Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Les maisons et les fermes de Soulac

Dossier IA33008676 réalisé en 2013

Fiche

Voir

Aires d'études Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Dénominations maison, ferme
Adresse Commune : Soulac-sur-Mer

La majorité des constructions datent de la 2e moitié du 19e siècle et du 20e siècle. Toutefois, une ferme située à proximité de l'église de Jeune-Soulac date peut-être de la 2e moitié du 18e siècle.

Olivier Lescorce propose trois principales périodes de datation pour les villas de Soulac :

-1860-1885 : premières villas, souvent disséminées, peu nombreuses, élevées en bord de mer ou à proximité de la rue de la plage (Marcellus, Flore, Brise du Soir, Aimée, Sapho).

-1885-1914 : villas groupées par quartier ou par rue, souvent plus modestes dans leurs proportions mais riches dans leur décoration, implantées majoritairement au nord de la rue Trouche (Solitude, l’Ermitage, Médulienne, la Rafale, Balsamique, Clémence Isaure…).

-1914-1930 : villas édifiées souvent par des entrepreneurs locaux, dans les quartiers nord, le plus souvent autour de la rue Barriquand (Colette, Ginevra, Mar y Selva, Acacia, Le tango, Brin de Mousse, Morphée).

A partir de 1890, l’artisanat local assure la plupart des chantiers. Maçons, charpentiers et tailleurs de pierre résident à Soulac. Certains noms sont récurrents, ceux de Georges Chollet et Lucien Robin par exemple, ou bien au début du 20e siècle l'architecte Albert Maurin dont de nombreux plans de villas sont conservés au musée de Soulac.

Trois briqueteries sont alors en activité : un premier four est mis en service le 12 juin 1856 (AD 33 5M520). Puis, le 17 juillet 1860, Antoine Trouche obtient le droit d’implanter un four à tuiles et à briques au Bain des Olives ; en 1863, 2 autres fours sont établis, et en 1874, 3 fours à briques fonctionnent en permanence, en arrière de la dune, au hameau des Cousteaux. En 1881, la production locale est dominée par Désiré Hornez, conseiller municipal et président du conseil de fabrique de la basilique. Celui-ci utilisait une machine à vapeur pour actionner sa briqueterie. La brique était parfois importée par voie d’eau des carrières de Roumazières (Charente), principalement pour les premières constructions vers 1860-1870.

A partir de 1920, on constate une réinterprétation des modèles de villas existants.

Les constructions se poursuivent dans la 2e moitié du 20e siècle : une maison aux formes géométriques a notamment été repérée le long du boulevard de l'Amélie.

Période(s) Principale : 2e moitié 19e siècle
Principale : 20e siècle

L'inventaire de la commune de Soulac n'a pas été exhaustif ; l'ensemble des maisons n'a pas été recensé ; celles situées notamment dans le périmètre de la ZPPAUP n'ont pas bénéficié de dossiers spécifiques puisqu'elles ont fait l'objet d'une étude dans le cadre de la Zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP) : l'historien Olivier Lescorce a examiné un échantillon de 78 villas, construites entre 1860 et 1940, et produit des fiches signalétiques.

De cette étude émergent les caractéristiques architecturales de la villa soulacaise qui se présente le plus souvent sous la forme d’un volume unique associant briques et pierres, recouvert de toitures à forte pente, aux larges débords avec charpente apparente et tuiles mécaniques, agrémenté par un vocabulaire de balcons, galeries, porches, vérandas, saillies favorisante et diversifiant la vue ; présence parfois de tourelles.

Certains modèles sont reproduits en grand nombre, mais d'autres villas présentent un plan singulier et se distinguent par leur décor.

Si quelques dossiers d'inventaire ont été réalisés sur certaines de ces villas, le repérage s'est concentré en dehors de la ZPPAUP, sur les petites unités d'habitation plus modestes témoignant d'un mode d'habiter le territoire antérieur à la villégiature ou contemporain, mais correspondant à un habitat à l'année et non uniquement estival. Par ailleurs, les logis accompagnés de dépendances témoignant de l'agriculture et de la viticulture ont également été privilégiés. C'est ainsi que 24 maisons ont été recensées dont 3 étudiées (villa San José, villa Bariquand détruite, maison avec cuvier) ; 4 fermes ont été recensées dont 2 étudiées ; enfin une demeure ou maison bourgeoise (dit Château Laclotte) a également fait l'objet d'un dossier. Ces maisons sont majoritairement en rez-de-chaussée et construites en brique, la pierre de taille étant réservée pour les encadrements de fenêtres.

Toits tuile mécanique, tuile creuse, ardoise
Murs brique
calcaire
Décompte des œuvres repérées 29
étudiées 6

Annexes

  • Caractéristiques architecturales du bâti ancien soulacais de type balnéaire

    Extrait du règlement de ZPPAUP, juin 2000, Isabelle Berger-Wagon et Olivier Lescorce.

    p.8

    Bâtie sur un ou deux niveaux, la villa soulacaise présente une hauteur comprise entre 5,50 m et 10 m au faîtage. La volumétrie est complexe, associant pignons, ailes en retour, tourelles, avant-corps, ainsi que des volumes couverts et ouverts tels que galeries, balcons, auvents et porches. Chaque villa présente au moins deux pentes de toits différentes et deux cheminées. Des bandeaux de rives masquent les chéneaux d'écoulement des eaux.

    Construite en maçonnerie mixte brique et pierre, l'élévation se compose d'un soubassement, de bandeaux, de chaînes et chaînages d'angles, d'entourages de baies en pierre et de remplissages en brique apparentes ou enduites. La couverture est généralement en terre cuite, faite de tuiles mécaniques plates à emboîtement dites "tuiles de Marseille". Les menuiseries et éléments de charpente apparents sont en bois peint. Les clôtures sont faites de palissades de bois peint ou de grillages doublés de haies vives ou encore de murettes en brique et pierre surmontées de grilles, plus rarement en panneaux de béton préfabriqués ajourés.

    Les extensions ou adjonctions de terrasses couvertes et vérandas sont réalisées en harmonie avec la construction principale : composition, volumétrie, matériaux.

  • Datation de quelques villas

    D'après : Olivier Lescorce, La station balnéaire de Soulac-sur-Mer, une cité-jardin de bord de mer (1839-1936). Tome 1 : du mythe à l’urbanisme : une vision architecturale du site.

    -Villa Les Roses, 1887

    -Villa Marie-Laurence, vers 1890

    -Villa Mireille, 1896

    -Projet de villa Miramar pour l’Amélie par l’architecte Labarrère de Bordeaux, 15 juin 1896.

    -Villa Gergovia, 1897

    -Villa La Mascotte, 1905 (G. Chollet)

    -Villa Formose, vers 1910

    -Villa Mar y Selva, 1924

    -Villa Le Cid, 1925 (Marcel Picard, G. Chollet)

  • Construction de cabanes

    -AD Gironde, 7 M 553, Administration des forêts, rapport sur la demande du sieur Lafond de construire une cabane sur un terrain situé à distance prohibée de la forêt de la Garonne, 6 décembre 1880.

    Au Piquey, cabane qui doit servir d'abri au pétitionnaire lorsqu'il aura à travailler à son parc à huîtres ; couverte de tuiles, murs en briques ou en pierre.

    -AD Gironde, 5 M 553, Croquis à joindre au rapport du 18 juillet 1881 proposant d'autoriser le sieur Martinon Tiburce de Soulac à établir une cabane à distance prohibée, 19 juillet 1881.

    -AD Gironde, 7 M 553, Rapport concernant la demande du directeur des douanes à Bordeaux de construire 3 cabanes dans la forêt domaniale de Soulac, 1er mars 1882.

    Cabanes qui doivent servir d'abri aux employés des douanes chargés du service de la côte ; elles sont généralement construites avec des épaves de la côte ou bien avec des broussailles supportées par de petits bois (…) et ensuite recouvertes de sable, l'entrée de ces petits abris ne possède pas de porte ; croquis.

    -AD Gironde, 7 M 553, Administration des Forêts, rapport concernant la demande de M. Meynien Léonard, employé des douanes en retraite au Verdon, de construire une cabane en planches à distance prohibée de la forêt domaniale de Soulac, 4 août 1885.

    Cabane qui aura 2m de côté, construite en planches, couverte en tuiles, sans cheminée ; servant à mettre à l'abri les outils dont le pétitionnaire se sert pour cultiver la vigne sur laquelle elle sera élevée ; croquis.

  • Archives concernant les maisons et les villas de Soulac

    -AD Gironde, C 689, Vérification des cottes induement faites par les collecteurs de la paroisse de Soulac sur leurs rolles de taille et autres impositions de 1768 à 1773, par Pierre Bontemps secrétaire de la subdélégation de Médoc, 5 mars 1774.

    Vu les instructions de Msgr Esmangart, intendant de la Généralité de Guyenne du 18 janvier 1774 ;

    Pierre Camin Cadet, restant à Soulac, propriétaire d'une maison, préries ou pastenqs, terres labourables et un petit marais salan (les terres labourables sont de médiocre qualité, le marais est à même d'être envay par les dunes de la mer et les pastenq sujet aux inondations ;

    François Meynieu restant à Hourtin, propriétaire de terre labourable et pastenqs (les terres labourables de médiocre qualité et les pastengs sujet aux inondations) ;

    La veuve de François Berthon? restant à Soulac : une petite maison jardin et broustey (la maison et jardin le tout bon et le broustey est à même d'être couvert par les sables de la mer) ;

    Guilhem Pion restant à St Vivien : terres labourables et pasteng (le tout de bonne qualité) ;

    Les héritiers de Françoise Bouchère restant à Soulac : une petite maison (les sables couvrent en partie cette maison) ;

    La veuve de Jean Bagat restant à Soulac (une maison, jardin et marais (la maison et jardin bons, le marais en partie couvert de sable) ;

    François Bordona de Soulac : une maison et jardin (passablement bonne) ;

    Joseph Lasalle de Hortin : maison et terres labourables (la maison est bonne et les terres labourables de médiocre qualité) ;

    Le sieur Escot de Soulac : une maison et jardin (passablement bonne) ;

    Pierre Goulard de Soulac : une petite maison et un jardin (la maison toute en ruine) ;

    Pierre Raullet de Soulac : maison, jardin, terres labourables et pastengs (les terres labourables de médiocre qualité, la maison assez bonne et les dunes de la mer gagnent le pasteng ou preries) ;

    Jean Bordonna de Soulac : une maison, jardin et places (le tout passablement bon) ;

    Pierre Coularis de Queyrac : terres labourables, preries ou pasteng (le tout de bonne qualité) ;

    Les enfants mineurs de Pierre Fourcade de Soulac : maisons, pastengs et terres labourables (la maison est en bon état, les pastengs de bonne qualité et les terres labourables de médiocre qualité ;

    Guilhem Tria de Soulac : maison et jardin (la maison passablement bonne néanmoins près des sables) ;

    Les enfants mineurs de Pierre Pontin : maison et jardin (le tout passablement bon) ;

    Guilhem Bosq de Soulac : terres labourables et preries ou pasteng (le tout bonne qualité mais les sables commencent à gagner et le sujet d'ailleurs aux inondations) ;

    Françoise et Raymond Bauguenard : maisons, parqs, terres labourables et preries ou pasteng (le tout bon mais les sables ont commencé à couvrir les terres labourables et preries, en outre sujet aux inondations ;

    La veuve de Léonard Chartreu de Soulac : une maison (les sables commencent à la couvrir) ;

    Jean Morin de Soulac : une maison (idem les sables couvrent en partie) ;

    Jean Dufaux de Talais : terres labourables (médiocre qualité) ;

    Les héritiers de la veuve Rupsan de Talais : terres labourables (médiocre qualité, les sables commencent à couvrir ;

    Les enfants de feu Jean Raymond de Talais : maisons, jardins, moulin à vent, marais sallans, bois et preries ou pastengs (les maisons et moulin en bon état, les marais et préries de bonne qualité, les bois commencent à se perdre dans les sables ;

    Bernard Gaillard de Talais : terres labourables, preries ou pastengs (le tout de bonne qualité) ;

    André Goulée de Queyrac : terres labourables, preries ou pastengs (le tout de bonne qualité) ;

    Pierre Eyquem de Queyrac : terres labourables, preries ou pastengs (idem) ;

    Pierre Teyssier de Queyrac : terre labourable, preries ou pastengs (le tout de bonne qualité) ;

    Les enfants de Jean Faure de Queyrac : terres labourables, preries ou pastengs (idem) ;

    Guilhem Domincou de Soulac : terres labourables, maisons, preries ou pastengs (idem de bonne qualité) ;

    François Reverssé Bichard de Soulac : maison et jardin (mauvaise qualité : les sables gagnent le tout) ;

    Pierre Pinet de Soulac : maison, jardin et marais (le marais ne salle plus, les dunes de la mer commencent à la couvrir ;

    Jacques Renaud de Soulac : maison, jardin et marais (idem) ;

    Jean Reverssé dit Rouge de Soulac : maison et jardin (les sables gagnent tout) ;

    La veuve de Jean Renaud de Soulac : une maison et un jardin (idem) ;

    Les héritiers de Paul Reverssé de Soulac : maison, jardin et marais (le marais ne salle plus, dunes le couvrent en partie) ;

    Guilhem Duprat de Soulac : une maison et jardin (les sables commencent à couvrir le tout) ;

    Thomas Reverssé de Soulac : idem (idem) (...) ;

    Biens possédés par M. le président Daujeard (marais sallans, terres labourbales, moulins à vent, bâtisses, préries, pacages et pastengs ; Ceux de M. le président Basterot, ceux de Madelle Darés, de M. Daudebart, de M. Durousset, de M. de Barbeau, de M. le comte de Paule, de M. Dorignac, de M. de St Légié, de M. de Morin de St Vivien, de M. de Morin de Bordeaux, de M. de Lafond de Bordeaux, de mad. de Belamy, de Mad. st Paul, de M. Guérin, de Mad. Guibert, de M. Bertus, de Mme Daux de Laberne, de M. Dast du Loc.

    AD Gironde, 7 M 553, Ordonnance du roi Louis-Philippe concernant la demande du sieur Guillaume Martin demeurant à Soulac tendant à obtenir l'autorisation de construire une maison ou loge en chaume à 40m de la forêt domaniale de Soulac, 19 septembre 1845.

    AD Gironde, 7 M 553, Lettre au préfet par Antoine Belle propriétaire au Royennais commune de Soulac, 20 avril 1862.

    Propriétaire d'une superficie de 34ha 50a de terrain appelé aux Graves près le Verdon, confrontant du midi à un chenal et du nord à la forêt de l'Etat. Le long de cette forêt, il existe de vieilles masures envahies par le sable des dunes ; demande de rétablir sur les mêmes fondations et d'augmenter cette construction si le besoin l'exige.

    AD Gironde, 7 M 553, Administration des Forêts, rapport concernant la demande de M. Beneyt, régisseur de M. Lahens et Lahens fils, de construire une maisonnette en briques et un hangar en bois dans la forêt appartenant aux sus-nommés et située à distance prohibée de la forêt domaniale de Soulac, 10 juillet 1889.

    Maisonnette destinée au logement d'un résinier qui exploite la forêt et hangar pour stocker les outils des ouvriers ; croquis.

    AM Bordeaux, 150 S 26-27, Devis dressé par l'architecte Maurice Barthe pour la construction de deux villas jumelles pour M. Lebègue, propriétaire, avenue Fernand-Lafargue, s.d. [1955].

    Achèvement des travaux le 15/06/1956 ; villas à vendre? ; plans dressés dès 1951.

    AM Bordeaux, 150 S 26-27, Lettre de M. Faure, ingénieur principal 96 rue de Longchamps, Reuilly, 7 mai 1958.

    A acheté la villa Babord à M. Lebègue en juillet 1957 ; pb de fosse septique.

    AM Bordeaux, 150 S 26-27, Lettre à M. Faure, ingénieur principal 96 rue de Longchamps, Reuilly, 27 mai 1958.

    Plans pour la villa Tribord ; M. Lebègue désirait primitivement faire des villas de conception américaine ou canadienne, c'est-à-dire avec parois bois à clins et isolant ; puis projet abandonné et construction classique dans la région sans rien changer aux plans.

Références documentaires

Bibliographie
  • BERGER-WAGON Isabelle, LESCORCE Olivier. ZPPAUP, commune de Soulac, règlement, recommandations, prescriptions, juin 2000.

  • DELORME Franck. Soulac-sur-Mer, 5 itinéraires de découvertes, Guides de l'Aquitaine. Bordeaux : Le Festin, 2014.

  • LESCORCE Olivier. La station balnéaire de Soulac-sur-Mer, une cité-jardin de bord de mer (1839-1936). 1- Du mythe à l'urbanisme : une vision architecturale du site. Bordeaux : Olivier Lescorce Histoire Urbaine, 1993.

  • LESCORCE Olivier. La station balnéaire de Soulac-sur-Mer, une cité-jardin de bord de mer (1839-1936). 2- Architecture de villas. Bordeaux : Olivier Lescorce Histoire Urbaine, 1994.

Périodiques
  • LESCORCE Olivier. « La station balnéaire de Soulac-les-Bains (1849-1936) ». Les Cahiers Médulliens, 1990, n° hors série.

(c) Conseil départemental de la Gironde ; (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Steimer Claire