesparre et seigneurs et prieur de Soullacq proceddent conjointement ». Réponse de Fernando Gomès : les prieurs ne sont pas seigneurs en dehors « du bourg, qui est limitté par quatre croix » (11 novembre 1693-14 juin 1694).

    11. Reconnaissances pour divers pâturages, bois, salines, etc. : bois, taillis et de haute futaie à La Salle,« confrontant du costé du midy les sables et vacans dud. priuré », un moulin à vent « basty de pierre, sur le puy du Guet » (18-19 décembre 1690).

    -AD Gironde, H 1046 : Propriétés et seigneuries foncières : Soulac. Liève. 1701-1790.

    Analyse d'une reconnaissance de 1648 pour une saline grevée d'une rente d'« un boisseau de sel, mesure de Soulac, revenant à cinq quarts de boisseau, mesure de Bordeaux » (fol. 1).

    -AD Gironde, H 1047 : Propriétés et seigneuries foncières : Soulac. 1027-1715

    3. Mandement du lieutenant du roi d'Angleterre en Aquitaine, dans un procès entre les gens de Soulac et la dame de Lesparre, relativement au sel (3 novembre 1413).

    -AD Gironde. C 4247. Bureau des Finances et Trésoriers de France à Bordeaux, Voierie, "Devis des réparations et recallement à faire à la chenal de Soulac, en exécution de l'arrest obtenu en la cour de parlement de Bordeaux par Monseigneur le duc de Gramont, sire de Lesparre et autres places, le 3 septembre 1719", accompagné de l'état des marais salants, pacages et autres fonds sis à Soulac, qui tireront profit de ces réparations (18e siècle).

    Devis des réparations et recallement à faire à la chenal de Soulac en exécution de l’arrest obtenu en la cour de parlement de Bordeaux par Monseigneur le duc de Gramont, sire de Lesparre et autres places, le troisième septembre mil sept cent dix neuf et appt de Mr le lieutenant général comre au député par la dite cour.

    Premièrement réparer et recaller lad. Chanal depuis le lieu appelé Le Gravey suivant le cours de l’encien chenal jusques au pasten de Neyran, on donnera dix pieds de large sur deux pieds et demy de fonds dans l’étendue de huit cents brasses.

    Plus depuis le pasten de Neyran au commencement de l’estey on suivra jusque au pont de Soulac on donnera dix pieds de large sur deux pieds et demy de fonds. Il y aura dans l’estandue de sept cent brasses.

    Depuis le pont de Soulac jusques au pont de Recussard ( ?) on donnera douze pieds de large sur trois pieds de fonds dans l’estandue de quatre cents septante brasses.

    Depuis le pont de Recussard jusques au marais de Laneu on donnera quatorze pieds de large sur trois pieds de fonds dans l’estandue de cinq cent cinquante brasses.

    Depuis le marais de Laneu jusques à Langlade de Jean Morin, on donnera quatorze pieds de large sur sept pieds de fonds dans l’étendue de quatre cents brasses.

    (…) Plus un bac en forme de petit batteau aveq son assortiment pour servir au récollement et entretien dud. Chanal, le tout conformément audit arrêt.

    Etat des marais salants, pacages, métairies et autres fonds situés dans la paroisse de Soulac quy doivent tirer profit utilité et avantage du recalement du chenal de Soulac.

    AD Gironde, C 689, Vérification des cottes induement faites par les collecteurs de la paroisse de Soulac sur leurs rolles de taille et autres impositions de 1768 à 1773, par Pierre Bontemps secrétaire de la subdélégation de Médoc, 5 mars 1774.

    Mentions de salines :

    Pierre Camin Cadet, restant à Soulac, propriétaire d'une maison, préries ou pastenqs, terres labourables et un petit marais salan (les terres labourables sont de médiocre qualité, le marais est à même d'être envay par les dunes de la mer et les pastenq sujet aux inondations ;

    La veuve de Jean Bagat restant à Soulac (une maison, jardin et marais (la maison et jardin bons, le marais en partie couvert de sable) ;

    Les enfants de feu Jean Raymond de Talais : maisons, jardins, moulin à vent, marais sallans, bois et preries ou pastengs (les maisons et moulin en bon état, les marais et préries de bonne qualité, les bois commencent à se perdre dans les sables)

    Pierre Pinet de Soulac : maison, jardin et marais (le marais ne salle plus, les dunes de la mer commencent à la couvrir ;

    Jacques Renaud de Soulac : maison, jardin et marais (idem) ;

    Les héritiers de Paul Reverssé de Soulac : maison, jardin et marais (le marais ne salle plus, dunes le couvrent en partie) ;

    Biens possédés par M. le président Daujeard (marais sallans, terres labourbales, moulins à vent, bâtisses, préries, pacages et pastengs ;

    Extrait des Variétés bordelaises de l'abbé Baurein, tome 1, 1784, rééd. 1876, p. 46 :

    "Il y existe de très-beaux marais salans, qui fournissent beaucoup de sel ; et il résulte d'une charte de l'an 1195, que dès-lors on y avoit pratiqué de pareils marais (...). il existe dans la Paroisse de Soulac cent trente-deux feux ou familles. Les habitants sont, pour la plupart, sauniers ; les autres sont laboureurs, journaliers ou gardeurs".

    Voir CAILLOSSE Pierre. La paroisse de Soulac de la fin du XVIe au milieu du XIXe siècle : les transformations d'un territoire littoral entre la Gironde et l'Atlantique. Thèse d'histoire, Université de La Rochelle, 2015.

    p. 102 et suivantes : L'exploitation du sel à Soulac.

    et p. 297 : Le rôle et l’organisation du syndicat des prés salés et prés doux de Soulac (1818-1843)

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Le Verdon-sur-Mer. Registre des délibérations, 1874-1909.

    Archives communales, Le Verdon-sur-Mer
  • Registre de délibérations, 1938-1954.

    Archives communales, Le Verdon-sur-Mer
Bibliographie
  • BAUREIN Abbé, MERAN Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 1, 2è éd .

    p. 46
  • CAILLOSSE Pierre. La paroisse de Soulac de la fin du XVIe au milieu du XIXe siècle : les transformations d'un territoire littoral entre la Gironde et l'Atlantique. Thèse d'histoire, Université de La Rochelle, 2015.

  • FRÉDÉRIC Stéphanie. La gestion des zones humides propriétés du Port Autonome de Bordeaux dans le nord du Médoc. Mémoire de stage. Master 1 "Sciences de l'Homme, des Territoires et de la Société", Université Paul Valéry-Montpellier III, juin 2006.

  • Plan de Gestion des marais du Conseiller 2006-2011, Curuma, 2005.

  • Plan de Gestion du marais du Logit 2006-2010, Curuma, 2005.

  • Plan de Gestion des marais du Conseiller 2012-2017, Curuma, 2012.

  • Plan de Gestion du marais du Logit 2012-2014, Curuma, 2011.

Périodiques
  • CASTETS Jean. « Un peu de sel : la Saretière ». Histoire et traditions du Verdon, Juillet 2002, n°15.

    p. 33-34
  • GASTEUIL Bruno. « Le Verdon dans les années 1830 d'après le premier plan cadastral ». Histoire et traditions du Verdon, Janvier 1999, n°8.

    p. 10-22
  • GASTEUIL Bruno. « Le syndicat des marais du Conseiller ». Histoire et traditions du Verdon, Janvier 2002, n°14.

    p. 2-5
  • Mémoire de Verdonnais : Les années 1920-1939, bulletin de l'Association "Histoire et Traditions", Foyer communal Verdonnais.

    p. 11

Liens web

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